L’influence platonicienne dans les poèmes

Littérature

33 réponses · Page 2 / 2

Polo a écrit :Pour l'amour chez Platon, tu peux lire Le Banquet, ce n'est pas très long ni très difficile. Il y aura sûrement dans ton édition une bonne introduction.
Voire même le seul discours de Diotime, "l’Étrangère", qui renferme la véritable conception de Platon (les sphères divisées d'Aristophane ne rentrant pas dans la pensée platonicienne).

Quant à parler la "philosophie camusienne", je suis toujours circonspect. A part Le Mythe de Sisyphe
Pour Platon « ce n’est pas grâce à un art que les poètes proférant leurs poèmes,
mais grâce à une puissance divine ».
Ronsard dans Hymne de l’automne est fidèle à la théorie platonicienne

Et j'ai l'impression, (mais je suis vraiment pas sûre ) qu'il s'agit d'une philosophie spiritualiste, tout comme Les correspondances de Baudelaire
En effet, j'ai l'impression que Baudelaire et Platon distingue deux plans de réalité : le naturel,c'est à dire la matière, qui n'est qu'apparence,et le spirituel,c'est à dire la réalité profonde, celle des causes premières à l'origine de l'univers.Par les symboles,signes fournis par la nature, le poète pourra appréhender la réalité supérieure, spirituelle.
( ça fait également penser à la philosophie de Swedemborg, mais ce n'est pas drôle car il a eu une forte influence sur Baudelaire … )

Quant à parler la "philosophie camusienne", je suis toujours circonspect. A part Le Mythe de Sisyphe…
Je sais pas.. C'est ce qu'avait noté mon examinatrice pour l'oral blanc de français …

Bonne soirée
Pour Socrate, dans le Banquet, l'Amour est un intermédiaire entre le mortel et l'immortel, une sorte de truchement. Il est la force qui pousse l'Homme à rejoindre ce qui vient d'en haut, à soigner la blessure fondamentale que l'âme éprouve à avoir été séparée de l'Etre par l'incarnation. Par conséquent, quand l'Homme éprouve de l'amour, ce n'est pas envers tel être beau, tel être bon, mais envers la Beauté, la Bonté en soi. On conçoit alors aisément que le sexe de l'autre qui présente le reflet de cette Beauté, de cette Bonté importe peu… L'Amour pousse aussi à la procréation (là, il faut bien être hétéro…) par suite du désir de l'Homme d'accéder à l'immortalité! Cette procréation est moins valorisée, car elle substitue à la dimension verticale une dimension horizontale, en remplaçant la transcendance par l'éternité, d'où le concept d'amour "platonique" pour qualifier l'amour tout spirituel dont serait - faussement d'ailleurs - adepte notre philosophe. A signaler aussi une autre vertu de l'Amour : il est qualifié, toujours dans le Banquet, de "philosophe" car il est à mi-chemin entre le savoir (les Idées) et l'ignorance (l'Homme), et qu'il est la condition première de la relation philosophe/disciple (pédagogie et pédérastie sont très proches étymologiquement)
Merci pour votre réponse !

Tout ceci est bien complexe à comprendre …
L'Amour pousse aussi à la procréation (là, il faut bien être hétéro…) par suite du désir de l'Homme d'accéder à l'immortalité!
Oui mais l'homme est quand même amener à disparaitre ? Après c'est sûr qu'avec la procréation, il y a des descendants de l'homme, la lignée humaine ….


