Du Bellay, Les Regrets, sonnet 48 - Ô combien est heureux qui n’est contraint de feindre…

Entraide scolaire

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Je n'arrive pas à construire un plan , pouvez vous m'aider s'il vous plaît
C'est pour le commentaire du sonnet XLVII de Joachim du Bellay:
Ô combien est heureux qui n’est contraint de feindre,
Ce que la vérité le contraint de penser,
Et à qui le respect d’un qu’on n’ose offenser
Ne peut la liberté de sa plume contraindre !

Las, pourquoi de ce nœud sens-je la mienne éteindre,
Quand mes justes regrets je cuide commencer ?
Et pourquoi ne se peut mon âme dispenser
De ne sentir son mal ou de s’en pouvoir plaindre ?

On me donne la gêne, et si n’ose crier,
On me voit tourmenter, et si n’ose prier
Qu’on ait pitié de moi. Ô peine trop sujette !

Il n’est feu si ardent qu’un feu qui est enclos,
Il n’est si fâcheux mal qu’un mal qui tient à l’os,
Et n’est si grand douleur qu’une douleur muette.
Bonjour,

Cherche d'abord à comprendre ce dont se plaint du Bellay.
Le plan viendra ensuite :
le mal
ses causes
ses conséquences
Merci.
Ô combien est heureux qui n’est contraint de feindre,
Ce que la vérité le contraint de penser,
Et à qui le respect d’un qu’on n’ose offenser
Ne peut la liberté de sa plume contraindre !

Las, pourquoi de ce nœud sens-je la mienne éteindre,
Quand mes justes regrets je cuide commencer ?
Et pourquoi ne se peut mon âme dispenser
De ne sentir son mal ou de s’en pouvoir plaindre ?

On me donne la gêne, et si n’ose crier,
On me voit tourmenter, et si n’ose prier
Qu’on ait pitié de moi. Ô peine trop sujette !

Il n’est feu si ardent qu’un feu qui est enclos,
Il n’est si fâcheux mal qu’un mal qui tient à l’os,
Et n’est si grand douleur qu’une douleur muette.
Bonjour, j'ai un commentaire à effectuer sur ce poème, mais je n'en comprend pas le sens.
Je n'arrive pas à voir de quoi se plaint le poète
Quelqu'un pourrait m'aider s'il vous plait ?
J'ai cru comprendre qu'il exprimait sa souffrance d'un manque de liberté, non ?

Merci beaucoup
Je n'arrive pas à voir de quoi se plaint le poète
Il déplore de devoir cacher ses véritables sentiments, de devoir se composer un visage et une attitude, de n'avoir pas la possibilité d'exprimer ses véritables sentiments. .
De ne pouvoir le faire, et en grande partie, il dit en porter la responsabilité.
Merci beaucoup et quelles en sont les conséquences et les causes de cette souffrance ??
Le titre Les Regrets donne une indication générale.

Parmi les causes :
le désenchantement, l'amertume
la situation qu'il vit comme un exil
le spectacle décevant de la vie à Rome et des mœurs des courtisans

Les conséquences personnelles sont nommées dans ce sonnet. L'analyse va te le montrer.
Bien sûr, il faut s'intéresser au sens de la plainte du poète, à ses conditions matérielles, etc… Mais l'essentiel n'est pas là. L'élégie est le sous-genre le plus représenté dans la poésie lyrique. Ce sont toujours plus ou moins les mêmes thèmes qui reviennent, et l'imitation joue un grand rôle (les Regrets doivent beaucoup aux Tristes d'Ovide).
Cela ne veut pas dire que le poète manque de sincérité, mais que l'essentiel n'est pas le sujet du poème, il est dans la façon unique de le traiter, par la magie du langage poétique. Ne négligez pas d'étudier ce langage sous peine de réduire le poème à une banale confession.
Ça va vraiment être compliqué pour moi, je ne suis vraiment pas douée en français et le langage poétique je n'y connais vraiment rien, le problème c'est que quand je lis le poème, rien ne me vient ni comme problématique ni comme plan, avec les textes j'y arrive, mais la poésie je bloque et je ne comprends pas pourquoi.
C'est parce que vous manquez de méthode et d'expérience, mais c'est normal.
Dites-moi un ou deux vers de ce poème que vous trouvez particulièrement réussis, que vous auriez aimé écrire…
J'aime bien le 2e et 3e. Le problème cest que dans ce poème je ne comprend pas la signification des vers. Par exemple :" o combien est heureux qui n'est contraint de feindre ". Qu'est ce que cela signifie ? Jai beaucoup de mal sur ce point là
Ô combien est heureux qui n’est contraint de feindre,
Ce que la vérité le contraint de penser,


= Combien est heureux celui qui n'est pas obligé de dissimuler ce que la vérité l'oblige à penser.

