Cyrano de Bergerac, Les États et Empires du Soleil - Examinons donc, messieurs, les difficultés de..

Entraide scolaire

15 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Une perdrix nommée Guillemette la Charnue, blessée par la balle d’un chasseur, a demandé devant un tribunal réparation « à l’encontre du genre humain ».

Plaidoyer fait au Parlement des oiseaux, les Chambres assemblées, contre un animal accusé d’être homme

« Examinons donc, messieurs, les difficultés de ce procès avec toute la contention1 de laquelle nos divins esprits sont capables.
« Le nœud de l’affaire consiste à savoir si cet animal est homme et puis en cas que nous avérions qu’il le soit, si pour cela il mérite la mort.
« Pour moi, je ne fais point de difficultés qu’il ne le soit, premièrement, par un sentiment d’horreur dont nous nous sommes tous sentis saisis à sa vue sans en pouvoir dire la cause; secondement, en ce qu’il rit comme un fou; troisièmement, en ce qu’il pleure comme un sot; quatrièmement, en ce qu’il se mouche comme un vilain; cinquièmement, en ce qu’il est plumé comme un galeux; sixièmement, en ce qu’il a toujours une quantité de petits grès carrés dans la bouche qu’il n’a pas l’esprit de cracher ni d’avaler; septièmement, et pour conclusion, en ce qu’il lève en haut tous les matins ses yeux, son nez et son large bec, colle ses mains ouvertes la pointe au ciel plat contre plat, et n’en fait qu’une attachée, comme s’il s’ennuyait d’en avoir deux libres; se casse les deux jambes par la moitié, en sorte qu’il tombe sur ses gigots; puis avec des paroles magiques qu’il bourdonne, j’ai pris garde que ses jambes rompues se rattachent, et qu’il se relève après aussi gai qu’auparavant. Or, vous savez, messieurs, que de tous les animaux, il n’y a que l’homme seul dont l’âme soit assez noire pour s’adonner à la magie, et par conséquent celui-ci est homme. Il faut maintenant examiner si, pour être homme, il mérite la mort.
« Je pense, messieurs, qu’on n’a jamais révoqué en doute que toutes les créatures sont produites par notre commune mère, pour vivre en société. Or, si je prouve que l’homme semble n’être né que pour la rompre, ne prouverai-je pas qu’en allant contre la fin de sa création, il mérite que la nature se repente de son ouvrage ?
« La première et la plus fondamentale loi pour la manutention2 d’une république, c’est l’égalité; mais l’homme ne la saurait endurer éternellement : il se rue sur nous pour nous manger; il se fait accroire que nous n’avons été faits que pour lui; il prend, pour argument de sa supériorité prétendue, la barbarie avec laquelle il nous massacre, et le peu de résistance qu’il trouve à forcer notre faiblesse, et ne veut pas cependant avouer à ses maîtres, les aigles, les condors, et les griffons, par qui les plus robustes d’entre eux sont surmontés.
« Mais pourquoi cette grandeur et disposition de membres marquerait-elle diversité d’espèce, puisque entre eux-mêmes il se rencontre des nains et des géants ?
« Encore est-ce un droit imaginaire que cet empire dont ils se flattent; ils sont au contraire si enclins à la servitude, que de peur de manquer à servir, ils se vendent les uns aux autres leur liberté. C’est ainsi que les jeunes sont esclaves des vieux, les pauvres des riches, les paysans des gentilshommes, les princes des monarques, et les monarques mêmes des lois qu’ils ont établies. Mais avec tout cela ces pauvres serfs ont si peur de manquer de maîtres, que comme s’ils appréhendaient que la liberté ne leur vînt de quelque endroit non attendu, ils se forgent des dieux de toutes parts, dans l’eau, dans l’air, dans le feu, sous la terre.

1. contention : effort, application.
2. manutention : maintien.

CYRANO de BERGERAC, Les États et Empires du Soleil, 1662.
Sujet : Imaginez la réponse de l'homme au réquisitoire du juge dans le texte de Cyrano de Bergerac, sous la forme d'un plaidoyer en faveur de l'humanité.

Je dois donc réaliser ce sujet d'invention pour jeudi, et j'ai beau lire le texte, je ne le comprend pas! (Je ne souhaite pas qu'on me fasse mon devoir, simplement que quelqu'un m'aide à comprendre ce texte.)
Bonjour,

Il s'agit d'un texte satirique.
Les oiseaux se moquent de l'homme qui n'est point comme eux, qui a des comportements étranges (comme la prière), qui se révèle plein de contradictions.
Remarque que si l'homme apparaît déraisonnable dans le réquisitoire des oiseaux, les volatiles ne seraient pas exempts de toute critique dans la mesure où ils jugent sur les apparences et sont pleins de préjugés.
Je dois donc imaginer la réponse de l'homme au réquisitoire. Mais qui est cet homme? le chasseur ayant tiré sur la perdrix?
Merci de votre réponse ! Si je comprends bien, cet homme est un chasseur accusé d'avoir tiré sur une perdrix. Je dois donc imaginer ce qu'il dit durant son procès, sous la forme d'un plaidoyer, afin de se défendre.

