rv0 a écrit :Dans le cadre d'une étude généalogique je cherche un latiniste qui pourrait me traduire ce texte en latin.Il s'agit de la figure ésotérique des trois lièvres formant une roue, les oreilles en commun deux à deux forment un triangle en son centre:
Hrabanus Maurus, De Universo, 7, CAPUT VII. De portentis
v.38, Lepus quasi levipes, quia velociter currit. Unde et Graece pro cursu lagos dicitur, velox enim animal et satis timidum. Significat autem lepus homines timentes Deum: qui non in semetipsis, sed in Creatore suo fiduciam habent. Unde legitur in Salomone: Lepusculus plebs invalida quae collocat in petra cubile suum. Unde dicitur in Psalmo: Petra refugium leporibus et erinaciis. Petra autem Christus est. Hinc de Moyse scribitur, quod lepusculus Domini Moyses steterit in foramine petrae: quia in passione Redemptoris spem salutis suae habuit.
Merci
Le lièvre (lepus) est si l'on peut dire un animal "aux pieds légers" (levipes), parce qu'il court vite. C'est pourquoi , en Grec, on dit "lagos" (lièvre) pour dire "course"; c'est en effet un animal rapide et assez craintif. Mais le lièvre symbolise les hommes qui craignent Dieu : ces derniers ont confiance non en eux-mêmes, mais en leur Créateur. Voilà pourquoi on lit dans
Salomon : "Le lièvre forme un peuple sans force qui établit son gîte dans le rocher", et qu'on dit dans un
Psaume : "Le rocher est le refuge des lièvres et des hérissons". Or le rocher, c'est le Christ. Aussi écrit-on au sujet de Moïse que, lièvre du Seigneur, il se tint dans le creux d'un rocher : c'est qu'il plaçait l'espoir de son salut dans la passion du Rédempteur.
Note : Aux lignes 3 et 5, Raban Maur utilise le mot lepusculus et non lepus, comme aux lignes 1, 2 et 4. Dans le texte de la Vulgate auquel il se réfère, si l'on suit la traduction de Louis Segond, citée par Arthur, ce mot désigne le "daman". Or cet animal n'a rien à voir avec le lièvre, c'est un petit ongulé rappelant la marmotte. J'ai donc délibérément traduit par "lièvre", afin d'assurer une cohérence au texte de l'auteur, qui en manque beaucoup par ailleurs, entre nous soit dit! Quelqu'un pourrait-il me "poster" le texte grec des trois passages de la Bible cités par Raban Maur, et référencés ci-dessus par Arthur? Merci. Vérification faite, le mot hébreu auquel correspond le lepusculus du Proverbe XXX est rendu par "gerboise" dans la traduction officielle des Rabbins de France. Ce mot me semble plus juste que "daman". La gerboise, avec ses longues pattes postérieures conformées pour le saut et ses oreilles allongées, peut faire penser à un lièvre "miniature"; de plus, c'est un Rongeur…
Cela dit, rien n'empêche de traduire lepus tout comme lepusculus par "lièvre", vu ce que Raban Maur veut ici nous montrer.
J'aimerais bien connaître le mot grec utilisé dans la version des Septante pour désigner cet animal, mais hélas! Les pros de l'Internet auraient-ils trouvé leurs limites?
Quant à lagos, il a pu signifier "coureur" puis "course" par métaphore. Au temps de notre auteur, la connaissance du Grec tend à s'effacer quelque peu en Occident de toute façon.