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Littérature

72 réponses · Page 2 / 4

Gragrayou a écrit :Je vous rejoins sur ce forum parce que MOI AUSSI j'aime la littérature, bien que au contraire de certains d'entre vous, je peux partager cet amour avec mes amis qui sont aussi férus de lettres que moi.

Personnellement je n'apprécie que très peu Zola ou même Maupassant ..
Qui plus est, je trouve que Victor Hugo est un personnage prétentieux bien qu'il faut l'avouer, c'est un génie. (j'ai dévoré le dernier jour d'un condamné)

Mes romans préférés sont Les Liaisons Dangereuses de Laclos (d'ailleurs le film l'a pourri), ainsi que Le Parfum de Sinskund et Crime et Châtiment de Dostoievski.


Mais le meilleur des meilleurs c'est Milan Kundera…
L'insoutenable légèreté de l'être, la Valse aux adieux
Mmmmh

Les avez vous parcourus ?
J'ai lu Les Liaisons dangereuses en terminale et j'ai adoré. Mais alors vraiment. Le style épistolaire surprend un peu au début, du moins on n'a pas forcément l'habitude, mais c'est un vrai bonheur. Par contre je ne suis pas d'accord avec toi au sujet du film. Je suis loin d'être une fan des adaptations cinématographique et ma culture cinéma frôle les paquerettes mais il n'empêche que j'ai trouvé le film de Frears assez bien fait (c'est bien de lui que tu parles n'est-ce pas ?). Ca ne vaut pas le livre bien sûr mais c'est tout de même assez proche et on sent qu'il y a du travail et de la recherche pas rapport au roman.
Quant aux autres romans que tu cites, je dois avouer mon ignorance. On m'avait déjà parlé de Kundera et il y a quelques jours, on m'a parlé de Crime et Châtiment qui a l'air d'être extraordinaire. Mais je n'ai pas le temps de lire tout ce que je voudrais malheureusement.
Dans ce cas, pas mal de gens ne te supporterai pas…
Mais beaucoup d'autre seraient à tes pieds..

(je répondais au message d'avant) Crime et châtiment est une œuvre magistrale, à lire absolument.

