Le roman est l’art ironique, sa vérité est cachée, non prononcée, non prononçable

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

Voici un sujet de dissertation que je tente de traiter: "le roman est l'art ironique, sa vérité est cachée, non prononcée, non prononçable."' d'après les propos de Milan Kundera.
Voici le plan des deux premieres parties que je laisse à votre critiques:

I Le roman est effectivement un art ironique

A. Le roman est par essence ironique
1. le statut non codifié et protéiforme du genre
2.Le vraisemblable s'y donne pour vrai
(3.le cas particulier du roman ironique)

B. Des procédés narratifs ambivalents
1. Structure de certaines oeuvres ex: roman epistolaire (Lettres Persanes par exemple)
2. Genre romanesque n'est pas isochrone (ellipse temporelle ou narrative, a,alepse…) ex: La femme de Trente ans, Balzac
3.Une volonté de la part de l'auteur de brouiller les pistes ex des Faux-Monnayeurs de Gide

C. Une vérité à chercher
1. Une vérité "non prononçée": l'auteur ne donne pas de vérité toute faite, pas de sens à son roman. ex: Préface de Gargantua ou Les Ames Fortes de Giono (récit de Thérèse est sans cesse contestée par un autre narrateur)
2. c'est au lecteur de trouver sa propre vérité par une lecture active: multiples interprétations selon le lecteur notamment sur l'idée qu'on se fait d'un personnage.
3. Une "vérité non prononçable" car le monde est en lui-même multiple et non pas porteur d'une seule vérité. Il y a DES vérités et non pas UNE vérité.


II. Cependant pour bien des auteurs le roman est tout sauf l'art ironique

A. Certains genres cherchent à donner une certaines vérité
1. LE roman balzacien
2. Puis le roman d'expérimentation avec Zola

B. Le roman est un gage de vérité mais aussi créateur de vérité
1. Par sa structure: Zola préconise une structure claire où il faut ordonner, structurer…
+ l’auteur ne rappelle jamais que l'on est dans une fiction(au contraire Balzac "all is true")
2. Des préfaces qui guident le lecteur vers un sens ou donne des clés de lecture (je n'ai pas d'exemples en tête!)
3.Le roman est créateur de vérité: Un "don juan" se dit d'un homme aux multiples conquêtes, "un don quichotte" d'un homme qui vit quelque peu hors du monde.

C. La vérité est-elle réellement imprononçable? Ne peut-on pas traiter de tout dans le roman? Même des choses les plus dures?


Voici pour le moment, merci de me donner vos critiques (car il y en a bcp), j'ai eu du mal à établir un plan. Si vous avez d'autres idées elles sont les bienvenues, ou éventuellement une piste pour la 3e partie ….

Merci d'avance pour votre aide….
Bonjour Tiange,

Il y a beaucoup de bonnes idées et l'expression d'une culture certaine dans ce que tu proposes, mais est-ce bien une réponse au sujet ?

Reprenons au début, qu'est-ce que l'ironie ? l'art d’exagérer pour produire de l'antiphrase, une critique acide ou souriante sous une apparente légèreté, une dissimulation habile d'une vérité sous des apparences contraires…

Par ailleurs, il serait bon que tu te demandes pourquoi et comment un genre narratif se mue peu à peu en enseignement ou en démonstration sous l'influence de l'argumentation indirecte, à cause du placere, docere… Cette tentation utilitariste ne risque-t-elle pas d'échouer dans la dissimulation et l'incompréhension du roman à clé, de dénaturer le récit ? Qu'est-ce que le plaisir des belles histoires ? Qu'est-ce qui le constitue ? Quelles sont les attentes du lecteur ? Et si finalement le roman n'était qu'une ouverture sur un univers personnel, une mise en forme esthétique de cette vérité, la tentative de pénétrer les mystères de la réalité par la mimésis, un art de la révélation des rapports entre un créateur et le monde qui l'entoure ?

Il serait dommage que ton devoir ne cite pas à un moment ou un autre Voltaire et n'utilise pas la Préface de Pierre et Jean de Maupassant. Regarde aussi la fiche argumentation du site https://www.etudes-litteraires.com/argumentation.
Bonjour!
Tout d'abord merci pour votre réponse!

En fait, j'ai compris le sujet dans le sens où, tout comme l'ironie qui consiste à ne pas dire directement ce que l'on veut faire entendre, le roman est ironie car indéchiffrable, difficile à comprendre. L'idée que le roman ne nous assigne pas une vérité mais nous la donne à chercher…c'est en fait l'art de la dissimulation, le lieu de tous les possibles dans lequel la vérité n'est pas dévoilée de maniere explicite( tout comme l'ironie).
A partir de cette définition, je ne pensais pas ne pas traiter le sujet….
J'ai du mal à cerner l'axe que vous donner aux questions que vous poser par rapport au sujet….

Je pensais effectivement parler de Voltaire puisque c'est l'auteur qui se prête le plus à l'ironie mais je ne vois pas trop comment en parler…
Quant à la préface de Pierre et Jean je n'y avais pas pensé de prime abord.

De manière générale, pensez-vous que je dois revoir complètement le plan de mon devoir? (ou même les idées directrices que j'ai évoquées)
Ta réflexion n'est pas fausse, elle me semble incomplète.
L'ironie est l'art de dissimuler une vérité, un jeu de l'esprit, soit !
Mais pourquoi assigner l'obligation d'une vérité à la fiction romanesque ?
C'est cet aspect que tu n'as pas trop examiné.
Pour me résumer, j'affirmerais que l'origine du récit est dans le plaisir des histoires belles et fortes, puis insensiblement, il y a détournement de la puissance narrative au profit du combat d'idées.
L'argumentation indirecte se déploie pour contourner la censure, appâter des lecteurs rétifs à la littérature sérieuse… Au XIXe siècle, avec l'émergence du réalisme, le roman devient une manière de partager des conceptions, une perception de la vie…
Si tu me suis jusque-là, il faut te demander pourquoi "sa vérité est cachée, non prononcée, non prononçable".
Par exemple, dans les premiers récits, les mythes, les contes, la vérité est cachée par définition, la fonction du récit est de parvenir à une vérité de manière poétique, par analogie. Comme dans une allégorie, une métaphore filée, seule l'apparence sensible est révélée. La vérité surnaturelle est imprononçable par manque de mots pour le dire ou par crainte de profanation…

Ainsi, vouloir dissimuler une vérité dans un récit, que ce soit volontairement ou par construction, expose ce récit à des risques : la vérité est-elle perceptible ? que devient le plaisir de lire ? la gratuité ? quelle vérité est attendue de la fiction romanesque ? le roman doit-il être porteur des valeurs de son temps ?

Regarde bien la fiche argumentation du site.
bonjour!

Il a fallu que je rende mon devoir en fin de semaine dernière! merci pour votre aide! je proposerai le corrigé qui me sera donné si vous le désirez…

Merci encore