Ne négatif ou ne explétif ?

Langue française

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Intéressant… Mais quelle que soit la phrase originale, la version moderne que j'en ai donnée me semble valable. Je ne crois pas en avoir altéré le sens.
J’y fus toujours fort bien traité ; et il ne déjeûnoit, dînoit et soupoit pas, que je n’eusse ma part à suffisance.
"J'y fus toujours fort bien traité, et il ne déjeunait, ne dinait ni ne soupait pas que j'eusse ma part à suffisance."
Pourquoi conserver le mot ''pas'' dans la deuxième phrase?

En employant ''ne…ni…ni…'', on n'a pas besoin de ce ''pas''.

J'y fus toujours fort bien traité, et il ne déjeunait, ni ne dînait ni ne soupait …
Oui, d'ailleurs c'est aussi ce que propose Ponthieu dans son message : il n'y a pas de "pas" ; en revanche, il conserve un "ne" explétif dont on peut avantageusement faire l'économie.
Il serait intéressant de savoir d'où Ponthieu tire "sa" version ; de nombreuses éditions ont circulé. L'édition de 1806 citée plus haut n'est pas originale, mais semble conforme aux versions plus anciennes que j'ai pu voir sur la Toile (1747).
Jehan, je suis d'accord que le sens est respecté dans ta "traduction" moderne. La phrase y perd néanmoins un peu de sa vivacité.
Bonjour à tous,

J'ai vérifié, et la phrase est bien telle que je la cite, sans virgule après pas et sans ne explétif. C'est l'édition (partielle) des Mille et une nuits parue chez Rombaldi en 1952.

La version de cette phrase que je préfère, comme la plus claire et la plus belle, à mes oreilles, malgré le ne explétif, est celle-ci :

"J'y fus toujours fort bien traité, et il ne déjeunait, ne dinait ni ne soupait pas, que je n'eusse ma part à suffisance." Il n'y a que le pas qui me chiffonne un peu, en rompant le rythme…

Pour être exact et fidèle à ma pensée je dirai en effet que ce pas me semble inutile, on doit pouvoir s'en passer, c'est une scorie bien malheureuse pour moi, francophone du XXI[sup]e[/sup] siècle. J'attends l'avis de Jehan. Tout bien pesé, je vote pour :

"J'y fus toujours fort bien traité, et il ne déjeunait, ne dinait ni ne soupait, que je n'eusse ma part à suffisance."

Cette façon de dire me semble supérieure à celle qui emploierait "…sans que j'eusse…", mais c'est ici une simple question de goût personnel. Une telle phrase tient à la fois du violoncelle et du diamant littéraire.Tout comme le leitmotif de Dinarzade :

"Ma chère soeur, puisque vous ne dormez pas, dites-nous, je vous prie, en attendant le jour qui paraîtra bientôt, quelqu'un de ces jolis contes que vous savez."

De même que, d'une manière générale, presque toutes les belles périodes dont Galland nous régale à longueur de pages dans sa belle traduction (infidèle selon certains). C'est pour moi un chef d'oeuvre de la littérature française. Racine n'écrivait pas mieux, ni Voltaire.
L'index de Grevisse Que (conj. de subord.)∼ sans que renvoie à Ne employé obligatoirement seul (§ 1013 dans la 14e édition) et non à un paragraphe sur ne explétif.
e) Dans les propositions au subjonctif dépendant d'un verbe négatif et introduite par queéquivalant à sans que ou à tant que [langue signée] : (…)
N.B. L'absence de toute négation dans ce cas n'est pas acceptable.
Oui, même son de cloche chez Hanse (QUE, page 796) :
Après une principale négative,que peut remplacer avant que ou sans que et est toujours suivi de ne, qui est nécessaire et non explétif.
Il faut donc corriger la fin de ma première phrase dans le message 23 ci-dessus : on ne peut pas faire l'économie du "ne", et la première version donnée par Ponthieu, message 16, selon l'édition Rombaldi 1952, apparaît suspecte.
bonjour a tous!


