Questions sur les Fleurs du Mal de Baudelaire

Entraide scolaire

122 réponses · Page 6 / 7

Bonjour a tous, je vous remercie déjà de votre attention et de votre aide 🙄 . Alors j'ai un petit questionnaire de français qui porte sur Les Fleurs Du Mal de Baudelaire mais je bloque sur trois question ! 😐 .

Les questions sont :

1. L'imprévu constitue un principe esthétique dans les "Tableaux parisien". Montrez-le en vous appuyant sur le poème "Les sept vieillards".
A Victor Hugo

Fourmillante cité, cité pleine de rêves,
Où le spectre en plein jour raccroche le passant !
Les mystères partout coulent comme des sèves
Dans les canaux étroits du colosse puissant.

Un matin, cependant que dans la triste rue
Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur,
Simulaient les deux quais d'une rivière accrue,
Et que, décor semblable à l'âme de l'acteur,

Un brouillard sale et jaune inondait tout l'espace,
Je suivais, roidissant mes nerfs comme un héros
Et discutant avec mon âme déjà lasse,
Le faubourg secoué par les lourds tombereaux.

Tout à coup, un vieillard dont les guenilles jaunes,
Imitaient la couleur de ce ciel pluvieux,
Et dont l'aspect aurait fait pleuvoir les aumônes,
Sans la méchanceté qui luisait dans ses yeux,

M'apparut. On eût dit sa prunelle trempée
Dans le fiel ; son regard aiguisait les frimas,
Et sa barbe à longs poils, roide comme une épée,
Se projetait, pareille à celle de Judas.

Il n'était pas voûté, mais cassé, son échine
Faisant avec sa jambe un parfait angle droit,
Si bien que son bâton, parachevant sa mine,
Lui donnait la tournure et le pas maladroit

D'un quadrupède infirme ou d'un juif à trois pattes.
Dans la neige et la boue il allait s'empêtrant,
Comme s'il écrasait des morts sous ses savates,
Hostile à l'univers plutôt qu'indifférent.

Son pareil le suivait : barbe, œil, dos, bâton, loques,
Nul trait ne distinguait, du même enfer venu,
Ce jumeau centenaire, et ces spectres baroques
Marchaient du même pas vers un but inconnu.

A quel complot infâme étais-je donc en butte,
Ou quel méchant hasard ainsi m'humiliait ?
Car je comptai sept fois, de minute en minute,
Ce sinistre vieillard qui se multipliait !

Que celui-là qui rit de mon inquiétude,
Et qui n'est pas saisi d'un frisson fraternel,
Songe bien que malgré tant de décrépitude
Ces sept monstres hideux avaient l'air éternel !

Aurais-je, sans mourir, contemplé le huitième.
Sosie inexorable, ironique et fatal,
Dégoûtant Phénix, fils et père de lui-même ?
- Mais je tournai le dos au cortège infernal.

Exaspéré comme un ivrogne qui voit double,
Je rentrai, je fermai ma porte, épouvanté,
Malade et morfondu, l'esprit fiévreux et trouble,
Blessé par le mystère et par l'absurdité !

Vainement ma raison voulait prendre la barre ;
La tempête en jouant déroutait ses efforts,
Et mon âme dansait, dansait, vieille gabarre
Sans mâts, sur une mer monstrueuse et sans bords !
2. Baudelaire entreprend de peindre les déshérités de tous ordres ("mendiante rousse", vieillards en guenilles, petites vielles cassées, aveugles, femmes de plaisir et débauchés). Analysez la relation que le je-poète entretient avec les êtres enlisés dans la souffrance, les marginaux, les exclus, qu'il fait défiler sous nos yeux.
Blanche fille aux cheveux roux,
Dont la robe par ses trous
Laisse voir la pauvreté
Et la beauté,

Pour moi, poète chétif,
Ton jeune corps maladif,
Plein de taches de rousseur,
A sa douceur.

Tu portes plus galamment
Qu'une reine de roman
Ses cothurnes de velours
Tes sabots lourds.

Au lieu d'un haillon trop court,
Qu'un superbe habit de cour
Traîne à plis bruyants et longs
Sur tes talons ;

En place de bas troués,
Que pour les yeux des roués
Sur ta jambe un poignard d'or
Reluise encore ;

Que des nœuds mal attachés
Dévoilent pour nos péchés
Tes deux beaux seins, radieux
Comme des yeux ;

Que pour te déshabiller
Tes bras se fassent prier
Et chassent à coups mutins
Les doigts lutins,

Perles de la plus belle eau,
Sonnets de maître Belleau
Par tes galants mis aux fers
Sans cesse offerts,

Valetaille de rimeurs
Te dédiant leurs primeurs
Et contemplant ton soulier
Sous l'escalier,

Maint page épris du hasard,
Maint seigneur et maint Ronsard
Épieraient pour le déduit
Ton frais réduit !

