Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 117 / 216

Un mot donné, dans une phrase donnée, n'a évidemment qu'une nature à la fois.
Mais il peut arriver qu'un mot donné ait plusieurs natures possibles, selon la structure de la phrase.

Ainsi, déjeuner peut être un verbe à l'infinitif (Je vais déjeuner) ou un nom
(Je prépare le déjeuner).
Fort peut être un nom (Ce n'est pas mon fort), un adjectif ( Il est fort), un adverbe ( Elle est fort belle), etc.
Tout peut être adverbe ( Il est tout petit) pronom indéfini ( Tout se transforme) nom (J'achète le tout), etc.
On appelle cela "dérivation impropre".
https://www.etudes-litteraires.com/langue-francaise/lexicographie

Mais on ne peut évidemment pas dire qu'il s'agit d'homonymes homographes comme le nom boucher et le verbe boucher, puisqu'ici l'étymologie est évidemment identique.
D'accord, très bien, mais alors, lorsqu'on est confronté à une analyse de phrase, comment savoir si c'est un seul mot qui a deux natures (comme le mot "fort") ou si ce sont deux mots qui ont chacun une nature propre (comme le mot "boucher") ? Est-ce seulement l'étymologie ou existe-t-il un autre critère ? Car on ne connaît pas toujours cette étymologie.
Le critère étymologique suffit. Mais dans une analyse de phrase, donc pour donner nature et fonction, on n'a pas à se poser la question de l'étymologie ni de savoir si ce sont des vrais homonymes ou non…
Il suffit de comprendre le sens de ce qu'on lit.

Exemples.

J'ai acheté une escalope chez le boucher.
Est-il nécessaire de connaître l'étymologie du mot "boucher" et de savoir qu'il y a un infinitif homographe pour comprendre qu'il s'agit là d'un nom (un nom de commerçant), et que "chez le boucher" est complément circonstanciel de lieu du verbe "ai acheté" ?

Elle est fort belle… On comprend bien que ça ne veut pas dire "Elle est forte, elle est vigoureuse", et que ça ne peut donc pas être un adjectif. On comprend bien qu'il ne s'agit pas ici du nom "fort" (un fort, une forteresse). On comprend que cela veut dire "très belle", et que "fort" est ici un adverbe comme "très", et qu'il a pour fonction de modifier l'adjectif "belle".
Bonjour,

Comment analyse-t-on cette phrase :

Toto est bête à manger du foin.
Bonjour.

Toto : nom propre, sujet du verbe "est".
est : verbe être.
bête à manger du foin : groupe adjectival, attribut du sujet; le noyau est l'adjectif qualificatif "bête".
à manger du foin : groupe prépositionnel à noyau infinitif, complément de l'adjectif qualificatif "bête", à valeur intensive, exprimant une nuance de conséquence supposée :
bête à manger du foin = vraiment très bête; si bête qu'il pourrait manger du foin.
2. À suggère une idée de conséquence. − L'adj., pris avec une valeur intensive, a pour conséquence le procès désigné par l'inf.; la prép. à est l'équivalent de si … que, tellement … que; l'adj. est appréc. ou dépréc.; ces tours appartiennent à une synt. affective :
une nuit belle à en être insolente,une femme belle à le faire décorer en six mois, il est bête à manger du foin (…) pleine à craquer (…)
https://www.cnrtl.fr/definition/%C3%A0
Merci beaucoup, Jehan.
Jehan a écrit :Le critère étymologique suffit. Mais dans une analyse de phrase, donc pour donner nature et fonction, on n'a pas à se poser la question de l'étymologie ni de savoir si ce sont des vrais homonymes ou non
Il suffit de comprendre le sens de ce qu'on lit.
Oui, en effet, je n'avais pas bien réfléchi en posant ma question. Ce que j'aurais dû dire et ce que je voulais dire c'est au contraire : "en-dehors de tout contexte, y a-t-il un moyen autre que l'étymologie pour savoir si deux homonymes sont deux mots différents ou non ?" Mais je pense que tu as quand même répondu à ma question dans ton message précédent. Merci encore Jehan pour ton aide.

J'ai essayé de construire ce schéma de ramifications autour de l'analyse de la phrase complexe et je me demandais s'il était correct, complet et clair. J'ai trouvé des schémas sur le net, des discours, des cartes mentales mais rien comme celui-là.