Mais ce que j'ai du mal à saisir, c'est le rapport entre cette histoire de tir sur la perdrix et l'humanité…
Je comprends donc le texte, mais pas le sujet !
Si tu as compris les intentions du texte, tu as presque achevé la conception de ton devoir.
C'est l'accusé qui va dresser son plaidoyer. Il va essayer de contredire les accusations du réquisitoire. Ce sera argument contre argument.
Quant à la chasse, l'homme est accusé de légèreté et de cruauté pour avoir tiré sur un oiseau innocent.
Ces points justifient la tenue du procès.
Je ne pense pas que tu aies besoin d'argumenter sur la défense de la chasse.
Pour ta compréhension du contexte, sache que Cyrano attaque de front une conception chrétienne, celle de l'homme considéré dans la tradition biblique comme roi de la création. Voltaire reprendra ce procès dans Micromégas pour dénoncer la sottise et l'orgueil humains. Il n'est pas sûr que ces deux auteurs aient bien perçu les exigences d'une royauté qui, dans la Bible, est conçue comme un pouvoir de service.
Merci pour ces informations ! J'ai du mal à trouver un début à ce plaidoyer…
Je dois donc trouver des contres-arguments à ceux des oiseaux?
J'ai déjà des arguments en faveur de la religion (altruiste et basée sur le partage, avec des valeurs morales). Mais sur quoi d'autre?
Par exemple, tu dois contre-attaquer sur les préjugés liés aux apparences. L'homme est méprisable puisqu'il est déplumé, qu'il a des dents…
Analyse très précisément les arguments des oiseaux.
Je ne trouve pas de contres-arguments à ces arguments : L'homme a des dents, est déplumé, pleure, est barbare, se sent supérieur, etc. Puisqu'ils sont tous vrais !

Pour l'instant comme arguments j'ai :
- La religion est à la base altruiste, basée sur le partage et des valeurs morales comme le respect, la sincérité, etc.
- L'Homme ne détruit pas la nature, il la fait progresser.
- Mise en place de la médecine vétérinaire (prouve que l'Homme respecte les animaux)

Mais comment dire que tous les arguments sont faux alors qu'ils sont vrais?
Ce qui est faux est la généralisation outrancière, le jugement sur le for interne posé d'après les apparences extérieures, l'utilisation déraisonnable de préjugés… Où se situe l'usage de la raison dans tout cela ? Chacun est victime de ses émotions, de sa culture…
Bonjour, alors voila,je suis en classe de premiere j'ai un commentaire de texte à faire pour jeudi 26janvier sur "etat et empire du soleil" de cyrano de bergerac au moment ou le narrateur se retrouve au tribunal des oiseaux:
Mon plan:
I/Critique de la societé humaine
1)Description ironique de l'activité religieuse chez l'homme
2)Cruauté de l'homme envers les animaux.

