Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 125 / 216

Il a beau crier, on ne l'entend pas.
"Avoir beau", une tournure usuelle, mais qui ne date pas d'hier.
Deux indépendantes juxtaposées ?
Pourtant, la première ne peut exister seule, et équivaut à une subordonnée concessive. Mais sans terme introducteur.
https://books.google.fr/books?id=FMZwDwAAQBAJ&pg=PA459&lpg=PA459&dq=incise+interdépendante&source=bl&ots=q7MylgPMif&sig=4FoAjQcfI4WFEYttBTGKJuGRw0k&hl=fr&sa=X&ved=2ahUKEwiQjtzoqIHfAhVIQcAKHbQgC_8Q6AEwAnoECAAQAQ#v=onepage&q=incise%20interdépendante&f=false

Grevisse, dans l'ouvrage dont le lien est ajouté ci-dessus, dit ceci :
Grevisse a écrit :La proposition incise entretient avec la proposition dans laquelle elle s'insère une relation de dépendance. Cette relation est notamment marquée par l'inversion du sujet (qui est marque de subordination). Toutefois, l'incise n'assure aucune fonction dans la phrase.

L'insertion est considérée comme un phénomène proche de la juxtaposition car la proposition incidente et l'incise sont insérées dans la phrase sans mot de liaison.
Le Grevisse de l'orthophoniste p. 322


L'incise serait donc, si j'en comprends Grevisse, une subordonnée juxtaposée ?



J'ajoute que je suis tombé là-dessus en cherchant le terme d'interdépendance appliqué à l'analyse syntaxique. Ce terme existe et s'applique bien à l'analyse des propositions, mais pas du tout pour des propositions incises ou des propositions telles que vous les citez (cf. dernier message de Jehan), alors qu'il s'y prête bien je trouve.
Cela dit, il est vrai qu'une incise ne peut pas être qualifiée d'interdépendante puisque, si elle est dépendante d'une autre proposition, cette autre proposition est quant à elle bel et bien indépendante.
Et Grevisse (et non Grévisse, je faisais a même erreur que vous avant que lamaneur ne me détrompe) dit bien :

Toutefois, l'incise n'assure aucune fonction dans la phrase.
(et non Grévisse, je faisais la même erreur que vous avant que lamaneur ne me détrompe) :
C'est corrigé 🙂
Grevisse dit bien : "Toutefois, l'incise n'assure aucune fonction dans la phrase."
Je ne comprends ce que cela apporte au débat 😐
Cela me semble prouver que c'est une indépendante.
Oui, je vois. Si elle est indépendante, elle n'a par conséquent pas de fonction dans la phrase. Ça se tient, mais, à mon sens, ça ne suffit pas. Certaines subordonnées ne sont-elles pas d'ailleurs elles aussi dépourvues de fonction au sein de la phrase ? Je pose vraiment la question.


Et puis bon…
La proposition incise entretient avec la proposition dans laquelle elle s'insère une relation de dépendance
Cela me semble prouver que ce n'est pas une indépendante… 🙄
Certaines subordonnées ne sont-elles pas d'ailleurs elles aussi dépourvues de fonction au sein de la phrase ? Je pose vraiment la question.
Je ne vois pas d'exemple… En as-tu ?
Non, justement pas. Autrement je l'aurais affirmé avec exemple à l'appui. Mais il est très probable que je fasse erreur. D'ailleurs, si on suit la logique — inattaquable — de Jacques, s'il est naturel qu'une indépendante n'ait pas de fonction au sein d'un ensemble, il l'est tout autant qu'une subordonnée, justement parce qu'elle est subordonnée, en ait une. Mais on est parfois surpris dans cette grammaire, je me disais donc que c'était possible.
HarolDts a écrit :@quaero

Les trois critères de la proposition appelée incise me semblent parfaitement bons. Personne n'y a jusqu'ici trouvé à redire d'ailleurs. C'est son appartenance à la grande famille des indépendantes qui pose question, question qui ne me semble pas trouver davantage de réponse dans ton message.

