Hippolyte, Euripide (1-28, 51-57)

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir à tous !

Je viens de bûcher pendant quatre heure sur cette version (d'une longueur fort honorable ma foi ), et je ne supporte pas d'attendre le polycopié de correction. Si ça ne vous dérange pas de m'éclairer, voici le texte.
(Ἀφροδίτη)
Πολλὴ μὲν ἐν βροτοῖσι κοὐκ ἀνώνυμος
θεὰ κέκλημαι Κύπρις οὐρανοῦ τ' ἔσω·
ὅσοι τε Πόντου τερμόνων τ' Ἀτλαντικῶν
ναίουσιν εἴσω, φῶς ὁρῶντες ἡλίου,
(5) τοὺς μὲν σέβοντας τἀμὰ πρεσβεύω κράτη,
σφάλλω δ' ὅσοι φρονοῦσιν εἰς ἡμᾶς μέγα.
Ἔνεστι γὰρ δὴ κἀν θεῶν γένει τόδε·
τιμώμενοι χαίρουσιν ἀνθρώπων ὕπο.
Δείξω δὲ μύθων τῶνδ' ἀλήθειαν τάχα·
(10) ὁ γάρ με Θησέως παῖς, Ἀμαζόνος τόκος,
(Ἱππόλυτος) , ἁγνοῦ Πιτθέως παιδεύματα,
μόνος πολιτῶν τῆσδε γῆς Τροζηνίας
λέγει κακίστην δαιμόνων πεφυκέναι·
ἀναίνεται δὲ λέκτρα κοὐ ψαύει γάμων,
(15) Φοίβου δ' ἀδελφὴν Ἄρτεμιν, Διὸς κόρην,
τιμᾷ, μεγίστην δαιμόνων ἡγούμενος,
χλωρὰν δ' ἀν' ὕλην παρθένῳ ξυνὼν ἀεὶ
κυσὶν ταχείαις θῆρας ἐξαιρεῖ χθονός,
μείζω βροτείας προσπεσὼν ὁμιλίας.
(20) Τούτοισι μέν νυν οὐ φθονῶ· τί γάρ με δεῖ;
Ἃ δ' εἰς ἔμ' ἡμάρτηκε τιμωρήσομαι
Ἱππόλυτον ἐν τῇδ' ἡμέρᾳ· τὰ πολλὰ δὲ
πάλαι προκόψασ', οὐ πόνου πολλοῦ με δεῖ.
Ἐλθόντα γάρ νιν Πιτθέως ποτ' ἐκ δόμων
(25) σεμνῶν ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων
Πανδίονος γῆν πατρὸς εὐγενὴς δάμαρ
ἰδοῦσα (Φαίδρα) καρδίαν κατέσχετο
ἔρωτι δεινῷ τοῖς ἐμοῖς βουλεύμασιν.
Ἀλλ' εἰσορῶ γὰρ τόνδε παῖδα Θησέως
στείχοντα, θήρας μόχθον ἐκλελοιπότα,
Ἱππόλυτον, ἔξω τῶνδε βήσομαι τόπων.
Πολὺς δ' ἅμ' αὐτῷ προσπόλων ὀπισθόπους
(55) κῶμος λέλακεν, Ἄρτεμιν τιμῶν θεὰν
ὕμνοισιν· οὐ γὰρ οἶδ' ἀνεῳγμένας πύλας
Ἅιδου, φάος δὲ λοίσθιον βλέπων τόδε.
1. Je ne perçois pas la fonction de la relative introduite par ὅσοι au vers 3 (tous ceux qui…), et n'arrive pas, de fait, à l'intégrer de manière satisfaisante dans la tirade.

2. Je n'ai plus le Bailly sous les yeux, mais il me semble que παιδεύματα est un pluriel (a, atos)… Est-ce un pluriel poétique ? Dans le doute j'ai traduit par un partitif (un des élèves de…) qui n'est absolument pas dans le texte, et qui me paraît être un contresens.

3. Quelle traduction proposeriez-vous du terme ἁγνοῦ ? Mon professeur nous apprend à être pointilleux dans l'usage du lexique français en remontant à l'étymon, etc. Mais dans la précipitation, j'ai laissé "pur", qui ne me satisfait qu'à moitié.

