Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 128 / 216

Appauvrir la langue en s'appuyant sur le Larousse et le petit Robert lui donne raison.
Certes, on peut déplorer l'utilisation paresseuse de cet adjectif invariable à tout faire…
Mais il est normal qu'un dictionnaire mentionne cet usage, tout en donnant des équivalents dans les définitions et les exemples : satisfaisant, convenable, bon, en bonne santé, en bonne forme, à l'aise, beau, distingué, chic, intéressant, etc.

Ces emplois sont aussi catalogués "adjectif invariable" par l'Académie française :
www.cnrtl.fr/definition/academie9/bien

Il est dommage que dans le Trésor de la Langue française, sur le site du Cnrtl, l'onglet "bien, adj. inv." ait été supprimé, alors que la page (très fournie) est toujours lisible sur le site atilf.fr.
Mais impossible, pour des raisons de script, de donner le lien direct vers cette page ici.
Ces emplois sont aussi catalogués "adjectif invariable" par l'Académie française :
www.cnrtl.fr/definition/academie9/bien
D’accord, Jehan.
Mais j’ai tout de même l’impression que le paragraphe est marginal et cite des exemples différents de celui dont il était question.
Il y est noté aussi fam.
Néanmoins je ne nie pas le bien-fondé de ton intervention. Et, microbe que je suis, je ne vais pas m’opposer à Larousse ou à Robert.
J’avoue avoir souvent été agacée par l’utilisation excessive de cet adverbe/adjectif dans les rédactions de mes élèves. Le cours était bien. La fête était bien. La promenade était bien...etc.
Alors que varier l’expression, surtout lorsqu’il s’agit d’un professeur, me semble appréciable.
Il va de soi que je suis parfaitement d'accord avec la nécessité de varier l'expression… 🙂
Et la page du Trésor figurant sur le site atilf.fr, très fournie comme je l'ai dit, mais non affichable ici, fournit de nombreux synonymes adaptés aux diverses nuances de sens de cet adjectif :
- admirable, agréable, bien fait, estimable, gracieux, judicieux, logique, pas mal, remarquable.
- décent, édifiant, exemplaire, honorable, juste, louable, méritoire, moral, sage.
- choisi, convenable, noble, recherché, select.
- affable, aimable, amical, courtois, gentil.
- adroit, habile, satisfaisant.
- adapté, approprié, avantageux, convenable, favorable, utile.


Et il y en a évidemment bien d'autres possibles…
Sans oublier top, super, canon… 😂
Admirable, tout cela ! Plus qu'agréable ou bien fait : estimable en même temps que gracieux, judicieux aussi ! Certains diraient "logique ou "pas mal", moi je dis : "remarquable !".
Bonjour,

J'étudie les pronoms relatifs et je souhaiterais que vous me confirmiez l'analyse des deux phrases ci-dessous :
Je sais le mur de pierres sèches mûrissent les premières baies. Je sais le lieu et le temps des champignons, les vénéneux qu’on fait sauter d’un coup de talon, le cèpe qui trône solitaire.
 : pronom relatif, a pour antécédent pierres, féminin pluriel, complément circonstanciel de lieu du verbe mûrissent (indic. présent). Introduit une subordonnée relative déterminative.

qu’ : pronom relatif, a pour antécédent champignons, masculin pluriel, complément d’objet direct du verbe sauter (infinitif). Introduit une subordonnée relative explicative.

qui : pronom relatif, a pour antécédent cèpe, masculin singulier, sujet du verbe trône (indic. présent). Introduit une subordonnée relative attributive.
Bonjour.

