ok
Je vous remercie tous, demain c'est le week-end chez nous, donc à dimanche in'challah
Merci
Anne345 a écrit :"toujours est-il que" introduit une opposition. Synonymes : cependant, néanmoins.
Certes, mais il y a une nuance…
Je suis tombé sur ces paragraphes :
Ainsi, le narrateur évoque-t-il ce rapport ombilical à la tiédeur du mot; ''Il se livrait corps et âme à l'éblouissement de l'encre''. Toujours-il que la complicité du verbe s'élargit inexorablement vers une intimité davantage parfaite et fusionnelle.
(…). Et de cette activité surgit une autre découverte : l'écriture. Toujours est-il que le salto entamé par Mohamed est une allégorie de l'initiation qu'il traverse en compagnie de ses mentors tantôt réels- Grand père- tantôt fictifs- Edmond.
Puis-je la remplacer par ''en tout cas ?
Il n'y a aucune provocation dans ce livre. En tout cas, je ne l'ai jamais conçu comme ça.Bonjour.
J'aimerais revenir, encore une fois, à l'expression ''toujours est-il que…''.
Hier, j'ai entendu mon professeur utiliser cette expression.
J'ai cherché dans des sites dans lesquels il y a des explications contradictoires.
Lorsque quelqu'un se lance dans d'interminables explications pour justifier quelque chose, son interlocuteur pourra dire «Toujours est-il que…». Exemple :
— Vous savez, il est un peu dans la lune mais c'est un garçon très honnête.
— Je ne dis pas le contraire. Mais toujours est-il qu'il ne m'a pas remboursé les 200 euros que je lui ai prêtés voilà deux mois.
A l'oral, toujours est-il que a le même sens que '' en tout cas'', '' de toute façon '' certes, mais à l'écrit, je n'arrive pas à l'utiliser.
Toujours est-il que marque une opposition :
= quoi qu'il en soit, néanmoins, en tout cas…
Oui, à l'oral, toujours est-il que désigne une opposition certes, mais à l'écrit, le sens varie. Voici quelques phrases :
Ainsi, le narrateur évoque-t-il ce rapport ombilical à la tiédeur du mot '' il se livrait corps et âme à l'éblouissement de l'encre''. Toujours est-il que la complicité du verbe s'élargit inexorablement vers une intimité davantage parfaite et fusionnelle.
Et de cette activité surgit une autre découverte : l'écriture. Toujours est-il que le salto entamé par Mohamed est une allégorie de l'initiation qu'il traverse…
Je ne comprends pas bien le style ampoulé de Mounir Serhani, toujours est-il que le Tlfi donne ce sens :
Toujours est-il que. [Sert à introduire un fait ou un jugement que l'on pose comme indéfiniment vérifié, en oppos. à d'autres faits ou jugements qui viennent d'être présentés]
sans distinction entre écrit et oral.
D'accord.
Je considère ''cependant'', " néanmoins''… comme étant un synonyme.
Cela dit, franchement, je ne suis pas convaincu.
A présent, je suis en train de lire ''La chute'' d'Albert Camus. Quand j'aurai trouvé ladite expression, je la recopierai sur ce forum.
Et voici, à toutes fins utiles, la définition du Petit Robert :
◆ TOUJOURS EST-IL (QUE)… : sert à introduire un fait ou un jugement que l'on pose comme certain, en opposition avec d'autres qui viennent d'être présentés sous le signe de l'hésitation ou de la probabilité.
L'on pourrait rajouter
quoi qu'il en soit,… à la liste des tournures équivalentes.
Je trouve comme Anne la prose de Mounir Serhani assez ampoulée, pour ne pas dire embrouillée. Difficile dans ce contexte de bien dégager le sens d'une expression.