4. Au vers 17, j'ai quelques difficultés à saisir χλωρὰν δ' ἀν' ὕλην : j'ai compris ὕλην comme "forêt" par extension. Qu'en pensez -vous ? Quant à παρθένῳ ξυνὼν… Ma première hypothèse m'amenait à voir dans παρθένῳ la désignation d'Artémis. Mais l'absence d'article (ceci dit, avec plus de recul, ils sont parfois élidés, chez Euripide et dans le vers en général) m'a perturbé et j'ai préféré être prudent en utilisant l'indéfini "une jeune fille", ce qui n'a, bien sûr, pas grande cohérence.

5. Ensuite, j'ai longuement hésité concernant le vers 19. Je vais (re)voir la déclinaison de μείζω, mais Bailly indiquait un accusatif neutre pluriel (merci qui ?), ce qui m'a beaucoup aidé (ou trompé, à vous de me le dire). Mais le προσπεσὼν me pose un réel problème car προπίπτω se construit avec datif à ce que j'ai lu. J'ai bien trouvé une référence avec accusatif (rencontrer), que je n'ai pas manqué d'appliquer - faisant de βροτείας ὁμιλίας (j'ai d'ailleurs donné à ὁμιλίας une dimension très charnelle, au vu du contexte et ma pauvre expérience d'helléniste -je l'ai rencontré en ce sens auparavant- mais je me demande si je n'ai pas sur-traduit…)le complément du comparatif - mais qui me laisse perplexe…

Je vais en rester là pour le moment. 🙂

Merci beaucoup !
S. a écrit :Bonsoir à tous !

Je viens de bûcher pendant quatre heure sur cette version (d'une longueur fort honorable ma foi ), et je ne supporte pas d'attendre le polycopié de correction. Si ça ne vous dérange pas de m'éclairer, voici le texte.
(Ἀφροδίτη)
Πολλὴ μὲν ἐν βροτοῖσι κοὐκ ἀνώνυμος
θεὰ κέκλημαι Κύπρις οὐρανοῦ τ' ἔσω·
ὅσοι τε Πόντου τερμόνων τ' Ἀτλαντικῶν
ναίουσιν εἴσω, φῶς ὁρῶντες ἡλίου,
(5) τοὺς μὲν σέβοντας τἀμὰ πρεσβεύω κράτη,
σφάλλω δ' ὅσοι φρονοῦσιν εἰς ἡμᾶς μέγα.
Ἔνεστι γὰρ δὴ κἀν θεῶν γένει τόδε·
τιμώμενοι χαίρουσιν ἀνθρώπων ὕπο.
Δείξω δὲ μύθων τῶνδ' ἀλήθειαν τάχα·
(10) ὁ γάρ με Θησέως παῖς, Ἀμαζόνος τόκος,
(Ἱππόλυτος) , ἁγνοῦ Πιτθέως παιδεύματα,
μόνος πολιτῶν τῆσδε γῆς Τροζηνίας
λέγει κακίστην δαιμόνων πεφυκέναι·
ἀναίνεται δὲ λέκτρα κοὐ ψαύει γάμων,
(15) Φοίβου δ' ἀδελφὴν Ἄρτεμιν, Διὸς κόρην,
τιμᾷ, μεγίστην δαιμόνων ἡγούμενος,
χλωρὰν δ' ἀν' ὕλην παρθένῳ ξυνὼν ἀεὶ
κυσὶν ταχείαις θῆρας ἐξαιρεῖ χθονός,
μείζω βροτείας προσπεσὼν ὁμιλίας.
(20) Τούτοισι μέν νυν οὐ φθονῶ· τί γάρ με δεῖ;
Ἃ δ' εἰς ἔμ' ἡμάρτηκε τιμωρήσομαι
Ἱππόλυτον ἐν τῇδ' ἡμέρᾳ· τὰ πολλὰ δὲ
πάλαι προκόψασ', οὐ πόνου πολλοῦ με δεῖ.
Ἐλθόντα γάρ νιν Πιτθέως ποτ' ἐκ δόμων
(25) σεμνῶν ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων
Πανδίονος γῆν πατρὸς εὐγενὴς δάμαρ
ἰδοῦσα (Φαίδρα) καρδίαν κατέσχετο
ἔρωτι δεινῷ τοῖς ἐμοῖς βουλεύμασιν.
Ἀλλ' εἰσορῶ γὰρ τόνδε παῖδα Θησέως
στείχοντα, θήρας μόχθον ἐκλελοιπότα,
Ἱππόλυτον, ἔξω τῶνδε βήσομαι τόπων.
Πολὺς δ' ἅμ' αὐτῷ προσπόλων ὀπισθόπους
(55) κῶμος λέλακεν, Ἄρτεμιν τιμῶν θεὰν
ὕμνοισιν· οὐ γὰρ οἶδ' ἀνεῳγμένας πύλας
Ἅιδου, φάος δὲ λοίσθιον βλέπων τόδε.
1. Je ne perçois pas la fonction de la relative introduite par ὅσοι au vers 3 (tous ceux qui…), et n'arrive pas, de fait, à l'intégrer de manière satisfaisante dans la tirade.

