Analyse grammaticale

Langue française

4319 réponses · Page 107 / 216

J'essaye d'identifier les CO et les CC dans ces bouts de phrases
Mais doit-on considérer aussi que "un film" est COD de "regardent" ?
Oui.
Bonjour !

J’aimerais avoir votre avis sur plusieurs natures de mots/ phrases !

Merci d’avance !
(C'est dans le cadre du concours orthophonie)

-« Je fus pris soudain d’une de ces lassitudes désolées, accablantes, qui vous saisissent l’âme et le corps de temps en temps » -> Il est dit que « accablantes » est apposition … Mais pourquoi pas épithète détachée ?

-« Tiens, il m’est arrivé une drôle d’histoire à ce sujet » . -> Peut-on dire que ce sont deux propositions indépendantes juxtaposées ?



-« Quant aux filles, toujours les mêmes, les affreuses filles que vous connaissez, laides, fatiguées, pendantes, et allant de leur pas de chasse, avec cet air de dédain imbécile qu’elles prennent, je ne sais pourquoi » -> Il est dit que « je ne sais pourquoi » est une proposition subordonnée complétive interrogative indirecte elliptique . On dit elliptique parce qu’après le pourquoi il pourrait y avoir une suite ?



-« Il tombait une de ces pluies menues qui mouillent l’esprit autant que les habits, non pas une de ces bonnes pluies d’averse, s’abattant en cascade et jetant sous les portes cochères les passants essoufflés, mais une de ces pluies si fines qu’on ne sent point les gouttes [….] » -> Peut-on dire que « s’abattant » est un participe présent qui ne fait pas partie d’une proposition participiale ?



Voilà ! Pardon, c’est un peu long !
Bonsoir.
Je fus pris soudain d’une de ces lassitudes désolées, accablantes, qui vous saisissent l’âme et le corps de temps en temps.
Il est dit que « accablantes » est apposition … Mais pourquoi pas épithète détachée ?
Tout dépend des grammairiens.
Certains ont une conception moins stricte du terme "apposition" , dans lequel ils englobent aussi les épithètes détachées comme celle-ci.
Tiens, il m’est arrivé une drôle d’histoire à ce sujet.
Peut-on dire que ce sont deux propositions indépendantes juxtaposées ?
On ne peut plus considérer ici "Tiens" comme une forme verbale.
Le mot a une simple valeur d'interjection.
Mais les interjections sont sont parfois considérées comme des mots-phrases.
Donc, pourquoi pas deux propositions juxtaposées ici ?
allant de leur pas de chasse, avec cet air de dédain imbécile qu’elles prennent, je ne sais pourquoi
Il est dit que « je ne sais pourquoi » est une proposition subordonnée complétive interrogative indirecte elliptique . On dit elliptique parce qu’après le pourquoi il pourrait y avoir une suite ?
En fait, c'est le mot "pourquoi" tout seul qui est une subordonnée elliptique.
Plusieurs mots sont sous-entendus : pourquoi (elles le prennent).

Quant à "Je ne sais" c'est ce qu'on appelle une proposition incidente, qui forme avec la subordonnée qui la complète un commentaire sur l'énoncé qui précède.
non pas une de ces bonnes pluies d’averse, s’abattant en cascade et jetant sous les portes cochères…
Peut-on dire que « s’abattant » est un participe présent qui ne fait pas partie d’une proposition participiale ?
Oui, c'est un participe présent apposé (ou épithète détachée si l'on préfère) à "une de ces bonnes pluies d'averse". Pas une participiale.
Jehan a écrit :Alors, au bout du compte, circonstanciel ou essentiel ?
Jehan parle d'en Espagne dans La semaine prochaine, nous partons en Espagne.
Jehan a écrit
[…]
Oui, ce serait bon d'avoir les références de ce manuel, de savoir quelles catégories de compléments ont déjà été étudiées, et quelles sont les définitions apprises.
Oui, tout dépend beaucoup du manuel de grammaire utilisé : l'étude de 40 grammaires françaises (utilisées en France, au Québec, en Belgique et en Suisse) contemporaines a fait apparaître ceci :
Au-delà des variations terminologiques (complément indirect, complément d’objet indirect, complément circonstanciel, complément adverbial, complément de phrase), les grammaires présentent des variations dans les définitions et les critères d’identification proposés.
Sophie Piron, Complément (d’objet) indirect, complément circonstanciel et complément de phrase dans les grammaires contemporaines
https://books.openedition.org/pupvd/2852

Voyons toutefois comment, en nous référant notamment aux programmes officiels français de 2015, on peut analyser en Espagne dans La semaine prochaine, nous partons [futur proche = partirons] en Espagne.