Phrase averbale (0 verbe conjugué)
l
l
Phrase simple (1 seul verbe conjugué)
l
l
Phrase complexe (Plusieurs verbes conjugués)
l
__________________________l_____________________
l l l
Juxtaposition coordination subordination
(pas de mot outil) (conjonction de coordination) l
__________________l___________________
l l
conjonctives relatives
(conjonction de subordination) (pronom relatif)
_________l________ _________l________
l l l l
pures circonstancielles adjectives ??
?? (suppressible, déplaçable)


Aurais-je selon vous omis des catégories ou mal rangé certaines ? Est-ce clair pensez-vous ? Les mots employés sont-ils les bons (ce sont qui sont le plus couramment employés j'ai l'impression).
Surtout, si vous pensez que je peux ajouter à ce tableau des éléments pour préciser, différencier, clarifier, n'hésitez pas.
Merci de votre aide.
Votre schéma oublie les propositions infinitive et participiale : même s'il y a un seul verbe conjugué, la phrase est complexe.
Dans les relatives, il y a les relatives avec antécédent, qui sont compléments de cet antécédent.
Il y a aussi les relatives périphrastiques , qui ont les fonctions d'un nom
https://www.uoh.fr/front/document/f02994d5/2329/4674/f02994d5-2329-4674-a3b0-bb5c17cfe05a/co/05_01_relatives_periphrastiques.html
ce qui est également le cas des relatives substantives :
https://www.uoh.fr/front/document/f02994d5/2329/4674/f02994d5-2329-4674-a3b0-bb5c17cfe05a/co/04_01_relatives_substantives.html
Bonsoir!!
Je n'ai pas compris l'usage du subjonctif dans cette phrase (Le noeud de vipères):
"Le dernier bouquet que j'aie reçu ce jour-là, ma pauvre mère l'avait cueilli de ses mains deformées"
"Le dernier bouquet que j'aie reçu ce jour-là, ma pauvre mère l'avait cueilli de ses mains deformées"
L'indicatif semblait logique, puisqu'il s'agit d'un fait réel.
Mais Mauriac qui savait écrire en a décidé autrement
On trouve effectivement le subjonctif dans la subordonnée relative si l’antécédent du pronom relatif est un superlatif ou des mots tels que le premier, le seul, le dernier, pour marquer l’incertitude.
On trouve effectivement le subjonctif dans la subordonnée relative si l’antécédent du pronom relatif est un superlatif ou des mots tels que le premier, le seul, le dernier, pour marquer l’incertitude.
Bonjour,

J'ai longtemps cru que le subjonctif était obligatoire, incertitude ou non, dans ces cas mais je crois avoir lu dans ce forum que j'étais dans l'erreur car quand il n'y a pas d'incertitude on utilise l'indicatif, même si l’antécédent du pronom relatif est un superlatif ou des mots tels que le premier, le seul, le dernier, pour marquer l’incertitude.
C'est bien ça ?
Je pense que tu as raison.
Cela ne me choque pas de dire :
« C’est le dernier voyage que je fais en Inde. »
Mais je ne suis pas Mauriac..,
Ça ne me choque pas non plus…
Y a-t-il une règle qui régisse l'emploi du subjonctif dans ces cas-là ? Il me semble que ce sujet a déjà été abordé ici mais je ne trouve pas où.
En l'absence de l'adverbe "peut-être", l'indicatif me parait approprié :
"C'est le dernier voyage que je fais en Inde." Il s'agit alors d'une certitude !

Si nous rajoutons "peut-être", l'indicatif est concevable avec un doute léger :
"C'est peut-être le dernier voyage que je fais en Inde."

Mais toujours avec "peut-être", il faudrait le subjonctif si le doute est fort :
"C'est peut-être le dernier voyage que je fasse en Inde."

