L’infime et l’infini

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,
J’aimerais savoir ce que pensent les spécialistes de l’expression « A titre infiniment subsidiaire » employée par les avocats dans leurs conclusions résumant les demandes du malheureux justiciable.

Lorsque ces demandes sont échelonnées ou alternatives, la demande principale est présentée en premier lieu sous la référence « A titre principal », puis viennent les demandes accessoires ou celles que le tribunal doit considérer si la précédente est écartée : « A titre subsidiaire » puis à défaut : « A titre très subsidiaire » et enfin : « A titre infiniment subsidiaire » …
L’adverbe « infiniment » est-il pertinent, sachant qu’il vise probablement à exprimer ce qui est placé au rang le plus bas : ce qui est minime voire négligeable, c’est-à-dire , à mon avis ce qui est infime et non ce qui est infini ! Mais comme l’adverbe « infimément » n’existe pas , semble-t-il, alors, qu’à cela ne tienne, prenons donc « infiniment » à la place , même si dans les deux cas cela fait bien rire en vérité , puisqu’on se situe au 3ème sous-sol , dans l’humble sollicitation …
Je vois déjà l’explication selon laquelle « infiniment » signifie « extrêmement » ce qui pourrait justifier « infiniment subsidiaire » . Qualifier quelque chose d’extrêmement petit comme étant infiniment petit est pourtant discutable voire critiquable.
( cf . Proust : « ‘Oh ! de rien. Cela ne m’a fait perdre qu’un temps infini ‘ (pour infime) » , dans la bouche du directeur du Grand-Hôtel de Balbec. )
Qualifier quelque chose d’extrêmement petit comme étant infiniment petit est pourtant discutable voire critiquable.
J'ai vraiment du mal à saisir en quoi "infiniment petit" est criticable.

Infiniment au sens abstrait, qualitatif, signifie "au plus haut degré, extrêmement".
"infiniment subsidiaire" = tout à fait subsidiaire, donc vraiment sans aucune importance.
Au fait, ce qui est infiniment petit est infinitésimal.… Encore un mot à proscrire, je suppose ?

Quant à "infimement", si cela existait, cela signifierait au contraire "à un degré infime, au plus bas degré".
"infimement subsidiaire" signifierait alors "vraiment très peu subsidiaire", donc pas accessoire du tout. Ce qui serait le contraire de ce qu'on entend exprimer avec "infiniment subsidiaire"
En effet, on peut accepter; mais cela nous ramène à la discussion sur "réduire au maximum" ou "réduire au minimum" , qui pour certains sont des expressions employées de façon équivalente.
On observera qu'employer la notion d'infini pour exprimer le grand nombre ou la grande quantité est un peu osé , mais on pardonnera facilement car de toute façon on aura bien compris le message , mais surtout son caractère pompeux voire ridicule dans le jargon des professionnels du droit ( "infiniment subsidiaire"… ) .

Je n'ai pas trouvé "infimement" dans le petit Robert, ni ailleurs .
Cet adverbe doit-il être considéré comme un barbarisme ou est-il utilisé par une profession particulière ? Il mériterait pourtant sa place comme nullement, aucunement, faiblement : entre nullement et faiblement n'y a-t-il pas "infimement" ?
Je veux bien reconnaître qu' "infiniment subsidiaire" soit assez pompeux.
Tandis que "la politique qui est la vôtre"… expression que vous trouviez également pompeuse, ne l'était pas vraiment.

L'adverbe infimement - dont j'ai analysé le sens- n'est pas officiel, mais il est arrivé que des écrivains l'emploient à des fins stylistiques.
En quoi « infiniment subsidiaire » est-il pompeux ? Pourquoi un vocabulaire technique serait-il jugé pompeux ? Surtout quand le sens de l’expression est le même que celui qu’elle aurait en langage courant ?
A mon avis , le langage professionnel ou technique ne se justifie que pour exprimer des concepts propres à ladite spécialité ou qui n'existent pas dans le langage courant ( duration, impédance, résistivité , sommation, survenance, …) .
Mais s'il s'agit d'exprimer une idée simple qui ne demande aucune initiation particulière, et que tout le monde peut comprendre comme en droit : une demande subsidiaire de rang inférieur, il suffisait de la définir par son rang : demande principale, demande subsidiaire de premier ordre, de deuxième ordre ( ou second ordre, s'il n'y en a que deux), ou de troisième ordre ( ordre ou rang ).
Mais de vous à moi, "infiniment subsidiaire" c'est plutôt drôle , vous ne trouvez-pas ? "extrêmement subsidiaire" aurait mieux convenu, pour intervenir après " très subsidiaire" .