Pour ceux qui veulent juste parler de littérature

Littérature

72 réponses · Page 1 / 4

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous
J'en ai assez de ne jamais pouvoir parler littérature avec quelqu'un sans qu'au bout de dix minutes on me fasse comprendre qu'il n'en n'ont pas grand chose à faire, ou que je ne parle que de littérature. Alors, bienvenue aux personnes qui comme moi veulent " juste " parler littérature, pour le plaisir, pour partager, pour extrapoler ensemble, s'envoler ensemble, réfléchir ensemble.
Je suppose qu'il y a des centaines de personnes qui sont aussi fous que moi 😉 alors surtout, n'hésitez pas 🙂 En fait,
je m'appelle Orane, je suis folle ( oui un peu aussi ) de littérature. J'aime beaucoup Victor Hugo.
En ce moment je lis les Misérables, génial non ?
Bonsoir Orane !
Comme toi, j'aime la littérature, c'est pourquoi j'ai suivi des études littéraires.
Pour moi, la littérature est un art, comme la peinture, la musique, la sculpture… J'aime les auteurs qui dépeignent notre société avec leur propre regard, et c'est cette métaphore originale qui définit l'essence de l'art. A l'instar de l'intelligence, cette capacité à rallier des faits pour tisser la toile de la métaphore, l'art littéraire prend comme base la réalité pour s'évader vers une autre vision inconnue du monde. Cependant, il est vrai que la littérature n'a pas toujours occupé cette place avec le naturalisme et le réalisme, essentiellement voué à la ressemblance d'une réalité. Aujourd'hui, la tendance est à l'ironie : elle dit le faux pour faire ressortir le vrai.
Quelle est ta vision de la littérature ? Quels sont tes auteurs préférés ?
Bonsoir,
Je suis super contente que quelqu'un m'ai répondu. Merci
Ma vision de la littérature ? Pour moi c'est surtout un monde d'évasion, une autre vie qu'on se crèe et se recrèe, des amis imaginaires avec lesquel on partage quelques heures, quelques jours, des expériences, des rêves.
Bien sur, c'est aussi un véritable puit de richesse en ce qui concerne la connaissance, aussi bien de l'histoire, du monde, des hommes et cela offre une véritable piste de réflection pour rééxaminer ma vie, ma manière de penser, ma manière de voir le monde. Et puis, il y a l'écriture en soit, la beauté des mots, la beauté des images …
Les émotions partagés, les paysages esquissés par la plume d'un homme qui a mon avis m'offre le plus beau cadeau, celui de m'intégrer à sa vision pour que son expérience soit un peu la mienne. Voilà.
Mes auteurs préférés, malheureusement je trouve que pour le moment ma liste est bien courte : Victor Hugo, Pierre Bottero, Balzac.
J'aime beaucoup la plume de Maupassant mais son pessimisme poussé au maximum me fatigue, c'est un peu pareil pour Zola.
N'oublie que la littérature est un verteur bénéfique pour l'expérience. Nous vivons des histoires, voyageons dans des pays, rencontrons des peuples. Or, l'expérience nous fait murir, donc la littérature permet d'évoluer spirituellement. Tout le monde n'a pas les moyens de voyager pour visiter un pays, partager. Et les livres le permettent.
Pour moi, le pessimisme n'est pas forcément une mauvaise chose dans l'écriture, du moment que la métaphore du monde est respectée. Ne lis tu pas des auteurs d'aujourd'hui ?
Bonjour,
Je comprends parfaitement ce que tu veux dire Orane. Moi aussi, à chaque fois que je parle littérature en déhors de la fac de lettres, on me fait très vite comprendre que je dois me taire. C'est dommage mais bon, c'est comme ça, il faut faire avec.
Je ne saurais pas vraiment dire ce que représente la littérature pour moi parce qu'en fait, elle représente tout et je ne pourrais détailler.
Je vois que tu lis Les Misérables et je dois dire que je t'envie beaucoup. Cela fait pas mal de temps que j'ai envie de lire cette oeuvre mais je n'ai pas le temps. En plus, quand je commence un livre, je n'aime pas trop m'arrêter au milieu et vu l'épaisseur… Par contre j'ai lu Notre-Dame de Paris et c'est absolument formidable.
Par contre, je ne partage pas ton point de vue sur Zola. Et oui, je dois être une des seules dingos complètement fan de cet auteur… Je dois quand même dire que justement, le pessimisme de Zola est tellement poussé à l'extrème que ça a plutôt tendance à me faire rire. Bon, après, question de point de vue.