Tout est correct…
Sauf peut-être le terme "attributive" pour la dernière relative.
J'aurais dit "explicative" comme pour la précédente.
Pourquoi as-tu choisi "attributive" ?
Merci beaucoup Jehan pour votre vérification.
J'ai longuement hésité pour la dernière relative, puis j'ai choisi de la qualifier d'attributive en raison de la description donnée ici : https://www.etudes-litteraires.com/grammaire/propositions-subordonnees#3
La "description" en fait n'en est pas une, on donne juste trois exemples.
Ce n'est pas très explicite, je le reconnais.
Mais tu noteras que pour la relative attribut du sujet, on a un verbe d'état qui sert d'intermédiaire entre le sujet et la relative attribut.
Elleétait là, qui attendait patiemment.
Dans les exemples d'attribut du COD, il y a un COD en-dehors de la relative, complété par la relative avec l'intermédiaire d'un verbe (verbe de perception ou verbe avoir ) :
Je levoisqui sort.
Il ales mainsqui tremblent.
On peut rencontrer aussi ce type de relative après le complément d'un présentatif:
Et voilà la pluie qui tombe !


Dans la phrase que tu as analysée, aucune structure de ce genre pour la dernière relative, qui est explicative comme la précédente.
"les vénéneux qu'on fait sauter d'un coup de talon" et "le cèpe qui trône solitaire" sont deux groupes nominaux de structure identique (nom ou adjectif substantivé, qualifiés par une relative explicative) ces groupes nominaux étant tous deux COD du verbe "sais".
Merci pour vos explications Jehan.

Voici ce que je comprends : la présence d'un verbe d'état entre le sujet et la relative est une contrainte dans la construction d'une relative attributive. C'est une contrainte, car le verbe d'état servant d'intermédiaire définit le sujet et son attribut. Quand les verbes d'état se construisent avec un attribut du sujet, dans certains cas, cet attribut peut être une subordonnée relative. Dans la construction "le cèpe qui trône solitaire", il n'y a pas de verbe d'état entre le sujet et la relative, ce n'est donc pas une attributive.
Bonjour à vous.

Je suis professeur de lettres classiques et j'ai participé cette année à un groupe de travail consacré à la maîtrise de la langue dirigé par une IEN de mon département. Dans ce groupe, une situation fait débat…J'aurais besoin de l'avis d'un grammairien, s'il y en a un par ici. Dans la phrase suivante (pourtant facile, n'est-ce pas ?) : "Elle est devenue excellente en mathématiques", peut-on considérer que "en mathématiques" (dont nous avons bien conscience qu'il est un complément de l'adjectif "excellente") constitue une extension de cet adjectif, et qu'à ce titre, il a la même fonction grammaticale que lui, à savoir attribut du sujet ? J'aurais besoin d'une explication "technique" validant ou infirmant cette analyse…J'espère que quelqu'un pourra m'aider.

Bonne fin de journée à vous tous.
mickael_vinson a écrit :Je suis professeur de lettres classiques et j'ai participé cette année à un groupe de travail consacré à la maîtrise de la langue dirigé par une IEN de mon département. Dans ce groupe, une situation fait débat…J'aurais besoin de l'avis d'un grammairien, s'il y en a un par ici. Dans la phrase suivante (pourtant facile, n'est-ce pas ?) : "Elle est devenue excellente en mathématiques", peut-on considérer que "en mathématiques" (dont nous avons bien conscience qu'il est un complément de l'adjectif "excellente") constitue une extension de cet adjectif, et qu'à ce titre, il a la même fonction grammaticale que lui, à savoir attribut du sujet ? J'aurais besoin d'une explication "technique" validant ou infirmant cette analyse…J'espère que quelqu'un pourra m'aider.
Bonjour.

L'expression "en mathématique", complément de l'adjectif attribut excellente, forme avec lui un groupe adjectival.
C'est bien sûr tout le groupe adjectival "excellente en mathématique" qui a la même fonction attribut que le noyau du groupe, à savoir l'adjectif excellente.
quaero a écrit :Voici ce que je comprends : la présence d'un verbe d'état entre le sujet et la relative est une contrainte dans la construction d'une relative attributive. C'est une contrainte, car le verbe d'état servant d'intermédiaire définit le sujet et son attribut. Quand les verbes d'état se construisent avec un attribut du sujet, dans certains cas, cet attribut peut être une subordonnée relative. Dans la construction "le cèpe qui trône solitaire", il n'y a pas de verbe d'état entre le sujet et la relative, ce n'est donc pas une attributive.
Disons que la présence d'un verbe d'état est une contrainte dans le cas d'une relative attribut du sujet. Dans le cas d'une relative attribut de l'objet, c'est une autre contrainte.
Et effectivement, ta phrase n'est concernée par aucune de ces contraintes.
Bonsoir !

