Si un jour : futur ou conditionnel ?

Langue française

37 réponses · Page 2 / 2

Bonjour,
je crois que mon problème est du même style. Mon CV vu par différentes personnes avec des avis contraires.
"…je souhaite m'investir à vos côtés. De par mes connaissances dans ce domaine, je serai (s?) capable d'intégrer votre équipe."
Au départ j'avais mis le conditionnel, mais on m'a dit que comme toute ma lettre est au présent qu'il fallait mieux mettre le futur. Qu'en pensez-vous ? Merci.
Si est suivi du conditionnel
Si Paris était de beurre, il fondrait au soleil
Mais là tu n'as pas employé si
Bonsoir Lonie,

Si vous mettez votre proposition au présent de l'indicatif, vous vous rendrez compte de l'impact affirmatif et peu modeste qu'elle peut avoir :
- De par mes connaissances dans ce domaine, je suis capable d'intégrer votre équipe.

Le conditionnel rend hypothétique l'embauche : c'est plus courtois, plus diplomatique… D'autre part, il vous rend moins péremptoire quant à vos connaissances…
- De par mes connaissances dans ce domaine, je serais capable d'intégrer votre équipe. (Sous-entendu : si vous m'en jugez capable, si vous m'embauchez…)

Dans un autre cas, le futur s'imposerait :
- Dès l'obtention de mon diplôme, je serai en mesure d'intégrer votre équipe.

Muriel
Lequel des deux extraits ci-dessous est bien conjugué svp?
Merci de bien vouloir justifier votre réponse…

La trahison est un crime capital,
M. B.

Si vous ne coopérez pas sur le champ,
je ferais une affaire personnelle
de veiller à ce que vous
payez le prix maximum.

Je n'utiliserai pas la torture,
mais dans votre cas,

je n'aurais aucun problème
avec la peine de mort.


ou

Si vous ne coopérez pas sur le champ,
je ferai une affaire personnelle
de veiller à ce que vous
payez le prix maximum.


Je n'utiliserai pas la torture,
mais dans votre cas,

je n'aurai aucun problème
avec la peine de mort. Autre cas similaires, présence de "si" évoquant un conditionnel et pourtant, emploi du futur…

Si le soleil continue de briller à midi, je (mettre) [PAS DE RÉPONSE] le parasol sur la terrasse. Faux! Réponse correcte: METTRAI

Si tu le veux, je (lire) [PAS DE RÉPONSE] devant la classe cet après-midi. Faux! Réponse correcte: LIRAI
Bonsoir.

Quelles phrases sympathiques… Brrr !

"Si vous ne coopérez pas sur-le-champ,
je ferai une affaire personnelle
de veiller à ce que vous
payiez (subjonctif !) le prix maximum."


Subordonnée avec "si" au présent (coopérez) → principale au futur (ferai).

"Je n'utiliserai pas la torture, mais dans votre cas, je n'aurai aucun problème avec la peine de mort."
Deux propositions coordonnées : futur pour les deux verbes (utiliserai, aurai).
On utilise l'indicatif futur dans la principale quand la proposition introduite par si est à l'indicatif présent :
Si vous ne coopérez pas sur le champ, je ferai une affaire personnelle de veiller à ce que vous payiez (subjonctif) le prix maximum.
Si le soleil continue de briller à midi, je mettrai le parasol sur la terrasse.
Si tu le veux, je lirai devant la classe cet après-midi.



En phrase simple (lorsqu'il n'est pas associé à une proposition introduite par si) le conditionnel sert à exprimer une hypothèse, un souhait, un désir, un rêve :
Je n'utiliserai pas la torture, mais dans votre cas, je n'aurais aucun problème avec la peine de mort.
Bonsoir, Anne… Le futur n'est pas concevable, pour le dernier verbe ?
Puisque la non-utilisation de la torture est présentée comme une certitude future, pourquoi l'absence de problème avec la peine de mort ne serait-elle qu'une hypothèse ?
Sans doute mon vieux côté abolitionniste ! J'avais d'ailleurs initialement écrit les 2 verbes au conditionnel ! Pour moi il y a un sous-entendu. Mais le futur se tient aussi. Ce serait peut-être même plus logique avec les deux verbes au même temps.
Muriel a écrit :Le conditionnel rend hypothétique l'embauche : c'est plus courtois, plus diplomatique… D'autre part, il vous rend moins péremptoire quant à vos connaissances… Muriel
Ma longue expérience professionnelle (eh oui !) m'autorise à dire (non péremptoirement) que ce n'est pas certain. Les entreprises, certaines en tous cas, veulent des personnes sûres d'elles, sans modestie excessive ou superflue, parfois même agressives (!) : on a vu le mot envahir les offres d'emploi depuis déjà pas mal de temps, y compris pour des emplois non commerciaux. Il est souvent nécessaire de faire état d'une véritable volonté d'intégrer l'entreprise (à justifier, bien entendu), et de dire "Je veux entrer chez vous, je vous expose pourquoi ." plutôt que " J'aimerais bien entrer chez vous si vous m'en croyez capable, est-ce que vous voulez voir mes diplômes ? " Dans ce cas, le conditionnel n'est pas forcément le meilleur choix.

