Bonjour,
Je suis à la recherche de grands livres contemporains des 10 dernières années.
Pouvez-vous me conseiller svp ?
Cdlt,
Romain
Français ou étrangers ?
Le seul livre qui m'a marqué dans ces dix dernières années est La Route de Cormac McCarthy (prix Pulitzer 2007).
76man a écrit :Français ou étrangers ?
Le seul livre qui m'a marqué dans ces dix dernières années est La Route de Cormac McCarthy (prix Pulitzer 2007).
Tu l'as lu en langue américaine ? Je l'ai lu en Français et je ne lui ai rien trouvé de si extraordinaire.
La trilogie Millenium de Stieg Larsson est vraiment un incontournable du XXIème siècle. Thriller haletant où l'enui ne pointe jamais.
J'ai aussi beaucoup aimé les oeuvres de Romain Sardou ( Personne n'y échappera, Pardonnez nos offenses et Quitte Rome ou meurs, par exemple)
Enfin, j'ai aussi apprécié les oeuvres de Dan Brown même si les histoires se ressemblent toutes beaucoup (un homme accompagné d'une femme dont il va tombé amoureux recherche les vestiges du passé - Da Vinci Code, Anges et Démons, Le symbole perdu - ou des secrets d'Etat - Forteresse digitale ou Deception Point)
Je suis d'accord pour La Route de McCarthy, que j'ai trouvé magnifique. J'ai aussi beaucoup aimé Alabama Song de Gilles Leroy, et Magnus de Sylvie Germain.
Tous les livres de Jean-Benoit Puech (personnellement j'ai une préférence pour Voyage sentimental), de Bolaño, Tu n'es plus là de Pingaud, L'Adversaire et D'Autres Vies que la mienne d'Emmanuel Carrère Les Onze; Vies minuscules ou encore Rimbaud le fils de Pierre MIchon, la plupart des Quignard sont excellents aussi, je dirais volontiers certains Nancy Huston pour compléter la liste (Professeurs de désespoir, Ligne de faille par exemple), Austerlitz de Sebald, découvert récemment mais vraiment admirable…Il y en a bien d'autres encore, mais pour le moment ça ne me revient pas…Contrairement à ce qu'on croit, il existe une vraie production contemporaine de qualité.
Profitendieu a écrit :76man a écrit :Le seul livre qui m'a marqué dans ces dix dernières années est La Route de Cormac McCarthy (prix Pulitzer 2007).
Tu l'as lu en langue américaine ? Je l'ai lu en Français et je ne lui ai rien trouvé de si extraordinaire.
Je l'ai lu en français, car mon anglais ne me permet pas une lecture en V.O. J'y ai trouvé un style épuré, tranchant, un monde post-apocalyptique très bien rendu, et derrière une certaine sécheresse une grande humanité… Ça m'a poussé à lire d'autres McCarthy (deux pour l'instant, mais je les ai tous achetés 😀).
En y repensant bien, j'ai aussi beaucoup aimé l'
Histoire d'Edgar Sawtellle de David Wroblewski. Toujours dans le domaine américain, il y a James Ellroy, qui continue sa plongée au cœur de la Cité des Anges. Et en France, il y a Pascal Quignard, déjà signalé par nathalie.
Un " style épuré" cela va sans dire 😂 . J'ai trouvé l'histoire très touchante mais cette écriture " retour à l'état sauvage" ne m'a pas réellement convaincu.
Eric Emmanuel Schmitt avec ses 2 nouvelles: Le Sumo qui ne pouvait pas grossir et Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran
J'adore McCarthy. J'ai lu La Route, La trilogie de la frontière et Méridien de sang. Avec Houellebecq, c'est le seul auteur contemporain que j'ai lu (excepté Rowling et mes autres lectures de jeunesse).
Profitendieu a écrit :cette écriture " retour à l'état sauvage" ne m'a pas réellement convaincu.
