Sur quelles propriétés du poète et de son écriture ces comparaisons se fondent-elles ?

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour,
s'il vous plait je n'ai pas compris cette question sur corpus qui se base sur les textes ci-dessous
QUESTION: sur quelles propriétés du poète et de son écriture, ces comparaison se fondent-elles?

L’animal : métaphore du poète

CORPUS :
Document 1 : Musset, La Nuit de Mai, « Le Pélican », 1835
Document 2 : Baudelaire (1821-1867), Les fleurs du mal, « L’albatros », 1857.
Document 3 : Tristan Corbière, Les Amours jaunes, « Le crapaud », 1873
Document 4 : Roubaud (né en 1932), Les Animaux de tout Le monde, « Le Lombric », 1990.
 Musset, La Nuit de Mai, « Le Pélican », (extrait)

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
5 Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goitres hideux.
10 Lui, gagnant à pas lent une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur;
15 L'océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son cœur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur;
20 Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
25 Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le cœur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
30 Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort se recommande à Dieu.

Poète, c'est ainsi que font les grands poètes.
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
35 Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le cœur ;
Leurs déclamations sont comme des épées :
40 Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant;
Mais il y pend toujours quelques gouttes de sang.

 Baudelaire, Les fleurs du mal, « L’albatros »

Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.

5 A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.

Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
10 Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!

Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
15 Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
 Corbière (1845-1875), Les Amours jaunes, « Le Crapaud », 1873.

Un chant dans une nuit sans air…
La lune plaque en métal clair
Les découpures du vert sombre.

… Un chant; comme un écho, tout vif
5 Enterré, là, sous le massif…
— Ça se tait: Viens, c'est là, dans l'ombre…

— Un crapaud! - Pourquoi cette peur,
Près de moi, ton soldat fidèle!
Vois-le, poète tondu, sans aile,
10 Rossignol de la boue… — Horreur! —

… Il chante. — Horreur!! — Horreur pourquoi!?
Vois-tu pas son œil de lumière…
Non: il s'en va, froid, sous sa pierre.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . ..
Bonsoir — ce crapaud-là c'est moi.
Ce soir, 20 juillet.
 Roubaud, Les Animaux de tout le monde, « Le Lombric »

LE LOMBRIC
(Conseils à un jeune poète de douze ans)

Dans la nuit parfumée aux herbes de Provence
le lombric se réveille et bâille sous le sol,
étirant ses anneaux au sein des mottes molles
il les mâche, digère et fore avec conscience.

5 Il travaille, il laboure en vrai lombric de France
comme, avant lui, ses père et grand-père; son rôle,
il le connaît. Il meurt. La terre prend l'obole
de son corps. Aérée, elle reprend confiance.

Le poète, vois-tu, est comme un ver de terre
10 il laboure les mots, qui sont comme un grand champ
où les hommes récoltent les denrées langagières ;

mais la terre s'épuise à l'effort incessant !
sans le poète lombric et l'air qu'il lui apporte
le monde étoufferait sous les paroles mortes.
merci 🙂
Bonsoir,

Il faut que tu étudies les significations symboliques de chacun des animaux : chaque poète en a choisi un pour représenter la manière dont il envisage sa fonction, son rôle, son image et son projet artistique.
Par exemple l'albatros choisi par Baudelaire évoque l'inadaptation du poète à la vie en société et son désir d'une poésie idéale très au-dessus de la décevante réalité.
ah d'accord je vois mieux ! merci beaucoup 🙂

pour le pélican de Musset il l'a choisi pour évoquer sa souffrance et son sacrifice
il ya une ressemblance entre le texte de Baudelaire et celui de Corbière ils évoquent la même chose
et pour le lombric de Roubaud c'est le travaille de la langue qui est évoqué

est ce que c'est juste? 😀
merci
Oui, tu es sur la bonne piste, mais il faut affiner pour Baudelaire et Corbière.
Corbière est dans l'autodérision…
D'accord merci beaucoup pour votre aide 🙂