Tu compterais dans tes lits
Plus de baisers que de lis
Et rangerais sous tes lois
Plus d'un Valois !

- Cependant tu vas gueusant
Quelque vieux débris gisant
Au seuil de quelque Véfour
De carrefour ;

Tu vas lorgnant en dessous
Des bijoux de vingt-neuf sous
Dont je ne puis, oh ! pardon !
Te faire don.

Va donc ! sans autre ornement,
Parfum, perles, diamant,
Que ta maigre nudité,
Ô ma beauté !
3. "Tout pour moi devient allégorie" écrit le poète dans "cygne". Relisez ce poème dédié à Victor Hugo et mettez en évidence ce que représente ou symbolise cet oiseau "évadé de sa cage.
Andromaque, je pense à vous ! Ce petit fleuve,
Pauvre et triste miroir où jadis resplendit
L'immense majesté de vos douleurs de veuve,
Ce Simoïs menteur qui par vos pleurs grandit,

A fécondé soudain ma mémoire fertile,
Comme je traversais le nouveau Carrousel.
Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville
Change plus vite, hélas ! que le cœur d'un mortel) ;

Je ne vois qu'en esprit, tout ce camp de baraques,
Ces tas de chapiteaux ébauchés et de fûts,
Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques,
Et, brillant aux carreaux, le bric-à-brac confus.

Là s'étalait jadis une ménagerie ;
Là je vis, un matin, à l'heure où sous les cieux
Froids et clairs le travail s'éveille, où la voirie
Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux,

Un cygne qui s'était évadé de sa cage,
Et, de ses pieds palmés frottant le pavé sec,
Sur le sol raboteux traînait son blanc plumage.
Près d'un ruisseau sans eau la bête ouvrant le bec

Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre,
Et disait, le cœur plein de son beau lac natal :
" Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? "
Je vois ce malheureux, mythe étrange et fatal,

Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide,
Vers le ciel ironique et cruellement bleu,
Sur son cou convulsif tendant sa tête avide,
Comme s'il adressait des reproches à Dieu !

II

Paris change ! mais rien dans ma mélancolie
N'a bougé ! palais neufs, échafaudages, blocs,
Vieux faubourgs, tout pour moi devient allégorie,
Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs.

Aussi devant ce Louvre une image m'opprime :
Je pense à mon grand cygne, avec ses gestes fous,
Comme les exilés, ridicule et sublime,
Et rongé d'un, désir sans trêve ! et puis à vous,

Andromaque, des bras d'un grand époux tombée,
Vil bétail, sous la main du superbe Pyrrhus,
Auprès d'un tombeau vide en extase courbée ;
Veuve d'Hector, hélas ! et femme d'Hélénus !

Je pense à la négresse, amaigrie et phtisique,
Piétinant dans la boue, et cherchant, l’œil hagard,
Les cocotiers absents de la superbe Afrique
Derrière la muraille immense du brouillard ;

A quiconque a perdu ce qui ne se retrouve
Jamais, jamais ! à ceux qui s'abreuvent de pleurs
Et tètent la douleur comme une bonne louve !
Aux maigres orphelins séchant comme des fleurs !

Ainsi dans la forêt où mon esprit s'exile
Un vieux Souvenir sonne à plein souffle du cor !
Je pense aux matelots oubliés dans une île,
Aux captifs, aux vaincus !… à bien d'autres encore !
Les Tableaux parisiens donnent à voir des images de la modernité sous l'œil d'un peintre et poète et aussi ce que révèle l'œil attentif du promeneur. Habité de spleen et d'idéal, "l'âme déjà lasse", il sort de chez lui et plonge dans "la cité pleine de rêves" et de mystères. Il peint le décor, la toile de fond faite de canaux, de rues, de maisons dans le brouillard "sale et jaune".
Et se détache alors un vieillard étrange que le mot "spectre" avait annoncé. Le "tout à coup" fait naître la rencontre insolite. Esthétique picturale, étrange, inquiétante. "Le beau est toujours bizarre".
Fourmillante cité, cité pleine de rêves,
Où le spectre en plein jour raccroche le passant !
Les mystères partout coulent comme des sèves
Dans les canaux étroits du colosse puissant.