Hayakilnet, tu seras peut-être intéressé par ces pages :
https://books.google.fr/books?id=l3A311AmGHAC&pg=PA123&dq=camus+%22la+chute%22+%22toujours+est-il%22&hl=fr&sa=X&ei=bupRVI-lJIz3O7rWgagJ&ved=0CCIQ6AEwAA#v=onepage&q=camus%20%22la%20chute%22%20%22toujours%20est-il%22&f=false
qui tentent une explication logico-mathématique de l'expression et distinguent d'ailleurs l'oral de l'écrit, mais pas pour les mêmes raisons que toi. Il y a en prime une citation de Camus dans
la Chute.
En voici une autre, que je cite assez largement, car le sens de l'expression doit tenir compte de tout ce qui précède :
De la patience ? Vous avez raison, sans doute. Il nous faudrait la patience d’attendre le jugement dernier. Mais voilà, nous sommes pressés. Si pressés même que j’ai été obligé de me faire juge-pénitent. Cependant, j’ai dû d’abord m’arranger de mes découvertes et me mettre en règle avec le rire de mes contemporains. A partir du soir où j’ai été appelé, car j’ai été appelé réellement, j’ai dû répondre ou du moins chercher la réponse. Ce n’était pas facile ; j’ai longtemps erré. Il a fallu d’abord que ce rire perpétuel, et les rieurs, m’apprissent à voir plus clair en moi, à découvrir enfin que je n’étais pas simple. Ne souriez pas, cette vérité n’est pas aussi première qu’elle paraît. On appelle vérités premières, celles qu’on découvre après toutes les autres, voilà tout.
Toujours est-il qu’après de longues études sur moi-même, j’ai mis au jour la duplicité profonde de la créature. J’ai compris alors, à force de fouiller dans ma mémoire, que la modestie m’aidait à briller, l’humilité à vaincre et la vertu à opprimer. Je faisais la guerre par des moyens pacifiques et j’obtenais enfin, par les moyens du désintéressement, tout ce que je convoitais.
On peut remplacer l'expression par "quoi qu'il en soit", mais pas bien par "néanmoins". En effet, il n'y a pas vraiment d'opposition d'arguments entre le second paragraphe et le premier, mais simplement l'indication du fait que le second paragraphe est vrai, certain, indépendamment de la vérité ou non du premier, indépendamment de la solidité ou non des considérations qui précèdent. Dans le premier paragraphe, Camus s'analyse, donne des raisons, vraies ou supposées, parle de son cheminement à tâtons ; au début du second paragraphe, il énonce un fait concret, avéré, certain.
Bonsoir,
"Toujours est-il que" a deux emplois bien distincts.
Dans le premier, cette locution pourrait être remplacée par "n’empêche que", "reste que". Cet emploi relativise la valeur de ce qui vient d’être énoncé.
R. Le Bidois (Inversion du sujet, p. 104) donne une excellente définition de "toujours est-il que" dans ce sens : "sert à introduire un fait ou un jugement qu'on pose comme certain, en vive [cet adj. est de trop, à mon sens] opposition avec d'autres faits qui viennent d'être présentés sous le signe de l'hésitation, de l'incertitude ou de la probabilité."
Le second emploi correspond à "pour en revenir à ce qui a été dit tout à l’heure", il relativise non pas la valeur d’un énoncé, mais l’attention que la personne à qui l'on s'adresse est censée y porter.
Ex. :" Vous voudrez bien me faire, avec les plus longs [des cheveux envoyés], une tresse [suit un long développement, sous forme de dialogue fictif, sur la destinataire présumée de cette tresse] Toujours est-il que vous ferez ma tresse, s’il vous plaît…", cité par Eva BUCHI, dans "Sur la trace de la pragmaticalisation de l’adverbe toujours".
Je crois que cet emploi n'est pas enregistré par de nombreux dictionnaires ; toujours est-il qu'il est connu et rencontré chez des écrivains de renom (cf., par ex., René-Victor PILHES, La Rhubarbe, Le Seuil, 1965 - prix Médicis).
Bonne soirée !