Wow, Zola fait rire. Je ne partage pas du tout ton point de vue Segolène. Peut-on déjà parler de pessimisme extreme en parlant de Zola ? Rappellons quant même qu'il est le père du naturalisme, il voulait rendre une réalité, certe à sa manière, mais une réalité. Comment l'oeuvre de Zola peut-elle faire rire ? Une oeuvre sombre, soutenue de réalisme et de verdeur avant tout. Je ne pense pas que Zola fasse de l'ironie : dire du faux pour faire ressortir le vrai. Non, il s'évertue à decrire une vérité, sombre.
JennyFoal a écrit :Wow, Zola fait rire. Je ne partage pas du tout ton point de vue Segolène. Peut-on déjà parler de pessimisme extreme en parlant de Zola ? Rappellons quant même qu'il est le père du naturalisme, il voulait rendre une réalité, certe à sa manière, mais une réalité. Comment l'oeuvre de Zola peut-elle faire rire ? Une oeuvre sombre, soutenue de réalisme et de verdeur avant tout. Je ne pense pas que Zola fasse de l'ironie : dire du faux pour faire ressortir le vrai. Non, il s'évertue à decrire une vérité, sombre.
Oui, Zola est le père d'un naturalisme scientiste, qui, dans son projet affiché a pour projet d'être le fruit d'un travail d'anatomiste qui se contente de dire ce qu'il trouve dans le cadavre humain (Les Romanciers naturalistes) mais dans la facture même du texte, on s'aperçoit que l'oeuvre de Zola rejoint celle d'un moraliste, non d'un anatomiste. Zola a une conscience aiguë de la perversion des moeurs françaises à l'époque du Second Empire, il morigène ses compatriotes dans des livres qui professent un idéal de vertu antique que ne renierait pas Caton d'Utique. Et l'oeuvre de devenir très satirique, or la satire repose sur la moquerie, sur une forme de rire sardonique, nombreux sont les personnages de Zola suscitant la moquerie à leur égard : le comte Muffat, de Nana, est un clown triste, pathétique dans tous les sens du terme, Nana est une oie qui cuit dans son jus, Pierre et Félicité Rougon sont de fieffés opportunistes, ravagés par la cupidité et l'ambition, Maxime, beau-fils de Renée, est un crétin paumé, etc…
Attention, je ne dis pas que je suis pliée en deux quand je lis du Zola. Ce que je veux dire c'est que ses romans se terminent toujours en catastrophe où tout le monde meurt. Ce que je veux dire c'est que la fin est tellement prévisible que tout ce qu'on se dit c'est "comment ça va arriver". Ce qui m'amuse chez Zola, c'est qu'on suit toujours le même shéma. Et puis il faut bien reconnaître que malgré qu'il soit naturaliste, il se moque bien de la figure de ses personnages.
JennyFoal a écrit :N'oublie que la littérature est un verteur bénéfique pour l'expérience. Nous vivons des histoires, voyageons dans des pays, rencontrons des peuples. Or, l'expérience nous fait murir, donc la littérature permet d'évoluer spirituellement. Tout le monde n'a pas les moyens de voyager pour visiter un pays, partager. Et les livres le permettent.
Pour moi, le pessimisme n'est pas forcément une mauvaise chose dans l'écriture, du moment que la métaphore du monde est respectée. Ne lis tu pas des auteurs d'aujourd'hui ?
Oui sur ce point là je uis d'accord, mais je suis de ceux qui croient que tous peuvent changer, la fatalité que je vois chez Zola, ce trou dans lequel les parsonnages vont sombrer petit à petit me décourage. La vie est remplie d'obscurité, c'est certain, mais n'y a t il pas toujours ne serais-ce qu'un infime espoir ? Il décrit la réalité oui, mais y mèle aussi sa vision du monde. Je trouve qu'il pousse plus à un abatement, à une lucidité passive, sur les horreurs du monde qu'il ne pousse à se battre pour la vie, pour le bonheur, pour faire avancer les choses. Je ne sais pas, peut être que pour certains cela constitue le déclencheur d'une révolte contre cette " fatalité génétique ", personnellement je suis entrainée dans le même gouffre que les personnages, ça m'assome.
Je lis des auteurs d'aujourd'hui, mais plutôt en vrac, je ne connais aucun nom. Et puis, ces deux dernières années je n'ai presque lu que des classiques pour me constituer une culture littéraire pour le bac et la prépa.
( Et oui je ne suis qu'en première )
Ségolène B a écrit :Bonjour,
Je comprends parfaitement ce que tu veux dire Orane. Moi aussi, à chaque fois que je parle littérature en déhors de la fac de lettres, on me fait très vite comprendre que je dois me taire. C'est dommage mais bon, c'est comme ça, il faut faire avec.
Je ne saurais pas vraiment dire ce que représente la littérature pour moi parce qu'en fait, elle représente tout et je ne pourrais détailler.