Alors, conditionnel ou futur ? Sur le fond, en dehors des questions de grammaire, c'est un peu la loterie… Pour la forme, Léah donne la réponse. Mais ne décourageons pas Lonie, à qui je souhaite bon courage et bonne chance.
merci beaucoup pour ces explications lumineuses, j'avais oublié cette règle! 🙂
Dans un livre consacré à notre belle langue, j'ai trouvé la phrase suivante : "Le français tout entier est concerné par ce que j'appellerais (nous ne sommes hélas plus à un barbarisme près) le maltapropisme."

Le futur n'aurait-il pas été préférable au conditionnel ? J'ai un avis et je le donne ci-dessous, mais j'aimerais qu'une au moins des personnes très qualifiées qui prodiguent ici les leurs me donne le sien. Merci.

Le conditionnel ne pouvant pas, ici, être considéré comme le futur du passé (une de ses deux valeurs possibles), il doit être tenu, s'il est recevable, pour incontestablement modal, « exprimant non pas la condition mais un fait conjectural, imaginaire » " (Hanse).
Comme par ailleurs nous ne sommes pas en présence d'un système hypothétique, il ne resterait que la possibilité d'un « conditionnel d'atténuation », qui « s'emploie pour marquer l'atténuation, notamment quand l'idée est présentée comme un simple souhait ou une volonté affaiblie »(Grevisse).
C'est peut-être après tout possible, mais ne faut-il pas plutôt conclure que le conditionnel (d'atténuation) a été employé par confusion avec le futur dit « de politesse » qui marque lui aussi l'atténuation, « comme si on n'avait encore que l'intention de faire ce qu'on fait réellement » (Hanse) ? A la première personne du pluriel, il est à peu près certain qu'on écrirait « que nous appellerons le maltapropisme » et non « que nous appellerions le maltapropisme ». … ?

Merci encore à ceux/celles qui voudront bien me donner leur avis.
Il y a matière à discussion effectivement, je ne suis pas spécialiste mais je pense que l'emploi du conditionnel par l'auteur est volontaire car il souhaite sans doute indiquer une légère incertitude (notion de doute / auto-dérision / recherche de complicité teintée d'ironie avec le lecteur) dans ses propos et dans le choix de l'étiquette choisie pour qualifier le français…

A mon tour de poser une colle, pourquoi dans les exemples ci-dessous, malgré le présent utilisé dans la subordonnée, doit-on utiliser le conditionnel et non le présent dans la principale :

- s'il te le dit, tu devrais l'écouter pour éviter tout déboire.
- s'il te le dit, tu ferais mieux de l'écouter.
- si nous y allons, tu pourrais nous suivre (…)
- si nous partons, tu ne devrais pas avoir de difficultés pour te débrouiller.
Le conditionnel est très bien employé ici. J'appellerais cela maltapropisme (sous entendu : si l'on me permettait de commettre un barbarisme). Je n'ose pas appeler cela ainsi, mais c'est tout de même ce que je fais. C'est une forme atténuée de la figure de prétérition.
Merci Lucretius pour cette excellente explication qui me prouve que ma question n'était pas inutile.
Bonjour.

Oui, le conditionnel est bien employé ici.
Explication :
"S'il te le dit, tu devrais (conditionnel à valeur d'atténuation polie, moins brutal que "tu dois") l'écouter pour éviter tout déboire."
Lucretius a mieux formulé ce qui était un peu embrouillé dans mon explication, je partage aussi cette notion de "barbarisme" pour expliquer cette phrase!

Et merci à Jehan pour avoir mis la bonne étiquette à l'autre cas proposé à savoir : "conditionnel d'atténuation polie".
Je pense le conditionnel peut être mode dans les propositions subordonnées conditionnelles après si et un temps du futur dans la concordance des temps
Ex:Il m'a dit qu'il me téléphonerait.
Ex:S'il était venu nous jouerions au ballon.