Bref, tout dépend de ce qu'on veut exprimer ! 😉
Marco153 a écrit :Bonsoir!!
Je n'ai pas compris l'usage du subjonctif dans cette phrase (Le noeud de vipères):
"Le dernier bouquet que j'aie reçu ce jour-là, ma pauvre mère l'avait cueilli de ses mains déformées"
Vous comparez avec des phrases différentes de l'original proposé par Marco, où c'est le passé du subjonctif qui est employé.
"C'est le dernier voyage que je fais en Inde." Là, vous écrivez à l'indicatif présent.
Si vous voulez vraiment comparer, écrivez :
"Le dernier bouquet que je reçois ce jour-là, ma pauvre mère l'avait cueilli de ses mains déformées".
Moi, ce n'est pas le présent que j'emploierais, mais le passé simple "je reçus".
Le subjonctif passé (lui aussi), me dérange moins que le présent de l'indicatif…Mais je ne suis pas vous (pluriel). 😉
TU as raison, Ricardo.
J'aurais dû écrire :
Le dernier voyage que j'ai fait en Inde m'a dégoûtée d'y retourner.
Quant à la phrase de Mauriac, si j'avais lu :
Le dernier bouquet que j'ai reçu ce jour-là, ma pauvre mère l'avait cueilli de ses mains déformées., le passé composé de l'indicatif ne m'aurait pas choquée. C'est au contraire le choix du subjonctif qui me surprend. Mais c'est son choix !
Nous sommes bien d'accord pour exclure le présent.
Tu choisis, toi, le PC, moi, le PS (sans connotations politiques 😉 ). Nous sommes proches :
Le dernier bouquet que j'ai reçu ce jour-là, ma pauvre mère l'avait cueilli de ses mains déformées
Le dernier bouquet que je reçus ce jour-là, ma pauvre mère l'avait cueilli de ses mains déformées.,
Bonjour à tous, je reviens au sujet précédent, mais que cela ne vous empêche pas de poursuivre votre conversation autour de l'emploi du subjonctif chez Mauriac, je vous lis avec beaucoup d'intérêt.

J'ai essayé d'intégrer à mon schéma les remarques d'Anne et de Jehan. Est-ce bien cela ? Manque-t-il encore quelque chose (je voudrais un récapitulatif aussi précis que possible) ? Merci de votre aide. Les modifications apportées par rapport à la dernière fois ont été mises en gras.

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Phrase averbale (0 verbe conjugué)
l
l
Phrase simple (1 seul verbe conjugué)
l
l
Phrase complexe (Plusieurs verbes conjugués)
l
__________________________l______________
l l l
Juxtaposition coordination subordination
(pas de mot-outil) (conjonction de coordination) l
________________________________l_______________________________
l l l l
propositions conjonctives propositions relatives propositionspropositions
(conjonction de subordination) (pronom relatif) infinitivesparticipiales
l l (pas de mot-outil) (pas de mot-outil)
_________l________ l______________________________________
l l l l l
pures circonstancielles adjectives substantives périphrastiques
?? (suppressible, déplaçable) (avec antécédent) (sans antécédent) (sans antécédent)



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Est-ce mieux ainsi ?
Est-ce encore perfectible ?

Après, c'est vrai que j'ai un peu de mal concernant la proposition infinitive parce que j'ai partout vu qu'il ne fallait dans l'étude de la phrase complexe ne considérer que les verbes conjugués.



Peut-on dire sans erreur que la juxtaposition et la coordination réunissent des propositions indépendantes quand la subordination réunit des propositions subordonnées ? Peut-on aussi dire qu'on ne parle de proposition principale que lorsqu'il est déjà question de proposition subordonnée ?
Je ne comprends pas bien ce mot de "pure" au sujet des conjonctives, que j'ai pourtant vu en de plusieurs endroits… 😞
La mise en page de ton tableau semble un peu bousculée quand elle s'affiche sur le forum.
Une relative périphrastique a un antécédent, le pronom démonstratif neutre ce.
L'ensemble "ce + pronom relatif" constitue ce qu'on appelle un pronom décumulatif :
https://www.uoh.fr/front/document/f02994d5/2329/4674/f02994d5-2329-4674-a3b0-bb5c17cfe05a/co/05_01_relatives_periphrastiques.html

"Conjonctive pure" est un autre terme utilisé pour désigner une complétive (introduite par que ) .

Dans les subordonnées, il manque les subordonnées interrogatives indirectes, qui peuvent être introduite par la conjonction si, par un pronom interrogatif ou par un adverbe interrogatif Dis-moi si tu viens / qui vient / quand tu viens.
Fonction de COD.
Peut-on dire sans erreur que la juxtaposition et la coordination réunissent des propositions indépendantes quand la subordination réunit des propositions subordonnées ? Peut-on aussi dire qu'on ne parle de proposition principale que lorsqu'il est déjà question de proposition subordonnée ?
Oui pour juxtaposition et coordination réunissant des propositions indépendantes.
La subordination réunit une principale et une ou plusieurs subordonnées.
Une proposition subordonnée suppose forcément une principale, et vice-versa.