Prononciation (restituée) du "h" dans des mots comme nihil ou mihi en latin

Langues anciennes

2 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
Livres sur Amazon
Bonjour,

Je viens de lire que la prononciation du latin ecclésiastique voulait qu'on prononce le h [k] dans les mots comme mihi ou nihil, alors qu'il est généralement ignoré ailleurs (comme dans hic, par exemple).

Or, je sais que dans la prononciation restituée (pas celle enseignée à l'école, donc !), le h est aspiré dans hic. Je voudrais donc savoir ce que pense la prononciation restituée du h de mihi ou nihil. J'ai pensé qu'il pouvait s'agir d'un coup de glotte [ʔ], mais je ne suis sûr de rien.

Pouvez-vous m'éclairer ? Bien que la question ne soit pas existentielle, c'est une petite curiosité que j'aimerais satisfaire… 🙂
Bonjour,

C'est une habitude tardive, médiévale ; voyez ce qu'en dit l'Antibarbarum de Nolte et Wichmann (1780) :
“Absurda etiam est consuetudo pronunciantium H per CH, ut miCHi pro mihi, niCHil pro nihil; id quod ab Leonardo Aretino profectum est, qui consonantis C adjectionem in ejusmodi vocabulis serio defendere est adnixus, L. 8. Ep. 2. ad Antonium Grammaticum. Voss. Art. Gr. 149. A quo quidem tempore monachi ita non solum pronunciarunt, sed etiam scripserunt, ut codices complures manibus ipsorum exarati satis testantur, qui michi, nichil scriptum exhibent.”
Et deux articles ici : https://hesiodos.wordpress.com/category/latin/

En ce qui concerne mihi, la prononciation du < h > est incertaine ; mihi est probablement une forme dissyllabique restaurée par analogie de tibi et sibi. Donc, cela peut être une vraie aspiration [ h ], un coup de glotte [ʔ], ou un simple hiatus [-].

Quant à nihil < ne-hilum (chez Ennius, en tmèse), il n'y a pas de raison qu'il se prononce autrement qu'[ h ].

Cordialement.