La réécriture du mythe assure-t-elle sa permanence ou le détruit-elle en le déformant ?

Entraide scolaire

18 réponses

Bescherelle · L'essentielBac français 2027Fiches bac françaisBrevet 2027
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Bonjour à tous !
Nous sommes deux élèves de 1re L.
Pourriez-vous nous dire si notre plan est bon :
1er axe => En quoi les réécritures du mythe assure la longévité de ce dernier.
2e axe => En quoi la réécriture du mythe le déforme et par conséquent le détruit.
Quel genre d'argument pourions-nous avancer et auriez-vous d'autres idées de plan ? C'est assez urgent ! Merci d'avance.
La réécriture du mythe assure-t-elle sa permanence ou le détruit-elle en le déformant ?
Sans vous en tenir au mythe d'Orphée, vous répondrez à ces questions en vous appuyant sur les textes du corpus, sur les œuvres étudiées en classe et sur vos lectures personnelles.
Texte du corpus :
Texte A : Virgile, Géorgiques
Texte B : Ronsard, "L'Orphée en forme d'élégie" Les quatre Saisons de l'an, avec une églogue,
Texte C : Rilke, Sonnets à Orphée, Tragédie en un acte et un intervalle.
Texte D : Cocteau, Orphée, Tragédie en un acte et un intervalle.

Giulia et emilie
Bonjour,

Ce qui me gêne dans votre plan, c'est le fait que vous soyez autant polémique. Je m'explique, comment pouvez-vous affirmer dans votre devoir que d'une part les réécritures permettent de faire vivre un mythe et que dans une deuxième partie vous affirmez que cela le détruit ?
La destruction veut dire démonter et faire disparaître, alors que si l'on regarde dans la littérature et les autres arts un mythe qui est réécrit est certes souvent modifié mais il en garde l'essence ou les grandes lignes.
Il y a plusieurs mythes récurrents comme le donjuanisme, Faust et tant d'autres…
Je vous conseille d'aller voir Le dictionnaire des mythes littéraires de Pierre Brunel, il est la référence en mythocritique (C'est une partie de la Littérature comparée à l'université) Si vous ne l'avez pas dans votre CDI (ce qui serait étonnant) et que vous avez la faculté de lettres à proximité n'hésitez pas à aller faire un tour.
Ce livre vous aidera à trouver d'autres mythes récurrents dans la littérature et les autres arts et vous aidera à mieux comprendre le fonctionnement de la réécriture.

Si votre plan n'est pas parfait c'est qu'il est certain que vous n'ayez fait qu'un copier-coller de la problématique de votre professeur sans avoir fait l'analyse de la question. Il faut toujours avoir reformulé la question et avoir analysé dictionnaire et crayon en main les mots les plus importants du sujet. Cela aide à voir les limites du sujet et surtout à tracer un plan d'attaque du problème qui est plus travaillé et intelligent.

Et puis il n'est peut-être pas très bon de travailler dans l'urgence, pensez-y la prochaine fois 😉

En attendant postez les arguments que vous comptez utiliser car un plan peu être correct mais les illustrations utilisées peuvent ne pas convenir…

Bonne chance !!!
Bonjour Giulia et Emilie,

Les propos de Méliepuce sont pleins de bon sens.
Vous ne pouvez défendre à la fois une opinion et son contraire.
Je partage celle qui est exposée, à savoir que la réécriture contribue à la survivance du mythe par son actualisation. Un mythe ne reste vivant que s'il est utilisé.
Je commencerais donc dans une première partie à définir ce qu'est un mythe.

Le mythe est un phénomène culturel complexe. Généralement, c'est un récit, chargé de symboles, qui raconte l'origine du monde, des dieux, la création des animaux, des hommes, l'origine des traditions, des rites et de certaines formes de l'activité humaine. Le mythe est fondateur et presque toutes les cultures en ont possédé ou en possèdent. Relation d'événements situés dans un temps antérieur à l'histoire des hommes, récit mettant en scène des êtres et des processus surnaturels, le mythe est lié, à maints égards, à la religion. Il éclaire, par sa nature multiforme, bien des aspects de la vie individuelle et culturelle.

Dans une deuxième partie, j'examinerais les risques que court le mythe dans une société qui se désacralise et perd le sens de ses valeurs fondatrices.