Oui je parlais bien du film de FREARS.
Écoute moi honnêtement je l'ai pas apprécié, quelles en sont mes raisons ?
J'ai peut être trop aimé la lecture pour pouvoir supporter une adaptation des personnages si réelle…
Pourtant l'adaptation du Parfum est, elle, très belle et assez proche du roman. Tu devrais le voir ! Si ce n'est pas déjà fait ?
Je ne vais pas épiloguer sur ce film. Tu ne l'as pas apprécié, c'est ton droit. Pour moi, sans dire que j'ai adoré, c'est tout de même une adaptation assez proche mais basta.
Pour Le Parfum, je n'ai pas lu le livre et je n'ai pas vu le film non plus. Ca ne fait qu'un livre de plus à ajouter sur ma liste d'attente…
Enfin, je sais bien que je dois lire Crime et Châtiment mais vu le pavé et vu que les journées ont une fin, je ne sais pas quand je pourrai m'y mettre. Peut-être pendant les vacances d'été. Mais j'en doute vu que je vais avoir mes lectures de l'année prochaine et que j'ai aussi prévu de me lire Les Misérables. Et puis bon, même si j'adore la lecture, je ne fais pas que ça non plus…
Ouais t'inquiète je ne te comprend que trop bien..
( pour répondre à Henriette )
bonsoir,
Je te rejoinds, Julien Sorel est attachant lorsqu'il tombe amoureux de Mathilde. Cependant, son indifférence à Mathilde quand il est en prison détruit le peu d'attachement que je lui ai porté. Après tout ce qu'elle a risqué pour lui, il la laisse comme ça sans aucun scrupule, sans amour. Le personnage insensible refait surface et son oportunisme, sa volonté que tous flattent son orgueil est confirmé. C'est un personnage qui à mes yeux se rends odieux jusqu'à la fin. Par contre je ne suis pas d'accord avec vous, il est loin d'être sot, il est égoïste, prétentieux, narcissique, oportunisme, ambitieux à l'excès, mais certainement pas sot. Je n'ai perçu aucune prétention dans les oeuvres de Victor Hugo, vous avez surement des élèments que je n'ai pas. Peu importe, sont oeuvre est magnifique, son engagement en faveur des plus pauvre est celui d'un homme généreux.
Je viens de finir les Misérables, je suis encore sous le charme … Quelle belle fin que ce Jean Valjean enfin comblé d'amour et reconnus par les êtres qui lui sont chers ! Quelle beauté que ce Dieu toujours présent et généreux ! Que de sublimes personnages qui peuplerons un coin de ma vie désormais ! La fraiche Cosette, le doux et rêveur Marius, le joyeux Mr Gilnormand, le bon et mystérieux Jean Valjean, le fougueux et dévoué Enjorlas, l'espiègle et lucide Gavroche … Et vous, qu'en pensez vous ? moi je lirais les livres que tu conseilles Gragrayou . Je suis peu être la seule à avoir le temps ici, je ne suis qu'en première. Merci pour les conseils 🙂
Pour les Misérables, c'est une histoire que je trouve superbe mais malheureusement, je ne peux pas dire grand-chose vu que je ne connais que les films (et oui, bien que je n'aime pas les adaptations, il faut reconnaître que c'est bien pratique quand on n'a pas le temps de lire l'oeuvre). Je crois, d'après ce que je connais, que c'est Fantine qui me touche le plus. Son sacrifice pour que sa fille soit heureuse est magnifique. De même, j'ai toujours un petit pincement au coeur, dans les films toujours, au moment du suicide de Javert qui finalement n'est pas aussi mauvais qu'il semble l'être.
Mais mince alors, pourquoi que j'ai commencé sur ce terrain. Bon, je crois que je vais aller l'acheter ce roman et me le dévorer, je ne peux plus attendre…
Oui Fantine est aussi un beau personnage. Puisque tu as vu des adaptations, si tu arrives à trouver le temps de lire le livre, tu me diras ce que tu as pensé des films par rapport au livre.
Pour ma part, j'ai trouvé l'adaptation que j'ai vu, avec Lino Ventura qui joue Jean Valjean, assez peu fidèle surtout en ce qui concerne le dénouement.
fleur au vent a écrit :( pour répondre à Henriette )
bonsoir,
Je te rejoinds, Julien Sorel est attachant lorsqu'il tombe amoureux de Mathilde. Cependant, son indifférence à Mathilde quand il est en prison détruit le peu d'attachement que je lui ai porté. Après tout ce qu'elle a risqué pour lui, il la laisse comme ça sans aucun scrupule, sans amour. Le personnage insensible refait surface et son oportunitisme, sa volonté que tous flattent son orgueil est confirmé. C'est un personnage qui à mes yeux se rends odieux jusqu'à la fin. Par contre je ne suis pas d'accord avec vous, il est loin d'être sot, il est égoïste, prétentieux, narcissique, oportunitisme, ambitieux à l'excès, mais certainement pas sot.
Bonjour,
Il est vrai qu'à la fin de l'oeuvre, Julien m'a déçue un peu mais pour tout avouer, j'ai eu horreur des trois cent premières pages soit jusqu'à la rencontre de Julien avec Mathilde et des dix dernières. Autant dire, qu'il n'y a pas eu beaucoup de pages qui m'ont plu. Le fait que ce personnage ne perde jamais sa "vraie" nature, si je peux m'exprimer ainsi, peut montrer que les individus ne changent pas totalement : sur ce point là, je ne suis pas totalement d'accord mais l'ambition est peut-être plus forte que tout autre sentiment. On peut même se demander si Julien n'est pas tombé amoureux de Mathilde grâce à son statut et à l'avancée sociale qu'elle pourrait lui garantir. (?) La fin m'a plu dans le fait que Julien revient à son premier amour avec Mme Rênal qui semble un amour plus pur et plus simple dénoué de toute ambition. Il est vrai que Julien abandonne égoïstement Mathilde mais leur histoire est jalonnée par leurs sentiments personnels : Mathilde est elle trop orgueilleuse tandis que Julien trop égoïste. En un sens, ils se sont bien trouvé et se sont fait subir à chacun les "mêmes horreurs". Oui, Julien n'est pas sot, en effet !! Il a de nombreux défauts mais celui-là ne fait pas partie de cette liste. A l'inverse de vous, je ne trouve pas que Julien soit un personnage odieux : c'est un être égoïste, certes, mais n'est-il pas comme la plupart des hommes ? N'est-ce pas de connaitre son envie de s'élever socialement par tous les moyens qui vous le faire rendre odieux ? Si vous n'aviez pas su quelle était son ambition, peut-être aurait-il été pour vous un personnage plus attachant ? Pour ma part, lorsque je juge un individu voir un personnage de roman, je n'oublie pas que ce n'est toujours qu'un homme et qu'il peut avoir du charme même en ayant de (nombreux) défauts. Parfois même, les défauts font tout le charme d'une personnalité.
Je ne voudrais pas défendre ce personnage puisqu'apparemment j'en fais une (très) mauvaise interprétation. Je ne fais que vous exprimer mon avis : dites-moi si j'ai tort ou raison, si vous êtes de mon avis ou non, etc.

