Sénèque, Portrait comparé du sage et de l’homme ambitieux.

Langues anciennes

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonsoir 🙂 !

J'ai travaillé sur une courte version de Sénèque (ça compense la brièveté de la version 😀)… Peu de réelles difficultés, mais les points épineux sont de taille.
Hic praesentibus gaudet, ex futuro non pendet; nihil enim firmi habet, qui in incerta propensus est. Magnis itaque curis exemptus, et distorquentibus mentem, nihil sperat, aut cupit, nec se mittit in dubium, suo contentus. Nec illum existimes paruo esse contentum; omnia illius sunt, non sic, quemadmodum Alexandri fuerunt: cui, quamquam in littore maris Rubri steterat, plus deerat quam qua uenerat; illius ne ea, quidem erant, quae tenebat, aut uicerat, quum in Oceano Onesicritus praemissus explorator erraret, et bella in ignoto mari quaereret. Non satis apparebat inopem esse, qui extra naturae terminus arma proferret? qui se in profundum, inexploratum et immensum, auiditate caeca prorsus immitteret? Quid interest, quot eripuerit regna, quot dederit, quantum terrarum tributo premat? tantum illi deest, quantum cupit. Nec hoc Alexandri tantum uitium fuit, quem per Liberi Herculisque uestigia felix temeritas egit, sed omnium quos fortuna irritauit implendo. Cyrum et Cambysen, et totum regni persici stemma percense; quem inueuies, cui modum imperii satietas fecerit ? qui non uitam in aliqua ulterius procedendi cogitatione finierit? Nec id mirum est; quidquid cupiditati contingit, penitus hauritur et conditur.
1. … Alexandri fuerunt cui quamquam in Rubri maris steterat plus deerat quam qua venerat.
In se construisant avec l'accusatif ou l'ablatif (ça me semble plus pertinent avec steterat), un problème émerge. Quel nom est complété par Rubri maris ? A mon avis, il est sous-entendu, mais quel est-il ? La fin de la phrase est obscure. A quoi renvoie "qua" (quel en est l'antécédent, ou, du moins, que désigne-t-il ?).

2. sed omnium (hoc vitium fuit) quos fortuna inritavit inplendo.
Que signifie ici inplendo ? Est-ce satisfaire, rassasier ? Que veut dire Sénèque ?

3. cui modum imperii satietas fecerit
modum facere alicui = rendre quelque modéré, mesuré ?


Merci beaucoup, pour tout ! 🙂
Sénèque dit qu'Alexandre avait le goût du toujours plus. Bien qu'il fût arrivé, dit-il, sur le rivage de la mer Rouge, donc très loin de sa patrie, il lui manquait encore plus, il voulait encore plus que [ce] par où (qua, rappelle-toi les questions ubi, quo, unde ,qua) il était venu, ce qu'il avait déjà conquis.
Plus loin Sénèque nous donne son avis : ce vice (le goût du toujours plus) ne fut pas celui du seul Alexandre, mais aussi celui de tous ceux que la fortune (ici succès militaires) incite, pousse à implendo, gérondif ablatif d'implenere, à se combler (de butin, de terres, de richesses…).

Je n'ai pas répondu à ta troisième question. Voici, en mot à mot : à qui la satiété aura fixé l'étendue de son empire. C'est à dire quel est celui qui aura trouvé suffisante la taille de son empire. Mais il faut mettre en bon français en collant le plus possible au texte.
Merci beaucoup 🙂 !
Sénèque dit qu'Alexandre avait le goût du toujours plus. Bien qu'il fût arrivé, dit-il, sur le rivage de la mer Rouge, donc très loin de sa patrie, il lui manquait encore plus, il voulait encore plus que [ce] par où (qua, rappelle-toi les questions ubi, quo, unde ,qua) il était venu, ce qu'il avait déjà conquis.
Ah oui, je ne comprenais pas le "par où il était venu", d'où mon hésitation sur le qua.
Plus loin Sénèque nous donne son avis : ce vice (le goût du toujours plus) ne fut pas celui du seul Alexandre,
C'est donc in ripa. Sénèque est familier de ces ellipses, j'imagine ?
mais aussi celui de tous ceux que la fortune (ici succès militaires) incite, pousse à implendo, gérondif ablatif d'implenere, à se combler (de butin, de terres, de richesses…).
Ok, irritare+abl. Dans le Gaffiot, je n'ai vu que la construction irritare ad aliquid (faciendum).
S. a écrit :Merci beaucoup 🙂 !
Sénèque dit qu'Alexandre avait le goût du toujours plus. Bien qu'il fût arrivé, dit-il, sur le rivage de la mer Rouge, donc très loin de sa patrie, il lui manquait encore plus, il voulait encore plus que [ce] par où (qua, rappelle-toi les questions ubi, quo, unde ,qua) il était venu, ce qu'il avait déjà conquis.
Ah oui, je ne comprenais pas le "par où il était venu", d'où mon hésitation sur le qua.
Plus loin Sénèque nous donne son avis : ce vice (le goût du toujours plus) ne fut pas celui du seul Alexandre,
C'est donc in ripa. Sénèque est familier de ces ellipses, j'imagine ?
mais aussi celui de tous ceux que la fortune (ici succès militaires) incite, pousse à implendo, gérondif ablatif d'implenere, à se combler (de butin, de terres, de richesses…).
Ok, irritare+abl. Dans le Gaffiot, je n'ai vu que la construction irritare ad aliquid (faciendum).
Mais oui, bien sûr, tu as raison, où avais-je la tête. C'est l'exemple Castigat ridendo moresde la grammaire. La Fortune encourage, récompense le comportement excessif en comblant les fautifs, et non pas les encourage à "se combler".