Que signifie :
En revanche, elle possède toujours une véritable autonomie syntaxique, puisqu'elle est indépendante.


Elle est indépendante parce qu'elle est autonome ?
Elle est autonome parce qu'elle est indépendante ?
Je regrette, je ne comprends pas la question posée. :/

Une proposition indépendante est syntaxiquement autonome.

Prenons un exemple :
Jamais, interrompit mon ami, je ne t’oublierai.
La proposition "interrompit mon ami" est-elle une incise ? est-elle indépendante, sinon, de quoi dépend-elle ?
Il serait curieux qu'il y ait une proposition principale sans proposition subordonnée !
En effet !

Merci pour vos réponses !
Bonjour,

Je me permets de faire une nouvelle demande.

Ton ami m'a montré où tu habites.

Pour A Hamon (Grammaire française - Hachette 1966) où tu habites est une complétive interrogative (680 - page 222).

Sachant que la nuance interrogative n'est pas toujours sensible (Grevisse Le bon usage - § 1161) et que cette phrase équivaut à Ton ami m'a montré l'endroit où tu habites, ne peut-on l'analyser comme une relative avec antécédent omis ou sous-entendu (l'endroit) ?

Des grammaires plus récentes proposent-elles une autre analyse ?

Merci d'avance.
Bonjour.

Dans le chapitre sur les relatives substantives, Riegel parle à ce sujet de "relative locative sans antécédent". Le pronom est complément de lieu du verbe de la relative, la relative étant elle-même complément de lieu du verbe de la principale.
Beaucoup de pronoms n'ont pas nécessairement besoin d'antécédents.
J'aime qui m'aime. Qui m'aime me suive. Advienne que pourra.
Il n'est pas nécessaire d'imaginer des ellipses. Le pronom a lui-même tout en puissance.
Bonsoir !

Dans la phrase "Ne manger que des bons plats" j'ai un petit doute sur le nombre d'adverbes !
Faut-il en compter deux, "ne" et "que" ?

Merci !
Bonsoir.

On considère en général la locution adverbiale ne…que (= seulement) comme formant un seul bloc.
Bonjour

Pourriez vous me donner la nature de cette phrase qui me pose soucis SVP ?

Ils n’ont pu qu’en cessant de l’être se dérober à mon affection.

"qu'en cessant de l'être" : au début j'ai pensé à une participiale, car le verbe est au participe présent, mais le sujet étant le même (ils) et vu qu'il n'y a pas de virgules, je ne pense pas que ce soit cela.

Une complétive introduite par conjonction "qu'" ?

Ou rien du tout, juste une apposition au sujet "il" ? et donc une phrase simple et non pas complexe avec subordonnée ?

Merci !
Bonsoir.

Cette phrase de Rousseau est une phrase simple.

Ils n’ont pu qu’en cessant de l’être se dérober à mon affection.

Il faut la comprendre comme : En cessant d'être des hommes, ils n'ont pu que se dérober à mon affection.

"en cessant de l'être" est un gérondif, donc complément de phrase.
et n'…qu' une locution adverbiale à sens restrictif (= seulement).

Ils n'ont pu que = Ils ont pu seulement (ils n'ont pas pu faire autre chose que… )
Merci beaucoup pour votre réponse.

Du coup, petite question qui me vient, quid des subordonnées de restrictions induites par "sinon que, sauf que, hormis que, excepté que"…
Comme : ils se ressemblent, excepté que l'un est plus grand que l'autre.

Cette négation partielle "ne que" ne pourrait elle pas être vue comme une subordonnée ?
Non vraiment que phrase simple ?

Merci !
Cette locution adverbiale n'…qu' modifie simplement l'unique verbe conjugué de la phrase simple proposée. On ne voit pas comment il pourrait y avoir une subordonnée dans cette phrase. Ni comment une locution adverbiale pourrait constituer à elle seule une subordonnée.

En revanche, dans la phrase complexe Ils se ressemblent, excepté que l'un est plus grand que l'autre. nous avons deux verbes conjugués, donc deux propositions.
Une principale, et une subordonnée introduite par la locution conjonctive excepté que.

