Quatre ans de prépa, est-ce bien raisonnable ?
14 réponses
Bonjour,
Je vous expose brièvement ma situation :
J'ai fait une hypochartes, une hypokhâgne et une khâgne.
Par conséquent, je n'ai qu'une équivalence de deuxième année de licence.
Deux possibilités s'offrent à moi pour l'année prochaine :
1/ Faire une troisième année de licence.
2/ Refaire une khâgne.
Jusqu'à présent j'étais déterminée à khûber, mais je ne suis pas sûre qu'entamer une quatrième année de prépa soit un choix judicieux. En même temps, j'aurais bien aimé repasser les concours et la perspective d'une L3 à la fac ne m'enchante que très moyennement.
Qu'en pensez-vous ?
Bonjour,
je me suis inscrite exprès pour te répondre 🙂
Le choix de cuber ou non n'a rien d'automatique, et son caractère "judicieux" dépend surtout de la façon dont tu as vécu ta première khâgne, de ton niveau, et aussi de l'avis de tes professeurs : ils sont souvent les mieux placés pour te donner des conseils "personnalisés" !
Si ta prépa te permet, par un jeu d'accords avec une université, d'obtenir une équivalence de licence à l'issue de ta 2è khâgne / 4è année de prépa, et que la khâgne te plaît, cela peut être une solution très intéressante. L'année de cube est, la plupart du temps, très enrichissante, parce qu'elle permet d'aller plus loin dans la maîtrise méthodologique et l'approfondissement culturel. L'une de mes profs affirme qu'une "vraie" prépa se fait en 3 ans, et il est vrai que pour ma part, mon année de cube a été un vrai bonheur (plus à l'aise avec les exigences, la gestion de mon travail, d'où plus de temps pour partir à la découverte d'auteurs qui me plaisaient vraiment…)
En ce qui concerne ta situation particulière et l'idée de faire une 4è année de prépa… Dans ce que tu dis, il y a peu d'arguments en faveur d'une L3 en fac, à part cette question de "4è année" ! Mais je ne pense pas que ce soit vraiment le nombre d'années de prépa qui compte. Tu sembles avoir un peu cherché ta voie au début, c'est une question de maturité et d'envie que l'on n'a pas nécessairement tout de suite en sortant du lycée. Je suis "bicarrée", et je connais un garçon qui cube en khâgne après avoir fait une math sup puis une HK B/L et enfin une HK A/L…
Il n'y a donc pas de solution unique, tout dépend de ton vécu en khâgne et de ta propre envie… Pour ma part, je ne peux que t'encourager à cuber, si tu penses qu'une deuxième khâgne peut être pour toi l'occasion de t'épanouir et d'approfondir ce que tu aimes. Et avec les équivalences, tu ne perdras de toute façon pas d'année universitaire !
Voilà, désolée pour la longueur de ma réponse, j'espère que tu y trouveras quelques éléments de réponse… 🙂
Bon courage !
Tout dépend de tes objectifs. Si tu ne veux pas absolument réussir un concours en fin de khâgne, je te conseille d'aller à la fac. J'ai l'impression que tu pars sur des préjugés de la fac et que tu acceptes mal l'idée d'y aller. Je ne sais pas pour ton lycée, mais dans le mien, ceux qui cubaient étaient clairement considérés comme ceux qui voulaient absolument le concours et qui cubaient avec ce seul but en tête. Quand j'étais en prépa, j'entendais des échos très négatifs sur la fac, certainement les mêmes auxquels tu penses. Après un an en L3, je les nuance. Bien sûr ce n'est pas pareil, ce n'est pas aussi prenant, certaines choses me paraissaient bien mieux en prépa, d'autres non, mais c'est surtout dû au fait que chaque système (prépa/fac) a ses logiques propres qu'on peut difficilement comparer, avec les avantages et les inconvénients. Aller à la fac après la prépa est donc d'après moi tout aussi enrichissant, en tout cas c'est un enrichissement autre, surtout en L3, où, par rapport à la L1-L2, c'est déjà moins généraliste et plus spécialisé. Pour ma part, en histoire, j'ai découvert des matières et des enseignements que je n'aurais pas eus en cubant (à l'inverse par exemple, le niveau en langue est forcément plus faible). Attention, je ne dénigre pas la prépa maintenant que je suis à la fac, pas du tout.
Je pense exactement la même chose que Jérémy67.
Une 4ème année de prépa est quelque chose de très éprouvant, non seulement physiquement mais psychologiquement. C'est une année où tu VIS concours, où rien d'autre ne doit compter. Si ton objectif n'est pas clairement d'intégrer envers et contre tout, je te déconseille de refaire une année. La fac n'est pas si terrible, j'y suis quelque cours cette année, c'est vrai que ce n'est pas toujours super excitant mais tu devrais pouvoir y trouver ton compte si tu choisis les bons cours.