Bonne après-midi à tous. 😀
fleur au vent a écrit :Oui Fantine est aussi un beau personnage. Puisque tu as vu des adaptations, si tu arrives à trouver le temps de lire le livre, tu me diras ce que tu as pensé des films par rapport au livre.
Pour ma part, j'ai trouvé l'adaptation que j'ai vu, avec Lino Ventura qui joue Jean Valjean, assez peu fidèle surtout en ce qui concerne le dénouement.
Pas de problème, je crois que je vais aller dans ma librairie vendredi pour m'offrir ce chef d'oeuvre. Je te dirai ce que j'en aurai pensé. Je vais avoir un peu de temps vu que j'ai, enfin, achevé mes lectures de l'année alors en attendant l'année prochaine…
J'ai personnellement beaucoup de mal avec Hugo et de façon générale avec les Romantiques, je trouve que c'est "too much", l'exaltation de la nature, le lyrisme tout ça c'est trop pour moi x). C'est sûrement pour ça que j'adore le XX ème s et leurs auteurs plus "épurés" (évidemment je ne mets pas Proust, que j'apprécie beaucoup d'ailleurs, dans le même panier !) et des auteurs comme Duras ou Sarraute, qui malgré leur écriture apparemment simple et minimale, réussissent à délivrer un panel d'émotions assez large.

Je suis un grand fan de Dostoeivski mais jusqu à présent je n'ai lu que des oeuvres courtes comme Le Joueur ou Le Rêve de l'oncle et aucun de ses pavés. Je viens d'acheter Crime et châtiment et Les Humiliés et les offensés x).

