L’influence platonicienne dans les poèmes

Littérature

33 réponses · Page 1 / 2

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonsoir !

Je ne trouve pas grand chose sur l'influence platonicienne dans les poèmes. Pourriez-vous me renseigner ?

j'ai cru comprendre que l'inspiration était un don divin, que le poète devait être possédé selon Platon . ?

Dans quels poèmes retrouve-t-on la philosophie de platon ?


merci beaucoup ! 🙂
Nerval a été influencé par Platon, et s'est dit, néo-platonicien, je crois.
Attendons des spécialistes…
Tu retrouves la philosophie de Platon dans certains poèmes de Louise Labé.
La vision de l'amour de Platon s'oppose à la vision de l'amour par Pétrarque.

(oups, posté en même temps. Je ne me dis pas spécialiste, attention… 🙂 )
S. a écrit :Nerval a été influencé par Platon, et s'est dit, néo-platonicien, je crois.
Difficile de définir clairement les croyances de Nerval Mais il est marqué par le platonisme, ainsi que par le pythagorisme, le gnosticisme, le panthéisme, sans compter les différentes sectes religieuses ainsi que les croyances orientales…
Sur le romantisme, Michel Brix a écrit Le Romantisme français : Esthétique platonicienne et modernité littéraire.

Sinon, je crois que la poésie de la Renaissance est celle qui est le plus marquée par le platonisme, suite aux ouvrages imprimés par Marsile Ficin au XVe s. à Venise et Symphorien Champier à Lyon. (Oui, oui, j'ai ressorti mes cours 😜)
76man a écrit :
S. a écrit :Nerval a été influencé par Platon, et s'est dit, néo-platonicien, je crois.
Difficile de définir clairement les croyances de Nerval Mais il est marqué par le platonisme, ainsi que par le pythagorisme, le gnosticisme, le panthéisme, sans compter les différentes sectes religieuses ainsi que les croyances orientales…
C'était une remarque de M. Brix d'ailleurs, dans l'édition Lgf. Je crois.
L'ambition de la poésie, c'est de franchir les limites du langage social, conventionnel, "bourgeois", aurait-on dit dans les années 70, pour atteindre l'Etre, en remontant toute la chaîne qui aboutit à ce dernier en partant du poète, et dont le principe de cohérence est si bien exprimé par l'image de l'aimant, dans l'Ion de Platon.
Mais la langue commune - incarnation normée du langage - est-elle capable d'exprimer l'Etre? C'est ce dont ont toujours douté les poètes - même classiques - , et par-dessus tout les Surréalistes, qui tenteront d'émanciper le langage et de balayer la "logique" afin de de frayer une voie lumineuse à la pensée pure de l'individu, digne reflet de l'Etre par delà sa singularité, mais justement riche d'elle!
Hélas, la poésie, condamnée malgré tout à utiliser les mots d'une langue donnée, en respectant ses règles élémentaires, ses images et même ses topoi, tout en ayant le désir paradoxal d'exprimer la particularité, de substituer, au moins un temps, l'individu à l'Etre, devient illisible pour la communauté des lecteurs; elle est une voix solitaire, qui ne fait plus entendre que le signifiant des mots (ce qui n'est pas si mal, mais malgré tout, elle n'est pas la musique…). Et elle meurt de cela…
Tout cela pour dire que la poésie ne saurait remplir l'objectif que Platon assigne au philosophe dans sa cité idéale; il se méfie d'elle, au demeurant!
Vous allez trop vite en faisant de ce que vous dites l'ambition de la poésie. C'est un point de vue possible, marqué je crois par Heidegger, et que relaient certains poètes. Mais, avant de l'ériger en dogme, il va falloir montrer comment, concrètement, le poète s'y prend pour atteindre cet Etre. Montrer aussi que l'expérience de la poésie est toujours cette expérience là, d'un poète à l'autre, d'un public à l'autre. Je n'ai jamais vu que les surréalistes s'accordaient sur cette conception-là, et je sais que tous les lecteurs et tous les poètes ne pensent pas comme ça. Parfois, ils pensent même contre ça.

Je ne comprends pas votre second paragraphe. La poésie est illisible ? Comment être illisible mais avoir une communauté de lecteurs ? Et cette communauté n'est-elle pas contradictoire avec l'idée d'une voix solitaire ? Un signifiant sans signifié, est-ce encore un signifiant ? Et je ne vois pas que la poésie meurt… La postérité de certains vieux poètes ne m'invite pas à l'envisager.
Merci pour vos réponses