Le poète envie ceux qui sont libres d'exprimer librement leur mécontentement, leur critique ; lui ne l'est pas parce que cela risquerait de lui nuire.

Documentez-vous sur la situation du poète à l'époque des Regrets.

Après t'être documentée, réponds à ces quelques questions. Tu verras, on va avancer :
1° Dans ce poème, le "moi" semble-t-il plutôt heureux, plutôt malheureux ?
Je sais que dans la période où le poète a ecrit son recueil, il etait en sejour à Rome. Je sais qu'il regrette sa terre natal, il écrit donc les regrets. La ville de Rome n'était finallement pas comme il l'avait espéré. Il l'avait idéalisé.

Je pense que le " moi " est négatif car il se plaint et qu'il souffre du manque de sa terre natale, d'ou le titre "les regrets". Il regrette d'être parti.
1° Est-ce seulement ici le regret d'être parti ? Souviens-toi des vers dont tu m'as demandé l'explication.
2° Y a-t-il à un moment donné un espoir pour le moi ?
3° Relève quelques vers où s'expriment la plainte et la souffrance et précise comment celles-ci sont exprimées.
1) Non, il y a aussi la souffrance dû au manque de liberté d'expression, de critique …
2) Le deuxième quatrain peut-être ? Il se questionne sur ce qui ne va pas?
3)- "Ne peut la liberté de sa plume contraindre !" : il dit que l'écriture (sa plume) ne lui rendra pas cette liberté d'expression
-"De ne sentir son mal ou de s'en pouvoir plaindre ?" : il se plaint de ne pas pouvoir se plaindre ou s'exprimer (de ne pouvoir s'en plaindre)

Par contre je n'arrive pas à comprendre les deux derniers tercets :
"On me donne la gêne, et si n'ose crier,
On me voit tourmenter , et si n'ose prier
Qu'on ait pitié de moi. O peine trop sujette !

Il n'est feu si ardent, qu'un feu qui est enclos,
Il n'est si fâcheux mal, qu'un mal qui tient à l'os,
Et n'est si grand' douleur, qu'une douleur muette. "
1° Est-ce seulement ici le regret d'être parti ? Souviens-toi des vers dont tu m'as demandé l'explication.
2° Y a-t-il à un moment donné un espoir pour le moi ?
3° Relève quelques vers où s'expriment la plainte et la souffrance et précise comment celles-ci sont exprimées.

1) Non, il y a aussi la souffrance dû au manque de liberté d'expression, de critique …
Oui, et même essentiellement cela !

2) Le deuxième quatrain peut-être ? Il se questionne sur ce qui ne va pas?
Il serait étonnant qu'il y ait de l'espoir dans le seul second quatrain : on l'attendrait plutôt à la fin. Est-ce le cas ?

3)- "Ne peut la liberté de sa plume contraindre !" : il dit que l'écriture (sa plume) ne lui rendra pas cette liberté d'expression
-"De ne sentir son mal ou de s'en pouvoir plaindre ?" : il se plaint de ne pas pouvoir se plaindre ou s'exprimer (de ne pouvoir s'en plaindre)
Insuffisant. Quels sont les mots qui montrent que la douleur est forte ? Ne relève pas des passages entiers.

Par contre je n'arrive pas à comprendre les deux derniers tercets :
"On me donne la gêne, et si n'ose crier,
On me voit tourmenter , et si n'ose prier
Qu'on ait pitié de moi. O peine trop sujette !

Il n'est feu si ardent, qu'un feu qui est enclos,
Il n'est si fâcheux mal, qu'un mal qui tient à l'os,
Et n'est si grand' douleur, qu'une douleur muette. "
= On me met à la torture et pourtant je n'ose crier
On me voit torturer et pourtant je n'ose prier
Qu'on ait pitié de moi. O peine trop soumise !

(Les plus beaux vers du poème, je trouve) :
Il n'existe pas de feu aussi vif qu'un feu à couvert
Il n'existe pas de mal aussi pénible qu'un mal qui s'attache à l'os (c'est à dire au plus profond de nous)
Et il n'existe pas de douleur aussi grande qu'une douleur muette

Tu auras de nombreux exemples concernant ce qui pourrait constituer deux moments :
- la douleur profonde (note le champ lexical de la torture, par exemple)
- l'obligation de la taire.
Presque tout le poème développe ces deux thèmes en association.
Tu peux donc relever le procédé dominant du langage poétique en œuvre ici.

