Y-a-t-il un nom au procédé qui consiste à passer d'un nom à un verbe?
La "dérivation verbale à partir d'un nom"? une "contre-substantivation"?
(Je n'ai pas trouvé d'antonyme à substantivation et voudrais éviter la périphrase…)
Ex : "prétérition" (figure de style consistant à parler d'une chose dont on dit précisément qu'on ne veut en parler), qui donnerait : "je prétéritionne".
Plus, au passage, est-ce que "je prétéritionne" (verbe issu d'un nom donc) doit être considéré comme un intransitif ou plutôt un transitif direct, employé ici de manière absolue? (Autrement dit, peut-on dire "je prétéritionne bien" ou encore, par exemple, "de manière pertinente"?)
Merci pour vos réponses (Surtout les bonnes en fait!🙂.
La logique voudrait plutôt qu'on remonte au verbe dont aurait pu être issu prétérition, donc prétérer.
Et si vous inventez un mot, construisez-le comme bon vous semble.
Le verbe prétéritionner me semble un néologisme aussi bien construit que les verbes pétitionner (du nom "pétition")… additionner (du nom "addition")… missionner (du nom "mission")…
La dérivation verbale à partir de ces mots en -tion -ssion n'a guère tendance à remonter vers le verbe d'origine. Ce qui s'avérerait la plupart du temps problématique (remonter au latin petere, addere, mittere ? )
Là, s'il fallait remonter au verbe d'origine, peut-être plutôt prétérir (du latin praeterire).
Mais comment le conjuguer ?
Je vous remercie pour vos éclairages, l'effet recherché avec la formule "je prétéritionne" se voulait comique, plaisante, drôlatique lorsque je l'ai employée…
Si j'ai bien compris, il n'y a donc pas de procédé (avec une appellation spécifique) pour le passage du nom au verbe. On parle donc de "néologisme" pour un nouveau mot (fut-il un verbe) ainsi créé?… Très bien… J'en prends note…
Merci à tous deux.
C'est curieux qu'il n'y ait pas de nom pour désigner ce procédé vu tous les noms étonnants qu'on trouve en linguistique.
Ce procédé est peut-être rare (ce n'est pas une raison) en français par rapport à ce qu'on voit chez les anglais.
Il faut dire que:
"truc" = le nom alors "to truc" = le verbe,
est plutôt easy. Comme les conjugaisons qui s'ensuivent.
Avez-vous googlé le sujet?
J'ai une bande de cent petits copains bleus (plus une petite copine bleue) qui font ça très bien: les Schtroumphs.
On pourrait peut-être créer le néologisme "schtroumpher": schtroumpher un nom consisterait à créer le verbe associé.
H
PS
Dans les forums informatiques, quand un intervenant veut dire qu'il approuve celui qui vient d'écrire, il dit souvent "+1". Des gens se sont mis à dire "je plussoie".
Si on leur demande de quel verbe il s'agit, ils répondent plussoyer. Je trouve que ce n'est guère élégant et que ce serait l'occasion de créer un beau nouveau verbe de la troisième conjugaison: plussoir. D'où "je plussois". Reste alors à choisir la conjugaison entre les conjugaisons possibles en "oir".
Ce serait agréable de ne plus s'entendre dire que les deuxième et troisième groupe forment la conjugaison morte (avec l'exception "alunir" et éventuellement un jour lointain "amarsir"). Anne nous dit:
"Et si vous inventez un mot, construisez-le comme bon vous semble."
Si j'invente un verbe, quelque chose m'interdit-il de le créer dans le troisième groupe? Ou d'inventer un quatrième groupe?
Le marchand de sable me marchande et me sable, je vous quitte jusqu'à demain.
H
Je ne vois pas l'avantage de créer un plussoir du troisième groupe…
Sa conjugaison serait plus compliquée. Quel intérêt ?
Je trouve plussoyer et son suffixe aussi élégant que tournoyer, ondoyer, verdoyer…
Au fait, on écrit "Schtroumpf" et "schtroumpfer"…
Comme par définition tous les verbes qui sont pas du 1er et du 2e groupe sont du 3e (verbes se conjuguant très diversement), je saisis mal ce que pourrait être un verbe du 4e groupe.
Je trouve aussi un peu contradictoire d'admirer la facilité de la conjugaison anglaise tout en souhaitant la création de nouveaux verbes irréguliers français… 😜