J'aimerais bien avoir votre avis là dessus :
Et j'ai l'impression, (mais je suis vraiment pas sûre ) qu'il s'agit d'une philosophie spiritualiste, tout comme Les correspondances de Baudelaire
En effet, j'ai l'impression que Baudelaire et Platon distingue deux plans de réalité : le naturel,c'est à dire la matière, qui n'est qu'apparence,et le spirituel,c'est à dire la réalité profonde, celle des causes premières à l'origine de l'univers.Par les symboles,signes fournis par la nature, le poète pourra appréhender la réalité supérieure, spirituelle.
( ça fait également penser à la philosophie de Swedemborg, mais ce n'est pas drôle car il a eu une forte influence sur Baudelaire … )
Baudelaire, en dépit des apparences, ne peut guère être rattaché à Platon! D'abord parce qu'il est poète, non "philosophe" (sauf dans certains écrits critiques sur l'Art), mais surtout parce que, comme l'écrit un critique, la poésie des Fleurs du Mal s'en tient à "une dynamique de tensions irrésolues entre le mal satanique et l'idéalité vide"… Je ne peux te répondre sur Swedenborg, désolé.
Swedenborg est difficilement assimilable à la pensée platonicienne dans le sens où la philosophie de Swedenborg est une philosophie chrétienne et mystique. C'est un théosophe qui a notamment influencé les romantiques et d'autres comme Baudelaire avec ses témoignages de visions, de voyages de l'âme, d'entrée dans les "arcanes célestes".
merci pour vos réponses !

Swedenborg est difficilement assimilable à la pensée platonicienne dans le sens où la philosophie de Swedenborg est une philosophie chrétienne et mystique. C'est un théosophe qui a notamment influencé les romantiques et d'autres comme Baudelaire avec ses témoignages de visions, de voyages de l'âme, d'entrée dans les "arcanes célestes".
et la philosophie e Platon n'est pas mystique, chrétienne ? Cette lumière du monde, celui des idées … Tout ceci n'est pas spirituel ?

Le platonicisme entend saisir et explorer le monde des Idées, afin de débarrasser l'homme des fausses croyances,illusions . Qu'est-ce que le monde des idées concrètement ? ( contraire des illusions, du paraitre .. ? )

🙄
Baudelaire, en dépit des apparences, ne peut guère être rattaché à Platon! D'abord parce qu'il est poète, non "philosophe" (sauf dans certains écrits critiques sur l'Art), mais surtout parce que, comme l'écrit un critique, la poésie des Fleurs du Mal s'en tient à "une dynamique de tensions irrésolues entre le mal satanique et l'idéalité vide"… Je ne peux te répondre sur Swedenborg, désolé.
Je me permets quelques réserves sur ce jugement ; Baudelaire ( de ce que je viens de lire … ) est, comme la plupart des poètes, convaincu de l'existence de deux " réalités " : Le réel, et l'idéal. Dans Bénédiction, il montre l'anachronisme du poète, cet étranger que les autres hommes ne comprennent pas. C'est en quelques sortes l'albatros, dont se moquent les marins, qui essaie de prendre son envol. Enfin, la tâche du poète qui est d'être parvenu à ce monde idéal est de transmettre la beauté de cette réalité supérieure aux autres hommes.
Qu'on m'égorge s'il n'y a aucun rapport avec l'allégorie de la caverne ! 🙂
Qu'on m'égorge s'il n'y a aucun rapport avec l'allégorie de la caverne !
Qu'est-ce que l'allégorie de la caverne ?

j'ai trouvé ceci dans le livre " PROFIL D'UNE OEUVRE les Fleurs du mal"

" La réminiscence baudelairienne, comme celle de Platon, est liée à l'idée d'un bonheur ancien,puisé aux sources de l'âme et où l'âme aspire naturellement à retourner. Dans vie antérieure, le poète se souvient d'un paysage selon son âme".
Ici, ils ont l'air de dire que la philosophie de Platon rejoint celle de Baudelaire ? ( ou une partie de sa philosophie ? )
(Je précise que je ne compte pas connaitre Platon sur le bout des doigts pour le bac de Français 😜 , je pense qu'il faut pas mal de temps pour le comprendre totalement .. ) et peut-être que ces livres " PROFIL" simplifient un peu certaines notions complexes …


J'ai l'impression aussi que je confonds Correspondances et vie antérieure de Baudelaire
Dans correspondances, Baudelaire distingue le naturel, qui n'est qu'apparence et le spirituel, celle des causes premières à l'origine de l'univers. Par les symboles-signes le poète peut appréhender la réalité supérieure, qui est spirituelle .
Tandis, que dans vie antérieure , il n'évoque pas la vie spirituelle, mais il évoque la vie que son âme aurait vécu il y a des années : Et cette vie, il la nomme " L'idéal et oppose la laideur,le spleen de L'Ici.


