M4ury a écrit :1. Réfléchir sur la comparaison homme-animal ou plutôt montrer que nous sommes des animaux simplement dotés de la capacité supplémentaire d'avoir conscience de notre existence (coucou Sartre!).
Cette idée n'est pas typiquement sartrienne mais croise, d'une manière ou d'une autre, un nombre considérable de philosophies modernes. L'originalité de Sartre sur cette question est son articulation entre conscience et liberté et son renversement philosophique du primat de l'essence sur l'existence dans la caractérisation de l'homme-individu. Sartre est effectivement relativement intéressant par rapport la thèse que vous devez défendre - c'est une étrange idée de ne vous demander que des arguments "pour" - en ce Sartre, grossièrement, refuse l'idée d'une essence de l'homme posée comme telle et rend donc impossible un "être" de l'homme - du moins donné dans sa forme statique - et donc impossible toute "contemplation extatique" de "'l'être-en-soi" de l'homme (même s'il ne me semble pas faire explicitement référence à cela, sa philosophie l'implique en quelque sorte).
La comparaison entre ce qu'on dit être l'homme et ce qu'on dit être l'animal peut être intéressante si elle est bien tournée ; il faut faire attention à ne pas tomber dans les topos de cette distinction au risque de la simplifier grossièrement.
M4ury a écrit :2. La croyance naïve que nous ne sommes pas perfectible car nous avons déjà atteint le paroxysme de celle-ci.
C'est une idée relativement intéressante et qui peut être exploitée dans ce cadre. Faire attention cependant à l'idée de "naïveté" qui pose une thèse assez tranchante et qui doit donc, si vous vous y lancez, soutenir un argumentaire puissant - on balance pas qu'une croyance est naïve si on a pas des arguments terribles derrière.
L'idée de perfectibilité de l'homme est un des pôles de la question comme vous l'avez vu. Il faut bien voir cependant l'un des pans - qui fait difficulté et c'est pour ça que c'est dommage de ne pas pouvoir le critiquer - de la question et qui ce centre autour de la notion de "devoir".
"Homme: animal si profondément plongé dans la contemplation extatique de ce qu'il croit être qu'il en oubli totalement ce qu'il
devrait être".
Cette notion fait difficulté en ce qu'elle pose implicitement un horizon d'attente éthique, un positionnement particulier, une normativité. Complexité de savoir si "devoir être" ce n'est pas déjà "être quelque chose". Posant un devoir-être, ne pose-t-on pas implicitement un "être-socle" ?
Ce sont des questions qui sont un peu plus complexes mais qui trouvent ici un bel écho.
3. Revenir à des convictions plus critiques, ne pas se prendre de haut, rester modeste.
La forme aphoristique implique est, si j'ose dire, formellement peu modeste. Mais c'est aussi quelque chose que l'on peut interroger effectivement et encore une fois sous l'angle du devoir ; qui poserait ce "devoir-être" ; est-il dans notre "nature" ; mais alors nous avons bien un "être" qui suppose se "devoir-être", etc..
Mais j'ai un mal fou à mettre en place des idées claires, je trouve toujours le moyen de dévier mon idée pour, au final, déboucher sur totalement autre chose.
Vive les tableaux : c'est infamant philosophiquement mais utile méthodologiquement 😀