Bonjour,
Une question me taraude : j'ai employé dans une rédaction le mot "licenciement". Or, le sujet traite de la société du milieu du XIXème siècle. Je n'ai pas réfléchi sur le moment mais il me semble que le mot "licenciement" n'est apparu que plus tard.
Ai-je fait un anachronisme ?
Merci d'avance pour vos réponses.
Selon Le Petit Robert, licenciement est apparu en 1569, donc pas d'anachronisme.
Ok, je suis rassuré. 🙂
Merci beaucoup.
Bonjour,
Je crains moi aussi de faire un anachronisme en préparant une explication de texte en français.
Je dois analyser pour la semaine prochaine un poème du Moyen-Âge, et j'ai choisi une chanson de Charles d'Orléans (que j'ai trouvée dans l'anthologie de Pompidou) qui commence ainsi :
"Que me conseillez-vous, mon cœur ?"
Pourrait-on imaginer qu'à cette époque, le poète s'adresse ainsi à sa bien-aimée ? Cette idée est démentie dès le vers suivant :
"Irai-je par devers la belle ?"
où l'on comprend qu'en réalité il consulte son propre sentiment quant à la belle en question pour savoir quelle attitude adopter.
Néanmoins, peut-on considérer que l'auteur joue sur un effet de surprise ? Ou bien l'usage de "mon cœur" comme surnom affectueux est beaucoup plus récent ?
J'espère être à peu près claire ! Merci d'avance pour votre aide.
Aucune ambiguïté (ou ambigüité ! 🙂 ) possible, et il n'y a pas d'effet de surprise voulu ici.
En revanche, ce qu'il faut commenter, c'est la subtile dialectique qui unit ici le poète à son cœur, dont il se fait en quelque sorte l'ambassadeur…
Un dernier conseil : ne te perds pas dans d'inutiles recherches pour savoir qui est cet être aimé, vu qu'il n'existe peut-être tout bonnement pas ! Mais cela n'a strictement aucune importance…
Pour répondre au sujet de l'anachronisme, l'expression "Mon cœur" pour désigner l'être aimé serait possible au MA où les métaphores de ce genre sont innombrables, mais ici ce n'est pas le cas et le lecteur (ou l'auditeur) non naïf comprend immédiatement que Charles d'Orléans s'adresse à son propre cœur.
Merci beaucoup, je me doutais que j'allais sans doute recevoir une réponse de votre part étant donnée l'époque concernée !
Je me posais la question parce que la première fois que j'ai lu ce vers, sans connaître la suite, j'ai instinctivement cru que le poème s'adressait à quelqu'un d'autre que le poète lui-même. Mais bien sûr, peu importe de savoir à qui exactement !
Bonjour,
On trouve des attestations dans cet emploi dès le XIIe siècle.
Littré a écrit :Tant s'est amors affermée En mon cuer, à long sejor, Couci, I ♦ Que cele où j'ai mon cuer et mon penser, ib. VI ♦ Ele a mon cuer, que jà [je] n'en quier oster, ib. X ♦ Je ne me sai tenir ne conforter De vous, beaus cuers, servir entierement, ib.
Son utilisation est courante par la suite
Baise moy donc, mon coeur [m'amie], car j'aime mieux Ton seul baiser, que si quelque deesse…, RONS., 109
Oui, mais sans être aussi banale ni aussi "fleur bleue" que de nos jours. La richesse et la force des langues médiévales vient du fait que la plupart des métaphores ne se sont pas encore "usées", ce sont des langues à l'état de jeunesse.
Jean-Luc, je n'ai pas nié cet emploi du mot au MA, je l'ai ajouté à ma réponse en m'apercevant que je n'avais pas répondu à latucancita sur l'anachronisme. Par contre attention, les trois premiers exemples de Littré sont hors-sujet ici.
En revanche, il y a des exemples plus nombreux dans la poésie lyrique occitane.
Je ne les ai cités que pour avoir la référence, le seul à prendre réellement en compte est celui qui est mis en gras.