Camus, Lettres à un ami allemand - Sens de "ilote"

Entraide scolaire

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour, je viens de passer mon oral de français sur le texte Lettre à un ami allemand (première lettre) et à un moment donné, l'auteur utilise le mot "ilote".
J'ai donc dit pendant mon analyse qu'Albert Camus insultait presque les allemands en disant ça, que ça les rabaissait pas mal. L'examinatrice me regardait d'un air étonné et pendant l'entretien, elle m'a demandé ce qu'était un ilote… j'ai répondu que c'était une personne assez bête, un peu en marge de la société; elle m'a affirmé que c'était en fait un grade militaire!
Je ne voulais pas la contredire, après tout c'était une prof de français donc elle devait mieux le savoir que moi.
Mais en rentrant j'ai découvert que j'ai eu raison… y-a-t-il des chances que je ne perde pas des points aussi bêtement?
La question est anodine, donc je pense pas qu'elle t'ait pénalisée.Sinon quelles sont les autres questions posées?
La première était en rapport avec le paradoxe qu'était "ami allemand" (contenu dans le titre) alors que le texte visait à rabaisser l'Allemagne.
La seconde était "Est-ce que Camus respecte l'homme dans cette lettre?" j'ai commencé en disant "oui et non" et pour argument j'ai dit qu'il insultait presque les allemands en disant "ilote" donc elle m'a interrompu en me demandant si je savais ce que c'était… là vient le quiproquo, elle en est venue à me donner une définition soi-disant exacte (je ne sais pas si c'est bien perçu).
Suite à ça, j'ai continué ma réponse à sa question (le "oui et non"), puis elle m'a demandé de faire un rapprochement entre son argumentation et l'argumentation d'un autre texte du groupement étudié.
La question sur l'ilote pouvait être anodine, mais j'ai parlé d'insulte dans une partie de mon analyse ainsi que dans la conclusion… de son point de vue, ça pourrait paraître complètement insensé! C'est pour ça que je m'inquiète.
Aucune référence sur le grade militaire.Elle est en faute.
Oui, c'est bien ce qu'il me semble. Il ne me reste donc plus qu'à croiser les doigts pour qu'elle revérifie sa définition du mot?
Je doute malheureusement,les notes, sont faites, au moment même.Mais bon , je pense vraisemblablement, que si tu as été convaincante, d'autant plus que si le texte portait sur une vision dépréciative de l'Allemagne, tu n'as pas à t'en faire.
Tant pis alors, je pense avoir été assez convaincant (pas convaincantE, j'écris comme une fille, c'est ça? 🙂 ) donc ça devrait aller en effet. Merci de ta réponse!
Hahaha!
T aurais pu faire le gars innocent sinon , du genre : Ah , pourtant je l'avais bien vérifié au dictionnaire ..
Effectivement on doit décider de la note tout de suite, pas d'accès à un dico ou à internet avant ! Donc si elle se trompait, elle ne peut pas le savoir. Je ne sais pas comment on fait dans ces cas là. En même temps on ne décide pas de la note sur un seul mot.

Tu peux nous mettre le texte en ligne ?
Albert Camus, Lettres à un ami allemand (1945), première lettre Je veux vous dire tout de suite quelle sorte de grandeur nous met en marche. Mais c'est vous dire quel est le courage que nous applaudissions et qui n'est pas le vôtre. Car c'est peu de chose que de savoir courir au feu quand on s'y prépare depuis toujours et quand la course vous est plus naturelle que la pensée. C'est beaucoup au contraire que d'avancer vers la torture et vers la mort, quand on sait de science certaine que la haine et la violence sont choses vaines par elles-mêmes. C'est beaucoup que de se battre en méprisant la guerre, d'accepter de tout perdre en gardant le goût du bonheur, de courir à la destruction avec l'idée d'une civilisation supérieure. C'est en cela que nous faisons plus que vous parce que nous avons à prendre sur nous-mêmes. Vous n'avez rien eu à vaincre dans votre cœur, ni dans votre intelligence. Nous avions deux ennemis et triompher par les armes ne nous suffisait pas, comme à vous qui n'aviez rien à dominer.
Nous avions beaucoup à dominer et peut-être pour commencer la perpétuelle tentation où nous sommes de vous ressembler. Car il y a toujours en nous quelque chose qui se laisse aller à l'instinct, au mépris de l'intelligence, au culte de l'efficacité. Nos grandes vertus finissent par nous lasser. L'intelligence nous donne honte et nous imaginons parfois quelque heureuse barbarie où la vérité serait sans effort. Mais sur ce point, la guérison est facile : vous êtes là qui nous montrez ce qu'il en est de l'imagination, et nous nous redressons. Si je croyais à quelque fatalisme de l'histoire, je supposerais que vous vous tenez à nos côtés, ilotes de l'intelligence, pour notre correction. Nous renaissons alors à l'esprit, nous y sommes plus à l'aise.
Merci. Effectivement tu sembles avoir raison sur ce mot. Mais bon ce n'est qu'un détail par rapport à l'ensemble de la lettre (très intéressante d'ailleurs)
Je présume, Ammy, que vous allez la proposer l'année prochaine, en tant que L.A?