Osoi est développé par tous men … de; le nominatif s'explique par une sorte d'anacoluthe : Quant à ceux qui habitent …, les uns, je les …, les autres, je les…

2. Je n'ai plus le Bailly sous les yeux, mais il me semble que παιδεύματα est un pluriel (a, atos)… Est-ce un pluriel poétique ? Dans le doute j'ai traduit par un partitif (un des élèves de…) qui n'est absolument pas dans le texte, et qui me paraît être un contresens.

Le Bailly indique le pluriel dans le sens du singulier. "disciple du chaste Pitthée"
3. Quelle traduction proposeriez-vous du terme ἁγνοῦ ? Mon professeur nous apprend à être pointilleux dans l'usage du lexique français en remontant à l'étymon, etc. Mais dans la précipitation, j'ai laissé "pur", qui ne me satisfait qu'à moitié.

Le mot signifie exactement : "exempt de souillure" d'où chaste.
4. Au vers 17, j'ai quelques difficultés à saisir χλωρὰν δ' ἀν' ὕλην : j'ai compris ὕλην comme "forêt" par extension. Qu'en pensez -vous ? Quant à παρθένῳ ξυνὼν… Ma première hypothèse m'amenait à voir dans παρθένῳ la désignation d'Artémis. Mais l'absence d'article (ceci dit, avec plus de recul, ils sont parfois élidés, chez Euripide et dans le vers en général) m'a perturbé et j'ai préféré être prudent en utilisant l'indéfini "une jeune fille", ce qui n'a, bien sûr, pas grande cohérence.

an = ana : "à travers la verte forêt"

partheno xunon = "fréquentant la vierge" (bien sûr, il s'agit d'Artémis); parthenos n'a pas d'article bien qu'il soit déterminé… Byzos p. 10. Cela peut aussi être une licence poétique; tu sais, Euripide est un filou!

5. Ensuite, j'ai longuement hésité concernant le vers 19. Je vais (re)voir la déclinaison de μείζω, mais Bailly indiquait un accusatif neutre pluriel (merci qui ?), ce qui m'a beaucoup aidé (ou trompé, à vous de me le dire). Mais le προσπεσὼν me pose un réel problème car προπίπτω se construit avec datif à ce que j'ai lu. J'ai bien trouvé une référence avec accusatif (rencontrer), que je n'ai pas manqué d'appliquer - faisant de βροτείας ὁμιλίας (j'ai d'ailleurs donné à ὁμιλίας une dimension très charnelle, au vu du contexte et ma pauvre expérience d'helléniste -je l'ai rencontré en ce sens auparavant- mais je me demande si je n'ai pas sur-traduit…)le complément du comparatif - mais qui me laisse perplexe…

Ouïe, ça, c'est duraille!
prospeson : "se précipitant sur"
meizo : "quelque chose de plus grand" (pluriel neutre)
broteias omilias : "qu'un commerce mortel" (complément du comparatif au génitif).
( = se jetant dans des relations qui dépassent la condition mortelle)
Tu as raison en ce qui concerne la connotation d'omilia; Hippolyte se plaît dans la compagnie de Diane…


