Huysmans, À rebours, chapitre X - Pendant cette singulière maladie qui ravage les races à bout…

Entraide scolaire

5 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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salve! j'ai besoin de votre aide..quelq'un peut me donner un commentaire sur "un parfum singulier" de Huysmans? il est un extrait de A REBOURS. Je dois faire un examen de littérature français..répondez-moi vite!!! merci 😀
Pendant cette singulière maladie qui ravage les races à bout de sang, de soudaines accalmies succèdent aux crises; sans qu’il pût s’expliquer pourquoi, des Esseintes se réveilla tout valide, un beau matin; plus de toux déracinante, plus de coins enfoncés à coups de maillet dans la nuque, mais une sensation ineffable de bien-être, une légèreté de cervelle dont les pensées s’éclaircissaient et, d’opaques et glauques, devenaient fluides et irisées, de même que des bulles de savon de nuances tendres.
Cet état dura quelques jours, puis subitement, une après-midi, les hallucinations de l’odorat se montrèrent.
Sa chambre embauma la frangipane, il vérifia si un flacon ne traînait pas, débouché; il n’y avait point de flacon dans la pièce; il passa dans son cabinet de travail, dans la salle à manger: l’odeur persista.
Il sonna son domestique: - Vous ne sentez rien, dit-il? L’autre renifla une prise d’air et déclara ne respirer aucune fleur: le doute ne pouvait exister; la névrose revenait, une fois de plus, sous l’apparence d’une nouvelle illusion des sens.
Fatigué par la ténacité de cet imaginaire arôme, il résolut de se plonger dans des parfums véritables, espérant que cette homéopathie nasale le guérirait ou du moins qu’elle retarderait la poursuite de l’importune frangipane.
Il se rendit dans son cabinet de toilette. Là, près d’un ancien baptistère qui lui servait de cuvette, sous une longue glace en fer forgé, emprisonnant ainsi que d’une margelle argentée de lune, l’eau verte et comme morte du miroir, des bouteilles de toute grandeur, de toute forme, s’étageaient sur des rayons d’ivoire.
Il les plaça sur une table et les divisa en deux séries: celle des parfums simples, c’est-à-dire des extraits ou des esprits, et celle des parfums composés, désignés sous le terme générique de bouquets.
Il s’enfonça dans un fauteuil et se recueillit.
Il était, depuis des années, habile dans la science du flair; il pensait que l’odorat pouvait éprouver des jouissances égales à celles de l’ouïe et de la vue, chaque sens étant susceptible, par suite d’une disposition naturelle et d’une érudite culture, de percevoir des impressions nouvelles, de les décupler, de les coordonner, d’en composer ce tout qui constitue une œuvre; et il n’était pas, en somme, plus anormal qu’un art existât, en dégageant d’odorants fluides, que d’autres, en détachant des ondes sonores, ou en frappant de rayons diversement colorés la rétine d’un oeil; seulement, si personne ne peut discerner, sans une intuition particulière développée par l’étude, une peinture de grand maître d’une croûte, un air de Beethoven d’un air de Clapisson, personne, non plus, ne peut, sans une initiation préalable, ne point confondre, au premier abord, un bouquet créé par un sincère artiste, avec un pot-pourri fabriqué par un industriel, pour la vente des épiceries et des bazars.
Dans cet art des parfums, un côté l’avait, entre tous, séduit, celui de la précision factice.
Presque jamais, en effet, les parfums ne sont issus des fleurs dont ils portent le nom; l’artiste qui oserait emprunter à la seule nature ses éléments, ne produirait qu’une œuvre bâtarde, sans vérité, sans style, attendu que l’essence obtenue par la distillation des fleurs ne saurait offrir qu’une très lointaine et très vulgaire analogie avec l’arôme même de la fleur vivante, épandant ses effluves, en pleine terre.
Aussi, à l’exception de l’inimitable jasmin, qui n’accepte aucune contrefaçon, aucune similitude, qui repousse jusqu’aux à peu près, toutes les fleurs sont exactement représentées par des alliances d’alcoolats et d’esprits, dérobant au modèle sa personnalité même et y ajoutant ce rien, ce ton en plus, ce fumet capiteux, cette touche rare qui qualifie une œuvre d’art.
En résumé, dans la parfumerie, l’artiste achève l’odeur initiale de la nature dont il taille la senteur, et il la monte ainsi qu’un joaillier épure l’eau d’une pierre et la fait valoir.
Peu à peu, les arcanes de cet art, le plus négligé de tous, s’étaient ouverts devant des Esseintes qui déchiffrait maintenant cette langue, variée, aussi insinuante que celle de la littérature, ce style d’une concision inouïe, sous son apparence flottante et vague.
Bonsoir,

Nous ne ferons pas le commentaire à ta place, mais je veux bien t'indiquer un parcours de lecture : Comment des Esseintes (Huysmans) entend-il élever le parfum au rang d'art ? ou Dans la filiation de Baudelaire, l'esthétique des parfums…
Merci Jean-Luc..j'ai quelque difficulté..je suis italienne et je dois faire un examen de littérature francaise alors j'ai cherchè dans internet mais il n'y a pas quelque chose qui est fait très bien 😞 ciao!!
Quelques pistes pour t'aider :
Il s'agit d'un texte qui illustre le décadentisme.
Des Esseintes vit dans un monde artificiel, il s'est enfermé chez lui, le décor est précieux, encombré.
Il est atteint de névrose.
Á la suite de Baudelaire, il veut faire la promotion des parfums, de l'odorat, le sens le plus spirituel, celui qui est le moins prégnant, le plus fugace.
Il souhaite accéder à l'art au travers des parfums.
Dans ses recherches, il veut échapper à la simplicité, au naturel assimilés à la vulgarité ou au mercantilisme bourgeois…
merci!!! tu a été très gentil..certes j'utiliserai tes information pour mon sujet..ciaooo 😀