Ne pas confondre locution adverbiale et locution conjonctive.
Bonjour!

Un peu de grammaire, en prévision du CRPE…
Si vous pouviez jeter un coup d'oeil, ce serait top! Merci beaucoup pour votre aide!

« Ulysse remarque une grotte et, poussé par la curiosité, décide de l’explorer. Il part avec douze de ses compagnons et arrive rapidement à la caverne. Là, ils découvrent des fromages énormes, des vases de métal regorgeant de lait et de nombreux agnelets.
- Servons-nous et partons disent les compagnons d’Ulysse.
- Non ! Voyons qui est l’habitant de ces lieux.
Ulysse et ses compagnons s’installent, font du feu et attendent. Quelques minutes plus tard, la terre tremble et une ombre gigantesque se profile sur le sol. Polyphème, le cyclope, est de retour chez lui. Un frisson de frayeur saisit les grecs. Ils ont entendu parler des cyclopes, fils de Poséidon, dieu de la mer. Poussant son troupeau devant lui, Polyphème entre dans la grotte qu’il referme à l’aide d’une énorme pierre. Soudain, il aperçoit les Grecs terrorisés.
- Qui êtes-vous étrangers ?
- Nous sommes des guerriers revenant de Troie. Les dieux nous ont jetés sur la côte et…
- Nous, les cyclopes, ne craignons pas les dieux ! Nous leur sommes supérieurs. Disant cela, Polyphème attrape deux des compagnons d’Ulysse leur fracasse la tête et les dévore. Rassasié, il se couche et s’endort. Ulysse s’interroge alors : « Vais-je le tuer avec mon glaive ? Mais comment ensuite sortir de cette caverne ? La pierre d’entrée est si lourde que jamais nous ne pourrons la pousser… Je dois trouver un autre moyen… » La nuit passe. L’aube se lève. Polyphème s’éveille. En guise de déjeuner il dévore deux autres compagnons d’Ulysse puis sort faire paître son troupeau. Le soir deux grecs lui servent encore de dîner. Ulysse s’approche alors du cyclope :
- Cyclope, accepterais-tu de ce délicieux vin ? Le géant avale le breuvage d’un seul coup.
- Que c’est bon ! Donne-m’en encore. Comment t’appelles-tu ?
- Je me nomme personne.
- Et bien personne, moi aussi je vais te faire un cadeau ; je te mangerai le dernier, voici mon cadeau. Puis, ivre, le cyclope s’allonge et s’endort.
Ulysse et ses compagnons se précipitent sur le pieu qu’ils avaient taillé en l’absence du géant. Il est mis dans le feu, chauffé au rouge et enfoncé dans l’œil du cyclope. Polyphème pousse
un hurlement qui se répercute au loin. Les Grecs se cachent au fond de la grotte tandis que d’autres Cyclopes, alertés par les cris de Polyphème, accourent.
- Que se passe t-il ? demandent-ils du dehors. Qui t’attaque ?
- C’est personne ! personne !
- Personne ? C’est alors quelque mal qui te vient du grand Zeus, dieu du ciel et de la terre, gouverneur de l’Olympe. Nous ne pouvons rien. Invoque ton père Poséidon notre roi. Sur ces mots, ils repartent.
Le lendemain, Polyphème ouvre la grotte et laisse sortir son troupeau. Craignant que les grecs ne s’échappent, il laisse passer les bêtes une à une et leur caresse le dos. Mais Ulysse et ses compagnons, rusés, se sont glissés sous les brebis et les béliers et non sur leur dos. Un à un, ils parviennent à quitter la caverne. Libres, ils atteignent le rivage, montent sur leur navire, hissent les voiles et aussitôt, voguent vers le large. Ulysse ne peut s’empêcher de s’adresser au cyclope. D’une voix railleuse, il dit :
- Cyclope, celui qui t’a privé de ton œil est Ulysse, le fils de Laërte, le vainqueur de Troie, le roi d’Ithaque. Polyphème, fou de douleur et de rage, s’adresse alors à son père en ces termes :
- ô Poséidon, s’il est vrai que je suis ton fils, fais que cet Ulysse ne rentre jamais au logis ou du moins qu’il n’y parvienne qu’après de nombreux malheurs.


en Gras sont les subordonnées, il ne me semble pas en voir d'autres.




