Un dialogue étant à première vue un échange entre deux personnes dont le discours révèle les répliques des différents partis en présence, je me demande jusqu'où cette notion de dialogue peut être étendue. Lorsqu'un personnage soliloque par exemple, et qu'au cours de ses propos, le personnage s'adresse à une autre personne sans que le discours nous révèle la réaction de l'autre, est-ce encore un dialogue?
Pour étudier plus en profondeur cette notion d'échange, je sais qu'il y a deux types d'approches: l'approche polyphoniste et l'approche dialogique, mais j'aimerais en connaître les sous-catégories, les différences, ainsi que les passerelles et les cas limite. Si vous avez, entre autres, des ouvrages à conseiller, je suis preneuse. Merci d'avance
Tu peux lire quelques éclaircissements, assez succincts du reste, ici :
https://www.unige.ch/lettres/framo/enseignements/methodes/
Pour ta première question, vois en particulier la partie "la polémique implicite".
Cela me fait penser à la plaisanterie de Giscard d'Estaing : monologue, dialogue, trialogue… décalogue ! 😂
😂 Plaisanterie qui montre bien avec une certaine finesse qu'à force de multiplier les catégories et sous-catégories ça devient un grand méli-mélo 😀 surtout que les grammairiens ne sont pas d'accord entre eux et c'est bien là le problème…
Tu as lu les oeuvres de Bakhtine, de Ducrot? Il y a aussi Authier-Revuz, et une thèse particulièrement claire sur le sujet, écrite par Claire Stolz; mais elle porte sur une oeuvre précise, Belle du Seigneur de Cohen.
Il y a aussi la Scapoline, une autre manière de considérer le phénomène de polyphonie discursive
Je dois avouer ne pas avoir vraiment d'avis ou de références sur la question, en revanche je me permets de corriger quelque chose : "Un dialogue étant à première vue un échange entre deux personnes dont le discours révèle les répliques des différents partis en présence" ; le préfixe -dia, en grec, ne veut pas dire "deux", mais implique une notion de circulation, dans le sens "à travers" - un processus, en somme. Par conséquent, étymologiquement, un monologue délibératif pourrait être considéré comme un dialogue, s'il y a dualité entre la l'âme et la conscience morale par exemple ; en revanche, dans l'usage, on distingue généralement monologue et dialogue. Et ma faible contribution s'arrête là x)
EDIT : et j'aime bien déterrer les sujets ^^'