Je vois que tu lis Les Misérables et je dois dire que je t'envie beaucoup. Cela fait pas mal de temps que j'ai envie de lire cette oeuvre mais je n'ai pas le temps. En plus, quand je commence un livre, je n'aime pas trop m'arrêter au milieu et vu l'épaisseur… Par contre j'ai lu Notre-Dame de Paris et c'est absolument formidable.
Par contre, je ne partage pas ton point de vue sur Zola. Et oui, je dois être une des seules dingos complètement fan de cet auteur… Je dois quand même dire que justement, le pessimisme de Zola est tellement poussé à l'extrème que ça a plutôt tendance à me faire rire. Bon, après, question de point de vue.
Oui l'écriture de Hugo est magnifique, le récit, tout est superbe …
En ce qui concerne Zola, je suis tellement Romantique et optimiste que j'ai dû mal avec les histoires qui finissent mal, entre deux ça va, mais quand tout le monde finit au fond du trou, c'est trop dur, mes nouveaux amis de papiers finissent comme ça, snif. Les seuls fois où cela ne me dérange pas c'est quand le personnage m'est vraiment désagréable, Julien Sorrel par exemple, dans ce genre de cas un petit pincement de coeur suffit. Je suis une vrai fleur bleue 🙂
Cela n'empêche que j'aime quand même Zola, mais il me désespere …
Quand j'ai lu L'assomoir en seconde, j'ai aussi été désespérée mais depuis, je me suis habituée à ses fins où tout le monde il meurt et du coup, comme je m'y attends, celà ne me fait pas le même effet. La question n'est plus "est-ce que quelqu'un va mourir", ni même "qui va mourir" parce qu'on s'y attend, mais "qu'est-ce qui va arriver et comment il va mourir" ?
Il n'y a que Germinal que je n'ai pas trop aimé parce que les histoires de mines, bof, et puis les histoires de grèves on en a assez à notre époque sans en plus se plonger dans les grèves du temps de Zola…
Foedor a écrit :
JennyFoal a écrit :Wow, Zola fait rire. Je ne partage pas du tout ton point de vue Segolène. Peut-on déjà parler de pessimisme extreme en parlant de Zola ? Rappellons quant même qu'il est le père du naturalisme, il voulait rendre une réalité, certe à sa manière, mais une réalité. Comment l'oeuvre de Zola peut-elle faire rire ? Une oeuvre sombre, soutenue de réalisme et de verdeur avant tout. Je ne pense pas que Zola fasse de l'ironie : dire du faux pour faire ressortir le vrai. Non, il s'évertue à decrire une vérité, sombre.
Oui, Zola est le père d'un naturalisme scientiste, qui, dans son projet affiché a pour projet d'être le fruit d'un travail d'anatomiste qui se contente de dire ce qu'il trouve dans le cadavre humain (Les Romanciers naturalistes) mais dans la facture même du texte, on s'aperçoit que l'oeuvre de Zola rejoint celle d'un moraliste, non d'un anatomiste. Zola a une conscience aiguë de la perversion des moeurs françaises à l'époque du Second Empire, il morigène ses compatriotes dans des livres qui professent un idéal de vertu antique que ne renierait pas Caton d'Utique. Et l'oeuvre de devenir très satirique, or la satire repose sur la moquerie, sur une forme de rire sardonique, nombreux sont les personnages de Zola suscitant la moquerie à leur égard : le comte Muffat, de Nana, est un clown triste, pathétique dans tous les sens du terme, Nana est une oie qui cuit dans son jus, Pierre et Félicité Rougon sont de fieffés opportunistes, ravagés par la cupidité et l'ambition, Maxime, beau-fils de Renée, est un crétin paumé, etc…
Je pense qu'à l'instar d'Alfred de Musset & Las Caprices de Marianne, Zola nous montre des personnages risibles pour mieux cerner ce cote pathétique de la chose. N'est-il pas plus noir que de rire d'un personnage "qui cuit dans son jus", d'un clown pathétique ? Je crois tout simplement que c'est un procédé subtile visant à opérer un clivage entre ceux qui rient et ceux dont on rit. Les moqueries et fantasques du compagnon de Coelio dans les Caprices ne rendent-il pas plus grave la mort d'un protagoniste non compris et seul ? Je suis persuadée que si.
fleur au vent a écrit :Oui l'écriture de Hugo est magnifique, le récit, tout est superbe …
En ce qui concerne Zola, je suis tellement Romantique et optimiste que j'ai dû mal avec les histoires qui finissent mal, entre deux ça va, mais quand tout le monde finit au fond du trou, c'est trop dur, mes nouveaux amis de papiers finissent comme ça, snif. Les seuls fois où cela ne me dérange pas c'est quand le personnage m'est vraiment désagréable, Julien Sorrel par exemple, dans ce genre de cas un petit pincement de coeur suffit. Je suis une vrai fleur bleue 🙂
Cela n'empêche que j'aime quand même Zola, mais il me désespere …
Bonjour à tous,