"Voyons qui est l'habitant de ces lieux".
nature: Proposition subordonnée relative substantive
fonction: COD de "voyons"

Il entre dans la grotte qu'il referme à l'aide d'une énorme pierre.
nature de qu': pronom relatif
fonction de qu' : COD de "referme"

Il aperçoit les Grecs terrorisés.
Fonction de "les Grecs": COD de "aperçoit"
fonction de terrorisés: attribut du CD "les Grecs"

Qui êtes-vous étrangers?
nature de Qui: pronom interrogatif ; Fonction: sujet de êtes

Nous sommes des guerriers revenant de Troie.
fonction "des guerriers : attribut de sujet "nous"
fonction de "revenant de Troie": complément du nom "des guerriers"

"La pierre d'entrée est si lourde que jamais nous ne pourrons la pousser" : prop. subordonnée circonstancielle de conséquence

" En guise de déjeuner il dévore deux autres compagnons d'Ulysse puis sort faire paître son troupeau"
--> 2 prop indépendantes
fonction de "deux autres compagnons" : COD de dévore
fonction d'Ulysse : complément du nom "compagnons"
son troupeau: COD de "faire paitre"
fonction de "en guise de déjeuner": CCT?

Que c'est bon! Donne-m'en encore.
nature de que : pronom exclamatif ; fonction de que: ?
fonction de "bon": attribut du sujet "c'" ; nature de bon: adjectif qualificatif
fonction de m': COS de "donne" ; nature de m': pronom personnel
fonction de de en : COD de "donne"; nature de "en": préposition

"Je me nomme personne".
fonction de personne: attribut du sujet " je" ; nature de personne: adverbe
fonction de "me" : ?

Les Grecs se cachent au fond de la grotte tandis que d'autres Cyclopes, alertés par les cris de Polyphème, accourent.
Tandis que : locution conjonctive qui introduit une proposition subordonnée conjonctive complétive
fonction de la prop.sub.complétive : COD de accourent
- Que se passe t-il? demandent-ils du dehors. Qui t'attaque?
Que: COD de "se passe"
Qui: pronom interrogatif/ fonction sujet de "attaque"
t' : COD de "attaque"

"Personne? C'est alors quelque mal qui te vient du grand Zeus, dieu du ciel et de la terre, gouverneur de l'Olympe.
nature de "qui te vient du grand Zeus": Prop. subordonnée relative ; fonction: complément de l'antécédent "quelque mal"
nature de qui: pronom relatif ; fonction de qui: sujet de "vient"
du ciel et de la terre : compléments du nom de Dieu

"Craignant que les Grecs ne s'échappent, il laisse passer les bêtes une à une et leur caresse le dos.
nature de "passer les bêtes une à une: proposition subordonnée infinitive
Fonction : COD de laisse"

fonction de "leur" : COS de caresse
nature de "leur": déterminant possessif
fonction de "une à une ": Complément circonstanciel de manière , nature : groupe prépositionnel

" Cyclope, celui qui t'a privé de ton oeil est Ulysse, le fils de Laerte.
nature: prop. sub. relative
fonction: COD de "est" ?

de Laerte : complément du nom "fils"

Polyphème, fou de douleur.
de douleur: complément de l'adjectif "fou"

O Poséidon, s'il est vrai que je suis ton fils (1) fais que cet Ulysse ne rentre jamais au logis (2) ou du moins qu'il n'y parvienne qu'après de nombreux malheurs (3).

(1) : proposition subordonne conjonctive complétive , complément circonstanciel de condition
(2) : Proposition subordonnée conjonctive complétive, COD de "fais"
(3) : proposition subordonnée conjonctive complétive, COD de "fais" ?




Bonne soirée

Ana