Bonjour ,
Je travaille sur ce poème de Youcef Sebti , intitulé : Nuit de noces . Celui-ci est fort inspiré de : Déjeuner du matin (Jacques Prévert ). Voici les questions posées ainsi que mes réponses :
1)-Quelle scène évoque le poète ?
Le poète évoque la scène de la nuit de noces
2)-Pourquoi le poète désigne l'homme avec 'il' ?
le poète désigne l'homme avec 'il' parce qu'il n'a pas voulu donné des détails sur lui ( là je sèche completement )
3)-Quels moyens lexicaux et rhétoriques le poète utilise-t-il pour monter l'homme comme une personne dénuée de sentiments ?
La première partie du poème jusqu'à ''et moi j'ai pris les draps '' donne un aspect machinal , comme un robot . Ce qui donne un sentiment de froideur , d'indifférence et manque d'amour .
4)-En quoi ce poème est-il pathétique ?
C'est le comportement de l'homme qui agit comme une brute , et la résignation de la femme qui donne un sentiment de pathétique .
je souhaiterai que vous me donniez votre avis concernant mon travail , et que vous m'aidiez à l'améliorer si possible . Je suis lycéene.
Merci d'avance .
Nuit de noces
Il a mis la clef
dans la serrure
il a frappé
avec violence
il a poussé la porte
avec violence
il est entré
il a marché
il a soulevé le voile
il m'a relevé la tête
il m'a ricarné au nez
il m'a déshabillée
il s'est déshabillé
il ne m'a rien dit
il a cassé un miroir
il a tout fait
il a très vite fait
il est sorti
il avait bu
et moi, j'ai pris
les draps entre mes dents
et je me suis évanouie
Youcef Sebti, 1971
(Anthologie de la nouvelle poésie algérienne)
Bonjour Vanilla sky,
Ton travail est acceptable, mais tu peux encore l'améliorer.
Tu pourrais par exemple opposer un JE personnel, celui de l'épousée qui regarde un intrus, un IL distant et étranger qui prend possession brutalement de sa personne. Aucune parole, aucun échange, sinon des actes mécaniques, rapides et brutaux. Un réalisme cru qui crée la désillusion. C'est la fin d'un rêve. Comment une femme pourrait-elle aimer ou respecter un tel époux ? Il est possible aussi que le poète évoque les peurs masculines devant le mystère féminin. Pour se donner du courage, l'homme a peut-être bu, et il s'enfuit aussitôt l'acte accompli…
Le poète dénonce des comportements indignes de l'humanité, un statut méprisant pour la femme, objet de l'homme, une tradition, des rites archaïques qui font suite à une conception du mariage arrangé, qui n'est pas le fruit de l'engagement libre des personnes… C'est un pamphlet pour restaurer la dignité de la femme bafouée.
Merci pour votre aide ,
Voici mon deuxième essai :
2)-Pourquoi le poète désigne l'homme avec 'il' ?
Au cas où le "Je" serait personnel , il renvoyera sans doute à la femme . Comme tel , la substitution de l'homme par "Il" traduit la persepective de sa campagne . Ce procédé révèle que la mariée ne voit en son conjoint qu'un inconnu , un barbare aux actes rapides et brutaux .
Ainsi le poète a eu recours à ce moyen pour faire passer l'homme en tant qu'une personne dénuée de sentiments , qui prend possession de son épousée brutalement .
J'aimerai bien savoir votre avis .
Merci encore.
Il faut rester simple.
Supprime le début incompréhensible.
Ce procédé révèle que la mariée ne voit en son conjoint qu'un inconnu , un barbare aux actes rapides et brutaux .
Ainsi le poète a eu recours à ce moyen pour faire passer l'homme POUR une personne dénuée de sentiments , qui prend possession de son épousE brutalement .
Juste quelques petites précisions.
Le poème fait volontairement référence au poème de Prévert qui utilise les répétitions du "il" sujet , sujet anonyme.
Youssef Sebti est un poète francophone. La situation qu'il décrit est celle qui sévissait dans les campagnes, les villages et les banlieues pauvres des villes, c'est à dire partout ailleurs en Algérie et plus largement dans le Maghreb, dans les arrières pays et les quartiers vivant dans l'illettrisme et dans une tradition où la femme est cachée, cloitrée.
Le poète dénonce le saccage d'une vie de jeune fille dans son pays: saccage coutumier.
Il utilise la méthode de Prévert mais la détourne pour son propre bénéfice de poète.
Ici,dans le poème de Sebti, le "il" répété comme chez Prévert s'oppose au "je" féminin qui n'apparaît qu'une seule fois et à la dernière ligne du poème.
La répétition du "il" dans le poème de Sebti ne prend son sens donc que par la "seule" fois ou le "je" de la narratrice est donné. Et où il n'est donné que pour "s'évanouir". Ainsi le "il" anonyme de l'homme avec un grand H , l'homme maghrébin a-t-il détruit la personnalité du "je" de la jeune épousée ( de force). Par cet acte, l'individualité de la jeune fille maghrébine a été exécuté par l'acte du "il" anonyme, l'homme qui dans cette société a le droit de propriété sur l'individualité de toute jeune fille qu'il épouse.
C'est un cri d'indignation du poète qui s'oppose à la tradition du mariage ( forcé) en la présentant pour la première fois du point de vue de la victime ( la jeune fiancée).
Ce cri contre des traditions obscurantiste et contre toute forme d'aliénation y compris et surtout religieuse valut la mort au poète, assassiné par les intégristes islamistes.
Bonjour ,
Merci pour les précisions .
Voici l'extension de la 3 question :
La première partie du poème jusqu'à ''et moi j'ai pris les draps '' donne un aspect machinal , comme un robot . la reprise anaphorique de "Il" y contribue . ce dispositif dénonce la froideur et l'indifférence de l'homme . Soudain , on le changement de l'énonciation qui met le "Je" en valeur . Ceci cause une rupture , une brusque humanité , comme ci la mariée s'assure de son existence apès toute la violence qu'elle a subite . Cependant , ce retour sur soi n'est parvenu qu'au moment où elle s'évanouit . On ne sait pas ses sentiments ni d'ailleurs ses pensées .Celà reflète sa personnalité écrasée par son mari , un tyran rustre et dénué de sentiments . Quoique la nuit de noces doive etre romantique , le poète n'utilise pour decrire celle-ci qu'un champ lexical de violence ( violence , frapper , casser…) et des verbes prosaiques ( marcher , entrer, sortir …) , ce qui souligne le grand manque d'amour entre le couple .
Bonjour,
Ce qui me frappe dans ce poème, c'est la superposition des images et la pudeur qu'elle implique dans la narration.
Ici :
Il a mis la clef
dans la serrure
il a frappé
avec violence
il a poussé la porte
avec violence
je lis et vois la défloration d'une jeune épousée dans la brutalité. Un viol.
Muriel
Salut ,
Je veux bien savoir pourquoi elle dit :
"Il a mis la clef dans la serrure "
Etait-ce une habitude d'enfermer les mariées dans une chambre avant que leur maris les rejoignent ?