À vaincre sans péril, on triomphe sans gloire

Langue française

23 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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On dit que la figure de rhétorique utilisée dans cette phrase est l'Anthitèse.
Pourtant moi,je vois également un paradoxe:toute la phrase et un oxymore:triompher sans gloire.
Pouvez-vous me donner des explications?Merci
Allez, je me jette à l'eau.

En ce qui me concerne, je ne vois pas où est l'antithèse. Je ne vois pas en quoi cette phrase donne à voir une opposition entre deux idées ou deux représentations. Je ne suis pas non plus décidé à y voir un paradoxe, car cette phrase ne me semble pas aller à l'encontre de la doxa. Il ne me semble pas que pour l'opinion commune une victoire facile soit indiscutablement glorieuse. Quant à l'oxymore, je ne suis pas non plus convaincu. Pour qu'il y ait oxymore, il faut qu'il y ait volonté de rapprocher, voire de concilier, des éléments traditionnellement perçus comme contraires ou incompatibles. Or, je ne crois pas que le triomphe soit traditionnellement perçu comme quelque chose de nécessairement glorieux. Un triomphe peut tout à fait être facile, inespéré, etc…

En fait, je crois que cette phrase exploite surtout les ressorts des figures de construction et de répétition comme le parallélisme syntaxique (ou hypozeuxe). Chaque proposition est en effet construite de la même façon avec un monosyllabe, un verbe et un groupe prépositionnel introduit par "sans". En outre, je crois que le rythme binaire mériterait un commentaire. Il me semble qu'il met en exergue le rapport logique qui relie les deux propositions. D'ailleurs, les effets de rythme reposent aussi sur des jeux phonétiques : répétition de la même préposition, itération de voyelles nasalisées, sons r et l présents dans les deux mots en fin de proposition… Il me semble que tout ce qui soutient le rythme binaire de la formule met en valeur le lien de consécution qui unit les deux propositions.

D'autres auront peut-être une lecture plus éclairée (et éclairante).
Le truc c'est que même sur wikipédia on met toujours cette phrase comme exemple d'Antithèse car il y a:
Présence de termes opposés:Vaince/triompher
Péril/gloire
Et Présence de la virgule.
?
Sinon,je n'ai pas compris "voyelles nasalisées".Merci de votre réponse et je veux toujours des explications…🙂
Les autres exemples d'antithèses donnés par Wikipedia sont plus pertinents que celui-ci.

Ainsi, "vaincre" n'est pas l'opposé de "triompher"…



Les voyelles nasalisées sont les sons suivants :

[ɑ̃] an, vent…

[ɛ̃] fin, pain, plein…

[ɔ̃] on, bon, nom…

[œ̃] un, brun, parfum…
Le Petit Robert offre la définition « Antithèse : Opposition de deux pensées, de deux expressions que l'on rapproche dans le discours pour en faire mieux ressortir le contraste. » Par ces deux expressions, est-ce qu'on fait ressortir le contraste entre sans péril et sans gloire ?
Je me permets de dire que je suis tout à fait d'accord avec petitleceir. 🙂
Si je me permets de soutenir la position qu'il y ait un oxymore dans la phrase triompher sans gloire, remontons à la source antique de ce mot. Le triomphe pour les romains, selon Le Petit Robert, c'était « Honneur décerné à un général qui avait remporté une grande victoire : entrée solennelle du vainqueur dans la ville. » C'est difficile d'envisager un tel honneur sans gloire. A mon avis, c'est ce concept de triomphe qui était dans l'esprit de Corneille et des spectateurs du Cid. Surtout si on considère que c'est un comte de Castille qui a dit ces paroles. Dans Acte II, scène II, il voulait éviter un duel avec Don Rodrigue, puisqu'une victoire dans un duel si inégal ne mériterait pas d'être considérée comme un triomphe.
ça devient intéressant….hum,hum.
Quoi qu'il en soit, l'oxymore ne saurait être invoqué ici : cette figure de style, assez rare au demeurant, consiste à associer deux termes de sens opposé dans le même groupe nominal . Ainsi dans les expressions : un silence assourdissant; un soleil noir (d'après Nerval).
Je l'admets, j'avais regardé l'article de Wikipédia sur l'oxymore, qui accepte et « un syntagme nominal (substantif et épithète combinés le plus souvent) » et « un syntagme verbal (verbe et adverbe combinés) ». Selon la définition plus étroite, on peut considérer comme oxymore l'expression un triomphe sans gloire, mais non pas triompher sans gloire.
Je comprends(à propos d'oxymore)…Mais s'agit-il "vraiment" d'une antithèse ici?
Il ne me semble pas que ce soit le cas. L'antithèse marque une opposition d'arguments : « « Ton bras est invaincu mais non pas invincible », nous avons bien un contraste, 'invaincu/invincible' .
Ici, nous n'avons qu'une simple analyse de conséquence, s'il n'y a pas de péril, l'action ne produit aucune gloire. J'opterai donc pour une simple comparaison où 'vaincre' est comparé à 'triomphe' quand 'péril' est mesuré à 'gloire'.
Non! Si c'était une antithèse, on pourrait supposer un connecteur marquant l'opposition entre les deux propositions.
Ex : Paris est tout petit, c'est là sa vraie grandeur. (Victor Hugo)
= Paris est tout petit, mais (ou or) c'est là sa vraie grandeur.
Ici, on a une relation cause/conséquence évoquée en hypothèse :
= Si l'on vainc sans péril, alors on triomphe sans gloire.
Si l'hypothèse devient réalité, on a alors :
= On a vaincu sans péril, on triomphe donc sans gloire.
Ce n'est donc pas une antithèse!