Je suis aussi une fana de littérature et viens rajouter mon petit grain de sel dans cette discussion. 🙂 Je ne suis pas d'accord avec vous Fleur au vent quand vous parlez du livre de Stendhal. Pour ma part, il est vrai que j'ai eu du mal à supporter Julien Sorel au début, mais il me semble que c'est tout de même un personnage très attachant surtout à la fin de l'oeuvre. Sa rencontre avec Mathilde, leur idylle, puis son procès sont des moments que j'ai vraiment adorés. Je dois avouer que le livre ne me plaisait guère au début et que ce n'est qu'à partir de la rencontre de Julien avec Mathilde que j'ai pu vraiment l'apprécier. Et qu'à cela ne tienne, mais sa mort m'a causé du chagrin parce que je trouve que c'était un personnage attachant et très intéressant. Mais ce n'est que mon humble avis.
Attachant, attachant, comme tu y vas 🙂 ! C'est un sot !
Je suis sûr que Stendhal s'est éclaté à l'écrire, son pavé.
Je ne fais que donner mon avis. Je ne dis pas que j'ai raison : c'est simplement mon ressenti. Il y a sûrement des personnages que vous pouvez trouver attachants, que je trouverai sots.

Je suis d'accord avec vous sur le fait qu'il est sot mais cela donne du charme à ce personnage, toujours selon moi. Dans son histoire avec Mathilde, l'amour qu'il lui porte et cette histoire plus que compliquée m'a intéressée. Je ne saurai me justifier même si le but de Stendhal était de dénigrer son personnage principal, tant pis pour moi si je ne l'ai pas compris. Mais je persiste, je trouve Julien, un personnage de roman attachant aussi sot qu'il soit.
Je vous rejoins sur ce forum parce que MOI AUSSI j'aime la littérature, bien que au contraire de certains d'entre vous, je peux partager cet amour avec mes amis qui sont aussi férus de lettres que moi.

Personnellement je n'apprécie que très peu Zola ou même Maupassant ..
Qui plus est, je trouve que Victor Hugo est un personnage prétentieux bien qu'il faut l'avouer, c'est un génie. (j'ai dévoré le dernier jour d'un condamné)

Mes romans préférés sont Les Liaisons Dangereuses de Laclos (d'ailleurs le film l'a pourri), ainsi que Le Parfum de Sinskund et Crime et Châtiment de Dostoievski.


Mais le meilleur des meilleurs c'est Milan Kundera…
L'insoutenable légèreté de l'être, la Valse aux adieux
Mmmmh

Les avez vous parcourus ?
Hugo avait bien raison d'être prétentieux. Un peu de désordre dans l'ordre, ça fait jamais de mal 🙂 !
Forcément qu'il pouvait l'être, mais tout de même, un peu de modestie les gars quoi !
" Victor Hugo était un fou qui se prenait pour Victor Hugo." Cocteau 🙂
Haha pas mal.
J'aurai rêvé être une Victorienne Hugo.
Trop de cumuls pour moi, je me contenterais d'être un Marcel Proust. 😜