Et oui Kundera, est, à mon avis, un auteur qu'il faut lire absolument : j'ai lu La Plaisanterie et L'Insoutenable légèreté de l'être. Evidemment, le contexte politique est ultra présent mais l'auteur livre de belles réflexions sur l'éternel retour par exemple.
Il me semble que ta vision du personnage de Julien Sorrel est juste. Il est vrai que nous lecteur, nous sommes sans doute bien plus dur avec les personnages qu'avec nous même. Mais n'est ce pas le but ? En portant un jugement sur un homme imaginaire, cela me permet souvent de mettre en lumière mes propres défauts et de travailler sur moi pour les gommer.
Bien sur qu'il existe beaucoup d'hommes comme Julien Sorrel, et surtout à cette époque où les classes sociales étaient très séparées. Julien Sorrel est l'un de ces homme porté à son paroxysme, et c'est sans doute en cela qu'il nous est odieux.
Pour ma part, il me semble que l'ambition ne devrait jamais être mise avant les grandes valeurs morales et les belles joies ( je pense à l'amour, la fidélité, la sincérité, l'honneteté et le goût pour quelque chose ). Les qualités de se jeune homme aurait pu lui permettre d'être heureux, et même peut être de s'élever socialement, si il n'avait pas laisser cette ambition démesurée le ronger, et finalement, n'est ce pas elle qui détruit sa vie ?
Je pense qu'en fait, que le véritable but de Stendhal était de montrer l'impossibilité de l'élévation sociale, dans la société de la Restauration ; injustice qui entraine à des extrémité, comme celle de Julien, au crime et finalement à la mort des uns et des autres. Oui je comprend. Moi je suis un peu comme les Romantiques alors cela ne me gène pas. La vision de Victor Hugo en ce qui concerne la rédemption, la possibilité du changement radical, l'amour de Dieu toujours présent, la nature sublimée dans ses yeux … ce sont mes conceptions aussi à quelques points près.
J'avoue ne pas bien connaitre la littérature du XX ème siècle. Je n'ai lu que l'étranger de Camus, qui m'a bien plus même si le personnage de Meursault reste une énigme. C'est peu être l'énigme de ce personnage, l'incompréhension et l'apparente impersonnalité qui l'entourent qui font le charme du héros, et du roman. L'écriture est elle aussi très épurée, c'est plutôt agréable. L'écriture du néant exprime avec clarté, ( encore une fois apparente ) , le personnage et les questions qui s'en dégage.
D'ailleurs, comment comprenez vous Meursault ?
Pour moi c'est un homme qui, blessé par la vie, s'est enfermé en lui même au point d'avoir peur de lui, des autres. Cette insensibilité serait une sorte de carapace de protection contre sa sensibilité ou même à ce moment là, contre son hypersensibilité. Ce qui me fait penser cela ce sont les perceptions frappantes et vibrantes, quoique dérisoires, en ce qui du monde qui l'entoure. J'ai l'impression d'une sensibilité enfermée qui perce un instant. Cette hypothèse me semble confirmée par la narration à la 1ère personne, nous n'avons pas à faire avec un narrateur omniscient. Meursault ne dis donc que ce qu'il veut bien nous révéler de sa personne et de ses pensées. Il accorderai plus d'importance au faits qu'à sa pensé, ceux si feraient alors offices de diversion .
Quel est votre avis ? 🙂
Ségolène B a écrit :
fleur au vent a écrit :Oui Fantine est aussi un beau personnage. Puisque tu as vu des adaptations, si tu arrives à trouver le temps de lire le livre, tu me diras ce que tu as pensé des films par rapport au livre.
Pour ma part, j'ai trouvé l'adaptation que j'ai vu, avec Lino Ventura qui joue Jean Valjean, assez peu fidèle surtout en ce qui concerne le dénouement.
Pas de problème, je crois que je vais aller dans ma librairie vendredi pour m'offrir ce chef d'oeuvre. Je te dirai ce que j'en aurai pensé. Je vais avoir un peu de temps vu que j'ai, enfin, achevé mes lectures de l'année alors en attendant l'année prochaine…
Ok j'attends ton avis avec impatience. Profites en bien.
🙂
fleur au vent a écrit :Il me semble que ta vision du personnage de Julien Sorrel est juste. Il est vrai que nous lecteur, nous sommes sans doute bien plus dur avec les personnages qu'avec nous même. Mais n'est ce pas le but ? En portant un jugement sur un homme imaginaire, cela me permet souvent de mettre en lumière mes propres défauts et de travailler sur moi pour les gommer.
Bien sur qu'il existe beaucoup d'hommes comme Julien Sorrel, et surtout à cette époque où les classes sociales étaient très séparées. Julien Sorrel est l'un de ces homme porté à son paroxysme, et c'est sans doute en cela qu'il nous est odieux.