Ce n'est pas vraiment un "retour à l'état sauvage" que décrit McCarthy, sauf peut-être dans
Un enfant de Dieu. Voilà ce que j'écrivais ailleurs sur
Le Gardien du verger (premier roman de l'auteur) :
L'histoire de vengeance, vendue par la 4e de couverture, est inexistante sauf dans le discours de la mère de John. Mais ça n'enlève rien à la profondeur du livre.
L'homme est plongé au sein d'une nature violente et d'une société qui ne l'est pas moins. Chez McCarthy, on retrouve souvent cette image d'une terre submergée (cf. Un enfant de Dieu), sorte de nouveau Déluge. Cependant, cela n'empêche pas McCarthy de créer un monde qui allie horreur et onirisme, le tout aboutissant à une sorte de fantasmagorie abrupte.
Le personnage de Oncle Ather ("le vieil homme") est à mes yeux le plus intéressant, car il s'inscrit dans la thématique principale de McCarthy, qui est la représentation d'un monde ancien et mythique. Le vieil homme est le lien entre archaïsme et "modernisme"; on ne connaît pas son âge, et il raconte les histoires du temps passé.
Témoignage vivant, donc, mais aussi, comme toujours chez McCarthy, cette image de la pierre, qu'elle soit naturelle ou tombale. Le verre fondu de "La Mouche verte" nous renvoie à une image antédiluvienne, c'est une pierre qui symbolise un ordre antique. Si, à la fin, le passé devient "mythe, légende, poussière", c'est bien parce que l'homme vit au sein d'un monde rempli de symboles, de hiéroglyphes dont la signification lui échappe, et il ne peut que voir le passé à travers ces témoignages de monolithes, de légendes orales, de traces…
C'est l'effet que j'ai eu par rapport au style. Le fait de recourir sans cesse aux phrases simples dans un monde post-apocalyptique je trouvais que cela mimait une vie où l'ornement n'a plus sa place, où tout est besoin et non plus accessoire.
Merci beaucoup pour tes conseils avisés… Je vais maintenant piocher dans ta liste 🙂
Bonjour
J’ai lu, en anglais, la moitié du roman Blood Meridian, de Cormac McCarthy, et j’ai peine à comprendre le discours du juge Holden, dans le chapitre 11. Peut-être auriez-vous l’entendement plus aiguisé que le mien, et seriez-vous capable de me fournir les explications souhaitées.
Le juge parle, me semble-t-il, d’une supposée dégénérescence de l’espèce, et de la nécessité de revenir à une violence primitive, comme moyen de sélection, car il dit :
«Ce qui est vrai d’un homme est vrai de beaucoup. Le peuple qui vivait ici autrefois s’appelle les Anasazis. Les anciens. Ils ont abandonné ces régions, chassés par la sécheresse ou la maladie ou par des bandes errantes de pillards, abandonné ces régions depuis des siècles et il n’y a d’eux aucun souvenir. Ce sont des rumeurs et des fantômes dans ce pays et ils sont hautement vénérés. Les outils, l’art, la maçonnerie, tout cela porte condamnation des races qui sont venues après. Mais il n’y a rien à quoi elles peuvent se raccrocher. Les anciens s’en sont allés comme des fantômes et les sauvages rôdent à travers ces canyons au son d’un antique ricanement. Dans leurs huttes grossières ils sont tapis dans l’obscurité et ils écoutent la peur qui suinte de la roche. Tout mouvement d’un ordre supérieur à un ordre inférieur est jalonné de ruines et de mystères et des déchets d’une fureur aveugle. Voilà. Ici sont les ancêtres morts. Leur esprit est enseveli dans la pierre. Il repose sur cette terre avec le même poids et la même ubiquité. Car quiconque se fait un abri de roseaux et de peaux de bêtes s’est résigné dans son âme à la commune destinée des créatures et il retournera à la boue originelle avec à peine un cri. Mais celui qui bâtit avec la pierre s’efforce de changer la structure de l’univers et il en était ainsi de ces maçons aussi primitives que leurs constructions puissent nous paraître» (p. 185).
