De l’art du… / L’art du…

Langue française

13 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Je tombe sur le titre d'un article :
"L'art du gazon".
Quelles seraient les nuances de sens, s'il y en a, entre "L'art du gazon" et "De l'art du gazon"?
Bonsoir.

La nuance me semble faible.
La préposition s'emploie surtout dans les titres d'ouvrages, de chapitres, de traités :
− P. ell. De + contenu d'un ouvrage (dans l'énoncé du titre, elliptiquement pour chapitre, livre qui traite de…). De l'Allemagne (Staël); De l'Amour (Stendhal).
(Trésor de la Langue française)

S'agissant d'un simple article sur l'art du gazon, je trouve que ce De dénote une certaine prétention "littéraire", mais cette appréciation n'engage que moi.
J'avais la notion que : De (l'art) de… était mis pour : A propos de (l'art) de… et j'en déduisais, à tort, qu'il y avait donc une moindre exhaustivité que sans le De : L'art du gazon.
Il n'en est, sans doute, rien puisque c'est plutôt mis pour : Qui traite de …

Qu'en penses-tu?
S'agissant d'un simple article sur l'art du gazon, je trouve que ce De dénote une certaine prétention "littéraire", mais cette appréciation n'engage que moi.
Je ressens aussi la connotation. Et pourtant, d'un point de vue sémantique, de comme "au sujet de" introduit une distance : ce livre ne prétend pas vous livrer l'art du gazon, seulement en parler. Même si, dans les faits, je ne suis pas sûr que la différence entre l'un et l'autre livre soit sensible.
Et pourtant, d'un point de vue sémantique, de comme "au sujet de" introduit une distance : ce livre ne prétend pas vous livrer l'art du gazon, seulement en parler. Même si, dans les faits, je ne suis pas sûr que la différence entre l'un et l'autre livre soit sensible.
Vous me confortez dans ma perception.
Le titre ce cet article de quarante lignes est L'art du gazon. Cela m'a semblé un peu fort de café de prétendre faire le tour du sujet en quarante lignes!

Personnellement j'écris souvent des articles, spécialisés, très brefs (1500-2000 signes). Il s'agit de points d'actualité sur des sujets très vastes.
N'écrivant pas un traité sur le sujet, les titres avec De + le domaine concerné m'ont toujours semblé très pratiques et plus exacts que sans le De ….
La présence du De... selon moi, n'implique pas forcément la distance et la non-exhaustivité.
C'est un calque du latin (cf. De natura rerum, De viris illistribus) le plus souvent associé à de doctes ouvrages qui prétendent souvent, au contraire, faire le tour de la question.
Mais bon. Comme on dit, tu fais comme tu le sens… 🙂
Jehan a écrit :C'est un calque du latin (cf. De natura rerum, De viris illistribus) le plus souvent associé à de doctes ouvrages qui prétendent souvent, au contraire, faire le tour de la question.
Disons que c'est une évolution de la langue depuis ces doctes ouvrages en latin 😜
Ne t'en déplaise, c'est bien ici un calque savant, et non une évolution "naturelle" de la langue.
Un usage de lettrés et non un usage de la langue courante.
Tout comme par exemple le "ne" explétif dans certaines subordonnées, ou encore l'utilisation du subjonctif plus-que-parfait (le fameux "conditionnel passé deuxième forme") en lieu et place du conditionnel passé courant.
Non non, je ne me suis pas fait comprendre. Quand je parlais d'évolution de la langue, je ne pensais pas au calque du latin, mais d'une évolution, que tu contestes, je l'ai bien noté, du sens de cette tournure française, depuis ce calque "savant" et certain puisque tu le dis.
Jehan a écrit :Tout comme par exemple le "ne" explétif dans certaines subordonnées, ou encore l'utilisation du subjonctif plus-que-parfait (le fameux "conditionnel passé deuxième forme") en lieu et place du conditionnel passé courant.
Là, comme tu peux t'en douter, je suis un peu perdu face à tant de science.
Au jeu du dernier mot je commence à somnoler. (Etat symbolisé dans les BD par ZZZZ… ou par une bûche en train d'être sciée). 🙂 🙂 🙂 🙂 🙂
Désolé de t'avoir endormi, je tenais simplement à bien expliquer.

C'est moi qui ne me suis pas bien fait comprendre. Bien sûr que l'essentiel du français est le résultat d'une évolution du latin populaire, mais la syntaxe latine, dans l'immense majorité des cas, n'a pas été conservée. Les quelques points de syntaxe que je signale sont des emprunts savants "artificiels" faits par les lettrés et savants du Moyen Âge et de la Renaissance, dont le latin classique était la langue de travail et d'échange. Dans ces cas-là, ce n'est pas le résultat d'une évolution, mais bien de purs calques délibérés du latin classique. Pas d'évolution de sens, dans ce cas, du latin au français.

Même phénomène en vocabulaire : notre langue comporte de nombreux doublets issus d'un même mot latin. Ainsi, par évolution phonétique naturelle, le latin gracilis a abouti à l'adjectif grêle, et de leur côté les lettrés et savants ont fait un simple calque du latin en le francisant en gracile.
Autres exemples de doublets : poison / potion , arracher / éradiquer, chance / cadence, cheptel / capital, etc.
Cette fois-ci je crois avoir compris. 🙂
Ursus a écrit :
S'agissant d'un simple article sur l'art du gazon, je trouve que ce De dénote une certaine prétention "littéraire", mais cette appréciation n'engage que moi.
Je ressens aussi la connotation. Et pourtant, d'un point de vue sémantique, de comme "au sujet de" introduit une distance : ce livre ne prétend pas vous livrer l'art du gazon, seulement en parler. Même si, dans les faits, je ne suis pas sûr que la différence entre l'un et l'autre livre soit sensible.
Je viens d'ouvrir pour toute autre chose ce que j'appelle le Bescherelle des collégiens et des familles. J'ai la surprise d'y voir l'utilisation de cette tournure avec de dans le titre pour les quelque 15 chapitres en 10 pages sur la grammaire du verbe : Du verbe et de l'attribut; Du complément du verbe
Pas vraiment littéraire tout ça.
Non, pas vraiment littéraire dans son sujet, le Bescherelle.
Mais "à prétention littéraire" dans le titre de ses chapitres, ça se pourrait bien ! 😜
Bonsoir,

Je crois plutôt que c'est une question de mode. Cela se faisait beaucoup dans l'ancien temps. Hors littérature, les Sociétés savantes l'employaient abondamment.

De l'art d'apporter une réponse sur un forum littéraire ! 😀

Muriel