Je vais en rester là pour le moment. 🙂

Confidence (déjà faite) : JE N'AIME PAS EURIPIDE!
Merci beaucoup !
Merci beaucoup ! Je suis content de voir que, si j'ai fait de mauvais choix, je n'ai pas laissé passé de solutions.
τὰ πολλὰ δὲ
πάλαι προκόψασ', οὐ πόνου πολλοῦ με δεῖ.
Ici, c'est le πόνου πολλοῦ au génitif qui m'embête. Bailly fait référence à cette expression mais précédée d'une préposition… Je n'ai pas osé. J'imagine qu'il faut sous-entendre timôrein ?!
Ἐλθόντα γάρ νιν Πιτθέως ποτ' ἐκ δόμων
(25) σεμνῶν ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων
Πανδίονος γῆν πατρὸς εὐγενὴς δάμαρ
ἰδοῦσα (Φαίδρα) καρδίαν κατέσχετο
ἔρωτι δεινῷ τοῖς ἐμοῖς βουλεύμασιν
Pour cette phrase, voici comment j'ai analyse :
πατρὸς εὐγενὴς δάμαρ / ἰδοῦσα (Φαίδρα) : sujet de κατέσχετο
Ἐλθόντα γάρ νιν Πιτθέως ποτ' ἐκ δόμων /(25) σεμνῶν ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων / Πανδίονος γῆν : complément (nin = auton) de ἰδοῦσα. J'ai fait de Πανδίονος γῆν le complément de destination (répondant au Πιτθέως ἐκ δόμων σεμνῶν), est-ce correct ? Quant à ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων, c'est le noir total. Pour éviter l'omission (erreur fatale !! 😂 ), j'ai dû mettre "pour le voir (pour la vue) à la fin des mystères", mais c'est vraiment pour ne pas laisser un blanc…
S. a écrit :Merci beaucoup ! Je suis content de voir que, si j'ai fait de mauvais choix, je n'ai pas laissé passé de solutions.
τὰ πολλὰ δὲ
πάλαι προκόψασ', οὐ πόνου πολλοῦ με δεῖ.
Ici, c'est le πόνου πολλοῦ au génitif qui m'embête. Bailly fait référence à cette expression mais précédée d'une préposition… Je n'ai pas osé. J'imagine qu'il faut sous-entendre timôrein ?!

"Il ne me faut pas beaucoup de peine" Bailly p.452 col.1 l. 29 (avec une référence à ton passage!)
Ἐλθόντα γάρ νιν Πιτθέως ποτ' ἐκ δόμων
(25) σεμνῶν ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων
Πανδίονος γῆν πατρὸς εὐγενὴς δάμαρ
ἰδοῦσα (Φαίδρα) καρδίαν κατέσχετο
ἔρωτι δεινῷ τοῖς ἐμοῖς βουλεύμασιν
Pour cette phrase, voici comment j'ai analyse :
πατρὸς εὐγενὴς δάμαρ / ἰδοῦσα (Φαίδρα) : sujet de κατέσχετο
Ἐλθόντα γάρ νιν Πιτθέως ποτ' ἐκ δόμων /(25) σεμνῶν ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων / Πανδίονος γῆν : complément (nin = auton) de ἰδοῦσα. J'ai fait de Πανδίονος γῆν le complément de destination (répondant au Πιτθέως ἐκ δόμων σεμνῶν), est-ce correct ? Quant à ἐς ὄψιν καὶ τέλη μυστηρίων, c'est le noir total. Pour éviter l'omission (erreur fatale !! 😂 ), j'ai dû mettre "pour le voir (pour la vue) à la fin des mystères", mais c'est vraiment pour ne pas laisser un blanc…
Tu as raison pour ce qui est de la construction, mais j'espère que tu as traduit en conservant le mouvement de la phrase.
es opsin = pour le spectacle
kai télè = et la célébration (Bailly, fin de l'article)
semnon mysterion = des augustes mystères
(= pour assister à la célébration des augustes mystères; tu as là presque un hendiadyn)