Différence entre une complétive et une relative

Langue française

88 réponses · Page 2 / 5

Bonsoir.

Ici, "le souhait" n'est pas l'antécédent d'une relative.
Si c'était le cas, que serait un pronom relatif COD de "accompagniez" et représentant "le souhait".
que vous l'accompagniez équivaudrait alors à vous l'accompagniez le souhait, ce qui n'aurait pas grand sens.

Il s'agit donc d'une complétive apposée à un nom.
Le souhait que vous l'accompagniez
Cette complétive pourrait aussi être COD du verbe correspondant au nom :
Je souhaite que vous l'accompagniez.
Il a exprimé le souhait que vous l'accompagniez.

J'aurais dit que la complétive est complément du nom souhait.
Je ne crois pas que l'on puisse dire cela.
Pourquoi ? Vous préférez l'apposition de Jehan ? Une autre fonction ?
J'aurais admis l'apposition si la phrase était par exemple : "Il a exprimé un seul souhait, que vous l'accompagniez."
Oui, je préfère une autre fonction, le complément de nom étant typiquement la fonction de la relative.
Pour moi, les complétives sont COD. Exprimer le souhait équivaut pour moi à souhaiter.
Je ne prétends pas toutefois être infaillible.
C'est mon sentiment, c'est tout, Anne.
Mais on souhaite quelque chose, alors qu'on exprime le souhait de quelque chose.
Une complétive n'est pas forcément COD, loin de là : elle peut être sujet, attribut du sujet, apposition, complément du nom, complément de l'adjectif.

Et Anne345 a raison : j'ai fait ici une erreur en parlant d'apposition, étant donné l'absence de virgule. C'est bien ici un complément de nom, terme qui n'est pas réservé aux relatives.

Exemples donnés par la Grammaire Robert & Nathan :
− sujet : Qu'il réussisse est mon souhait le plus cher.
− attribut du sujet : Mon souhait est qu'il réussisse.
− apposition : Je ne souhaite qu'une chose, qu'il réussisse.
− complément de nom : Je formule le souhait qu'il réussisse. (= le souhait de sa réussite)
− complément de l'adjectif : Je suis sûr qu'il réussira. (= sûr de sa réussite)
Alors pourquoi l'appelle-t-on complétive ?
Conjonctive complétive… Le terme est parfois impropre, c'est vrai. Encore qu'elle complète bien, dans la plupart des cas.
Mais il fallait bien trouver un terme pour la distinguer de la conjonctive circonstancielle.
Qu'aurais-tu proposé de plus judicieux, qui soit compatible avec toutes les fonctions qu'elle peut remplir ?
Bof, tout simplement conjonctive.
Je ne suis pas grammairienne mais j'avoue que complétive sujet ou attribut du sujet, cela ne me plaît pas beaucoup.
Comme je l'ai dit précédemment, c'est mon sentiment, et je ne me battrais pas pour le défendre.
J'ai tellement lu tout et son contraire dans les manuels de grammaire fournis à mes élèves que je ne suis plus sûre de rien.
Et d'ailleurs est-ce si important ?
Cela dit, quand tu es intervenue, ce n'est pas à propos de la nature
de cette proposition, mais de sa fonction,.
Pour "le souhait que vous l'accompagniez", quand Anne345 a proposé "complément de nom", tu lui as répondu "Je ne crois pas que l'on puisse dire cela."
Quelle autre fonction aurais-tu donc proposée pour cette conjonctive, dans ce cas précis ?
Eh bien, il me semblait que je l'avais écrit. Mais effectivement, tu as raison, je ne l'ai pas fait, peut-être justement à cause de l'absence de certitude. (je ne crois pas, ai-je répondu à Anne. Cela dit bien ce que cela veut dire.)

il a exprimé le souhait que… = (pour moi, je le répète) il a souhaité que…
Donc COD.
Sauf que là, ce serait le COD d'un nom, c'est original…
Et si l'on suit ton raisonnement :
J'effectue le rangement de la chambre = Je range la chambre
Vu l'équivalence possible avec le COD d'un verbe, "de la chambre" serait le COD de "rangement" ?
Pas si original, non.
Souhaiter est à ma connaissance un verbe de vVolonté qui appelle une complétive introduite par que, ranger, non.
À propos, je n'effectue pas le rangement de ma chambre. Je la range. Point.
On pourrait discuter des heures sur ce passionnant sujet, mais je m'en vais me promener dans les Calanques.
J'espère que tu as fait une bonne promenade dans les Calanques.
Moi, de mon côté, je suis allé m'aérer au bord de l'Océan… 🙂