Un matin, cependant que dans la triste rue
Les maisons, dont la brume allongeait la hauteur,
Simulaient les deux quais d'une rivière accrue,
Et que, décor semblable à l'âme de l'acteur,

Un brouillard sale et jaune inondait tout l'espace,
Je suivais, roidissant mes nerfs comme un héros
Et discutant avec mon âme déjà lasse,
Le faubourg secoué par les lourds tombereaux.

Tout à coup, un vieillard dont les guenilles jaunes,
Imitaient la couleur de ce ciel pluvieux,
Et dont l'aspect aurait fait pleuvoir les aumônes,
Sans la méchanceté qui luisait dans ses yeux,

M'apparut.
Bonjour, je suis une élève de 1ere et je dois faire un développement pour un oral sur chaque thème des Fleurs du Mal (le voyage, le spleen, la femme,le vin et la société). Je dois faire introduction, développement et conclusion. J'ai déjà des pistes pour chaque thèmes et les poèmes qui font référence aux thèmes mais je ne sais pas comment m'y prendre. Je dois tenir 10 minutes. Je ne sais pas vraiment comment faire mon introduction et comment parler de toutes les parties. Si vous avez quelques idées ! Merci d'avance ! 🙂
Bonjour,

Tous ces thèmes sont liés entre eux.
Baudelaire est écartelé entre spleen et idéal.
Par exemple, le voyage est une tentative d'échapper à l'ennui, une des formes du spleen.
Le spleen est la forme maladive du désespoir.
La femme, le vin sont des tentatives d'évasion.
La société est le lieu où le poète rejeté par la bourgeoisie découvre son inaptitude à vivre sa condition.

Donc, je commencerais par présenter le spleen, source des maux et moteur de la création poétique.
Ensuite la société hostile qui renforce ce spleen.
Puis les tentatives d'évasion : la femme, le vin, le voyage, avec l'échec de chacune pour finir avec la tentative de voyage final, la mort…
D'accord, merci beaucoup de votre aide !
Bonsoir, aujourd'hui la professeur de français nous a posé une question et je voulais savoir qi quelqu'un en avait la réponse.

La question c'est : Pourquoi peut-on dire que son recueil (les fleurs du mal) est la quête d'un idéal ?
Peut-être pourrais-tu lire les contributions de ce fil.

https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/44923/baudelaire-l-ideal
Je l'ai lu sauf que cela ne répond pas à la question.
Pas du tout, vraiment ? Cela te donne quelques pistes, tout de même…
Oui mais ne répond pas entièrement à ma question.
Pour cerner "L'Idéal" selon Baudelaire, tu pourrais lire quelques pages de ce fil et tu aurais quelques poèmes de références ( comme Elévation / la Beauté …) et surtout tu verrais que l'aspiration d'un idéal est le contrepoint du spleen profond qu'il éprouve.

https://www.persee.fr/doc/abpo_0003-391x_1935_num_42_3_1737
Bonjour à tous, j'ai un questionnaire à remplir sur les fleurs du mal à rendre lundi mais je n'y arrive pas du tout de une parce que je n'ai pas lu les questions avant de lire le livre et maintenant que je suis à la moitié du livre je ne peux pas répondre à certaines questions. Et de deux car je ne comprend pas beaucoup ce livre j'ai vraiment du mal alors est ce que vous pourriez m'aider rapidement, MERCI !!


Voici le questionnaire;
1- Expliquez et justifiez le titre du recueil
2- Quels sont les grands thèmes abordés dans le recueil ?
3- Quel est le thème qui vous paraît être le plus souvent abordé dans le recueil ?
4- A quel genre et a quel registre appartient cette œuvre littéraire ?
5- Les poèmes sont ils en général longs ou courts ? Quel poème à forme fixe est très souvent utilisé par Baudelaire ?
6- Classez les différents types d'amours et de relations amoureuses qu'illustre le recueil ?
7- Quels animaux apparaissent dans le recueil ? Lequel a la preferance du poète et pourquoi ?
8- Dans quel poème Baudelaire rend-il hommage à ses peintres préférés ? Y a til un autre poème consacré à un autre domaine artistique ?
9- Lequel des 5 sens semble être privilégié par Baudelaire ?

Voilà les questions, j'ai enlevé celles où j'avais la réponse ou celles qui demande mon avis personnel. J'espère que vous pourrez répondre vite et m'aider. Merci beaucoup
Il me semble peu crédible que tu n'aies aucune réponse à ces interrogations.
As-tu mené une recherche sur le site ?

