Pour ceux qui veulent juste parler de littérature

Littérature

72 réponses · Page 4 / 4

Bonjour à tous,

Ce topic a beau dater, il correspond parfaitement à ce que je recherche, je relance donc la question : Quelqu'un veut-il parler littérature, philosophie ou encore art avec moi?

Bon week end,
Fiona
ImpensablesPensees
J'aurai grand plaisir à "parler". 🙂
Reste que l'on ne peut qu'évoquer notre approche, notre plaisir, notre démarche, notre propre histoire. À cela je dois ajouter que mon approche est celle d'un pur amateur. Mais on peut en discuter…
Je suis également amatrice, je parlerais avec plaisir !
Comme dans beaucoup de domaines, je suis un peu boulimique, en l'occurrence boulimique de lectures. Je suis passé par plusieurs cycles : relativement gros lecteur dans mon enfance et mon adolescence, j'ai un peu diminué le rythme de 20 à 30-35 ans, préférant la bande dessinée et la presse, et je suis revenu au livre. Je ne dévore pas les livres, je leur accorde le temps qu'il faut en fonction de la difficulté de lecture. Je lis de 50 à à 100 pages par jour, j'en ai le temps - dans les transports qui me mènent au travail. Je me concentre sur la littérature classique dont je me suis rendu compte que je la connaissais finalement assez peu. Voilà pour le cadre.

Sur les motivations (on pourra développer) la lecture est un élément indispensable de ma vie, pourtant déjà remplie. Quelle que fût ma situation, seul ou en famille, avec un travail plus ou moins prenant, je n'ai jamais abandonné les livres qui sont une sorte de repère, un élément de stabilité dans un Monde en mutation permanente.

Malgré mes goûts classiques, j'essaie d'équilibrer entre littérature française et littérature étrangère, romans et "autres" (essais, un peu de philo, un peu d'Histoire, un tout petit peu de poésie…). Je ne crois pas que la littérature me fasse m'évader , mais je ne peux nier la part du rêve. Lorsque les ouvrages ne sont pas destinés à la pure réflexion, un des points que j'apprécie hautement dans les romans est ce qu'ils m'apprennent sur la nature humaine à travers les époques et les lieux. On apprend toujours sur les caractères humains; la littérature reflète la vie et elle permet d'élargir son esprit, ses connaissances, ses opinions…

Enfin j'ajouterai que je suis un amoureux de la langue et que je me délecte souvent grâce aux livres.
Je serais heureuse aussi de parler littérature avec vous.
Une khâgneuse d'Henri IV ! 🙂

Je n'aurais probablement jamais réussi à intégrer une classe aussi prestigieuse, mais je conserve tout au fond de moi l'éternel regret de ne pas avoir suivi d'études littéraires dans un si bel établissement.

Par chance, même lorsqu'on n'a pas acquis les bases théoriques, on a encore et toujours la possibilité de lire tout au long de sa vie.

Je considère la lecture comme une source d'enrichissement personnel qui, parfois même, permet d'aller au devant des autres un peu moins démuni. Je songe non seulement aux différents savoirs, mais surtout à la connaissance de la nature humaine que peuvent nous apporter les livres.
Bonjour,

Moi j'ai commence à lire dès le primaire les Bob Morane et j'ai toujours gardé un gout pour les livres d'aventures. A l'adolescence j'étais surtout dans les Robert Ludlum (L'Illusion Scorpio m'a vraiment marqué, les Jason Bourne alors que les films n'étaient pas encore sortis…).Puis aussi les livres d'histoire ou qui parlent d'un sujet géopolitique (guerre froide, espionage, conflits/guerre).

J'ai découvert le classique récemment et je m'y suis mis (j'avais un gros déficit en la matière) avec Balzac et Zola surtout. Cet été j'aimerais lire Le grand Meaulne car on m'en a dit beaucoup de bien.

Mais parallèlement au classique j'ai gardé mes gouts passes pour les thrillers contemporains et je découvre aussi la littérature jeunesse (Jenna Fox, Mortels petits secrets/mensonges, La Vengeance, Confidence d'une fille en colère…). Même s'ils sont parfois plus destinés à des filles, j'aime bien les lire, c'est "rafraîchissant".

Mais je suis aussi un gros lecteur de magazine : Marianne, Défense & sécurité internationale, Diplomatie, Sport & Vie, Guerre & Histoire, Le moniteur automobile, Ski/Skieur Magazine et Ski Racing régulièrement et d'autres à l'occasion.