A cet égard, je rappelle les propriétés des compléments du verbe et des compléments de phrase selon le programme officiel (de 2015) de grammaire pour le CM1 et le CM2 (à l'issue desquels ces deux notions doivent avoir été apprises).
CM1-CM2
La phrase comporte deux éléments principaux : le sujet et le prédicat, qui apporte une information à propos du sujet. Le prédicat est le plus souvent composé d'un verbe et de ses compléments s'il en a. Les élèves apprennent à isoler le sujet de la phrase et le prédicat.
Ils repèrent les compléments du verbe (non supprimables, non déplaçables en début de phrase et pronominalisables) et les compléments de phrase (supprimables, déplaçables et non pronominalisables). 
(Graissé par moi.)
Cf. arrêté du 9 novembre 2015 fixant les programmes d'enseignement du cycle des apprentissages fondamentaux (cycle 2), du cycle de consolidation (cycle 3) et du cycle des approfondissements (cycle 4),  annexe 2. J.O.R.F. du 24 nov. 2015. Texte consolidé au 16 avril 2018.
B.O.E.N. spécial n° 11 du 26 novembre 2015.
https://www.education.gouv.fr/pid285/bulletin_officiel.html?cid_bo=94708

Application


La semaine prochaine, nous partons en Espagne. A mon sens, en Espagne est supprimable : La semaine prochaine, nous partons peut se dire. Par contre, il n'est pas déplaçable  en début de phrase : °En Espagne la semaine prochaine, nous partons. Cette phrase n'apparaît pas "naturelle". De plus, il est pronominalisable : La semaine prochaine, nous y partons.
Résultat : 2 des 3 critères sont satisfaits en faveur du complément du verbe, alors qu'une seule condition l'est au profit du complément de phrase.
J'encline donc à considérer qu'en Espagne est CV, et non CP.
Mais souvent ces critères sont appréciés en fonction de leur "poids", de leur importance.

Aussi, afin de pondérer ce résultat et donc d'en apprécier au mieux la portée, il convient d'indiquer que selon plusieurs éminents grammairiens contemporains :
On considère généralement que le complément de phrase (CP) est mobile et effaçable. Or, seule la mobilité est la propriété caractéristique des CP car bien d'autres éléments de la phrase peuvent être effacés. 
Graissé par moi. Cf. Grevisse, Pellat (il s'agit d'un des auteurs de la fameuse Grammaire méthodique du français) et Fonvielle, Le Grevisse de l'enseignant. « Grammaire de référence. Nouveaux programmes », Magnard, 2017, p. 239.
La mobilité est la propriété vraiment caractéristique du complément circonstanciel […]
J'ai graissé. Cf. Riegel, Pellat, Rioul, La grammaire méthodique du français, PUF, 2014, p. 260.

Ma conclusion : Voici l'analyse qu'un professeur des écoles pourrait effectuer en CM1-CM2 (en se référant au programme de grammaire de 2015 et au Grevisse de l'enseignent notamment) : en Espagne, qui est effaçable, mais pronominalisable et non mobile, est un complément de verbe, et non un CP (précédente terminologie : complément circonstanciel) puisqu'il est pronominalisable et non mobile (même s'il est effaçable).
N.B. Les notions de C.O.D. etc. sont enseignées, en principe, à partir de la 5e pour les besoins de l'application de certaines règles d'accord du participe passé.

En dehors du contexte scolaire, on pourrait dire aussi qu'en Espagne est un complément circonstanciel intégré (au groupe verbal ; cf. message n° 828 de Jehan). Cette position de Denis et Sancier-Château s’inscrit toutefois dans une vision plus linguistique puisque sont distingués les compléments du verbe, des circonstanciels intégrés et des circonstanciels adjoints (= CP).
@Jehan


Merci beaucoup pour ta réponse !
Je pense que je vais éviter de considérer "tiens" comme une phrase !
Bonjour.
J'aimerais savoir à quelle forme se rattache une phrase de type :
Me poserait-il la question, je lui répondrais ceci…
ou bien :
Ce livre raconte-t-il un exploit du héros, je m'en saisis aussitôt pour me m'attribuer
Merci.
Bonsoir.

Ici, la pseudo-interrogation avec inversion du sujet ou reprise du sujet par un pronom exprime une hypothèse. La tournure équivaut à une subordonnée introduite par si .

Me poserait-il la question… = S'il me posait la question…
Ce livre raconte-t-il un exploit du héros… = Si ce livre raconte un exploit du héros…
Bonjour !

Dans la phrase : "Nommer cette pauvre industrie, n'est-ce pas dire que je suis ni riche ni noble ? Je ne m'en trouve que mieux placé pour apercevoir le ridicule des deux camps opposés , l'industrialisme et le privilège."
-> Il est dit que "industrialisme" et "privilège" sont des noms communs coordonnés constituant une apposition. Je voudrais juste être sûre, ils constituent une apposition par rapport aux termes "deux camps opposés", c'est ça ?

Et dans la même phrase, il est dit que "Nommer" est un sujet infinitif mis en emphase. L"indice" de la mise en emphase est le "n'est-ce pas … que" , c'est exact ?

Merci d'avance ! 🙂
Bonjour.