J'ai du mal à toutes les comprendre cependant …


Mais, quelle est la philosophie de Platon ?
Bonsoir,
N'étant pas philosophe, je ne suis pas très habilité à te répondre… Ce que je peux te dire, c'est que pour Platon, le monde qui nous environne est le monde sensible, celui du paraître, multiforme, source d'erreurs parce qu'il ne comporte que des phénomènes dont l'interprétation est soumise à l'opinion, et que cette dernière est fluctuante et contradictoire… Mais au-delà de ce théâtre d'ombres se situe la lumière du monde intelligible, celui des Idées, que notre âme a contemplée autrefois avant de se (ré)incarner et de revêtir la prison du corps. Un exemple, tiré de l'Hippias Mineur (dialogue sans doute apocryphe, mais assez représentatif de la philosophie de Platon), te fera comprendre : dans l'univers, il y a des choses belles; mais celles-ci, trop diverses, ne peuvent être réduites à l'unité si l'on demeure dans le paraître : il existe de belles filles, mais aussi de beaux instruments, de belles actions… L'idée de beauté, en revanche, est accessible par le raisonnement (confirmé par l'intuition de l'anamnèse, qui est le souvenir du contact ancien de l'âme avec l'Idée) : la beauté est ce qui rend beau les choses belles, début de définition, évidemment à parfaire… De même l'Idée de justice est ce qui rend juste les actions justes, par delà la diversité des appréciations sur les actes "justes", car ce qui est juste pour l'un ne doit pas être en définitive perçu comme injuste par tel autre… Par le moyen de la dialectique, outil puissant qui permet d'accéder progressivement à l'Etre en se confrontant à autrui, le platonicisme entend saisir et explorer le monde des Idées, afin de débarrasser l'Homme des fausses croyances, des illusions, de l'erreur et du mal, et afin de lui donner des principes de vie moraux et politiques.
Pas de dualisme chez Platon : le monde du sensible et le monde de l'intelligible sont un seul et même monde !
Certes, l'Etre s'incarne dans le sensible, mais dialectiquement, il doit être distingué de lui; c'est bien du reste le reproche qu'Aristote adressera à la philosophie platonicienne; pour Aristote, Platon aurait en effet séparé les Idées des choses sensibles, superposant ainsi une réalité intelligible à celle dont on voulait rendre compte! Le platonicisme ne suppose pas un dualisme dans le sens où il n'y a pas deux principes irréductibles, mais il admet bel et bien une dualité, résolue par le seul philosophe au terme de sa recherche de l'Idée.
🙂
Cette réponse n'est guère satisfaisante! Je la prends comme de la moquerie; je t'avais prévenu(e), je ne suis pas philosophe, c'est tellement vrai que je considère la philosophie platonicienne comme l'exemple même du dualisme, tu te rends compte!
Euh… Ce n'était pas de la moquerie : je suis loin de connaître assez Platon pour critiquer vos analyses. Au contraire, mon smiley était un signe de révérence, saluant l'efficacité de votre "résumé". Moi-même ai toujours du mal à exprimer efficacement la pensée d'un auteur, et votre message me semblait très pertinent, et j'ai voulu le souligner par le " 🙂 ". Si j'avais voulu exprimer ma réserve, j'aurais placé un " 😐 " ou " " plus honnêtes… Mais bon, je vous comprends, ce n'est pas toujours évident de percevoir les intentions d'un interlocuteur qu'on n'a pas en face de soi.

Quoi qu'il en soit, j'entends beaucoup parler de cette critique d'Aristote, mais je n'ai jamais eu l'idée d'aller la découvrir par moi-même. Auriez-vous la référence, s'il vous plaît ?
Merci de tes éloges, mais je n'en mérite pas tant, et veuille me pardonner le contresens que j'ai commis à propos de ton "smiley"!
C'est dans sa Métaphysique qu'Aristote critique la philosophie platonicienne. Selon lui, Platon a le tort de séparer trop nettement l'Etre (ou l'essence, c'est le même mot en grec) de sa manifestation sensible, d'où l'idée de dualisme évoquée précédemment, et surtout de ne conférer de réalité qu'à cet Etre (τὸ ὄν = l'étant), tandis que le sensible n'est qu'un reflet changeant et trompeur, une ombre sans consistance (cf le mythe de la caverne).
Aristote, lui, pense que la seule chose qui soit est la substance, qui réunit matière et forme, l'une ne pouvant du reste exister sans l'autre, et dont la causalité première est l'essence. Le philosophe va donc s'ériger aussi bien en métaphysicien et en dialecticien qu'en naturaliste; si l'on parcourt une liste des oeuvres d'Aristote, on trouvera ainsi des titres comme "Du monde"; "Du ciel"; "De la respiration"; "Des météores"; "Histoire des animaux", qui feraient penser à Pline l'Ancien plutôt qu'à Platon! D'autant que le désir de classifier, de distinguer des "catégories", de prendre en compte "l'accident" est constant chez lui. C'est du reste ce qui permet de comprendre la raison pour laquelle Aristote a tant été apprécié au Moyen-Age : d'une part, il passait pour avoir la science universelle (physique, dialectique et métaphysique), d'autre part, il rétablissait la pleine dignité de la Création, oeuvre divine pour les Chrétiens!
Merci ! 🙂

Je ne vous cache pas que j'ai du mal à tout comprendre, Je trouve ce sujet assez pointu.
Sur notre fiche de synthèse à donner à l'examinateur pour l'oral du bac il est inscrit qu'il faut connaitre l'influence platonicienne dans les poèmes … Mais nous n'avons presque pas abordé ce thème en cours …

Segolène B
La vision de l'amour de Platon s'oppose à la vision de l'amour par Pétrarque.
Quelle est la vision de l'amour de Platon et celle de Pétrarque ?

Ok, donc pour Platon, il faut explorer le monde des idées ( contraire du monde sensible )

J'ai l'impression que ce sujet est plus philo qu'autre chose 😉

A part chez Louise Abbé,vous ne voyez pas d'autres poètes qui ont été influencé par cette philosophie platonicienne ?

Je vous remercie pour tout.
Siona
Oui, tu as tout à fait raison, on est sorti du sujet!
Mais pourtant, je dois quand même le maitriser, ne serait-ce qu'un minimum … !

( c'est comme la philosophie camusienne, je dois la connaitre vu que j'ai étudié l'étranger en œuvre intégrale… )
Pour l'amour chez Platon, tu peux lire Le Banquet, ce n'est pas très long ni très difficile. Il y aura sûrement dans ton édition une bonne introduction.
Pour Pétrarque, ce site pourrait t'aider : https://agora.qc.ca/dossiers/Petrarque.
Et puis au fait, c'est Louise Labé.