Edit : pour moi le livre c'est une évasion, une façon de "vivre" temporairement une autre vie par personnage/papier interposé.
C'est un grand privilège d'étudier là en effet !
Heureusement que l'on peut atteindre et rencontrer les oeuvres littéraires, jusqu'aux plus magnifiques sans avoir de bagage théorique ! Elles sont à tout le monde et c'est aussi peut être ce qui fait leur valeur… elles nous touchent là où nous sommes, différemment sans doute mais toujours aussi richement.
Toute sorte de livres évidemment avec toutes sortes d'intérêt… pour moi je dirais juste que je trouve ça beau, bien sûr cela me fait réfléchir parfois, rêver souvent, contruire des mondes ou regarder différemment le notre, j'imagine que pour moi c'est un lieu de partage aussi entre les auteurs et moi et puis c'est beau… il m'arrive régulièrement de juste m'arrêter en lisant une phrase juste parce que c'est beau et ne pas pouvoir m'empêcher de vouloir la copier quelque part ou bien juste être émue un instant.
Les auteurs modernes ont coutume de dire que l'ouvrage ne leur appartient plus dès lors qu'il est imprimé et que chaque lecteur se l'approprie. Je ne sais pas si les auteurs plus classiques avaient la même approche.
Chacun interprèterait le livre à l'aune de son imagination ? C'est certainement vrai pour les descriptions des décors et des personnages; de la même façon, les caractères humaines raisonnent par rapport à notre entourage et à notre expérience.
Si certains livres font rêver - je mets dans cette catégorie les romans d'aventure - d'autres nous apprennent sur la vie, parfois peuvent aider à nous prémunir contre certains personnages que nous reconnaissons d'une certaine façon à travers nos lectures.
Je pense que si je reviens si souvent à Balzac, c'est qu'à travers la peinture des milieux essentiellement bourgeois de son époque, j'y retrouve la matière de mes voisins, de ma famille, de mes collègues, de mes amis. Il a écrit des histoires relativement intemporelles. Il avait l'ambition que le lecteur accède à l'ensemble de la Comédie humaine.
Je trouve que beaucoup d'auteurs classique comme Balzac, Maupassant ou Zola sont intemporels. L'époque a changé mais les thématiques et les sentiments qui animent les personnages sont encore ceux qui animent les Hommes à notre époque : envie d'ascension sociale, amour, appât du gain…

Au début j'avais beaucoup de mal à lire du classique car je ne retrouvais rien de ce que je connaissais dans cette littérature (la technologie, la façon de parler assez différente…) mais maintenant je fais des liens entre les personnages de ces romans et d'éventuels alter-ego contemporains. Madame Bovary est une Desperate Housewive avant la série télévisée, les personnages dans L'Argent sont les traders d’aujourd’hui, etc.

