Prononciation - O fermé / o ouvert
21 réponses · Page 1 / 2
Bonjour,
J'ai toujours des problèmes de prononciation. Je n'arrive pas à distinguer entre le O fermé et le O ouvert.
Y a-t-il des règles qui nous aident à distinguer ces deux sons?
Merci
Quand employer ces deux sons ? Y a-t-il des règles ?
Des règles, mon Dieu non, simplement des recommandations généralement suivies :
O inaccentué se prononce quasiment toujours ouvert.
O accentué, la prononciation varie :
- o ouvert dans or, robe, mode, Paul, personne, botte, notre, votre…
- o fermé dans mot, pot, repos, sauf, sauve, chevaux, Beauce, le nôtre, le vôtre… et assez généralement dans les autres mots avec ô, sauf notamment hôpital (hopital).
Au est généralement prononcé o fermé. Exception : mauvais (mové), mais pas mauve (môv). Exception très importante le groupe aur, qui se prononce presque toujours or, o ouvert : Laure, Laurent, j'aurai, restaurer, Epidaure, Maure (ne se distingue pas de mort dans la prononciation), Mauritanie… Exception fréquente mais inconstante : laurier (lôrié, ou lorié). Pour Aurillac certains disent Orillac, d'autres Ôrillac.
Merci beauoup Zorah
Zorah, je suis très étonné par vos indications. D'où les tirez-vous ? Je prononce mauvais, mauve, hôpital, restaurer, Laurent, avec un o fermé, pas ouvert… Et je ne crois pas que cela soit un trait dialectal ou idiolectal.
Chacun adopte (ou pas…) la prononciation de son environnement socioculturel. Il n'y a pas de bonne ni de mauvaise prononciation, dans de certaines limites toutes se valent in se, puisqu'elles ne sont toutes, en dernière analyse, que l'aboutissement de véritabes lignées phonétiques dont l'origine se perd dans la nuit des siècles passés, et dont on ne voit pas a priori pourquoi l'une serait meilleure que l'autre…
Mais, car il y a un mais, toute prononciation vous situe immanquablement dans l'esprit des personnes qui vous entendent. En Angleterre la prononciation revêt une telle importance sociale qu'il existe, pour encourager les bonnes volontés, l'expression idiomatique to talk one's way up, s'élever (dans la hiérarchie sociale) par sa façon de parler.
J'ai pompé mes indications dans le Traité de prononciation française de Pierre Fouché, éd. Klincksieck, qui indique "la prononciation qui prévaut dans les milieux cultivés de la région parisienne". On le trouve facilement d'occasion.
Zorah a écrit :Chacun adopte (ou pas…) la prononciation de son environnement socioculturel..
je suis tout a fait d'accord avec toi chaqu'un parle selon l'influence de l'environement dans lequel il grandit et donc son entourage . 😉
L'ouvrage de Fouché a été publié il y a une cinquantaine d'années.
Je ne suis pas sûr que chez nous telle ou telle prononciation vous situe si "immanquablement" que cela.
Situer où, d'ailleurs ? Géographiquement, socialement ? Les deux à la fois ?
Tant que cela ne conduit pas à de stupides discriminations, je ne vois guère l'inconvénient d'assumer sa classe sociale ou sa région d'origine
On ne va pas snober à ce point, je pense, ceux qui ne prononcent pas tout à fait comme un Parisien cultivé des années cinquante…
mais de quoi parles tu? on ne parle pas de snober ou pas d'autres personnes ayant une prononciation diferente de la notre on dit juste que selon differents lieux où on vit , personnes ou environement que l'on fréquente on aura une pronociation differentes
tout simplement. ►
mais de quoi parles-tu?