Pour info, 1 khâgne Ulm, 2 khâgnes Lyon, et finalement l'intégration !
Merci pour toutes vos réponses.
Si je souhaite effectuer une quatrième année de prépa, c'est naturellement pour intégrer ;
mais je ne postulerai que pour les deux ENS, ce qui m'oblige à envisager d'autres portes de sortie.
J'ai toujours été déterminée et volontaire ; j'espère juste ne pas me laisser avoir à l'usure…
Et puis mieux vaut ne pas sortir entièrement lessivé de la prépa, car il reste encore un certain nombre d'années d'études à assurer par la suite !
jeremy67 a écrit :Et puis mieux vaut ne pas sortir entièrement lessivé de la prépa, car il reste encore un certain nombre d'années d'études à assurer par la suite !
C'est bien ce qui m'inquiète, même si je pense que je peux tenir
(comme je l'ai fait ces trois dernières années).
Au-delà des objectifs, je pense quand même qu'il faut se poser la question des résultats avant de bicarrer. Sans avoir été au moins une fois admissible, dans la mesure où l'étudiant ne souhaite pas intégrer à tout prix n'importe quelle école, je déconseillerais formellement la chose.
Mais là il s'agit de khûber, non ? Quomihiabis a d'abord fait une HCH si j'ai bien compris.
Ah oui. Dans ce cas c'est peut-être moins nécessaire, tant que les résultats ne sont pas trop décourageants. 🙂
Polo a écrit :Mais là il s'agit de khûber, non ? Quomihiabis a d'abord fait une HCH si j'ai bien compris.
Oui, c'est bien ça.
J'ai donc trois ans de prépa à mon actif mais je ne me suis présentée qu'une seule fois aux concours.
INGEBORG D'USHER a écrit :
Une 4ème année de prépa est quelque chose de très éprouvant, non seulement physiquement mais psychologiquement. C'est une année où tu VIS concours, où rien d'autre ne doit compter. Si ton objectif n'est pas clairement d'intégrer envers et contre tout, je te déconseille de refaire une année.
La situation de quomihiabis est quand même particulière, puisqu'il s'agit de cuber (au niveau du nombre de tentatives au concours et des équivalences universitaires) plutôt que de bicarrer à proprement parler.
Mais je rejoins ce qui a été dit par plusieurs au sujet de ton état psychologique : cuber, tout comme bicarrer, n'est pas vraiment conseillé quand on arrive au bout du rouleau et lessivé intellectuellement à la fin de sa khâgne… ce qui n'a pas l'air d'être ton cas, mais quelques messages rapides sur un forum ne sont pas forcément révélateurs.
Je pense que tenter les concours au moins deux fois, quand on a la motivation et l'envie (pour le concours comme pour le seul fait de cuber), a pas mal d'intérêt. La différence qui peut exister entre l'année de carré et l'année de cube peut être vertigineuse !
Bref je m'arrête là, je vais me répéter sur les joies de l'année de cube 🙂
J'ai bien compris la spécificité de la situation de quomihiabis. Pour ma part, j'ai aussi changé de "crémerie" entre ma première khâgne (Ulm) et mes deux suivantes (Lyon). Je ne crois pas que j'aurais bicater si ça avait été le même concours les trois fois. Ma troisième khâgne, je l'ai davantage vécu comme une année de khube d’autant qu'à l'époque les concours étaient encore très différents (la BEL n'était alors qu'à ses premiers frémissements).
Bonjour,
Je tombe sur ce message et j'ai envie de faire partager mon expérience. J'ai fait quatre de prépa Chartes, et aujourd'hui, un an après, j'en paie encore les conséquences. Evidemment ma situation est un peu spécifique parce que la "khâgne Chartes" quand on la redouble est une répétition presque totale et il y a de quoi péter un câble. A quelques points près, j'intégrais en cube, et je me sentais la force de faire une quatrième année de prépa. Je me disais que si j'avais pu faire trois années, je pourrais en faire quatre. J'étais quelqu'un d'hyper déterminé, et j'ai toujours voulu avoir les Chartes. Sauf qu'à la fin j'ai complètement pété les plombs, ce qui ne m'a pas empêché d'être admissible. Je n'ai pas de regret parce qu'il fallait tenter sa chance jusqu'au bout, d'autres l'ont fait et ont réussi. Mais quand on retombe dans la vie après, on se dit que y a pas que les grandes écoles dans la vie, et que ces conneries de concours peuvent nous faire passer à côté de l'essentiel. En fait tout dépend de ce que tu veux vraiment, certains assument très bien ces redoublements…
Bon courage,