<Questionné sur les décisions qu’il ne peut prendre de sa propre initiative, il répond les emprunts bancaires.>

est-ce que "ne" a le sens negatif ici?

Pour cette phrase,j'hésite entre deux sens :1, quelles decisions qui'il ne peut pas prendre,dans cette phrase,on a supprime "pas";
ou 2,il ne peut prendre que ces decisions de sa propre initiative.

quel sens est correct?

merci~~
Bonjour Fuman,

S'il s'agissait des décisions que le questionné peut prendre, il faudrait supprimer le "ne". C'est donc clairement une négation.
Dans la phrase, le "pas" a été négligé (non indispensable dans cette négation).
Questionné sur les décisions qu’il ne peut pas prendre de sa propre initiative, il répond : les emprunts bancaires.
Je ne sais ce qu'en penseront les autres intervenants, mais pour ma part j'aurais ponctué comme rectifié pour un meilleure compréhension du texte.

Cordialement,
Paul
Je ne sais ce qu'en penseront les autres intervenants
Que du bien, paulang, que du bien.
Des guillemets en plus ?
Est-ce que "emprunts bancaires" est une décision ?
Bonjour Anne,

Merci pour les guillemets sur la présence desquels j'ai hésité.
Questionné sur les décisions qu’il ne peut pas prendre de sa propre initiative, il répond : "les emprunts bancaires".
Je préfère les guillemets en chevron Citroën mais je ne sais comment on les obtient sur ce site (sur mon Word ils sont d'office).

Par ailleurs, pouvez vous préciser quand le "pas" d'une négation ne s'avère pas indispensable si tant est qu'il y ait une règle ?
Moi, c'est à l'oreille que je ressens la nécessité de le mettre ou pas.
Par exemple, je trouve la phrase en question plus fluide avec son omission.

Cordialement,
Paul
Par ailleurs, pouvez vous préciser quand le "pas" d'une négation ne s'avère pas indispensable si tant est qu'il y ait une règle ?
Bonjour.
Il me semble l'avoir déjà précisé dans un autre message.
Le pas est facultatif et souvent omis quand il s'agit des verbes pouvoir, oser, savoir, cesser.
Je ne peux (pas) le dire.
Je n'ose (pas) le dire.
Je ne sais (pas) où le trouver.
Il ne cesse (pas) de s'agiter.

Je rajouterai certaines locutions figées comme Si ce n'est… N'importe… Ne vous déplaise… etc.
Bonjour Jehan,

Il est fort probable que vous l'ayez déjà écrit, mais ma mémoire déficiente méritait bien ce rappel.
Surtout, ce rappel me semble important pour le questionneur qui ne pouvait se satisfaire des précédentes réponses dépourvues de ces explications indispensables.

Cordialement,
Paul
merci beaucoup tout le monde ! ^-^
Bonsoir,

Dans cette phrase: J'ai autant donné que tu ne l'as fait", le"ne" est-il explétif ou négatif ?

Merci pour vos réponses.
Bonsoir

Ce ne est ici non seulement explétif, mais fautif.
Dans une subordonnée comparative, il ne s'emploie normalement qu'en cas d'inégalité.
plus que tu (ne) l'as fait
moins que tu (ne) l'as fait
pas autant que tu (ne) l'as fait

Mais ici (égalité) on doit seulement dire : J'ai donné autant que tu l'as fait.
Merci Jehan
Bonjour,

Je trouve cette phrase dans "Les Années" d'Annie Ernaux :

"L'examen passé, ils partaient de soi plus vite qu'ils n'y étaient entrés."

Confirmez-vous que la phrase aurait également pu s'écrire :

"L'examen passé, ils partaient de soi plus vite qu'ils y étaient entrés." ?
Oui.
Oui. Mais j'ai eu du mal à comprendre la phrase sans un peu de contexte.
L'auteur parle des mots appris durant les études, qui donnaient la sensation de triompher de la complexité du monde.