Du Bellay, J’ai oublié l’art de pétrarquiser…

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour je me trouve dans la difficulté de faire un plan détaillé comportant deux axes, qui eux même sont composés de deux idées. Et ces idées illustrées de deux arguments chacun.
Cet exercice est pour mon bac oral que je passe dans quinze jours.

Voici le texte : Joachim du Bellay, Divers Jeux rustiques, " Contre les Pétrarquistes "
J’ai oublié l’art de pétrarquiser,
Je veux d’amour franchement deviser,
Sans vous flatter et sans me déguiser :
Ceux qui font tant de plaintes
N’ont pas el quart d’une vrai amitié,
Et n’ont pas tant de peine la moitié,
Comme leurs yeux, pour vous faire pitié,
Jettent de larmes feintes.
Ce n’est que feu de leurs froides chaleurs,
Ce n’est qu’horreur de leurs feintes douleurs,
Ce n’est encor de leurs soupirs et pleurs
Que vent, pluie et orages,
Et bref, ce n’est, à ouïr leurs chansons,
De leurs amours que flammes et glaçons,
Flèches, liens et mille autres façons
De semblables outrages.


De vos beautés, ce n’est que tout fin or,
Perles, cristal, marbre et ivoire encor,
Et tout l’honneur de l’Indique trésor,
Fleurs, lis œillets, et roses :
De vos douceurs, ce n’est que sucre et miel,
De vos rigueurs, n’est qu’aloès et fiel,
De vos esprits, c’est tout ce que le ciel
Tient de grâces encloses…


Je ris souvent, voyant pleurer ces fous,
Qui mille fois voudraient mourir pour vous,
Si vous croyez de leur parler si doux
Le parjure artifice ;
Mais, quant à moi, sans feindre ni pleurer,
Touchant ce point je vous puis assurer
Que je veux sain et dispos demeurer,
Pour vous faire service.


De vos beauté je dirai seulement
Que, si mon œil ne juge follement,
Votre beauté est jointe également
A votre bonne grâce ;
De mon amour, que mon affection
Est arrivée à la perfection
De ce qu’on peut avoir de passion
Pour une belle face.


Si toutefois Pétrarque vous plaît mieux,
Je reprendrai mon chant mélodieux,
Et volerai jusqu’au séjour des dieux
D’une aile mieux guidée ;
Là, dans le sein de leurs divinités,
Je choisirai cent mille nouveautés
Dont je peindrai vos plus grandes beautés
Sur la plus belle idée.
J'ai cependant trouvé quelques idées mais elles ne me permettent pas d'aboutir à un plan complet :

Critique du Pétrarquisme:
-oppose la façon d'écrire des pétrarquistes à la sienne
- les strophes 2,3,4,5 s'opposent à la 7 et la 8 ( Du Bellay dit en une strophe ce que les Pétrarquistes disent en quatre )
- pétrarquistes : pas de sentiments mais que des apparences
- pétrarquistes utilisent pleins d'ornements inutiles

Sujet : L'amour de la femme
- Se moque de la façon dont les pétrarquistes désignent la beauté des femmes
- artificialité du discours amoureux
- Du Bellay parle d'amour à sa façon
- référence à Platon

Désir d'écrire une nouvelle poésie :
-mise en avant d'une poésie plus sincère
- strophe 7 et 8


Voilà je vous remercie aimablement de l'aide que vous m'apporterez.
Bonjour Zeluce,

C'est très bien..
Il manque seulement l'expression clé de cette critique : "Le parjure artifice".
En effet la manière de Pétrarque est pour du Bellay clichés, poncifs d'une part (pour l'artifice, le maniérisme) et mensonge d'autre part (par les exagérations et la tentative d'apitoyer l'objet de sa flamme) d'autre part.

Du Bellay se veut français. Le modèle pétrarquiste est plutôt conçu comme une forme, en particulier la forme du sonnet, plus que comme un sujet par les poètes de la Pléiade. C'est pourquoi du Bellay va y greffer les règles propres à la poésie lyrique gréco-latine et s'en servir pour renouveler le vers français.
Juste une question/remarque sur ce texte car ya un truc que je comprends pas.. :/
Pourquoi du Bellay critique-t-il le petrarquisme alors qu'il a fait enormement de sonnets petrarquistes et qu'il a egalement ecrit Defense et illustration de la langue francais ou il valorise le petrarquisme ?
C'est indiqué dans la réponse précédente. La tradition italienne du pétrarquisme est refusée pour son maniérisme et son caractère mensonger. Du Bellay fonde la tradition française en gardant le sonnet et en y greffant les règles propres à la poésie lyrique gréco-latine.