Et je finirais sur l'idée forte que certains mythes continuent à vivre sous la plume d'auteurs qui l'utilisent parce qu'il garde sa part de mystère, de fascination et qu'il résiste à une analyse purement intellectuelle pour être irrigué par des courants souterrains qui plongent dans notre inconscient individuel et collectif.
Bonjour,
Tout d'abord, merci pour vos réponses qui ont été très constructives.
Nous avons pu réfléchir de façon plus intelligente au sujet et nous poser les bonnes questions ! 🙂

Voici donc mon plan :

1er axe : Le risque que court le mythe à être déformé dans une société qui perd ses valeurs fondatrices.

Pastiche et Parodie
==> définition du pastiche et de la parodie

Exemple 1 : Virgile travesti de Paul Scarron
==> Démythification qui ridiculise action et personnages. Dénonce côté stéréotypé de certains d'entres eux devenus si habituels qu'ils ont perdu leur originalité et efficacité.

exemple 2 : Pantagruel de Rabelais
==> Ridiculise personnage important en les associant à des métiers peuples. Registre pathétique détourné à des fins comiques. Parodie l'histoire épique dans le monde de géants du XVIe siecle. Enfer d'Epistémon parodique.

exemple 3 : Je dois le trouver dans le corpus proposé par la prof mais je n'ai pas l'impression que l'un de nos 4 textes soit une parodie ou un pastiche

2e axe : Certains mythes continuent à vivre sous la plume de certains écrivains qui l'utilisent en gardant leurs sens propre.

Transposition
==> Différentes formes de transformations de texte expliqué.

exemple 1 : Orphée de Jean Cocteau
==> Changement de contexte historique, géographique en transposant une situation éloignée dans une époque et lieux différents. Transposition générique puisque passe du récit à une pièce de théâtre.

exemple2 : Ulysse de James Joyce
==> Transposition des personnages : héros épique devient un personnage ordinaire.
Transposition du chant XI d'Homère. Évoque notre rapport à la mort : source de réflexion.
Même si traité de façon un peu ironique, évoque la condition humaine de façon sérieuse.

exemple 3 : Les fleurs du mal de Baudelaire
==> Réécrit la catabase + mythe de Dom Juan. Baudelaire reprend des éléments de la descente aux Enfers. Il croise 2 mythes.
Transposition générique : passe de la pièce de théâtre au poème ce qui l'instaure dans une durée éternelle donc figée.
D.J. => mythe adaptable donc donne une autre dimension au personnage.

Voilà, je me suis permise de réemprunter tes axes Jean-Luc en les changeant un peu.
Il me reste donc à faire l'intro où je ferai une référence à l'histoire du mythe ainsi que sa définition en introduisant la problématique et mes axes.

Voilà si vous pouvez me dire ce que vous en pensez ce serait sympa ! Toute autre critique ou suggestion est la bienvenue !

Pour le dictionnaire des mythes littéraires c'est un peu compliqué de le trouver car notre CDI est fermé pour une semaine et étant donné qu'on habite en Tunisie on n'a pas de Faculté de Lettres à proximité. On va quand même essayer de se le procurer par la prof de latin !

Merci d'avance.

Emilie
Bonjour Emilie,

C'est du bon travail.
Je ne te ferai pas de procès au sujet des droits d'auteur.

Dans ton premier axe, il n'y a pas que le risque du pastiche et de la parodie.
Il y a aussi celui de la dégénérescence ou de la rupture. (Peut-être que tu pourras alors trouver un exemple dans ton corpus).

Pour ma part, je vais t'indiquer deux exemples à creuser éventuellement.

1. Pour la dégénérescence :
Coupé de ses racines religieuses, le mythe de Don Juan dégénère. Au XXe siècle, alors que le nom est passé dans le langage courant comme synonyme de séducteur, la légende ne survit plus qu'à travers les conventions de la littérature populaire et du cinéma. Le mythe va jusqu'à s'abâtardir en des séductrices féminines dans le film Don Juan 73 de Vadim. Nous sommes bien loin de la révolte contre l'ordre paternel (divin et social) du siècle classique ou de la quête de l'absolu romantique.

