Les Faux-monnayeurs, roman du roman

Entraide scolaire

4 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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bonjour,
élève en 1°L, j'ai été chargé d'un devoir sur les Faux-Monnayeurs, d'André Gide.
Le sujet est:" les Faux Monnayeurs, roman du roman."
Trois idées principales devraient structurer mon devoir:
_ Le fait que l'oeuvre en question soit un sommet de l'art romanesque tout du moins tel que Gide le perçoit, qu'elle soit un application des théories romanesques de l'auteur et aussi un mélange plus ou moins voulu de nombreuses formes romanesques (roman d'aventure, de voyage, d'apprentissage, d'amour, policier, roman noir….°
_ le fait que l'oeuvre soit un sorte de "roman" (dans le sens histoire racontée) des roman, celui qu'Edouard n'écrira jamais ou ceux qu'écrira peut-être Bernard.
Enfin, une troisième partie doit venir. Mais je ne sais pas que choisir. J'ai pensé à étudier le Journal des Faux monnayeurs, à parler de l'effort de théorisation du roman et à la mise en abyme du journal de Gide qui devient le journal d'Edouard dans l'oeuvre finie. Sinon, j'ai pensé à la volonté de l'auteur de nous fire prendre conscience de la particularité du roman en tant qu'oeuvre littéraire : toutes les fois ou l'auteur détruit l'illusion romanesque en commentant sa propre écriture, et bien sur sa théorie du romancier vivant un conflit entre sa perception du réel et sa façon de le styliser.
bien sur, l'un des deux éléments en question, s'il n'est pas choisi comme thème principal à la IIIè partie du devoir, sera réutilisé.
avez vous d'autres idées à proposer ?
Merci
Hyronimes
C'est peut être un peu trop tard pour te répondre mais à ta place j'aurais fait :

I) Un roman des romans
II) Un roman d'un roman
III) Un roman du Roman

🆒
Bonjour j'aurais juste une question à ce sujet…
Nous étudions en ce moment le chapitre 8 de la partie 1 , le passage de " Edouard somnole" à "autant de fil a retordre pour les critiques de demain" et nous avons une question sur quelle est la comparaison entre le roman et tous les autres arts. J'ai trouvé des différences mais pas vraiment en rapport avec le roman…
Pouvez vous m'aidez ? Merci
Le texte déjà…
Je ne comprends pas très bien la question… le roman peut à certains égards se rapprocher d'autres arts, mais ce qui en fait son essence "pure" se distingue de tout autre art…
Édouard somnole ; ses pensées insensiblement prennent un autre cours. Il se demande s’il aurait deviné, à la seule lecture de la lettre de Laura, qu’elle a les cheveux noirs ? Il se dit que les romanciers, par la description trop exacte de leurs personnages, gênent plutôt l’imagination qu’ils ne la servent et qu’ils devraient laisser chaque lecteur se représenter chacun de ceux-ci comme il lui plaît. Il songe au roman qu’il prépare, qui ne doit ressembler à rien de ce qu’il a écrit jusqu’alors. Il n’est pas assuré que Les Faux Monnayeurs soit un bon titre. Il a eu tort de l’annoncer. Absurde, cette coutume d’indiquer les « en préparation », afin d’allécher les lecteurs. Cela n’allèche personne et cela vous lie… Il n’est pas assuré non plus que le sujet soit très bon. Il y pense sans cesse et depuis longtemps mais il n’en a pas écrit encore une ligne. Par contre, il transcrit sur un carnet ses notes et ses réflexions.
Il sort de sa valise ce carnet. De sa poche, il sort un stylo. Il écrit :

« Dépouiller le roman de tous les éléments qui n’appartiennent pas spécifiquement au roman. De même que la photographie, naguère, débarrassa la peinture du souci de certaines exactitudes, le phonographe nettoiera sans doute demain le roman de ses dialogues rapportés, dont le réaliste souvent se fait gloire. Les événements extérieurs, les accidents, les traumatismes, appartiennent au cinéma ; il sied que le roman les lui laisse. Même la description des personnages ne me paraît point appartenir proprement au genre. Oui vraiment, il ne me paraît pas que le roman pur (et en art, comme partout, la pureté seule m’importe) ait à s’en occuper. Non plus que ne fait le drame. Et qu’on ne vienne point dire que le dramaturge ne décrit pas ses personnages parce que le spectateur est appelé à les voir portés tout vivants sur la scène ; car combien de fois n’avons-nous pas été gênés au théâtre, par l’acteur, et souffert de ce qu’il ressemblât si mal à celui que, sans lui, nous nous représentions si bien.
– Le romancier, d’ordinaire, ne fait point suffisamment crédit à l’imagination du lecteur. »

Quelle station vient de passer en coup de vent ? Asnières. Il remet le carnet dans la valise. Mais décidément le souvenir de Passavant le tourmente. Il ressort le carnet. Il y écrit encore :

« Pour Passavant, l’œuvre d’art n’est pas tant un but qu’un moyen. Les convictions artistiques dont il fait montre, ne s’affirment si véhémentes que parce qu’elles ne sont pas profondes ; nulle secrète exigence de tempérament ne les commande ; elles répondent à la dictée de l’époque ; leur mot d’ordre est : opportunité.

« La Barre fixe. Ce qui paraîtra bientôt le plus vieux, c’est ce qui d’abord aura paru le plus moderne. Chaque complaisance, chaque affectation est la promesse d’une ride. Mais c’est par là que Passavant plaît aux jeunes. Peu lui chaut l’avenir. C’est à la génération d’aujourd’hui qu’il s’adresse (ce qui vaut certes mieux que de s’adresser à celle d’hier) – mais comme il ne s’adresse qu’à elle, ce qu’il écrit risque de passer avec elle. Il le sait et ne se promet pas la survie ; et c’est là ce qui fait qu’il se défend si âprement, non point seulement quand on l’attaque, mais qu’il proteste même à chaque restriction des critiques. S’il sentait son œuvre durable, il la laisserait se défendre elle-même et ne chercherait pas sans cesse à la justifier. Que dis-je ? Il se féliciterait des mécompréhensions, des injustices. Autant de fil à retordre pour les critiques de demain. »