Donc, selon toi, la proposition conjonctive "que vous m'accompagniez" serait un complément d'objet direct du nom "souhait", mais pour des raisons qui m'échappent, ce ne serait pourtant pas un complément du nom "souhait"
Faut-il absolument préciser ici "d'objet direct" pour que l'intitulé de la fonction soit valable ?
Donc, selon toi, la proposition conjonctive "que vous m'accompagniez" serait un complément d'objet direct du nom "souhait"
Voyons, Jehan, comment peux-tu me soupçonner de vouloir dire pareille ineptie ? Complément d'objet du nom ?
Cela se peut-il concevoir ?
Oh combien je souffre d'être ainsi méprisée et incomprise !

La phrase était, je crois :

Il a exprimé le souhait /que vous l'accompagniez.

Pour moi exprimer le souhait équivaut à souhaiter, je dirais donc que la proposition subordonnée conjonctive introduite par que est complément d'objet direct de cette périphrase verbale, si j'ose dire.
Je ne crois pas que cela soit absurde. (En latin, on aurait une proposition introduite par ut, ou une proposition infinitive COD.)
S'il était écrit : Il a exprimé un souhait /que tout le monde connaît, bien évidemment, je n'hésiterais pas à dire que la subordonnée relative est complément du nom souhait.

Mais dans le cas qui nous occupe, dire qu'une complétive est complément d'un nom, non, je ne peux pas. Désolée.

Et même ne peut-on considérer que la conjonctive est une déclaration orale qui complète davantage l'expression du souhait que le souhait lui-même ?
Vu sous cet angle… Je comprends mieux ton point de vue.
COD d'une périphrase verbale, pourquoi pas dans le cas présent ?

Cependant, l'on peut voir aussi les choses sous cet autre angle.

Il a exprimé un souhait. Il n'a pas exprimé n'importe quel souhait : il a exprimé le souhait que tout le monde connaît.

Il a exprimé un souhait. Il n'a pas exprimé n'importe quel souhait : il a exprimé le souhait que vous l'accompagniez.

Dans cette optique, on peut dire que la conjonctive, tout comme la relative, apporte une précision supplémentaire quant au nom "souhait" : elle aussi complète le nom.
Mais c'est une conjonctive, Jehan ! 😞
Elle ne complète pas le souhait, elle développe le contenu d'une déclaration, qui se trouve être un souhait je te l'accorde. Mais on aurait tout aussi bien pu dire il a voulu que, il a souhaité que, il a demandé que
COD, je n'en démordrai pas et tant pis si je me fais des ennemis. 😉
Je trouve difficile de distinguer une relative sans antécédent et une complétive dans certains cas, par exemple

1. J'ignorais qui tu voulais épouser.
2. Tu as épousé qui tu voulais. (Bon Usage, §1112 b 2)

Dans la première phrase, ''qui tu voulais épouser'' est une complétive.
Dans la deuxième phrase, ''qui'' réfère à une personne et occupe la fonction de COD dans la subordonnée, exactement comme le ''qui'' de la première phrase. Mais le Bon Usage l'analyse comme un pronom relatif, c'est-à-dire ''qui=celle (la femme précise) que''.
mathieu2000 a écrit :Je trouve difficile de distinguer une relative sans antécédent et une complétive dans certains cas, par exemple

1. J'ignorais qui tu voulais épouser.
2. Tu as épousé qui tu voulais. (Bon Usage, §1112 b 2)

Dans la première phrase, ''qui tu voulais épouser'' est une complétive.
Très exactement une complétive interrogative indirecte, introduite par le pronom interrogatif qui :
Qui veux-tu épouser ?, interrogation directe/J'ignore qui tu veux épouser, interrogation indirecte.
Dans votre exemple, le verbe de la principale étant à un temps du passé, le verbe de la subordonnée se met également au passé, selon le mécanisme dit de la concordance des temps.


Il est impossible de distinguer une relative sans antécédent et une complétive puisque la relative sans antécédent est une complétive.
Relative est une nature : une proposition introduite par un relatif.
Complétive est une fonction : sont complétives des propositions conjonctives, interrogatives (= introduite par un mot interrogatif) et relatives sans antécédent.