Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 122 / 216

Contrôle qui peut…
La phrase est mal construite, ou fait l'objet d'un raccourci un peu fort.
Il aurait mieux valu écrire :
… mais encore parce qu’il exerce un contrôle sur le gouvernement, contrôle pouvant aller jusqu’au renversement du gouvernement si une majorité de députés le souhaite.
Le second "contrôle" reprend donc le premier. On aurait pu aussi écrire "ce contrôle pouvant aller…", voire supprimer le second "contrôle" en réorganisant la phrase :
… mais encore parce qu’il exerce sur le gouvernement un contrôle pouvant aller jusqu’au renversement du gouvernement si une majorité de députés le souhaite.
(un) contrôle pouvant aller jusqu'à…
Participe présent épithète du nom "contrôle", et équivant à (un) contrôle qui peut aller…, comme vient de le préciser Laoshi.

Et comme vient de le souligner Lamaneur, il est peu clair de reprendre un verbe conjugué par le nom homonyme, cela peut brouiller la compréhension.
Merci beaucoup à Laoshi, à lamaneur et à Jehan pour votre explication précise ! Je le comprends maintenant.
Bonjour à tous,
J'ai besoin de votre aide.
Dans son livre de grammaire, au chapitre des fonctions du nom (ou équivalent) dans la proposition, A. Hamon (4ème et classes suivantes - Hachette 1966) donne les exemples :
1° Je ferai d'elle une duchesse.
2° Il prit le train pour Rome.
Je m'interroge sur la fonction des mots en gras (complément d'objet ou autre), celle-ci n'étant pas précisée dans le livre.

Merci d'avance.
Bonsoir.

Si ces phrases sont données en exemple, il serait bien étonnant que la fonction ne soit pas précisée juste avant l'exemple qui illustre cette fonction. Qu'y a-t-il d'écrit dans la grammaire, juste avant chacun de ces exemples ?
Une petite question annexe : est-il conseillé de travailler la grammaire avec un ouvrage de 1966 ?
A Jehan.

1° Au chapitre "L'attribut du complément d'objet", en remarque "Noter la curieuse équivalence" :
Je la ferai duchesse = Je ferai d'elle une duchesse.
("duchesse" étant tantôt attribut de l'objet, tantôt objet")

2° Au chapitre "Le complément circonstanciel de lieu", en remarque "Le lieu où l'on va peut se confondre avec la destination, le but" :
Il prit le train pour Rome.

A Floreale.
Je ne donne pas de conseil. C'est un excellent ouvrage qui en vaut sans doute de plus récents et m'a été très utile. Quel que soit l'âge des exemples, les mots doivent bien avoir une fonction (à mon humble avis). Je ne suis pas un spécialiste d'où l'objet de ma demande.
Merci, on comprend mieux ta première question

(COD signifie "complément d'objet direct" et COI "complément d'objet indirect"…
Je te le signale, vu qu'il y a 50 ans, je ne crois pas que ces abréviations étaient déjà en usage…)

je la ferai duchesse
Fonction de duchesse : attribut du pronom COD la.

Je ferai d'elle une duchesse.
Fonction de duchesse : COD du verbe ferai
Fonction de d'elle : COI du verbe ferai.

Mais pour la deuxième question, tu avais d'abord demandé la fonction de le train (c'est bien sûr un COD) et maintenant tu soulignes en gras pour Rome.
Quelle précision désirerais-tu de notre part ?
Pour azinwxon.
Je m'adressais en fait aux spécialistes du site notamment à Jehan sans esprit de jugement aucun mais sachant combien la terminologie a changé. La preuve, professeur de lettres, je ne réponds pas aux questions de grammaire, me jugeant aujourd'hui incompétente. 🙂
pour Rome est en gras dans le livre car la remarque "Le lieu où l'on va peut se confondre avec la destination, le but" concerne ce GN. Ma question porte sur le train, non analysé dans l'exemple, et je n'ose affirmer COD (prendre le train étant une expression). Peut-être que je me trompe.

Rassurez-vous je me suis mis à jour depuis 1966 😉 .