Je commentais et développais ceci, que tu as dû lire aussi :
Mais, car il y a un mais, toute prononciation vous situe immanquablement dans l'esprit des personnes qui vous entendent. En Angleterre la prononciation revêt une telle importance sociale…
Tou
t simplement. 😉
Jehan a écrit :
Je commentais et développais ceci…
Tout simplement. 😉
regardes bien mon message c'est ecrit de facon correct. 😜
C'est bien, mais il t'en reste à corriger : 😜
Je suis tout à fait d'accord avec toi, chacun parle selon l'influence de l'environnement
Mais de quoi parles-tu? on ne parle pas de snober ou pas d'autres personnes ayant une prononciation différente de la nôtre, on dit juste que selon différents lieux où on vit , personnes ou environnement que l'on fréquente, on aura une prononciation différente.
Et aussi :
Regarde bien mon message, c'est écrit de façon correcte
Ah ah, je soupçonnais en effet la référence vieillotte ! 🙂
Bon, moi je suis bien d'accord avec cette idée que tous les dialectes se valent - qui ici ne le serait pas ? - mais il ne me semble pas très cohérent de proposer comme "recommandables" les règles d'une diction de salon. S'il faut des "règles", et que la demande est imprécise, je ne vois pas bien ce qui peut faire préférer, à une description des régularités du français dit standard, celles d'un sociolecte.
Les dictionnaires actuels sont quasiment toujours en accord avec Fouché, qui reste la grande référence.
Et tous les dialectes se valent, je suis d'accord, mais à condition de préciser pour quel usage ! N'oublions pas Voltaire "Le peuple n'a pas besoin d'être instruit, il a besoin d'être guidé". Mais bien guidé, naturellement. Et dire à quelqu'un "Prononcez comme vous voudrez, c'est sans importance" ne va sûrement pas dans le bon sens, car, bien évidemment, ce n'est généralement pas vrai ! Cela dépend de ce que vous voulez en faire…
Des parents, sur ce forum, se sont d'ailleurs déjà plaints de la tendance de l'école à tenir la prononciation pour un facteur négligeable. Ils ne désirent pas pour leurs enfants une "prononciation de salon", simplement une prononciation correcte, qui ne fermera aucune porte. Pourquoi la leur refuser ? Par anti-élitisme primaire systématique ?
La porte est ouverte à tous, tout le monde peut, avec un peu d'attention, prononcer correctement.
une prononciation correcte, qui ne fermera aucune porte
Certes… Mais quelles portes mesquines et rétrogrades iraient encore se fermer pour de simples histoires de d'ouvertures de voyelles ? Il ne s'agit pas de dire "prononcez comme vous voulez" dans tous les cas, je ne prône naturellement pas le laxisme absolu. Mais ne pas faire une priorité absolue de cette histoire d'ouverture-fermeture de voyelles en la transformant quasiment en sésame de la réussite sociale… Dans ce domaine précis, variantes individuelles et variantes régionales sont bien trop complexes pour en dégager la norme "correcte" à enseigner partout.
Ce n'est pas pour rien que les phonéticiens utilisent des "archiphonèmes" [A] [O] [E] pour noter ces sons vocaliques à ouverture variable selon les régions et les locuteurs.
Zorah, ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne prône nulle part le "prononcez comme vous voulez". J'ai critiqué la manière que vous proposez, elle me semble trop particulière (le parler d'une petite tranche de la population dans une seule région) et datée (rien que le fait de parler d'une prononciation parisienne me semble daté, en fait). J'ai proposé à la place de donner la description de la prononciation du français standard, peut-être aurai-je dû expliquer : parce que c'est celui qui a la plus large diffusion, tout simplement.
salut, je ne sais pas s'il y a déjà eu une bonne réponse, mais au cas où:
[o] (o fermé) avec les graphies:
ô ; au ; eau ; o+ un [z] (un s ou z sonore comme dans zèbre) finale ; o+ consonne muette ; et quand c'est un o finale.
Voilà 🙂 dans les autre cas tu peux prononcer o ouvert, mais tu n'es pas obligé, il y a des mots où tu peux prononcer des deux facons.
On dit quand même [do/sje] pour "dossier" et [fos] pour "fosse", nonobstant la règle ! Cela s'explique, pour "dossier", par l'étymologie du mot ("dos" -> [do]). Pour "fosse", c'est l'oreille qui impose le "o" fermé !