Pour ma part, il me semble que l'ambition ne devrait jamais être mise avant les grandes valeurs morales et les belles joies ( je pense à l'amour, la fidélité, la sincérité, l'honneteté et le goût pour quelque chose ). Les qualités de se jeune homme aurait pu lui permettre d'être heureux, et même peut être de s'élever socialement, si il n'avait pas laisser cette ambition démesurée le ronger, et finalement, n'est ce pas elle qui détruit sa vie ?
Je pense qu'en fait, que le véritable but de Stendhal était de montrer l'impossibilité de l'élévation sociale, dans la société de la Restauration ; injustice qui entraine à des extrémité, comme celle de Julien, au crime et finalement à la mort des uns et des autres.
Je ne pense pas qu'il faut être plus dur envers eux mais être juste et franc envers nous-même. Il est vrai que les personnages de romans ont cette faculté de remettre en question nos propres actes et nos propres pensées. Il me semble qu'ils ne sont pas les seuls à pouvoir le faire donc dans un sens, un roman n'a pas que ce but là. Nous pouvons aussi nous remetre en question par d'autres biais mais en reprenant ce que dis Stendhal dans Le Rouge et le noir, un roman est un miroir que l'on promène le long d'un chemin (désolée pour la citation approximative ) Pour ce qui est de l'ambition, je suis du même avis que vous mais malheureusement (ou heureusement, je ne sais pas), je suis très pessimiste à l'égard de l'être humain et il me semble qu'un homme porté par l'ambition est prêt à accomplir n'importe quel acte dans le but de réussir. Vous, au contraire de moi, vous avez une vision très optimiste voire très romantique (et non au sens littéraire) de la vie et de l'homme. Je ne suis pas certaine qu'on tombera d'accord sur ce sujet.. 🙂 Pour ce qui est de l'interprétation que vous faisez du but de Stendhal en écrivant Le Rouge et le noir, je suis assez d'accord avec vous. Il est vrai que dans une société post-révolutionnaire et qui se veut une parfaite réplique de ce qui se passait avant la Révolution, l'élévation sociale était difficile voire impossible. Ce ne fut pas le crime de Julien que d'essayer de s'élever : les principes de la Révolution montre qu'il en avait la légitimité, c'est seulement le cadre où Stendhal a placé son personnage qui l'a empêché d'évoluer comme il le souhaitait même si son tempérament devait, dans n'importe quelle société, je pense, le mener à sa propre perte. Enfin, le fait de finir ce roman par la mort du personnage semble un peu être une excuse de Stendhal de l'avoir créée. En effet, ce n'est pas un personnage que l'on pourrait qualifier de héros et il a du subir de nombreuses critiques. Cette fin est donc, selon moi, un moyen pour Stendhal que l'on ne lui jette pas totalement la pierre. Il renonce en partie à faire triompher son personnage qu'il trouvait peut-être odieux aussi. (je ne sais pas et préfère ne pas me prononcer sur le but véritable de Stendhal en écrivant ce roman)
fleur au vent a écrit :
D'ailleurs, comment comprenez vous Meursault ?
Pour moi c'est un homme qui, blessé par la vie, s'est enfermé en lui même au point d'avoir peur de lui, des autres. Cette insensibilité serait une sorte de carapace de protection contre sa sensibilité ou même à ce moment là, contre son hypersensibilité. Ce qui me fait penser cela ce sont les perceptions frappantes et vibrantes, quoique dérisoires, en ce qui du monde qui l'entoure. J'ai l'impression d'une sensibilité enfermée qui perce un instant. Cette hypothèse me semble confirmée par la narration à la 1ère personne, nous n'avons pas à faire avec un narrateur omniscient. Meursault ne dis donc que ce qu'il veut bien nous révéler de sa personne et de ses pensées. Il accorderai plus d'importance au faits qu'à sa pensé, ceux si feraient alors offices de diversion .
Quel est votre avis ? 🙂
Je dois dire que ton analyse m'a étonnée. Elle pourrait être juste, mais n'oublions pas que nous pouvons, et que Camus lui-même résumait son oeuvre en une phrase : dans notre société, un homme peut être accusé à mort parce qu'il ne pleure pas à l'enterrement de sa mère ; oeuvre dont le titre est "L'Etranger". Selon toi, Meursault serait avant tout un homme comme les autres… et parce qu'il aurait été "blessé par la vie", il serait mis au rebut de la société du fait de son comportement étrange.

