Langues citées dans le Gaffiot

Langues anciennes

7 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour,

dans la dernière édition du Gaffiot, à mīllĕ est citée une langue dont l'abréviation est p.-ê, que doit en être une reconstituée car le nom cité est précédé d'une étoile : *smī-ghslī. Qu'est-elle?
p.-ê = peut-être - c'est à dire que le terme smī-ghslī est hypothétique.

Ou ai-je mal compris votre question?
C'est une hypothèse de reconstitution de l' indo-européen, donc.
Le proto-indo-européen, oui, sans doute; mais je ne possède pas la dernière édition du Gaffiot, et le mien ne comporte pas d'étymologies.
Toutes les racines indo-européennes sont reconstituées, mais dans ce cas précis je pense que le "p.-ê." es dû au fait que les savants ne sont pas d'accord sur l'étymologie de "mille", qui reste obscure.
Michiel de Vaan, Etymological Dictionary of Latin and the other Italic Languages, Leiden, Brill, 2008 p.380 a écrit : PIt. *smīχeslī.
PIE *sm-ih2-ǵhes-l-ih2 "having one thousand". IE cognates : Skt. sahásra-, Av. hazaŋra- < IIr. *saj́hasra- < PIE *sm̥-ǵhéslo- "having one thousand" ; Gr. χίλιοι (ῑ), Ion. χείλιοι, Aeol. χέλλιοι "thousand" < PGr *khehliyo- < PIE *ǵhesli(H)o- "of a thousand".

Double -ll- in mīlle can be interpreted as indicating palatal l, not necessarily double *-ll-. The mostly accepted etymology as * sm-ih2-ǵhes-l-ih2 "one thousand" is based on the comparison with the IIr. forms for "thousand" which reflect *sm-ǵhes-lo-, and with the Greek form. Adjectival *ǵhes-lo- "heap" was substantivised to f. ǵheslih2-, and "one" consequently acquired the f. form. Meiser 1998 posits a phonetic development from *sm-ih2-ǵhes-l-ih2 > PIt. *smīχeslī > mīhelī > mīhīle > mīlle. He atributes final short *-i in PIt. to loss of the final laryngeal in *-ih2, but this development is not certainly attested (its reconstruction for the ā-stems is uncertain). Alternatively, PIt. may have analogically changed the inflectional category of "thousand" to a n. i-stem ; the model may have been centum "hundred". Sihler explains n. -e as a back-formation to the pl. mīlia (cf. mare - maria).
Voilà. C'est dans l'ensemble assez clair, mais il faudrait aller voir ce que dit Meiser pour expliquer le développement propre à l'italique (notamment mīhelī > mīhīle ?).
Je ne comprends rien aux abréviations


PIE, est-ce Proto Indo Eur. ou Primary Indo Eur. ?
IE est indo Européen à coup sûr, mais il y en a plusieurs ; est-ce l'Indo Européen III ?


Av. je ne vois pas, IIr non plus, les autres sont les dialectes grecs ioniques et éoliens je pense…
PIE = Proto-Indo-European
IE = Indo-European, au sens large des langues historiques (ce qu'on appelle en anglais les daughter languages et en allemand les Einzelsprachen, il n'y a pas vraiment de terme spécifique en français).
Av. = Avestan
(P)IIr. = (Proto-)Indo-Iranian
PIt. = Proto-Italic

Je ne sais pas d'où tu tires la désignation d'"Indo-Européen III" (Martinet ?) mais elle n'est pas usitée ; ce genre de chronologies relatives du PIE ne font pas du tout consensus. Par défaut, les reconstructions que l'on donne sont les plus anciennes possible (donc laryngalistes sans coloration, avec alternance e/o, etc.). Lorsque l'on décrit une évolution phonétique (ou une analogie) au sein du PIE (avec les signes < et >) on ne se prononce que sur la chronologie relative, pas sur les états de langue (synchroniques) d'alors et encore moins sur leur datation absolue. Par ailleurs, dans bien des cas, deux phénomènes peuvent avoir eu lieu l'un avant l'autre, après l'autre, ou de manière contemporaine, sans que cela change quoi que ce soit. Les dater est alors pure spéculation. Enfin, une évolution peut avoir lieu à un temps t1 et s'être annulée (par une autre loi phonétique) à un temps t2 : on pose alors par erreur (mais par une erreur sans conséquence) que t0 = t2, et t1 ne peut en aucun cas être reconstruit. C'est un peu comme les évolutions masquées par la graphie, dans les langues historiques.

Même s'il ne brille pas par son originalité (l'auteur, très bon par ailleurs, n'est pas latiniste !..), le dictionnaire de Michiel de Vaan a le mérite d'être récent et à peu près consensuel (et donc d'utiliser les reconstructions actuellement en vigueur pour la plupart des comparatistes).

https://www.brill.com/etymological-dictionary-latin