Camus, L’Étranger, excipit - Lui parti, j’ai retrouvé le calme…

Entraide scolaire

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Jean-Luc a écrit : - La révolte est perceptible elle aussi. Pour la première fois, Meursault n'est plus un simple spectateur de sa vie. Il l'assume. Dans le même temps il refuse qu'on puisse le juger (toute vie demeure incompréhensible pour autrui). Je suis frappé que Camus utilise le qualificatif de « fraternel » pour justifier l'existence mimétique indifférente de son personnage. Enfin Meursault repousse tout apitoiement (une autre raison pour appeler les cris de haine). Son défi est désormais de mourir dignement.
Je suis pas forcément d'accord avec le fait que la révolte soit perceptible. C'est justement le mot "fraternel" qui, à mon sens, fait qu'il n'y a pas de révolte. Pour citer Camus, "l'absurde naît de la confrontation de l'appel humain avec le silence déraisonnable du monde". En d'autres termes, l'absurde existe parce que l'Homme se pose contre le monde or, la fusion que semble opérer Meursault fait que l'absurde ne peut plus exister dans la mesure où il n'y a plus extériorité par rapport au monde mais identification à celui-ci. Dès lors, la révolte ne peut pas se mettre en place.
Si, il y a révolte (au sens camusien, bien sûr), ce roman est même l'histoire de cette révolte…
Evidemment que l'on parle de révolte au sens camusien du terme mais je suis pas d'accord sur le fait que ça soit l'histoire d'une révolte. Qu'est-ce qui te fait dire ça ?
Quand Meursault parle de la tendre indifférence du monde, il parle du silence du monde, de la mer, du soleil (Meur - sault) et de la nuit étoilée, et il goûte ce qui lui est donné avec délices. Il ne cherche pas une transcendance, il ne cherche pas à démonter la mécanique de ces sphères, il ne veut pas prendre de rôle dans la société des hommes ni s'en faire juge (la justice, on a vu ce qu'elle donnait). Cette conquête de la liberté, ce bonheur qui l'envahit, cette jouissance devenue enfin lucide (pas celle de l'amour avec Marie), c'est cela sa révolte.
Bien sûr, Camus ira plus loin dans la Peste, où la révolte prendra le sens d'une action plus "humaniste", mais peut être aussi plus modeste.
Le Meursault il me semble que c'est plutôt pour le fait de mourir seul d'après Les Carnets de Camus. D'ailleurs avant d'écrire L'Etranger il a écrit La Mort heureuse où le héros s'appelait Mersault et il a changé le nom pour L'Etranger pour signifier cette mort solitaire 🙂
Pour moi c'est pas une révolte cette conquête de la liberté parce que c'est justement une jouissance et que dans la révolte l'Homme doit mourir "irréconcilié" selon le terme même de Camus. Là Meursault anéantit l'absurde en anéantissant la différence essentielle qu'il y a entre lui et le monde en communiant avec lui.
Mais oui, mais Meursault ne représente pas que lui-même, c'est du reste un reproche que l'on peut faire au roman. Meursault, c'est l'Homme qui prend conscience : Camus a écrit dans L'Homme révolté : "Je me révolte, donc nous sommes". Bien sûr, dans ce roman, Meursault est seul…
C'est justement en ça que Meursault pour moi ne représente pas la révolte, c'est parce qu'il est seul. "Je me révolte donc nous sommes" sauf que Meursault demeure toujours seul bien qu'il représente l'Homme qui prend conscience de sa réalité absurde. A l'instar de Cottard dans La Peste il reste seul. C'est pourquoi, à mon humble avis, il ne représente pas la révolte mais l'Homme absurde dans toute sa splendeur si je puis dire. Et justement la solution que laisse suggérer Camus dans la fusion de Meursault et du monde n'est pas celle qu'il défendra dans ses écrits suivants.
Il est seul dans l'espace romanesque : mais il nous représente en fait. C'est du reste en partie pour cela qu'il ne faut pas en faire une étude psychologique : il n'a pas de psychologie, il a des désirs (assez organiques), un regard de témoin, il est soumis aux "circonstances" puis il prend finalement conscience (rien que ce cheminement montre que Meursault est un personnage invraisemblable dans le cadre de l'espace proprement littéraire). Il est lisse et anonyme ; c'est comme cela du reste que je comprends le terme "étranger".
Il est lisse et anonyme ; c'est comme cela du reste que je comprends le terme "étranger".
Oui.
Je n'aime pas ce personnage, je ne le ressens pas comme fraternel (ce que disait floréale) ; il m'est dès le départ et jusqu'au bout antipathique. Il ne m'intéresse pas.
Il nous représente en fait ? Nous sommes bien moches alors. ce n'est pas un scoop. 😉
Oui, j'aime l'Étranger surtout pour son écriture, et parce que la mer, le soleil et la jouissance me rappellent Noces.
Vous qui êtes spécialiste de cinéma, avez-vous vu le film tiré du roman ? Ce doit être un puissant "navet", non ?
Il est aussi "étranger" à la société et à tous ses codes. Jusqu'au bout il le sera comme quand il réclame des huées.
Moi aussi c'est pour l'écriture très particulière que j'aime ce livre pas pour le personnage.
Oui, bien sûr.

Au fait, si on se fait juge de Meursault, on est dans le MAUVAIS CAMP !
Pas vu le film. J'ignorais son existence.
Je ne saurais juger Meursault. Je ne le comprends pas. Il m'est pour le coup totalement étranger.
Mais tu n'irais pas jusqu'à dire que Meursault meurt sot, j'espère ?
Comme je te l'ai dit plus haut, Meurs/sot demeure pour moi une terrible énigme. Et le passage à analyser m'a toujours posé d'énormes difficultés d'interprétation.
Alors chasse-le de ton esprit, et tu pourras dire :
Lui parti, j'ai retrouvé le calme…
!
On est tous Meursault d'une certaine manière pour Camus puisqu'on est tous confrontés à l'absurde. Là où l'on peut différer de lui (Dieu merci) c'est dans notre réaction vis à vis de cette absurdité de la vie qui s'impose à nous.
Je suis Meursault.
Bonjour à tous, je suis actuellement en première L, et j'ai un commentaire composé à faire pour lundi 11/05 sur la dernière page du roman d'Albert Camus : L'étranger.

J'aurais réellement besoin d'aide car j'ai un peu de mal avec cette oeuvre.

Il me faudrait une problématique pour le plan suivant :

I.Meursault et la nature
A. Osmose avec la nature
B. Nature opposée au meurtre de l'Arabe
C. L'oubli complet de la prison
II. Meursault et les hommes
A. Éloignement du monde des hommes
B. Rejets des valeurs admises
C. Cri de haine
III. Le bilan d'une vie
A. Meursault et sa mère
B. "la mort heureuse" ou la philosophie de Meursault.

Il s'avère que j'ai réussi à complétée la première sous partie de mon grand I et la première sous partie de mon grand III, pour le reste je ne sais pas du tout quoi mettre.

Je vous remercie de votre aide.
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