Du Bellay, Les Regrets, sonnet 48 - Ô combien est heureux qui n’est contraint de feindre…
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OH la la, je ne prends pas en charge …
J'ai seulement voulu dire comment j'aurais abordé ce commentaire et bâti un plan en tension.
Mais je me retire … sur la pointe des pieds ! 😞
Mais non, au contraire, reste ! Le pb est comment faire trouver par l'élève sa problématique sans lui donner directement une "solution". Pour moi, c'est impossible car il n'a pas assez d'expérience. On considère souvent que l'élève doit avoir les capacités d'un critique littéraire dès la Seconde…
C'est ce qui m'a fait quitter le lycée.
"elle" n'a pas assez d'expérience … Et je le sais, merci, c'est justement pour ça que j'ai demandé de l'aide ici …
De toute façon mon cas en français est déséspéré, faut pas que je m'attende à un miracle
Bref, pour ma problématique, si j'écris : "Nous montrerons en quoi la forme du poème permet-t-elle l'expression des sentiments du poète" c'est bon ?
Non, c'est "bateau". Dites que l'étude va vous permettre de mieux comprendre ce qu'est une élégie et de préciser les rapports entre le vécu et l'univers poétique.
Votre conclusion répondra (modestement) à la question.
Les rapports entre le vécu et l'univers poétique ??
Et il faut tout de même que je comprenne la problématique que j'utilise :/
Mais c'est ce que vous avez dit vous-même au sujet de la plainte du poète. La poésie lui permet d'exprimer sa peine et de la faire partager au lecteur. Mais par ailleurs, ces plaintes, tout comme l'élégie en général, s'inscrivent dans une tradition qui va d'Ovide à la Pléiade en passant par des poètes comme Pétrarque en Italie, Charles d'Orléans en France.
Voilà votre conclusion, d'ailleurs.
Vous y arrivez bien quand on vous pose des questions précises, il vous est par contre plus difficile de retrouver ces idées en situation d'autonomie, mais encore une fois, cela n'a rien de préoccupant.
Mais ce que vous venez de dire ne suit pas le plan sur lequel j'ai travaillé ?
Parce que je ne parle pas de l'élégie dans mon analyse.
Demain je commence la rédaction de mon introduction …
Non, puisque vous ne travaillez pas suivant une problématique ; l'élégie, vous allez en parler dans votre conclusion, avec tout ce qu'on a dit d'autre. Par contre, il faudra annoncer les grandes lignes de votre plan, et pour cela, donner à la troisième partie un titre plus précis.
Très bien mais vous ne comprenez pas que dans mon introduction je dois définir une problématique et l'écrire, et vous me dites que je ne dois pas suivre de problématique, je trouve ça bizarre
Mais la problématique, ce peut être aussi l'annonce de la façon dont vous allez traiter le sujet.
Vous pouvez dire par exemple que vous allez étudier comment le poète rattache la situation qu'il vit à une tradition poétique issue de l'Antiquité…
Sinon, j'ai pensé à un plan plus efficace :
1° Les causes de ses malheurs : la situation du poète :
- ne pas être libre d’écrire ce qu’il souhaiterait dénoncer
- ne pas indisposer les grands personnages (allusion du vers 2)
- subir des tracasseries cf « On me donne la gêne » au v. 9
2° La souffrance de l’homme et du poète
- envier le bonheur dont il est frustré.
- être obligé de contenir sa souffrance.
- en être réduit à gémir (vous pouvez introduire ici le terme d’élégie)
Je n’insiste pas plus, c’est l’essentiel du commentaire. Bien commenter le rythme de litanie, la force du vocabulaire…
3° L’absence d’espoir
Cette partie concernerait surtout le dernier tercet dans lequel Du Bellay exprime des constatations sous forme de proverbes (c’est le mot que je voulais vous faire trouver). On peut y voir une sorte de fatalisme.
Conclusion
- Ce qu’il ne peut dire, il le confie en fait au lecteur. On peut rattacher cette idée à un thème que l’on retrouve souvent dans les Regrets : DB est dépité d’avoir perdu, en quittant la France, son rôle - voire son statut - de poète de Cour, universellement admiré…
- Mais l'Homme souffre-t-il autant que le poète l'exprime ici ? Bien voir que son poème s’inscrit aussi dans une longue tradition, etc… C'est tout le pb de la sincérité en art.
NB : Je tiens à ce que cette étude débouche sur une conclusion d'ordre littéraire et non purement psychologique ou biographique. Ce poème n'est pas un document…
Oui, c'est super ça, merci beaucoup
Et dans ce cas là, quelle en est la problématique ?
Ça serait par rapport au fait que le poète exprime sa plainte au lecteur, alors qu'il se plaint de ne pas pouvoir exprimer sa plainte ?
C'est pas super bien dit mais juste l'idée
Avez vous une idée d'une ouverture à la fin de la conclusion, j'aimerais évoquer un poème des Regrets, mais je ne connais qur Heureux qui comme Ulysse …
Donc je voudrais savoir si vous connaissez un poème à rapprocher de celui que l'on a étudié. Ça peut être soit un poème que l'on rapproche par rapport aux différences ou aux points communs
Simples suggestions :
Seigneuriser chacun d'un baisement de main,
Et, suivant la façon d'un courtisan romain,
Cacher se pauvreté d'une brave apparence :
Voilà de cette cour la plus grande vertu,
Dont souvent, mal monté, mal sain et mal vêtu,
Sans barbe et sans argent, on s'en retourne en France.
REGRETS LXXXVI
O beaux discours humains ! Je suis venu si loin
Pour m'enrichir d'ennui, de vieillesse et de soin,
Et perdre en voyageant le meilleur de mon âge.
REGRETS XXXII
merci !
Un passage intéressant qui complète ce qu'on disait des rapports entre le vécu et la poésie :
"Je ne chante, Magny(1), je pleure mes ennuis(2),
Ou, pour le dire mieux, en pleurant je les chante
Si bien qu'en les chantant, souvent je les enchante(3)
Voilà pourquoi, Magny, je chante jours et nuits".
Extrait du sonnet XII
(1) Poète ami de l'auteur et destinataire du poème.
(2) Mot au sens très fort, comme "gêne" dans votre poème : "tourments".
(3) = "J'exerce sur eux un pouvoir magique"
Et du coup j'écris quoi en problématique ?
Votre dernière proposition ira très bien.
Comment le poète réussit-il à exprimer sa plainte alors qu'il dit en avoir l'incapacité ?
Oui, et comment il arrive à nous toucher.