Dans la phrase "à peine eut-il débarqué dans l'hôtel qu'il se querella avec tout le monde." , il est dit que "qu'il se querella avec tout le monde" est une proposition principale …

Qu'en pensez-vous ?
« à peine eut-il débarqué dans l'hôtel qu'il se querella avec tout le monde. » =
Il se querella avec tout le monde//dès qu’il eut débarqué dans l’hôtel.
Proposition principale + proposition subordonnée conjonctive complément de temps.
C’est plus clair ainsi, mais la première version est une meilleure mise en relief des circonstances de la querelle.
Bonsoir.

La grammaire Riegel classe cette tournure (à peine… que…) dans les systèmes corrélatifs, et parle à ce propos d'un système corrélatif d'un type particulier.
Sans évoquer clairement une proposition principale ou une proposition subordonnée, Riegel voit bien dans la première proposition "une circonstance" et dans la seconde l'expression du "fait principal". Ce qui rejoint ce que t'a expliqué Laoshi.
Bonjour 🙂
Quelle est la diffrérence entre le groupe du nom et le groupe nominal?
Merci d'avance
Bonjour.

Aucune différence…
Bonjour,

Ma question porte sur l'analyse de la phrase ci-dessous :
Un taxi nous laissa à l’entrée de Gangtok, une ville construite sur plusieurs niveaux reliés par des escaliers et des passages souterrains, tous creusés dans le roc de la montagne, le résultat de siècles de labeur acharné des gens de la région.
Pour moi, "une ville construite sur plusieurs niveaux reliés par des escaliers et des passages souterrains" est une expansion du nom "Gangtok".

Et après "tous creusés dans le roc de la montagne" ainsi que "le résultat de siècles de labeur acharné des gens de la région" sont des expansions du groupe nominal "des escaliers et des passages souterrains".


1/ est-ce que mon analyse est correcte ? (je suis très mauvais en grammaire : il se peut que mon analyse soit délirante…)

2/ si mon analyse est correcte, est-il possible de faire des cascades d'expansions comme celles de ma phrase ?… parce que si oui, on est pas loin du "marabout… bout de ficelle… celle de cheval…"

3/ si mon analyse est fausse, comment faut-il analyser ma phrase et est-elle correcte (elle est admise par le correcteur Antidote)


Merci d'avance !
Bonjour.

Ton analyse est correcte.
On aurait pu la fouiller davantage encore … Je ne détaille que le début.
Ainsi, le GN apposé "une ville" a lui-même pour expansion le participe passé épithète "construite", complété lui-même par le groupe prépositionnel à noyau nominal "sur plusieurs niveaux", ce GN ayant lui-même pour expansion le participe passé épithète "reliés", lui-même complété par deux GN compléments d'agent coordonnés par "et" , etc.

Il y a certes une cascade d'expansions qui s'emboîtent et se ramifient, mais dans le cas de cette phrase, cela ne nuit en rien, semble-t-il, à la compréhension. Et ta phrase est grammaticalement correcte.

Cela dit, si l'on craint que le lecteur ne s'égare et ne s'essouffle, rien n'empêche de tronçonner en phrases moins longues.

Un taxi nous laissa à l’entrée de Gangtok. C'était une ville construite sur plusieurs niveaux reliés par des escaliers et des passages souterrains. Tous avaient été creusés dans le roc de la montagne. On voyait là le résultat de siècles de labeur acharné des gens de la région.
Merci beaucoup,

Je souhaite justement que le lecteur s'égare dans les ramifications de Gangtok.
Cependant, je ne voulais pas d'une phrase grammaticalement incorrecte.
Et, je n'ai trouvé aucune étude disant : vous pouvez faire des expansions en cascade, mais à condition que…

Donc merci à toi.

Encore une fois, ce forum me sauve.

Bonnes fêtes à tous.