Pour moi, Meursault est avant tout ce qu'il paraît être : un homme très simple, qui semble n'avoir qu'un contact très superficiel avec la société. La narration à la première personne me paraît plutôt être une tentative de l'auteur pour nous empêcher de prendre du recul par rapport à ce personnage, nous faire coller à ses pas et à ses pensées. Meursault n'est pas insensible, loin de là : il parle souvent de la nature, et appelle sa mère "Maman", ce qui est une marque d'affection.

Il n'est certes pas comme les autres, mais je ne pense pas que ce soit dû à une blessure quelconque ; je crois plutôt que c'est un homme pur, dépouillé de toutes les hypocrisies de la société : sa nature s'exprime directement, sans qu'il ressente le besoin, inconscient ou non, de refouler ses pensées, juste parce qu'elles ne seraient pas conformes à ce qu'attend la société.

Tu dis qu'il montre une attitude insensible. Mais si elle nous paraît insensible au premier abord, c'est parce que nous y sommes conditionnés. Ne pas ressentir de chagrin à la mort de sa mère, quel scandale ! Camus dénonce les normes ultra-strictes de la société, qui refusent la différence - au point de l'exterminer. Meursault est un personnage singulier parce qu'il refuse le mensonge… et de fait, selon la vision de Camus, la plupart des émotions que nous exprimons sont préfabriquées, pour justement se conformer à ce que la société attend de nous.

Si l'écriture est épurée, comme tu le dis, c'est parce que justement, Meursault est pur, simple, plus qu'aucun autre homme.

Cela dit, je reste ouverte à toute critique. 🙂
Oui ton analyse est sans doute plus réaliste. Je pense en effet que c'est ce qu'a voulu dire l'auteur, même si ma perception me plait mieux et semble plus collée avec la vie réelle. Le sens de l'oeuvre n'est pas forcement celle que l'on voudrait qu'elle soit.
A mon avis, il y a d'autres interprétations possibles. Meursault pourrait avoir été déshumanisé par cette société qui conditionne les esprits dans des conventions, des dogmes… Il y aurait alors accusation des convention qui déshumanise. L'étranger serait l'homme montrant la déshumanisation à son paroxisme. Ainsi, Meursault serait l'image avancé d'une société, d'hommes qui courrent à leur perte, à leur robotisation, à leur inhumanité. Cette interprétation rejoint plutôt bien le contexte historique, les horreurs de la 2ème guerre mondiale et ces questions : Pourquoi l'homme ? Pourquoi de telles actions ? Qui est l'homme ? Cette analyse est un peu approximative, mes idées peu claires je l'avoue, mais il me semble qu'elle serait aussi à développer.
Ca y est, Les Misérables sont achetés. Mais vu l'épaisseur de l'ensemble, je sens que je vais en avoir pour un petit moment, d'autant que pour le moment je suis en train de lire d'autres choses que j'ai en réserve depuis pas mal de temps…
Ouais, moi j'ai échelonné la lecture de l'ensemble sur deux ans. Bonne lecture 🙂
Je ne pense pas mettre autant de temps parce qu'une fois que je commence je vais au bout d'un livre mais je dois reconnaître que je n'avait pas vu ce livre aussi gros. 🙂
Je suppose que tu mettras bien moins longtemps; quand j'ai commencé à le lire je n'avais pas du tout l'habitude des " classiques " j'étais en 3 ème, j'ai trouvé les digressions du premier tome particulièrement longues. 🙂
Bonsoir,
Ton nom me sempble astucieux Fleur au vent ? Belle image de la nature, saurait-tu me justifier ton choix ? 🙂
Ton nom me semble astucieux Fleur au vent ? Belle image de la nature, saurais-tu me justifier ton choix ?
Et le tien, Melodie de la Mer ? Cela dit, c'est peut-être un peu hors sujet ici.
Mieux vaudrait en parler dans la discussion Que veulent dire vos pseudos ?, rubrique "Vie du site".