Oui, industrialisme et privilège sont bien en apposition à camps.
Les indices de la mise en emphase de nommer, ce sont d'une part sa position détachée en tête de phrase, et d'autre part sa reprise par le présentatif c'est, employé ici à la forme interro-négative n'est-ce pas.
Le que qui suit n'a rien à voir avec la structure emphatique; cette conjonction ne fait qu'introduire la complétive COD de l'infinitif dire, cet infinitif étant lui-même régime du présentatif.
D'accord, merci ! Sur internet le "que" est pris en compte ! ^^
Eh bien, c'est apparemment une erreur…
Le que n'est pour rien dans l'emphase de "Nommer cette pauvre industrie".
La preuve, c'est qu'on pourrait dire la même chose sans que :

Nommer cette pauvre industrie, n'est-ce pas dire : "Je ne suis ni riche ni noble" ?
Je suis d'accord avec toi !

J'ai de nouvelles questions !

"Car la crainte des banqueroutes leur a fait acquérir des habitudes de méfiance"
Il est dit que "leur" est sujet de acquérir. Je n'ai pas compris sur le coup … J'avais dit que c'était un complément de COS de "a fait acquérir" . Qu'en pensez-vous ?

"Quelle mise en scène eut résulté de cette invitation ?"
Il est dit que "quelle" est sujet de "eut résultat" . Mais moi j'aurais dit que c'est plutôt "quelle mise en scène" le sujet , non ?

Un peu la même chose pour cette phrase "d'affirmer contre les préjugés ce que l'on ne constate pas de visu mais qui se révélera peut-être juste et vrai "
Il est dit que "vrai" est attribut du sujet " ce que l'on ne constate pas de visu " mais j'aurais plutôt dit attribut du sujet "qui" non ?

Et enfin , dans la phrase : " Je me demande si tu viendras " quelle est la nature de "si" ?


Merci beaucoup !
Bonsoir.
"Car la crainte des banqueroutes leur a fait acquérir des habitudes de méfiance."
Il est dit que "leur" est sujet de acquérir. Je n'ai pas compris sur le coup … J'avais dit que c'était un complément de COS de "a fait acquérir" . Qu'en pensez-vous ?
C'est en fait une sorte de proposition infinitive.
Je ne dirais pas "sujet" grammatical, mais "agent" de l'infinitif acquérir .
Ce sont bien les "ils" auxquels renvoie le "leur" qui font l'action d'acquérir.
La crainte a fait qu'ils acquièrent…
"Quelle mise en scène eût résulté de cette invitation ?"
Il est dit que "quelle" est sujet de "eût résulté" . Mais moi j'aurais dit que c'est plutôt "quelle mise en scène" le sujet , non ?
Tout à fait. Je suis d'accord avec toi.
Un peu la même chose pour cette phrase "d'affirmer contre les préjugés ce que l'on ne constate pas de visu mais qui se révélera peut-être juste et vrai "
Il est dit que "vrai" est attribut du sujet " ce que l'on ne constate pas de visu " mais j'aurais plutôt dit attribut du sujet "qui" non ?
Là encore, je suis d'accord avec toi.
Et enfin , dans la phrase : " Je me demande si tu viendras " quelle est la nature de "si" ?
C'est une conjonction de subordination, introduisant une subordonnée interrogative indirecte.
Merci beaucoup pour ta réponse ! 😉
Bonjour à tous, quel est le sujet dans la phrase suivante : " La saison n'est pas encore terminée que les tractations pour le mercato ont déjà commencé "
La saison n'est pas encore terminée / que les tractations pour le mercato ont déjà commencé

Proposition principale : qu'est-ce qui n'est pas terminé ?
Proposition subordonnée : Qu'est-ce qui a déjà commencé ?

Attendre confirmation.
Je confirme…
Comme il y a deux propositions dans cette phrase, il y a deux sujets, un par proposition…
Pour les trouver, il suffit de répondre aux questions de Paulang.
Bonjour !

Dans la phrase " Comment pouvait-il ignorer que je viendrais ?" il est dit que "que je viendrais" est une proposition subordonnée interrogative indirecte. Mais elle n'est pas indirecte, si ?

Dans la phrase "Il lui a répondu, il faut voir comme !" Pourquoi "comme" n'est pas considéré comme un adverbe ? De quoi s'agit-il alors ?

Merci beaucoup !
Dans la phrase " Comment pouvait-il ignorer que je viendrais ?" il est dit que "que je viendrais" est une proposition subordonnée interrogative indirecte. Mais elle n'est pas indirecte, si ?
C'est toute la phrase qui forme une interrogation directe (voir point d'interrogation final).
La phrase affirmative serait : Il pouvait ignorer que je viendrais.
La subordonnée que je viendrais (que ce soit dans la phrase interrogative ou dans la phrase affirmative) reste une subordonnée interrogative indirecte.
Dans la phrase "Il lui a répondu, il faut voir comme !" Pourquoi "comme" n'est pas considéré comme un adverbe ? De quoi s'agit-il alors ?
Où as-tu lu que ce n'est pas considéré comme un adverbe ?
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/comme/17458/locution?q=voir