🙂
Je crois surtout, comme l'a souligné Simon UA, que les auteurs réalistes restent et resteront toujours intemporels. On a beau ne pas se reconnaître parfois dans leur environnement, dans leur époque si éloignée de la nôtre, on comprend cependant très vite que les thèmes évoqués sont les mêmes: l'amour, l'argent, la solitude, la mort, l'existence, etc. C'est là aussi tout l'intérêt que l'on porte à ces auteurs quand on les étudie au lycée ou au collège, on va lire un Balzac parce qu'il nous raconte des choses sur la vie, sur l'existence, par le biais de personnages que l'on croit différents de nous parce qu'ils ont un destin hors du commun ou extraordinaire, mais ils nous ressemblent plus que l'on ne croit. C'est d'ailleurs pour cela aussi que les romans de Flaubert ou de Balzac sont encore aujourd'hui réadaptés au cinéma.
Pour ma part j'adore le roman, c'est le genre que je préfère, mais le théâtre et la poésie nous donnent aussi des approches intéressantes du monde et de la vie. J'ai plus de mal avec la poésie, sauf pour la poésie engagée, qui, pour moi, raconte des choses et les critique en même temps, en plus de proposer un style d'écriture très imagé.
Le théâtre est enfin pour moi d'une grande force quant à la critique sociale: les archétypes de Molière sont intemporels, tout comme les personnages des comédies d'autres auteurs, contrairement aux héros tragiques dont on a plus de mal à s'identifier dans leur caractère, même si, encore une fois, les thèmes convoqués sont les mêmes (l'amour et la trahison dans Phèdre, etc.)
Bonjour 😉
freddy.lombard a écrit :Les auteurs modernes ont coutume de dire que l'ouvrage ne leur appartient plus dès lors qu'il est imprimé et que chaque lecteur se l'approprie. Je ne sais pas si les auteurs plus classiques avaient la même approche.
Chacun interprèterait le livre à l'aune de son imagination ? C'est certainement vrai pour les descriptions des décors et des personnages; de la même façon, les caractères humaines raisonnent par rapport à notre entourage et à notre expérience.
Si certains livres font rêver - je mets dans cette catégorie les romans d'aventure - d'autres nous apprennent sur la vie, parfois peuvent aider à nous prémunir contre certains personnages que nous reconnaissons d'une certaine façon à travers nos lectures.
Je pense que si je reviens si souvent à Balzac, c'est qu'à travers la peinture des milieux essentiellement bourgeois de son époque, j'y retrouve la matière de mes voisins, de ma famille, de mes collègues, de mes amis. Il a écrit des histoires relativement intemporelles. Il avait l'ambition que le lecteur accède à l'ensemble de la Comédie humaine.
Relativement peu d'auteur classique se préoccupait pas de la résonance de son oeuvre dans le milieu culturel de l'époque. Ne serait-ce que pour survivre au fil des années. Flaubert n'y parvint pas d'ailleurs. Lorsqu'il publie Salammbô c'est un désastre pour lui aux yeux des critiques, un déluge. Soudain, un désintérêt de Flaubert pour porter son oeuvre, le génie perdu au milieu du succès de son premier roman. Goethe eut aussi des problèmes après la publication des Souffrances du jeune Werther. Oui ! une vague de suicide s'était emparé des lecteurs naïfs qui s'identifiaient au personnage, tellement proche avec les gens de l'époque, d'une génération brimée et sans repère, sinon celui de l'amour, une passion destructrice, meurtrière, des jeunes qui commencent à mettre un pied sur l'étrier…
Nous n'étions qu'à l'aube du romantisme, qui prit les sujets développés, d'une certaine façon par la tournure des récits du réalisme en en captant la signification immédiatement, en dehors du cadre du roman (qu'il préfigure) pour apporter un sursaut de renouveau à la poésie. L'école allemande a influencé ce qu'est devenu le réalisme au XIXème. Flaubert dans sa catégorie n'arrivait pas à contenir l'effervescence provoquée par son oeuvre car le public trop peu informé sur les valeurs de la religion catholique dominante à l'époque tenait à le dénoncer pour en faire un credo d'une société un peu décadente. Goethe se défendit mieux face au cléricalisme de son époque en jouant sur le ton de l'ironie et méprisant ainsi les lecteurs un peu trop empathique et illettré pour comprendre la signification profonde de son oeuvre. D'ailleurs, c'est pour ça qu'il réédita le livre en y apposant la marque de son exaspération par l'intermédiaire de petits poèmes glissés à l'attention du lecteur pour qu'il n'essaie pas de faire comme le jeune homme qu'ils aiment (c'est un peu étrange).
La magie du romantisme est d'amener aux lecteurs crédules une projection d'une réalité qu'il préfère à la leur et il se sent dans l'âme la force de combattre pour les convictions fictives de personnages fictifs, quitte à mourir pour ça. C'est un peu pareil pour le roman, au long terme son action amène probablement certaines personnes à ne voir d'autres alternatives que cette maxime moderne pour vivre "le tour pour le tout". Réellement, je pense foncièrement que Flaubert ne se sentait pas du tout proche de ses personnages. Je ne serais pas étonner de savoir qu'un auteur eut été surpris par la tournure des événements de son récit, alors qu'il avait peut-être prévu d'autres réactions. Peut-être même qu'il fallut s'adapter à de nouveaux décors.
C'est aussi un aspect plaisant de l'exercice, les personnages sont des unités en dehors de l'auteur, qui n’apparaît jamais dans Madame Bovary. Le réalisme peut être cruel comme il peut être heureux. Ce mouvement littéraire doit plus au talent des plumes qui l'ont construit qu'au vrai naturalisme encore plus récent. Seul un auteur brillant pouvait passionné le lecteur ! Voilà pourquoi Mr. Chamfleury (élève de Balzac) plus personne n'en parle aujourd'hui. Il ne suffit pas de cracher des azurs merveilleux après l'orage et le tumulte des aventures du personnages sous-étiqueté "réaliste" pour être considéré comme tel… La vrai force est de plonger son personnage dans une autre journée maussade et toutes les autres qui passent et se ressemblent s'il faut pour cela provoquer sa réaction.
C'est là que je suis tenté de ranger certains livres jugés réalistes dans la catégorie du roman d'aventure. Le lecteur doit supporter de se plonger dans univers qui ne déroge pas aux règles de son monde à lui, il faut percevoir plutôt la quintessence de l'esprit d'une époque et peut-être les prémices de changements futurs, de sentiments et de dimension du Désir qui prédomine aujourd'hui sur celle de l'Être. Il faut être un lecteur profondément sensible pour supporter le réalisme, et patient bien sûr.
Aujourd'hui tout le monde peut dire ce que bon lui semble en chiant sur Balzac pour se targuer ensuite d'être la génération suivante, post-soixante du Nouveau roman prétextant l'impossibilité pour le lecteur d'avoir le temps de se projeter dans une histoire qui ne l'implique pas rapidement puisqu'elle reste imaginé, senti et choisi tout au long de l'écriture, cela au péril du temps. Malheureusement, les auteurs de ce genre de chose ne sont qu'un souffle de vent dans l'histoire littéraire.

La Comédie humaine, c'est tout le propos, en effet ^^

Bonne journée !