Tout ceci vient un peu en vrac, mais cela s'organisera.
Continue à dégager - même en désordre - tout ce que t'inspirent ces vers et écris-le ici.
Pour les mots qui montrent que la douleur est forte, il y a "enclos", "tient à l'os", "douleur muette", également "qu'on ai pitié de moi" pour montrer une forte douleur, mais j'ai l'impression que la douleur s'exprime plutôt dans les deux derniers tercets ?
- La douleur profonde : champ lexical de la torture : "tourmenter", "crier", "feux ardent", "me donne la gêne"
Les deux derniers tercets illustrent cette douleur profonde, notamment le dernier avec "feu qui est enclos", "mal qui tient à l'os", et "douleur muette"
En fait il veut dire que les blessures profondes font plus de mal que les blessures extérieures

- L'obligation de la taire
Je pense que cette partie serait plutôt rattachée au deux quatrains non ?
Parce que la seul manière de se libérer de ses douleurs serai d'exprimer ce qu'il ressent, mais malheureusement il ne peut pas l'exprimer.

En fait la deuxième partie est rattachée à la douleur du poète, tandis que la première partie est rattachée à la cause de sa douleur, il souffre car il ne peut pas s'exprimer ?
En fait la situation se dégrade au fur et à mesure de la lecture du poème.
On aurai du s'attendre, comme vous avez dit, à un espoir à la fin du poème, mais ici ce n'ai pas du tout le cas, au contraire, car la fin du poème évoque encore plus la douleur que le début.
Vous dites des choses intéressantes :
1° Il n'y a aucun espoir que les choses changent (il aurait été naïf de le penser !).

2° Vous relevez des mots importants mais vous oubliez l'interjection las (= hélas) qui est un cri ouvrant le second quatrain et les anaphores ou les reprises qui caractérisent les textes On me (donne) On me (voit) (qu'on ait) / Il n'est (feu) Il n'est (si fâcheux mal) Et n'est si grand, avec, vous le voyez, une rupture à la troisième reprise. A vous de compléter l'examen de l'expression.

3° Pour les deux quatrains, vous avez raison, mais avez-vous remarqué que le "moi" est absent du premier ? Vous dites que la situation se dégrade, oui, mais il faut aller plus loin.
Observez dans quelles parties du poème ce moi apparaît et faites une conclusion. Nous tenons presque un plan !

Allez, encore un effort. Nous devons arriver à un plan général et à un thème de conclusion que je vous suggérerai si vous n'avez pas d'idée.

Au fait, l'opposition mal extérieur/mal profond n'est pas tout à fait juste.
Pour les anaphores, je trouve que les deux anaphore que vous avez cité donne peut-être un début d'espoir au poète, mais cet espoir est interrompue par le derniers vers, ou le poète se rend compte que sa douleur ne peut être attenuée.
J'ai remarqué que le premier "moi" apparaît au début du deuxième quatrain. En fait, dans le premier quatrain, il ne parle pas de lui, mais de la situation en générale. Dans le deuxième quatrain, il commence à se poser des questions par rapport à sa situation. Enfin, dans les tercets, il exprime sa douleur, celle qui règne au plus profond de lui même, d'où les vers "d'un mal qui tient à l'os", et "douleur muette", qui sont des douleurs profondes.
En fait, il y a une évolution, qui part d'une situation générale, pour arriver au coeur du poète (pas l'organe du coeur, mais la profondeur, le centre).
Je pourrait peut-être faire une partie sur cette évolution du poème ?
Nous y voilà presque ! mais dans le dernier tercet, le "moi" n'est pas non plus présent, du moins directement. Il est question d'un feu, d'un mal physique, d'une douleur qu'on peut sans peine qualifier de morale sans quoi il y aurait une redite fâcheuse. On appelle le dernier vers d'un sonnet la "chute".
Que pouvez-vous dire du "plan" général du poème ?
Je ne suis pas d'accord avec ce que vous dites des anaphores : elles se présentent plutôt comme le début d'une litanie qu'il serait impossible de développer dans le cadre d'un sonnet, et qui pourrait lasser le lecteur ou lui paraître mièvre.
Dans votre commentaire, il faudra aussi évoquer les alexandrins. Que permet le choix de ce vers long et coupé à l'hémistiche (au milieu) dans les tercets ?
Voilà, je ne vais plus vous "gêner" (au sens premier, celui du texte !) longtemps. Vous êtes arrivé(e) à l'essentiel presque par vous-même.
Ne l'oubliez jamais.

Vous pouvez proposer un "plan" dans ses grandes lignes ?

Bien sûr, inspirez-vous aussi des suggestions qui vous ont été proposées avant mon intervention.