Bonjour ! 🙂
Dans le terme des "ayants-droit" le "ayant" prend un "s" bien qu'il s'agisse d'un dérivé de verbe. Cela m'a été expliqué par le fait qu'il s'agisse d'un terme juridique.
Mais est-ce que à chaque fois que le dérivé de verbe désigne un humain est-ce qu'il ne prend pas "s" ?
Exemples :
Des gardes-chasse (pas de "s" à chasse car complément du nom), des gardes-côtes,…
Ça se tient ?
Les termes ayants droit et ayants cause sont des survivances du latin, langue dans laquelle les participes présents varient en genre, nombre et cas.
Pour ce qui est des mots composés dont le premier élément est garde, la situation est simple :
- Si le mot garde désigne une personne, il est à interpréter comme un nom, et il varie. Ex : un garde-chasse, des gardes-chasse(s).
- Si le mot garde ne désigne pas une personne, on considère que c'est un verbe, et il ne varie pas. Ex : un garde-feu, des garde-feu(x).
Pour ce qui est du mot garde-côte, deux cas sont à distinguer :
- Ou il s'agit d'un douanier maritime, et en ce cas, garde varie : un garde-côte(s), des gardes-côtes.
- Ou il s'agit d'un navire militaire, et en ce cas, garde reste invariable : un garde côte(s), des garde-côtes.
L'accord du participe présent dans "ayants droit" est un archaïsme, le participe présent (avec complément comme ici) étant de nos jours invariable.
Et à ma connaissance, c'est le seul nom composé formé d'un participe présent suivi de son complément…
Mais je peux me tromper.
Les noms composés en porte- sont un cas particulier.
Quand le nom composé désigne un humain, on considère que garde est un nom (un garde, une garde = un gardien, une gardienne). Et en tant que nom, il prend le S du pluriel :
des gardes-côtes, des gardes-malades, des gardes-barrière, des gardes-pêche…
Quand il s'agit d'un objet, on considère qu'il s'agit du verbe "garder" au présent, suivi de son complément. Et en tant que verbe, l'élément garde demeure alors invariable :
des garde-robes, des garde-fous, des garde-boue, des garde-manger…
Mais en règle générale, que le mot désigne un humain ou un objet, l'élément verbal au présent demeure invariable : des porte-clés, des porte-drapeaux; des va-et-vient, des va-nu-pieds; des tire-lignes, des tire-au-flanc…
Bonsoir. Je me pose une question concernant le pluriel des noms composés suivants : garde-chasse, garde-côte, garde-frontière, garde-pêche.
Le Petit Robert donne les pluriels suivants : garde-côtes (embarcation) et gardes-côtes (personne), idem pour garde-pêche, gardes-chasses et gardes-frontières.
N'est-il pas préférable d'écrire au pluriel : gardes-chasse sans s à chasse, gardes-côte (personne), gardes-pêche et gardes-frontière ?
Merci.
Les dictionnaires ne sont pas toujours très clairs dans l'application ou pas de la réforme de 1990.
Ce que vous trouvez préférable, c'est ce qui était préconisé avant la réforme. Depuis, la règle s'est simplifiée, même si elle heurte parfois la logique. Mais ce n'est qu'une recommandation…
Dans les noms composés (avec trait d’union) du type pèse-lettre
(verbe + nom) ou sans-abri (préposition + nom), le second
élément prend la marque du pluriel seulement et toujours lorsque
le mot est au pluriel.
ancienne orthographe / nouvelle orthographe
un compte-gouttes, des compte-gouttes / un compte-goutte, des compte-gouttes
un après-midi, des après-midi / un après-midi, des après-midis
Observations : Restent invariables les mots comme prie-Dieu (à cause de la majuscule) ou trompe-la-mort (à cause de l’article). On écrit des garde-pêches qu’il s’agisse d’hommes ou de choses.
Cette régularisation du pluriel aboutit à une règle simple et unique et supprime des incohérences (pourquoi, en ancienne orthographe, un cure-dent mais un cure-ongles ?).
Je ne trouve pas trace de gardes-côte (personne), même en orthographe traditionnelle…
Donc, avant la réforme de 1990, on écrivait gardes-pêche (personne) mais gardes-côtes, c'est bien ça ?
D'après le Larousse en ligne, la personne c'est
un garde-côte, des gardes-côtes ou
un garde-côtes, des gardes-côtes
donc visiblement avant la réforme.
https://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/garde-côte/36109#36066En fait, ce que j'aimerais savoir, c'est la règle concernant l'accord du complément du mot garde : chasse, pêche, côte, frontière, barrière, etc. Quand doit-on mettre un s à ces mots-là ?
P.S. : J'ai constaté que l'usage était flottant (tantôt on met un s, tantôt on s'en passe).
En nouvelle orthographe il y a changement il me semble.
Avant la réforme, l'accord se fait selon le sens, d'où des flottements selon les interprétations :
un garde-chasse : un gardien de la chasse, d'une chasse,
des gardes-chasse : des gardiens de la chasse,
des gardes-chasses : des gardiens de chasses.
un garde-côte : un gardien de la côte,
un garde-côtes : un gardien des côtes,
des gardes-côtes : des gardiens des côtes.
Avec les recommandations de la réforme : jamais de s au premier mot, toujours un s au second.
un garde-chasse, des garde-chasses,
un garde-côte, des garde-côtes.
D'où effectivement, souvent un joyeux fouillis !