Le probleme c'est que j'ai du mal à trouver de l'inspiration 🙂
Pourriez vous m'aider s'il vous plait?
Le nœud de l’affaire consiste à savoir si cet animal est homme et puis en cas que nous avérions qu’il le soit, si pour cela il mérite la mort.
« Pour moi, je ne fais point de difficultés qu’il ne le soit, premièrement, par un sentiment d’horreur dont nous nous sommes tous sentis saisis à sa vue sans en pouvoir dire la cause; secondement, en ce qu’il rit comme un fou; troisièmement, en ce qu’il pleure comme un sot; quatrièmement, en ce qu’il se mouche comme un vilain; cinquièmement, en ce qu’il est plumé comme un galeux; sixièmement, en ce qu’il a toujours une quantité de petits grès carrés dans la bouche qu’il n’a pas l’esprit de cracher ni d’avaler; septièmement, et pour conclusion, en ce qu’il lève en haut tous les matins ses yeux, son nez et son large bec, colle ses mains ouvertes la pointe au ciel plat contre plat, et n’en fait qu’une attachée, comme s’il s’ennuyait d’en avoir deux libres; se casse les deux jambes par la moitié, en sorte qu’il tombe sur ses gigots; puis avec des paroles magiques qu’il bourdonne, j’ai pris garde que ses jambes rompues se rattachent, et qu’il se relève après aussi gai qu’auparavant. Or, vous savez, messieurs, que de tous les animaux, il n’y a que l’homme seul dont l’âme soit assez noire pour s’adonner à la magie, et par conséquent celui-ci est homme. Il faut maintenant examiner si, pour être homme, il mérite la mort.
« Je pense, messieurs, qu’on n’a jamais révoqué en doute que toutes les créatures sont produites par notre commune mère, pour vivre en société. Or, si je prouve que l’homme semble n’être né que pour la rompre, ne prouverai-je pas qu’en allant contre la fin de sa création, il mérite que la nature se repente de son ouvrage ?
« La première et la plus fondamentale loi pour la manutention2 d’une république, c’est l’égalité; mais l’homme ne la saurait endurer éternellement : il se rue sur nous pour nous manger; il se fait accroire que nous n’avons été faits que pour lui; il prend, pour argument de sa supériorité prétendue, la barbarie avec laquelle il nous massacre, et le peu de résistance qu’il trouve à forcer notre faiblesse, et ne veut pas cependant avouer à ses maîtres, les aigles, les condors, et les griffons, par qui les plus robustes d’entre eux sont surmontés.
« Mais pourquoi cette grandeur et disposition de membres marquerait-elle diversité d’espèce, puisque entre eux-mêmes il se rencontre des nains et des géants ?
« Encore est-ce un droit imaginaire que cet empire dont ils se flattent; ils sont au contraire si enclins à la servitude, que de peur de manquer à servir, ils se vendent les uns aux autres leur liberté. C’est ainsi que les jeunes sont esclaves des vieux, les pauvres des riches, les paysans des gentilshommes, les princes des monarques, et les monarques mêmes des lois qu’ils ont établies. Mais avec tout cela ces pauvres serfs ont si peur de manquer de maîtres, que comme s’ils appréhendaient que la liberté ne leur vînt de quelque endroit non attendu, ils se forgent des dieux de toutes parts, dans l’eau, dans l’air, dans le feu, sous la terre.
Bonjour, pour lundi je dois réaliser un commentaire sur cet extrait. Que pourrais-je mettre comme grandes parties ou comme idées? :/

Extrait:
Une perdrix nommée Guillemette la Charnue, blessée par la balle d’un chasseur, a demandé devant un tribunal réparation « à l’encontre du genre humain ».

Plaidoyer fait au Parlement des oiseaux, les Chambres assemblées, contre un animal accusé d’être homme

« Examinons donc, messieurs, les difficultés de ce procès avec toute la contention1 de laquelle nos divins esprits sont capables.
« Le nœud de l’affaire consiste à savoir si cet animal est homme et puis en cas que nous avérions qu’il le soit, si pour cela il mérite la mort.
« Pour moi, je ne fais point de difficultés qu’il ne le soit, premièrement, par un sentiment d’horreur dont nous nous sommes tous sentis saisis à sa vue sans en pouvoir dire la cause; secondement, en ce qu’il rit comme un fou; troisièmement, en ce qu’il pleure comme un sot; quatrièmement, en ce qu’il se mouche comme un vilain; cinquièmement, en ce qu’il est plumé comme un galeux; sixièmement, en ce qu’il a toujours une quantité de petits grès carrés dans la bouche qu’il n’a pas l’esprit de cracher ni d’avaler; septièmement, et pour conclusion, en ce qu’il lève en haut tous les matins ses yeux, son nez et son large bec, colle ses mains ouvertes la pointe au ciel plat contre plat, et n’en fait qu’une attachée, comme s’il s’ennuyait d’en avoir deux libres; se casse les deux jambes par la moitié, en sorte qu’il tombe sur ses gigots; puis avec des paroles magiques qu’il bourdonne, j’ai pris garde que ses jambes rompues se rattachent, et qu’il se relève après aussi gai qu’auparavant. Or, vous savez, messieurs, que de tous les animaux, il n’y a que l’homme seul dont l’âme soit assez noire pour s’adonner à la magie, et par conséquent celui-ci est homme. Il faut maintenant examiner si, pour être homme, il mérite la mort.
« Je pense, messieurs, qu’on n’a jamais révoqué en doute que toutes les créatures sont produites par notre commune mère, pour vivre en société. Or, si je prouve que l’homme semble n’être né que pour la rompre, ne prouverai-je pas qu’en allant contre la fin de sa création, il mérite que la nature se repente de son ouvrage ?
« La première et la plus fondamentale loi pour la manutention2 d’une république, c’est l’égalité; mais l’homme ne la saurait endurer éternellement : il se rue sur nous pour nous manger; il se fait accroire que nous n’avons été faits que pour lui; il prend, pour argument de sa supériorité prétendue, la barbarie avec laquelle il nous massacre, et le peu de résistance qu’il trouve à forcer notre faiblesse, et ne veut pas cependant avouer à ses maîtres, les aigles, les condors, et les griffons, par qui les plus robustes d’entre eux sont surmontés.
« Mais pourquoi cette grandeur et disposition de membres marquerait-elle diversité d’espèce, puisque entre eux-mêmes il se rencontre des nains et des géants ?
« Encore est-ce un droit imaginaire que cet empire dont ils se flattent; ils sont au contraire si enclins à la servitude, que de peur de manquer à servir, ils se vendent les uns aux autres leur liberté. C’est ainsi que les jeunes sont esclaves des vieux, les pauvres des riches, les paysans des gentilshommes, les princes des monarques, et les monarques mêmes des lois qu’ils ont établies. Mais avec tout cela ces pauvres serfs ont si peur de manquer de maîtres, que comme s’ils appréhendaient que la liberté ne leur vînt de quelque endroit non attendu, ils se forgent des dieux de toutes parts, dans l’eau, dans l’air, dans le feu, sous la terre. 1. contention : effort, application.
2. manutention : maintien

