Ne négatif ou ne explétif ?

Langue française

83 réponses · Page 3 / 5

Oui. Moi aussi.
"Ils partaient de soi" me laisse perplexe.
Mouais, moi aussi. C'est très elliptique.
Il me semble que ce n'est même pas correct finalement.
A part la ponctuation, qu'est-ce qui vous choque ? Je trouve intéressante cette description de la vieillesse avec les images, les mots qui nous quittent jusqu'à notre disparition complète.
Moi, c'est le "de soi" qui me choque. Je ne connais pas le contexte.
Je n'ai pas lu le bouquin. Avec La place, j'ai perdu toute envie de lire Annie Ernaux.
Oui, cet usage de soi est étrange.
Et pourquoi donc ?
Parce que "soi" est normalement employé, selon le Robert,
en corrélation avec un sujet indéterminé ou général (tel que on, chacun, tel, quelconque ; nul, personne ; un relatif) ou employé sans sujet exprimé (avec un verbe à l'infinitif, un verbe impersonnel, un nom, un adjectif).
Dans ils partaient de soi, on a un verbe conjugué, avec un vrai sujet exprimé ("ils", pour "les mots"), mais ce n'est pas à ce sujet que "soi" est corrélé, d'où le malaise.
Dans ils partaient de soi, on a un verbe conjugué, avec un vrai sujet exprimé ("ils", pour "les mots"), mais ce n'est pas à ce sujet que "soi" est corrélé, d'où le malaise.
Pour moi, pas de malaise car je comprends de soi comme corrélé au sujet, justement : les mots partaient tout seuls, spontanément. Le locuteur ne refuse pas de les utiliser, il ne les retrouve plus. J'accorde même une valeur poétique à cette tournure, jolie personnalisation des mots. Mais je suis sans doute à l'ouest…
Ah ! c'est marrant toutes ces interprétations. Pour moi le soi se réfère au on ! (C'est moins poétique !)

les mots d’homme qu’on n’aimait pas, jouir, branler
ceux appris [les mots qu’on avait appris] durant les études, qui donnaient la sensation de triompher de la complexité du monde. L’examen passé ils partaient de soi plus vite qu’ils n’y étaient entrés.
Je réponds hors contexte. J'ai ce point commun avec Gabiana : la Place m'a dissuadée à tout jamais de lire Annie Ernaux.
Delia a écrit :
Dans ils partaient de soi, on a un verbe conjugué, avec un vrai sujet exprimé ("ils", pour "les mots"), mais ce n'est pas à ce sujet que "soi" est corrélé, d'où le malaise.
Pour moi, pas de malaise car je comprends de soi comme corrélé au sujet, justement : les mots partaient tout seuls, spontanément. Le locuteur ne refuse pas de les utiliser, il ne les retrouve plus. J'accorde même une valeur poétique à cette tournure, jolie personnalisation des mots. Mais je suis sans doute à l'ouest…
Pourquoi pas, mais en français traditionnel, on aurait sans doute préféré "les mots partaient d'eux-mêmes" à "les mots partaient de soi". De plus, votre interprétation me paraît mal cadrer avec la suite de la phrase : ils partaient de soi plus vite qu'ils y étaient entrés. Que représente alors "y" ?
Pour ma part, j'interprète comme Katioucha en rapportant ce "soi" à un "on" non exprimé.
Mais oui, évidemment. On raisonne sans tenir compte du contexte, comme si souvent… L'auteur n'a pas utilisé le pronom "nous" pour éviter une trop grande particularisation. Cette tournure ne choque pas du tout !
Pour ma part, j'interprète comme Katioucha en rapportant ce "soi" à un "on" non exprimé.
Ah, comme cela, oui, d'accord.
L'auteur n'a pas utilisé le pronom "nous" pour éviter une trop grande particularisation.
S'il avait utilisé "nous", "soi" ne serait pas de mise non plus ! 😜
Et il n'a pas utilisé "on" non plus, du moins pas de manière explicite ; il faut le rétablir mentalement, ce qui n'est pas hors de portée du lecteur.
Cette tournure ne choque pas du tout !
Tu tiens les avis divergents comme quantité négligeable ? 😉
Bon, je suis à côté de la plaque.
S'il n'y a pas on, c'est incorrect, voilà tout.
Pour un professeur de français, cela m'étonne tout de même. Que représente donc ce soi ?
C'est du français à la fois sobre et très correct ; "soi" se suffit à lui seul.
Comment exprimer l'idée autrement ?

lamaneur, j'ai oublié "me" dans ma phrase.
Que représente donc ce soi ?
Eh bien, les personnes indéterminées désignées par les on que Katioucha a mis en gras…
C'est comme cela que je le comprends aussi.
les mots d’homme qu’on n’aimait pas, jouir, branler
ceux appris [les mots qu’on avait appris] durant les études, qui donnaient la sensation de triompher de la complexité du monde. L’examen passé ils partaient de soi plus vite qu’ils n’y étaient entrés.
C'est du français à la fois sobre et très correct ; "soi" se suffit à lui seul.
Comment exprimer l'idée autrement ?
On peut l'exprimer autrement de beaucoup d'autres manières, mais naturellement, ce ne serait plus dans le style particulier de l'auteur, fait de phrases pas nécessairement canoniques !
Par exemple :
L’examen passé, ils sortaient de la tête plus vite qu’ils n’y étaient entrés.
Quand on dit "ll faut toujours avoir un cerveau de rechange sur soi", le "on" est bien sous-entendu, non ?