Grammaire grecque - Questions
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Bonjour.
Comme je rencontre souvent des difficultés en lisant (ou essayant de lire) le grec, regrouper le tout en un sujet me semble plus pratique…
Deux formes, dans les Ephésiaques de Xénophon d'Ephèse me gènent :
erasthéiè ainsi que hupotagéiè
Bailly m'indique qu'hupotagéiè < hupotassô. Mais je suis perplexe. Comment peut-il donner cette forme ?
Merci à vous !
ὑποταγή est un dérivé de ὑποτάσσω, pas une forme verbale.
Si j'ai compris ta question…
Ça ne pose pas de problème en partant d'une racine ταγ "placer" (cf. ταγ-ός, τακ-τός, τακ-τ-ικός). Le présent est suffixal : *ταγ-yω > τάσσω/τάττω selon les dialectes, le suffixe n'est plus présent aux autres temps (sauf imparfait bien évidemment) et/ou modes (cf. lat. fac-io, fac-iebam vs fac, fac-ere, fec-i, fac-tum, mais c'est moins vrai en grec). ὑποταγείη est bien un optatif aoriste.
L'aspirée du parfait τέταχα n'est en revanche pas étymologique. C'est un fait assez répandu en néo-attique. On l'explique en général (cf. Chantraine, Morphologie historique du grec, §225 & §229) par l'analogie de l'infinitif ou de la seconde personne du pluriel moyens : τρέπω → τέτραφ-θε, τέτραφ-θαι ; d'où τέτροφ-α / τέτραφ-α. Τάσσω → τέταχ-θε, τέταχ-θαι ; d'où τέταχ-α. Il y a des hésitations pour certains verbes : πράσσω (< *πραγ-yω) → πέπρᾱγα / πέπρᾱχα, ἤνεγκον → ἐνήνεγμαι / ἐνήνοχα.
Pas très à l'aise avec ce langage, mais je comprends à peu près. Seulement…
Arthur a écrit :Ça ne pose pas de problème en partant d'une racine ταγ "placer" (cf. τάγ-ος, τακ-τός, τακ-τ-ικός). Le présent est suffixal : *ταγ-yω > τάσσω/τάττω selon les dialectes, le suffixe n'est plus présent aux autres temps (sauf imparfait bien évidemment) et modes (cf. lat. fac-io, fac-iebam vs fac, fac-ere, fec-i, fac-tum). ὑποταγείη est bien un optatif aoriste.
Le fait que le présent soit suffixal m'étonne. Tous les présents en σσω/ττω sont en fait les dérivés (je ne sais trop quel mot employer : corrige-moi) de la rencontre de la racine et d'un suffixe ?
Un optatif
aoriste ? Je ne suis plus très sûr de bien comprends là…
P.-S. Désolé, Anne. Voilà ce qui arrive quand on n'utilise pas l'alphabet grec : je voulais écrire ὑποταγείη et non ὑποταγη
L'aoriste 2 de l'optatif passif. Vois le Bailly à τάσσω.
S., tu devrais apprendre à utiliser un clavier grec, je n'aurais pas fait d'erreur de translitération.
S. a écrit :
Le fait que le présent soit suffixal m'étonne. Tous les présents en σσω/ττω sont en fait les dérivés (je ne sais trop quel mot employer : corrige-moi) de la rencontre de la racine et d'un suffixe ?
Tout à fait, tous les présents de ce type sont des présents suffixés en yod. C'est un groupe très important. L'inverse n'est pas vrai, tous les suffixes yod n'ont pas -σσ- / -ττ- pour aboutissement ; trois exemples :
δy > ζ : ὄζω / ὄδωδα, χέζω / κέχοδα…
λy > λλ : ἀγγέλλω / ἤγγειλα, στέλλω / ἔστειλα, βάλλω / ἔβαλον…
ρy > ιρ (métathèse) : φθείρω / ἔφθερα, βαίνω / ἔβην, χαίρω / ἐχάρην…
Et une forme en -(θ)είη est bien un optatif aoriste 3sg passif sur un aoriste en -(θ)ην, je ne vois pas où est ton problème.
Ah! ces messages de grammaire passionnante me font à chaque fois éteindre mon ordinateur et me jeter sur le premier livre de langue ancienne que je vois! 🙂
Moi c'est le contraire; ça me fait l'effet d'être un alpiniste amateur un peu trop prétentieux contemplant le sommet du Mont Blanc depuis la plaine…
Egalement, d'autant plus que je suis en pleines révisions pour un partiel de grec devant avoir lieu ce Vendredi.
J'ai un gros problème avec la mémorisation du vocabulaire, j'ai l'impression que ça rentre d'un côté et que ça ressort de l'autre.
Les apprendre n'est pas toujours efficace. Les rencontrer souvent et les reconnaître en revanche…
Oui, exactement. Apprendre le Martin, c'est quand même particulièrement fastidieux. D'autant que si l'on compare/complète avec le Gaffiot, cela peut devenir très long et très… indigeste 😀
Il faut lire et traduire souvent aussi, sans aucun doute.
Pardon, je n'avais pas réalisé que nous parlions du grec !! 😀
Mais c'est la même chose, d'ailleurs (et en parlant des Mots Latins, je faisais référence à un message de S. qui précisait que c'était devenu son livre de chevet !)
(J'avais dû dire "Martin", pour maintenir une certaine ambiguïté. Il faut dire que les deux me prennent autant de temps. 😀 Je n'avais pas souvenir que tu faisais du latin.)
(J'ai même beaucoup plus d'années de latin que de grec à mon actif 😉… Et pour revenir aux deux livres de Martin, apprendre les Mots latins me prend plus de temps que retenir Les Mots grecs… Il faut dire que ce dernier est… inachevé 🙂 Et je ne comprends pas toujours les choix qu'a fait Martin en latin : je trouve ses explications souvent imprécises, incomplètes -même si elles sont parfois longues - et… datées)
Ah oui ? Je n'en suis pas à ce point-là pour ma part ! 😀 J'ai encore du chemin à parcourir avant d'être en mesure de critiquer les choix du Martin. Mais tu compares systématiquement avec le Gaffiot ?
Bonsoir.
Un point de morphologie (à fond dedans) verbale me chagrine…
J'ai trouvé dans une grammaire un impératif 3P ἔσ-των pour εἰμί…
Allard indique plutôt οντων…
Auriez-vous de quoi éclairer ma lanterne ? 🙂
Merci !
Ἔστων est la forme originelle. Ὄντων pour εἰμί (comme ἰόντων pour εἶμι) est refait par analogie des thématiques en -όντων (λυόντων, etc.). Vois Chantraine, Morphologie, p. 270.
Merci, je file voir.
Les "variantes" dialectales et les formes archaïques sont extrêmement nombreuses pour les verbes comme εἰμὶ. Tu peux consulter avec profit la fin des articles du Bailly sur les verbes en question; je pense que tu le sais, mais au cas où… 🙂
Les "variantes" dialectales et les formes archaïques sont extrêmement nombreuses pour les verbes comme εἰμὶ. Tu peux consulter avec profit la fin des articles du Bailly sur les verbes en question; je pense que tu le sais, mais au cas où… 🙂
C'est vrai. C'est le genre d'article du Bailly qui me fait un peu peur.
Je ne l'ai pas avec moi, mais promis, je m'y mets dès que possible. 🙂