Devenir professeur de français agrégé
19 réponses
Bonjour adorateurs de la littérature classique ou contemporaine 🙂
Actuellement en classe de 1ère Littéraire, dans un lycée plutôt bon du Sud de la France, je m'interroge quant à ma poursuite d'études dans le supérieur. Je souhaiterais devenir professeur de français agrégé (en lettres modernes).
J'ai donc réfléchi à diverses stratégies afin d'obtenir l'agrégation:
-j'ai lu que les agrégés sont, la plupart du temps, des Énarques Normaliens, issus de l'ENS.
-J'ai donc la grande ambition de tenter le concours de l'ENS, qui se fait à bac +2 (soit après deux ans de prépas).
-Croyez-vous qu'il est possible qu'un lycéen plutôt bon dans les matières littéraires (français, H-G, langues vivantes, latin) puisse être accepté dans une grande prépa de renommée telle LLG ou encore HIV, afin d'être admis à l'ENS ? En seconde je tournais à 15/16 dans ces matières, et cette année je m'en sors tout aussi bien.
Si je fais tout mon cursus à la fac, je ne pense pas que cela soit possible hélas…
Merci d'avance pour vos réponses !
Charlie-30
Si je fais tout mon cursus à la fac, je ne pense pas que cela soit possible hélas…
En première et déjà ce genre de discours… C'est vraiment insupportable - excusez-moi.
des Énarques, issus de l'ENS.
Ben tiens… Les "énarques" sortent de l'ENA. Ceux qui sortent de l'ENS, ce sont des normaliens.
Merci de me corriger tout d'abord.
Et ensuite, je pense que l'on peut très bien réussir ses études à la fac, mais l'agrégation est une "quête" pour le moins éprouvante; voilà pourquoi je conçois qu'une préparation au sein d'une CPGE puis par la suite, d'une ENS, serait bien plus appréciable.
Oui.
Oui….oui à quoi ? 😀
A la seule question que tu poses… Tu commences mal pour l'ENS !
Ça a le mérite d'être clair au moins Retour à l'entraînement :mad:
Aprés une prépa, tu peux devenir agrégé sans passer par l'ENS. C'est faisable aprés la fac de lettres aussi d'ailleurs. C'est vrai qu'une prépa te donne plus de culture et surtout de bonnes habitudes et un bon rythme de travail. Mais tu peux aller à la fac ensuite et passer ton agreg, la réussite n'est pas du tout réservée aux normaliens, loin de là. Tu peux aussi, comme moi, commencer par avoir le capes et à enseigner, puis passer l'agreg plus tard. Enfin si tu as de bons résultats cette année et l'année prochaine, demande une prépa, ce sera effectivement mieux même si tu n'intègres pas l'ENS (comme la plupart des gens en prépa…)
Charlie-30 a écrit :
-j'ai lu que les agrégés sont, la plupart du temps, des Énarques, issus de l'ENS.
Charlie-30
Tu es mal renseigné : les Enarques sont ceux qui ont fait l'ENA, ils ont généralement des postes de hauts fonctionnaires, ils ne sont pas enseignants. Certains normaliens (qui ont fait l'ENS) tentent effectivement l'ENA.
L'agrég. est un concours de la fonction publique, que tu peux passer à Bac +5. Le passage par l'ENS n'est pas une obligation, même si le fait d'avoir réussi à intégrer une ENS laisse présager de bonnes capacités à réussir ensuite d'autres concours et si la préparation à l'agrég. dans les ENS se faisait jusqu'à présent dans des conditions privilégiées.
Quant à faire une carrière dans le professorat, il faut quand même savoir à quoi t'attendre : l'agrég. ne te permettra pas d'enseigner nécessairement dans un lycée, tu risques pendant quelques années de faire des remplacements (ce qu'on appelle des TZR) ou de travailler en collège. Je précise cela parce que tu sembles avoir une haute idée de la fonction.
Varney a écrit :Quant à faire une carrière dans le professorat, il faut quand même savoir à quoi t'attendre : l'agrég. ne te permettra pas d'enseigner nécessairement dans un lycée, tu risques pendant quelques années de faire des remplacements (ce qu'on appelle des TZR) ou de travailler en collège. Je précise cela parce que tu sembles avoir une haute idée de la fonction.
Oui, tout à fait, en principe des certifiés enseignent plutôt au collège et des agrégés au lycée, mais ce n'est pas une règle absolue avec une barrière entre les 2, plutôt une tendance : "on a plus de chance de… si…". Ainsi, par exemple, il est possible de sortir de l'ENS en étant agrégé, et d'enseigner pendant quelques années dans un collège (justement, je connais quelqu'un qui était dans cette situation).
Merci pour la qualité de vos réponses ! 🙂
Oui c'est vrai que l'on peut aussi finir son cursus à la fac en L3, M1 puis M2 et présenter le concours (capes/agreg).
Mais l'ENS ça fait "rêver" parce qu'on acquiert le statut de fonctionnaire/stagiaire, avec la rémunération qui va avec.
Effectivement, un enseignant peut commencer par des classes de collèges, mais ça ne me dérangerait pas d'avoir des sixièmes ou des troisièmes, puisque de toute façon ensuite j'aurais des classes lycées. Je pense passer l'agreg en externe, parce qu'en interne, (au minimum cinq ans d'ancienneté), il n'y a vraiment que très peu de postes, par rapport à l'agreg externe, même si elle est plus allégée (3 épreuves au lieu de 6 à l'écrit et à l'oral).