Pour la question 1 :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/30840/explication-du-titre-des-fleurs-du-mal-de-baudelaire

Pour les thèmes, cherche dans les archives.
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/3403/les-grands-themes-dans-les-fleurs-du-mal

Quelle est la forme fixe utilisée souvent par Baudelaire ?

Bonjour,Je suis en classe de 1ère et mon professeur de Français nous a donné un questionnaire sur les Fleurs du mal.Après avoir lue l’oeuvre, puis les questions, j’ai réalise que le questionnaire était impossible! Les questions sont hors de sens. Je serai entièrement reconnaissante si vous pouviez m’aider à les répondre :(1) « Tu m’as donné ta boue et j’en ai fait de l’or », écrit Baudelaire dans une ébaucce d’épilogue à la seconde édition des Fleurs du mal. L’alccimie suppose un processus de transformation des éléments de la vie matérielle. Ccoisissez des poèmes qui mettent en lumière ce processus, puis précisez quelle matière est transformée, comment et avec quel résultat. L’étude des poèmes de la section « Tableaux parisiens » peut constituer un bon point de départ à ce travail.2) Choisissez dans le recueil des objets ou des êtres qui appartiennent au monde quotidien. Étudiez avec précision ce que le poète en dit et quelle dimension symbolique il leur confère.3)  « Le beau est toujours bizarre » (Baudelaire, Exposition universelle, 1855). Le poète alchimiste est en quête d’une beauté nouvelle, en rupture avec la tradition poétique. Ccerccez et étudiez dans Les Fleurs du mal des exemples de ce « beau » insolite, bizarre, parfois dérangeant, ou d’un « beau » associé à la cruauté, au malceur, à la tristesse. Vous pouvez prendre appui sur les poèmes suivants : « L’albatros », « La beauté », « Hymne à la beauté », « Avec ses vêtements ondoyants et nacrés », « Le serpent qui danse », « Harmonie du soir », « À une mendiante rousse », « Les petites vieilles », « À une passante », « Rêve parisien ».4)  Défnissez le spleen et l’idéal. Observez en particulier comment le spleen est un état qui enferme dans le monde sensible (l’espace, le temps, les cinq sens), tandis que l’idéal, au contraire, en partant du monde sensible, permet d’atteindre un monde plus spirituel. En quoi peut-on dire que le spleen décrit un éccec du processus alccimique et l’idéal une réussite ?   Les cinq sens prédominent dans le processus alchimique par lequel le poète Pour le spleen, vous pouvez prendre appui sur les poèmes suivants de le section« Spleen et Idéal » : « Le guignon », « L’irréparable », « Ccant d’automne », « La clocce fêlée », « Spleen », « L’corloge ».Pour l’idéal, vous pouvez étudier les poèmes « Élévation », « La vie antérieure », « L’idéal », « Parfum exotique », « La chevelure », « L’invitation au voyage ».Je n’ai vraiment pas l’habitude de demander de l’aide surtout en Français mais pour ce devoir j’ai tout essayé…

Bonjour.J’ai réalisé que le questionnaire était impossible ! Les questions sont hors de sens.Mais si, voyons. Elles ont du sens… Tu as bien dû comprendre un peu, malgré tout.Qu’est-ce qui te semble particulièrement incompréhensible et insurmontable dans les questions posées ? Donne-nous des exemples…

Et bien, il faut donner des exemples de poèmes mais j’arrive pas à en trouver exactement pour chaque question. Comme par exemple la question 2, il n’y a aucun indication de où trouver les exemples.

Pourtant, trouver dans ces poèmes des êtres et des objets quotidiens ne me semble pas si compliqué…

Le chat, Les chats, Le flacon, Tristesses de la lune, Les hiboux, La pipe, La cloche fêlée, L’horloge, Le soleil, Les sept vieillards, Les petites vieilles, Les aveugles, Le vin…

Et des poemes en rapport avec la boue et l’or?

Bonsoir,

Le Cygne, Les petites vieilles, Brumes et pluies, Le crépuscule du matin. Tous poèmes qui décrivent artistiquement la laideur, la grisaille, la misère…

Baudelaire dit aussi « Le beau est toujours bizarre » avez- vous des exemples de ce beau insolite? J’avais trouvé l’Albatros, À une mendiante rousse, À une passante, et d’autres. Mais surtout, comment analyser ce beau, qui peut parfois être cruel et triste?