Désolé, GVM, je ne pouvais voir ta réponse au moment où j'ai posté!
Pas de problème. Nous partageons un même avis (que je trouve être le bon mais que d'aucuns pourraient contester par une argumentation à laquelle nous n'aurions pas songé).
Attendons de voir ce que d'autres en diront.
Je l'admets, j'avais regardé l'article de Wikipédia sur l'oxymore, qui accepte et « un syntagme nominal (substantif et épithète combinés le plus souvent) » et « un syntagme verbal (verbe et adverbe combinés) ». Selon la définition plus étroite, on peut considérer comme oxymore l'expression un triomphe sans gloire, mais non pas triompher sans gloire.
billM:je ne comprends pas toujours bien(vraiment navrée);triompher sans gloire est ici conjugué et triompher sans gloire=verbe+adverbe=SYNTAGME VERBAL;je me trompe?
Que le syntagme verbal soit conjugué ou non n'y change rien.
BillM a simplement voulu dire que "triompher sans gloire" ou "(on) triomphe sans gloire" étant des syntagmes verbaux, ils ne sont pas considérés comme oxymores selon la définition stricte du terme…
Ce sont des oxymores seulement selon la définition large du terme.
Enfin!tout est clair 🙂 Merci tout le monde 🙂
Je retiens que le rythme binaire est à prendre en grande considération,qu'il ne s'agit pas d'un oxymore parce que dans un oxymore il doit y avoir une volonté de rapprochement entre deux termes opposés;et non plus d'antithèse vaincre n'étant pas le contraire de triompher,pas de paradoxe car l'idée ne va pas à l'encontre de la pensée habituelle.
la figure utilisée est le parallélisme;ENCORE MERCI 😀
Sur le site de l'Office québécois de la langue française, on a mis en relief les mots péril et gloire pour indiquer où se trouve l'antithèse. https://lechatsurmonepaule.over-blog.fr/article-corneille-le-cid-acte-ii-scene-2-60481715.html Un site pour les enseignants, les offre ce conseil :
On pourra également faire analyser aux élèves un alexandrin complet comme celui-ci :

"A/ vain/cre/ sans/ pé/ril, // on/ tri/om/phe/ sans/ gloir(e)/"
1er hémistique = 6 syllabes // 2ème hémistiche = 6 syllabes

(préposition + infinitif + sans + nom// pronom indéfini + verbe au présent de vérité générale + sans + nom) - voyelles nasalisées (vaincre, sans, on, tromphe) - effet d'antithèse (sans péril/sans gloire).
Il me semble donc un peu bizarre de discuter s'il y a une antithèse, la question c'est comment l'expliquer. Les critiques de la poésie et des belles-lettres utilisent-ils ce terme avec un sens différent, un peu plus large, que les logiciens ? Ou y a-t-il une vraie opposition entre les mots péril et gloire ?

La définition de gloire dans LPR est « Grande renommée répandue dans un très vaste public, et tenant à des mérites, des actions ou des œuvres jugés remarquables. » Restant dans le thème de la victoire, imaginons un général, couvert de gloire, qui est rentré en triomphe après avoir vaincu l'ennemi. Quel péril court-il ? Y a-t-il personne qui oserait l'attaquer ? Dans ce cas, la gloire exclurait le péril. Cette opposition entre la gloire et le péril, n'est-elle pas suffisante pour justifier le terme antithèse ?
Je pense autrement;tu(je peux?) parles d'une gloire qui va exclure tout péril alors qu'ici on parle plutôt d'une victoire sans péril qui provoque par la suite un triomphe imparfait.
Il y a une relation de cause à effet plutôt et non une relation de contradiction sans péril puis sans gloire et non sans péril et pourtant sans gloire;en prenant en compte le contexte dans lequel cette phrase fut dite aussi,j'ai noté que le ton du Comte ne changeait pas,il ne voulait pas préciser une quelconque opposition,il parlait "normalement" donc c'était une évidence pour son interlocuteur,ce n'était pas une idée nouvelle.Voilà pourquoi je ne crois pas qu'il s'agit dans cette phrase d'une antithèse.
Je trouve même que l'analyse des syllabes renforce plus mon idée que la tienne 🙂
Tout ce que tu dis sur le contexte et le sens est vrai, mais tu t'égares par cette analyse de la situation tout entière. Ici, l'antithèse est plus superficielle. Ce n'est pas une question d'arguments, une thèse contre une autre. Il ne s'agit que des mots : une figure de style poétique par laquelle Corneille a mis en évidence deux mots opposés en les posant dans les mêmes positions des deux hémistiches d'un alexandrin.