Et puis, sans être pessimiste, il faut aussi préciser qu'intégrer l'ENS relève de l'utopie pour la plupart des étudiants des classes prépas, tellement le concours est exigeant et offre peu de postes par rapport au nombre de candidats. Donc il ne faut pas se dire qu'après la prépa on va plus ou moins automatiquement à l'ENS. A ceux qui visent l'ENS, je leur souhaite bien sûr de réussir, et certains réussissent (Arthur, Hugo…), mais la réalité est que ces lauréats de l'ENS sont une minorité puisque la majorité des étudiants de classes prépas littéraires rejoignent la fac après la Khâgne.
Je me permets de te répondre car j'ai suivi le parcours que tu vises.
Effectivement, une fois l'agrégation passée, on enseigne souvent d'abord dans les collèges, et plutôt à des 5ème et 4ème. L'enseignement doit être une vocation, peu importe le parcours, et l'on peut très bien réussir l'agrégation sans passer par Normale Sup et sans passer par une prépa, le plus important étant la motivation et l'intérêt pour le métier, la discipline enseignée et le contact avec les élèves, avant l'intérêt pour les motivations annexes (salaire, qualité de vie etc..). L'agrégation est un plus indéniable, évidemment, mais il faut s'interroger sur ses motivations profondes : si l'on n'est pas prêt à se tourner vers l'enseignement avec un capes et que l'on exige absolument l'agrégation pour le faire, il y a peut être un problème au niveau de sa vocation profonde?
Sinon, vus tes résultats, l'admission en prépa ne devrait pas poser de problèmes, et c'est effectivement une formation éprouvante mais très enrichissante, si l'on ne reste pas obnubilée par l'obtention du concours, qui est quand même très sélectif et comporte une part de chance et d'aléas divers importants.
Bonne poursuite, en tous cas!
C'est sur que ce qui compte avant tout, c'est l'envie et la vocation, conjuguées à la motivation (la preuve avec cette étudiante reçue première à l'agreg).
En fait je voudrais passer l'agreg pour m'assurer un salaire minimum car il faut bien manger et les temps sont durs; cela dit, si j'ai le capes, je ne m'en plaindrais guère!
Si je vise l'agreg également, c'est parce que je souhaiterais surtout enseigner à des lycéens…
mais commencer par ces petits collégiens me permettra de mettre un pied à l'étrier, du moins je l'espère !
🙂
Il y a moins de postes à l'interne, mais moins de personnes qui se présentent. Je n'ai pas regardé de près dernièrement, mais le pourcentage de réussite est sensiblement le même d'après mes souvenirs.
Et enseigner à des collégiens permet effectivement de "mettre le pied à l'étrier" comme tu dis, et dans la douleur, soyons clair ! On peut trouver bcp de plaisir à enseigner en collège, mais quand on sort de la fac c'est un peu un choc violent quand même…il faut le temps de trouver ses marques. Rien de tel pour apprécier les lycéens ensuite sans trop se plaindre !
Petite précision : il me semble qu'il est de plus en plus difficile pour un certifié d'obtenir un poste en lycée, les agrégés étant largement bonifiés. De plus le système de mutation me paraît de moins en moins transparent, dans mon lycée il y a de plus en plus de postes à profil, de "parachutages". Cela me paraît une bonne chose de viser l'agrégation, en passant dans un premier temps le Capes pour assurer ses arrières.
Le collège c'est vraiment usant, et sans agrégation il n'y a pas beaucoup de perspectives du moins à court et moyen terme.
Le système de bonification de points a changé pour les agrégés: avant c'était pour un lycée. Maintenant, il faut demander "tout lycée sur la commune". Donc pas mal d'agrégés ne font pas jouer leurs points aux mutations, parce que dans les grandes villes il y a qqes coins où ils ne veulent pas se retrouver…
Pour ma part, je connais des agrégés qui:
- sont en collège (pas assez de points)
- sont TZR (moi ) (Charlie-30: "TZR" = titulaire en zone de remplacement, soit: remplaçant/bouche-trou, quand tu n'as pas assez de points, d'ancienneté, etc)
Par contre effectivement, pour obtenir une place en lycée, il peut être utile d'avoir une certification complémentaire, pour postuler sur un poste à profil (option théâtre, par exemple). Je n'ai pas l'impression que les mutations perdent en transparence là-dessus, ce sont simplement des postes réclamant des compétences spécifiques, et qui sont ouverts en priorité à ceux qui ont le diplôme correspondant.
En tout cas Charlie-30, pars bien avec en tête l'idée de ne pas être forcément en lycée, même avec l'agrégation, même en sortant de l'ENS: les postes à la Fac sont très très convoités (c'est ce vers quoi se tournent les normaliens en général), ceux en lycée sont rares - et pas forcément de tout repos, selon où tu es. Pour ce qui est du collège… tout ce qui est mentionné par les autres membres est très vrai: c'est une sacrée claque au début, et ensuite ça dépend (mais fatigant pour la discipline, dans tous les cas).
En fait je parlais de perte de transparence car dans mon lycée des personnes ayant obtenu une mutation ont vu le poste leur passer sous le nez en dernière minute, certains ont été placés directement par l'inspection, on annonce des choses au téléphone aux postulants, puis il y a encore des changements…au point qu'on estime une mutation vraiment effective qu'à la rentrée ! Bref j'ai l'impression que ça magouille pas mal.
Personnellement j'ai obtenu mon poste au nombre de points il y a 5 ans, il n'y avait pas tous ces mystères et effets d'annonce, ni coups de fil. J'ai l'impression que dans les conditions actuelles je n'obtiendrais plus ce poste.