Ne négatif ou ne explétif ?

Langue française

83 réponses · Page 4 / 5

Bien sûr, mais on a là un verbe impersonnel "il faut" et un infinitif, c'est très classique (cf. mon message 48).
La phrase de l'auteur, elle, a un verbe conjugué avec sujet réel autre qu'un indéterminé. C'est là que le bât blesse, pour un grammairien rigoureux du moins.
Mais comment récrirais-tu cette phrase ?
Voir mon message 59 ! 😉
Et dans le texte d'Annie Ernaux, il y a la phrase "le mots d'homme qu'on n'aimait pas…" juste avant.

"Sortir de la tête" n'est pas aussi expressif que "sortir de soi".
D'accord avec Jacques, "sortir de soi" est plus expressif…
Je viens de relire la phrase dans son contexte.
Effectivement, je ne peux plus dire que ce n'est pas correct, seulement critiquer le fond d'une pensée généralisatrice qu'on n'est pas obligé de partager, le on et le soi.
Il est sûr que soi est plus charnel.
Et dans le texte d'Annie Ernaux, il y a la phrase "le mots d'homme qu'on n'aimait pas…" juste avant.
Bien sûr, et même aussi deux fois un peu plus haut dans la même page. Donc, quand "on" lit ces "images", "on" est tout imprégné de ce "on" qu'"on" n'a pas de mal à rétablir, comme je l'ai dit plus haut. Il n'en demeure pas moins que la phrase est grammaticalement bancale, et sujette à mauvaise interprétation comme l'a montré le message de Delia. Mais c'est la liberté d'un écrivain de sacrifier la rigueur grammaticale au profit d'une expression qu'il juge plus vive, plus parlante, plus expressive.
"Sortir de la tête" n'est pas aussi expressif que "sortir de soi".
Je suis tenté d'être aussi d'accord là-dessus bien que ce soit fort subjectif. Mais d'une part, ce n'est qu'un exemple donné pour contourner la difficulté ; il y a bien d'autres manières de rendre l'idée d'Ernaux, et parmi celles-là, probablement certaines manières qui cumulent l'orthodoxie grammaticale et l'expressivité.
D'autre part, l'expression est-elle vraiment expressive, ou bien simplement frappe-t-elle parce que précisément elle est inhabituelle. Je vois mal en effet qu'on dise "les mots sortent de moi" : ce serait plus maladroit qu'expressif, peut-être.
Mais le texte d'Ernaux se présente sous forme d'images, de souvenirs, de sortes d’instantanés qu'elle exprime mieux avec des ellipses poétiques qu'avec des procédés rhétoriques.
La pensée appartient à Annie, elle peut être discutée, mais ce n'est pas le sujet.
Personnellement, j'en conclus que sa phrase est correcte et élégante dans sa sobriété.
Pas élégante, tout de même…
On admettrait "les mots sortent de nous" sans problème. Non, lamaneur, cette phrase ne me semble pas expressive du fait d'un éventuel écart avec la norme. Je ne la trouve pas bancale. C'est une tendance fréquente chez certains contemporains de faire des phrases concises. C'est peut-être cette autonomie syntaxique qui te choque ?
Désolé, je décroche, j'ai rendez-vous avec Scriabine ! 😀
On admettrait "les mots sortent de nous" sans problème.
Peut-être, mais avec quel sens ? On peut en concevoir plusieurs.
C'est une tendance fréquente chez certains contemporains de faire des phrases concises. C'est peut-être cette autonomie syntaxique qui te choque ?
Ça ne me choque nullement, mais il faut s'entendre sur la casquette que l'on coiffe ici.
La célèbre anacoluthe de Pascal, sous la plume d'un écolier, serait une faute. Bien des phrases de Céline seraient soulignées en rouge par le premier instituteur venu.
Et il est clair que presque toutes les phrases d'Ernaux contreviennent aux règles habituelles de la grammaire et de la typographie telles qu'on les enseigne aux élèves et aux étudiants qui fréquentent ce site.
Oui, bien sûr, mais pas celle-ci. On ne peut pas comprendre "soi" comme signifiant "spontanément" à cause du "y" : à quoi renverrait ce pronom ? Là, ce serait incorrect. Tout ce qu'on peut dire, c'est que sortie de son environnement, la phrase interroge, comme on dit, mais je me permets de maintenir qu'elle n'est pas incorrecte.
Eh bien, cette discussion censée traiter du ne explétif et du ne négatif aura pris un tour bien inattendu !
Mais c'était fort intéressant… 🙂
Mais c'est cela qui fait le charme de ce forum. 🙂
Bonjour à tous , j'ai une phrase tirée d'un livre et j'aimerais savoir si le" n' "est un ne expletif ou non .

" on comprenait maintenant avec plus d'évidence qu'il n'était nécessaire qu'après avoir espéré entendre un beau morceau de violon ou du moins quelque chose de récréatif , ils avaient été déçus dans leur attente, qu'ils étaient lassés de ce concert …"


Je parle du " qu'il n'était nécessaire " , ce n apostrophe est il un ne explétif ?

Merci à vous
Bonjour.

Le n' explétif est courant dans une tournure comparative comme celle-ci.
Le sens est exactement le même si on enlève ce n'.

plus d'évidence qu'il n'était nécessaire = plus d'évidence qu'il était nécessaire = plus d'évidence qu'il fallait = trop d'évidence
Merci bien , en route pour le bac de français ! Votre aide m'aide vraiment .
Bonjour,

Doit-on écrire :

Sans une explication réductive, le fonctionnaliste n’a pas plus de raisons de rejeter la possibilité d’un tel organisme que le défenseur de la théorie de l’identité en a de rejeter l’existence d’un être qui ne possède pas de fibres C mais qui a malgré tout un quale de douleur identique au nôtre.


Ou plutôt :

Sans une explication réductive, le fonctionnaliste n’a pas plus de raisons de rejeter la possibilité d’un tel organisme que le défenseur de la théorie de l’identité n'en a de rejeter l’existence d’un être qui ne possède pas de fibres C mais qui a malgré tout un quale de douleur identique au nôtre.


Si je comprends bien, dans une subordonné comparative, le "ne" s'ajoute seulement si la subordonnée exprime une inégalité. Or, ce n'est pas le cas ici. Donc, on doit préférer la première solution à la seconde.

Mon raisonnement est-il correct ?

Merci d'avance de votre aide
Bonsoir.
Lorsque la phrase (principale) est à la forme négative ou à la forme interrogative, c’est-à-dire lorsqu’elle nie ou met en question l’inégalité, il est d’usage courant d’omettre le ne explétif dans la subordonnée.
Il n’agit pas autrement qu’il parle.
N’est-elle pas plus habile que vous croyez ?
https://www.cce.umontreal.ca/observations/ne.htm
Donc, pour ta phrase, l'usage courant est :
Le fonctionnaliste n’a pas plus de raisons de rejeter la possibilité d’un tel organisme que le défenseur de la théorie de l’identité en a de rejeter l’existence d’un être.

Mais garder tout de même le ne explétif et écrire n'en a ne semble pas vraiment une faute.
Bonjour!!

Ce "ne" est-il expletif?
Le caricaturiste Sombaz, le sculpteur Vourdat, d'autres encore, et aucun ne répondait
aux préjugés de l'étudiant.
Merci