Emploi du verbe "réfuter"

Langue française

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Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

On entend constamment dans les média le terme "réfuter" au sens de "nier".

On confronte quelqu'un à une rumeur, et on nous dit que la personne concernée "réfute totalement ces allégations".

Or dans mon esprit, "réfuter" signifie "prouver la fausseté" et non dénoncer comme faux. Petit Robert pense comme moi en donnant pour unique acception de "réfuter" : " Repousser (un raisonnement) en prouvant sa fausseté."

Soupçonnant un anglicisme, j'ai d'abord cru en trouver la confirmation dans le Robert&Collins qui nous donne pour "to refute":

= (disprove) réfuter
= (deny) nier

Par contre le Collins nous dit :

to prove (a statement, theory, charge, etc.) of (a person) to be false or incorrect; disprove.

Et il ajoute :

Usage. Refute is often used incorrectly as a synonym of deny. In careful usage, however, to deny something is to state that it is untrue; to refute something is to assemble evidence in order to prove it untrue: all he could do was deny the allegations since he was unable to refute them.

En d'autres termes l'erreur est aussi commise en anglais mais (d'après Collins) c'est bien une erreur.

Comment expliquer l'erreur ?
Bonjour,

Réfuter a aussi le sens d'infirmer, de démentir ce qui était affirmé. Voir C du TLF. https://www.cnrtl.fr/lexicographie/r%C3%A9futer
Mmm oui, disons qu'il y a une ligne dans le TLFI qui nous dit que, par analogie, on peut employer ce verbe également pour dire démentir ou infirmer. Et de l'autre côté on a Petit Robert qui ne nous dit rien de tel, et Collins qui, à partir des mots similaires en anglais, nous prévient contre l'erreur qu'il y aurait à l'employer dans ce sens (tandis que Robert&Collins suggérait la même chose que le TLFI).

Pour trancher, je pense qu'il faudrait se pencher sur les emplois dans la littérature.

À ce propos, la ligne dans le TLFI est :

"C. P. anal. [Le suj. désigne une chose] Infirmer, démentir ce qui était affirmé. Le temps qui passe réfute d'heure en heure nos pronostics (BUTOR, Passage Milan, 1954, p. 143)."

Or à mon sens l'exemple de Butor n'illustre pas cette acception. Le temps, le déroulement effectif des choses DÉMONTRE la fausseté de nos pronostics en leur opposant une réalité différente. Il s'agit donc de mon sens.

Il faudrait donc trouver d'autres exemples plus probants.

Je note aussi que Littré est avec moi :

https://www.littre.org/definition/réfuter

Dans l'étymologie il le rapproche de l'idée de "confondre", ce qui est exclusivement compatible avec mon sens. C'est la démonstration de la fausseté qui confond l'adversaire, pas le simple fait de dire que c'est faux. (Petit Robert, confondre : "Réduire (qqn) au silence, en lui prouvant publiquement son erreur, ses torts.")