En tous cas merci pour votre aide.
Rassurez-vous je me suis mis à jour depuis 1966
Je n'étais pas inquiète pour vous mais pour moi parce que, malgré mes efforts, je n'assimile toujours pas les nouvelles terminologies en analyse grammaticale.
On ne peut pas vraiment dire que prendre le train soit une locution verbale non analysable. Simplement, le verbe prendre a ici le sens particulier d'utiliser un moyen de transport, ce moyen de transport étant COD du verbe : prendre le train, l'avion, le bateau, un taxi, etc. Et l'on peut intercaler des adjectifs : prendre le premier train, le prochain train…

Quant à pour Rome, ce n'est pas vraiment un complément circonstanciel, c'est en fait un complément du nom train. Un complément de nom n'est pas forcément introduit par de, et peut exprimer des nuances variées, éventuellement circonstancielles.
OK.
Merci pour votre aide.
Quant à pour Rome, ce n'est pas vraiment un complément circonstanciel, c'est en fait un complément du nom train. Un complément de nom n'est pas forcément introduit par de, et peut exprimer des nuances variées, éventuellement circonstancielles.
Mouais… Pour moi, "pour Rome" a ici la même fonction que dans "il s'envola pour Rome, il partit pour Rome". J'y vois bien un complément circonstanciel, du moins dans la terminologie de A. Hamon, dont j'avais aussi la grammaire en 6e et en 5e !
Le train pour Rome, quel quai, s'il vous plaît ?

Pour ce qui est de la phrase proposée par la grammaire, ton affirmation se discute.
Un COD limité à le train ne peut pas vraiment se pronominaliser ici.
On ne dira pas : " Il aperçut le train. Il le prit aussitôt pour Rome".
En revanche, si l'on considère comme COD le groupe le train pour Rome, ce groupe peut se pronominaliser.
Il aperçut le train pour Rome. Il le prit aussitôt.

Dans "Il s'envola pour Rome", le cas est différent, "pour Rome" étant le seul complément du verbe.
Je suis évidemment d'accord qu'on peut analyser ici "pour Paris" comme un complément du nom "train". Mais je pense qu'on peut aussi l'analyser comme un complément de lieu, selon ce qu'on a précisément en tête.

"Pour Rome" répond à la question "pour où prit-il le train ?", comme à "pour où s'envola-t-il/prit-il l'avion ?".

C'est pour moi exactement la même fonction.
lamaneur a écrit :
Quant à pour Rome, ce n'est pas vraiment un complément circonstanciel, c'est en fait un complément du nom train. Un complément de nom n'est pas forcément introduit par de, et peut exprimer des nuances variées, éventuellement circonstancielles.
Mouais… Pour moi, "pour Rome" a ici la même fonction que dans "il s'envola pour Rome, il partit pour Rome". J'y vois bien un complément circonstanciel, du moins dans la terminologie de A. Hamon, dont j'avais aussi la grammaire en 6e et en 5e !
Dans le cas d'une direction, je ne parlerai pas de complément circonstanciel. Où est la circonstance dans il part pour Rome ? Différent serait le cas de "à l'aéroport" dans à l'aéroport, il part pour Rome.
pour Rome me semble faire partie du prédicat, c'est un complément essentiel (mais peu importe a terminologie). En latin, en grec, en russe, il se construirait à l'accusatif, parfois directement (en latin).
Et dans le train pour Rome, je vois encore moins un circonstanciel…

Si je dis le train de Rome au lieu de le train pour Rome, que celui-ci en vienne ou qu'il y aille, ça ne change rien : pour moi, c'est un complément de nom (ou de détermination) dans les deux cas.
Absolument, tu en avais d'ailleurs fait l'observation dans le fil ad hoc
https://www.etudes-litteraires.com/484994.html#p484994
où l'on discute ces questions de terminologie. Il est certain que depuis 1960, l'étendue des divers compléments circonstanciels de lieu a été revue à la baisse ! Mais là, j'ai gardé la terminologie de Hamon.
Pour ce dernier, les c.c. de lieu recouvraient les quatre nuances fondamentales du lieu où l'on est, du lieu où l'on va, du lieu d'où l'on vient et du lieu par où l'on passe.
Oui, mais ce n'est pas qu'une question d'étiquette : la grammaire classique étant plutôt centrée sur le sens dans sa terminologie, il est paradoxal qu'on parle de circonstanciels pour tous les types de compléments que tu évoques. Le terme n'est vraiment pas approprié dans trois des cas que tu cites.
Je dirais bien que cela peut fausser les représentations des élèves si je ne craignais pas qu'on me rie au nez en me rappelant que de toutes façons, ils savent à peine distinguer un nom d'un verbe…

- Veux-tu toute ta vie offenser la grammaire ?
- Qui parle d'offenser grand'mère ni grand-père ?