De plus, devant un "R" ou un "L" (des liquides), le "o" qui s'orthographie "au" s'ouvre (café maure, par exemple) !
Avec certaines anciennes graphies, comme le "u" dans "aquarium" et le "ü" dans "capharnaüm", le "o" est ouvert. Cependant, avec "aw", comme dans "crawl", le "o" est fermé.
Pour "chose", comme l'a signalé Sylvie2, le "o" se ferme, parce que le "z" sonore ouvre.
Pour résumer :
Pour le "o" fermé :
- o en finale : cargo - domino - piano
- o en médiane seulement devant [z] : glucose - chose - prose - pose - rose
- ô : chômage - apôtre - fantôme - symptôme
- ot, os, oc, os en finale : argot - haricot - dos - repos - accroc - galop - sirop - trop (la consonne finale doit bien évidemment être muette)
- au en initiale : autoroute - audace - aubade
- au en médiane : astronaute - chaude
- au(s, t, d, x) en finale : joyau - landau - taux - défaut - crapaud (sauf devant des liquides)
- eau : eau - escabeau
- graphies rares : crawl
Pour le "o" ouvert :
- o en initiale : oasis - objet - opéra - ordre - oxygène - moderne - poterie
- o en médiane en syllabe fermée : azote - cloche - torture
- o en médiane en syllabe ouverte : monologue - sociologie - philosophie
- au devant une liquide : Laure - Paul
- graphies rares : album - aquarium
Voilà !
o ouvert :- au devant une liquide : Laure - Paul
Le Robert indique pourtant un o fermé pour
saule (ce qui le distingue de
sole), ainsi que pour
acaule, épaule, gaule, gaulois…Jehan a écrit :une prononciation correcte, qui ne fermera aucune porte
Certes… Mais quelles portes mesquines et rétrogrades iraient encore se fermer pour de simples histoires de d'ouvertures de voyelles ? Il ne s'agit pas de dire "prononcez comme vous voulez" dans tous les cas, je ne prône naturellement pas le laxisme absolu. Mais ne pas faire une priorité absolue de cette histoire d'ouverture-fermeture de voyelles en la transformant quasiment en sésame de la réussite sociale… Dans ce domaine précis, variantes individuelles et variantes régionales sont bien trop complexes pour en dégager la norme "correcte" à enseigner partout.
Ce n'est pas pour rien que les phonéticiens utilisent des "archiphonèmes" [A] [O] [E] pour noter ces sons vocaliques à ouverture variable selon les régions et les locuteurs.
La prononciation exacte n'a en effet guère d'importance en français, cette langue n'étant pas monosyllabique. En chinois et en vietnamien, les mots ne comptent par contre qu'une syllabe. Cela provoque une prolifération de mots quasi-homophones. Pour éviter des confusions, il faut alors les prononcer très précisément : tons bas-hauts, courts-longs, descendants-montants…
Par contre, les mots comptent généralement plusieurs syllabes en français. Cela réduit beaucoup le nombre de mots homophones. Et pour ceux-ci, le contexte est généralement suffisant pour établir leur sens. Vous pouvez par exemple prononcer court ou long le A de
château : aucun risque de confondre ce mot avec un autre ! On pourrait donc supprimer ici l'accent circonflexe, d'autant qu'il n'existe déjà pas sur
bateau. La distinction des accents aigus et graves est aussi superflue dans la plupart des cas. Des simplifications orthographiques seraient alors envisageables, mais c'est une autre question… 😉
Jehan a écrit :o ouvert :- au devant une liquide : Laure - Paul
Le Robert indique pourtant un o fermé pour saule (ce qui le distingue de sole), ainsi que pour acaule, épaule, gaule, gaulois…
Évidemment, pour "gaulois", cela s'explique par la syllabation, qui donne [go/lwa].
Pour les autres exemples, il faut bien sûr se fier à son oreille… et au Robert. ^^