En quoi la parabole du bourrelier, qui précède, illustre-t-elle cette philosophie ? Doit-on comprendre que la morale chrétienne serait responsable de cette dégénérescence ?
En quoi l’histoire de l’indien Hueco craignant qu’on ne défigurât son portrait, ou celle du noir traînant un cercueil sont-elles liées à cette parabole ?
On trouve sur internet des éloges dithyrambiques de McCarthy tels que le suivant :
“The brilliance of the insight, combined with the unique twists of language, is the reason McCarthy is likely the greatest living writer in English.”
Cependant, et bien que Blood Meridian ne soit évidemment pas dépourvu de mérites, je me demande parfois si les réflexions suivantes (de Juan Asensio) n’auraient pas quelque fondement :
« Voilement et dévoilement constituent la problématique principale de Méridien de sang. Peut-être même serait-il plus juste d’affirmer que le dévoilement n’existe pas dans le roman, qui n’est riche de rien d’autre que de nous appâter et, immédiatement, de nous refuser ce pour quoi nous nous sommes avancés, comme le gamin devant l’arbre en feu (p. 270), fascinés par ce que nous avions cru entrevoir.
Cette stratégie fondée sur la déception est la force principale du roman de McCarthy et aussi sa faiblesse, car le roman véritable se révèle peut-être par sa capacité à ne pas fuir devant la banalité, à l’exposer tout bonnement, alors que l’écriture de McCarthy, elle, est toujours nichée à quelques milliers de mètres au-dessus de nos têtes, décrivant des paysages inouïs, des actions dignes de batailles homériques, des meurtres qui semblent surgir de l’imagination même du Diable, des tournures apophatiques qui masquent l’horreur mais qui cependant, à force d’être surjouées, finissent par lasser (cf. p. 391), des rêves dont l’interprétation est pour le moins difficile, comme ceux du gamin pendant sa convalescence, où le juge Holden apparaît (cf. p. 386) auquel un forgeron forge une monnaie de singe qui serait acceptée pour le juge, et qui, peut-être, trouveront leur clé énigmatique dans la toute dernière page du roman, parabole fumeuse ou bien chiffre du rébus, on ne sait (cf. p. 419). »
Je vous remercie d’avance pour vos explications.
Cordialement et respectueusement.
Bonjour,
Une plume que je trouve excellente, hélas décédée en 2007, celle de Christiane Singer. Son roman Seul ce qui brûle est une petite merveille d'une grande finesse.
On n'est pas dans la rubrique "langue française" ? 😜
Je plaisante, évidemment. D'ailleurs ma signature ne me prédispose pas à m'intéresser à la littérature du XXIe siècle ! 😀
Allez, histoire de participer : parions que Houllebecq sera un jour à La Pléiade. 🙂
Peut-être - allez savoir - un jour aussi, Amélie Nothomb ? Mais, de mon humble point de vue, certainement pas Frédéric Beigbeder, pour ne prendre que quelques auteurs à succès.
Nous sommes, effectivement, dans la partie "Littérature française". Mais j'ajouterais, pour ma part, un auteur sud-américain, à savoir Roberto Bolano.
J'ai été très marqué par Les détectives sauvages et par Le troisième Reich, bien que le premier ait été publié en 1998.
J'ai beaucoup apprécié l'effort littéraire de Mantra de Rodrigo Fresan.
En revanche, j'avoue avoir beaucoup de mal avec la littérature du XXIème siècle, particulièrement française, très (trop ?) nombriliste à mon goût. Mais peut-être n'ai-je pas eu les bonnes lectures sous la main.
Je rajoute à la suite toute l'œuvre de Pierre Michon, depuis 1984. Même si elle commence au XXe.
Bpnjour,
Il y a un livre qui est en ce moment sur tous les étals des librairies, mais que je n'ai pas lu par manque de temps. C'est En finir avec Eddy Bellegueule, je ne sais pas qui est l'auteur. C'est très contemporain. Mais je ne peux pas en dire plus…
Mais d'après ce que j'en ai entendu, c'est bien plus sociologique que littéraire !