Baudelaire, par contre a influencé Verlaine ?
Car dans Après 3 ans de Verlaine, le jardin est un véritable berceau des sensations ; ce qui me fait pensait à correspondances de Baudelaire par exemple …


Merci
Pour faire bref…
1° Une chose est de rêver de l'Idéal quand on éprouve le Spleen - que cet idéal soit entrevu par l'amour, l'exaltation poétique ou les paradis artificiels, - autre chose est de concevoir cet idéal en termes philosophiques, par une patiente approche dialectique au terme de laquelle le sujet pensant pourra rendre compte de sa propre sagesse et tenter de la transmettre aux humains moins chanceux que lui! Or, que je sache, Baudelaire n'a jamais transmis une image cohérente de cet idéal : celui-ci est rêvé, poétisé bien plus que pensé. Où est Platon dans tout cela?
2° Selon moi d'autre part, la pensée baudelairienne se trouverait surtout écartelée entre l'idée de damnation (à laquelle le conduiraient ses mauvais penchants, sa mauvaise étoile, si l'on veut) et celle de rédemption (par la femme, surtout, ou éventuellement par un être transcendant dont notre poète ne nous donne par ailleurs aucune idée cohérente…). Tout cela me semble résulter d'une influence chrétienne, le mal étant la face visible de la malédiction, non le résultat d'une erreur de jugement. Où est Platon dans tout cela?
Pour faire bref…
1° Une chose est de rêver de l'Idéal quand on éprouve le Spleen - que cet idéal soit entrevu par l'amour, l'exaltation poétique ou les paradis artificiels, - autre chose est de concevoir cet idéal en termes philosophiques, par une patiente approche dialectique au terme de laquelle le sujet pensant pourra rendre compte de sa propre sagesse et tenter de la transmettre aux humains moins chanceux que lui! Or, que je sache, Baudelaire n'a jamais transmis une image cohérente de cet idéal : celui-ci est rêvé, poétisé bien plus que pensé. Où est Platon dans tout cela?
2° Selon moi d'autre part, la pensée baudelairienne se trouverait surtout écartelée entre l'idée de damnation (à laquelle le conduiraient ses mauvais penchants, sa mauvaise étoile, si l'on veut) et celle de rédemption (par la femme, surtout, ou éventuellement par un être transcendant dont notre poète ne nous donne par ailleurs aucune idée cohérente…). Tout cela me semble résulter d'une influence chrétienne, le mal étant la face visible de la malédiction, non le résultat d'une erreur de jugement. Où est Platon dans tout cela?
De ce que j'ai lu, telle était la tâche du poète selon Baudelaire : rien de précis sur la démarche, mais l'idée d'étrangeté parmi les autres hommes et cette tâche confiée au poète de révéler aux autres hommes la beauté du monde Idéal. 🙂
Siona a écrit :
76man a écrit :Swedenborg est difficilement assimilable à la pensée platonicienne dans le sens où la philosophie de Swedenborg est une philosophie chrétienne et mystique. C'est un théosophe qui a notamment influencé les romantiques et d'autres comme Baudelaire avec ses témoignages de visions, de voyages de l'âme, d'entrée dans les "arcanes célestes".
et la philosophie de Platon n'est pas mystique, chrétienne ? Cette lumière du monde, celui des idées … Tout ceci n'est pas spirituel ?
Certes, mais il ne faut pas confondre spiritualité et christianisme. Platon écrit au Ve siècle avant J.-C., donc ne peut pas créer une philosophie chrétienne.
La doctrine majeure de Platon est que dans nos existences successives nous ne percevons que le reflet imparfait et grossier des Réalités suprêmes que sont les Essences ou Idées . L'âme, qui a connu autrefois les Essences, mais s'est ensuite dégradée, en a gardé une vague nostalgie, qui témoigne de son aspiration à retrouver son ancien état .
C'est pour cela que ça me fait penser à vie antérieure de Baudelaire …

Mais Je n'ai lu aucun livre de Platon donc … :/
Certes, mais il ne faut pas confondre spiritualité et christianisme. Platon écrit au Ve siècle avant J.-C., donc ne peut pas créer une philosophie chrétienne.
AH ok ! Chez Baudelaire .. c'est une philosophie chrétienne ?