Cyrano de Bergerac, les Etats et Empires du Soleil, 1662
Bonjour,

Regarde les réponses apportées plus haut.
Merci beaucoup. J'ai choisi comme problématique:" Comment la question de l'Homme est-elle représentée dans ce texte?"
Est-ce qu'elle parait adéquat?

Bonjour à tous,

je suis une élève en 1ere et je dois faire un commentaire composé sur le texte ci-dessous, cependant, depuis quelques jours je bloque complètement. Je ne me permettrais pas de vous demander de le rédiger, mais je crée ce forum dans l’espoir ou quelqu’un pourrait me donner des idées de plan. Merci d’avance, j’en serais très reconnaissante :

Or, vous savez, messieurs, que de tous les animaux, il n’y a que l’homme seul dont l’âme soit assez noire pour s’adonner à la magie, et par conséquent celui-ci est homme. Il faut maintenant examiner si, pour être homme, il mérite la mort.

« Je pense, messieurs, qu’on n’a jamais révoqué en doute que toutes les créatures sont produites par notre commune mère, pour vivre en société. Or, si je prouve que l’homme semble n’être né que pour la rompre, ne prouverai-je pas qu’en allant contre la fin de sa création, il mérite que la nature se repente de son ouvrage ?

« La première et la plus fondamentale loi pour la manutention2 d’une république, c’est l’égalité; mais l’homme ne la saurait endurer éternellement : il se rue sur nous pour nous manger; il se fait accroire que nous n’avons été faits que pour lui; il prend, pour argument de sa supériorité prétendue, la barbarie avec laquelle il nous massacre, et le peu de résistance qu’il trouve à forcer notre faiblesse, et ne veut pas cependant avouer à ses maîtres, les aigles, les condors, et les griffons, par qui les plus robustes d’entre eux sont surmontés.

« Mais pourquoi cette grandeur et disposition de membres marquerait-elle diversité d’espèce, puisque entre eux-mêmes il se rencontre des nains et des géants ?

« Encore est-ce un droit imaginaire que cet empire dont ils se flattent; ils sont au contraire si enclins à la servitude, que de peur de manquer à servir, ils se vendent les uns aux autres leur liberté. C’est ainsi que les jeunes sont esclaves des vieux, les pauvres des riches, les paysans des gentilshommes, les princes des monarques, et les monarques mêmes des lois qu’ils ont établies. Mais avec tout cela ces pauvres serfs ont si peur de manquer de maîtres, que comme s’ils appréhendaient que la liberté ne leur vînt de quelque endroit non attendu, ils se forgent des dieux de toutes parts, dans l’eau, dans l’air, dans le feu, sous la terre.

@lucie64

Avant de chercher un plan, examine les caractéristiques de ce texte ainsi que ses intentions.

Ce texte d’un libre-penseur du XVIIe siècle conteste quelques positions philosophiques couramment admises en son temps.

C’est un écrit provocateur.

Il utilise la fiction du monde à l’envers : les animaux tiennent la place des êtres raisonnables, ils jugent les humains comme des bêtes cruelles. Remarque quand même la première distorsion à cette catégorisation inversée : l’homme prétendument animalisé aurait une "âme", attribut réservé généralement au seul genre humain.

C’est un texte argumentatif qui cherche à convaincre plus qu’à persuader : réquisitoire contre la méchanceté et l‘inconséquence humaines. C’est un écrit pessimiste.

Essaie de suivre le schéma argumentatif : arguments et exemples et tu devrais pouvoir bâtir un plan.

Bonjour Lucie64,

Les questions préalables possibles :

-Qui parle ? Quelles sont les circonstances de ce discours?

-Quelles formes diverses prend la critique de l’espèce humaine ?

-Jusqu’à quel point va-t-elle et en quoi est-elle audacieuse pour l’époque ?

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