2. Pour la rupture :

Poèmes d'Arthur Rimbaud - (Le cahier de Douai)
Vénus anadyomène

Comme d'un cercueil vert en fer-blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.
Rimbaud y réécrit la naissance de Vénus, déesse de l'amour, née de l'écume de la mer.
Le texte de Rimbaud pourrait être pris comme une parodie de potache qui prend par plaisir le mythe à contrepied. En fait il actualise le mythe en le plaçant dans la modernité de son temps, en le dépréciant par des détails scabreux, une laideur repoussante, un décor misérable. Rimbaud s'insurge contre un ordre bourgeois et sa culture parnassienne faite de clichés. Il inscrit sa révolte contre les nantis et la conception affadie de la poésie dans une conception baudelairienne du beau bizarre, surgissant paradoxalement de la laideur comme dans la Charogne. Avec Rimbaud nous découvrons une conception moderne de la poésie qui tend à démythifier.
Bonjour, et avant tout merci !
Nous préparons ce travail depuis déjà une semaine, mais nous ne connaissions pas l'existence de ce site, nous sommes des novices en la matière !
Nous avons lu vos réponses (encore merci) et nous avons suivi vos conseils et elaboré chacune nos plans.

Cependant il y a un point qui ne m'est pas clair, vous dites Jean-Luc que dans une première partie il faudrait définir le mythe puis "examiner les risques que court le mythe dans une société qui se désacralise et perd le sens de ses valeurs fondatrices" mais est-ce toujours pertinent au sujet qui est la réécriture ?
Et la dernière partie qui consiste à parler de la survivance du mythe à travers la plume de l'auteur est très complexe, il ne serait donc pas plus convenable de le prendre comme un axe ?
Ce qui me gêne surtout, c'est qu'on nous a souvent indiqué de suivre pour la dissertation un plan concessif (certes, 1er axe,… mais, 2e axe…) et dans la réflexion (que soit dit en passant j’approuve et que je partage) je n’arrive pas à le retrouver.

Pour ce qui est de la problématique, j'ai essayé de l'analyser :

Mythe : un récit fabuleux transmis par la tradition qui met en scène des êtres incarnés par une forme symbolique des aspects de la condition humaine.

Réécrire : écrire ou rédiger de nouveau.

Réécriture : améliorer la forme ou l'adapter à d'autres textes à certains lecteurs.

De là, je me suis interrogée sur ce qui pouvait faire la persistance (en d'autres mots, la constance et la continuité) du mythe, en général ou dans les textes étudiés :

On parle de réécriture sérieuse (donc j’imagine qui assure la permanence) en cas de transpositions, amplification et réduction.

À ce sujet, nous avons étudié en classe le mythe de la descente aux Enfers créé par Homère et dont Virgile a fait une amplification dans l'Énéide, œuvre postérieure aux Géorgiques et qui donc est elle-même une réécriture de la descente aux Enfers d'Orphée.

Ensuite il y a la pièce de Cocteau qui est une transposition fidèle de Virgile, avec un changement dans la forme mais pas dans le thème.

Il existe aussi des réécritures ludiques, qu’on associerait plutôt à la destruction du mythe (chose dont je ne suis pas convaincue).
Nous avons vu la parodie de Paul Scarron, Le Virgile travesti (mythe du cheval de Troie) et celle de Rabelais, Pantagruel (descente aux enfers).

À partir de là, j’ai bâti mon plan :
INTRODUCTION

Quelle soit cinématographique, théâtrale ou littéraire, la réécriture est une récurrente dans la culture occidentale. Rares sont les auteurs qui écrivent leur textes d’un seul jet (Mme de Sevigné) poussés d’une inspiration soudaine. Il est facile de lire l’intertextualité dans presque tous les textes parce que, consciemment ou inconsciemment, un auteur prend inspiration ou se réfèrent à des textes lus ou à des films vus. La réécriture implique obligatoirement un changement soit dans le style, dans le forme ou dans le thème. Même dans le plagiat qui est considéré comme une réécriture car à partir du moment où on reprend un œuvre dans un nouveau contexte, on lui donne un nouveau sens.
La question que l’on peut se poser est jusqu’où va ce changement et va-t-il changer le sens du mythe jusqu'à le détruire ou le changer en l’améliorant ou gardant une constance dans la forme, dans le style ou dans la visée du mythe de départ.
1er AXE : Le changement renouvelle le mythe sans le trahir.

1er ARGUMENT :
* qu’est ce qu’un mythe ? définition + justification par le lexique du merveilleux
* quel est son but ? didactique, explicatif — lié aux croyances polythéistes de l’époque
Exemple : je voudrais donner des exemples mais notre CDI est fermé, et nous habitons en Tunisie, il n’y a donc pas de faculté littéraire.
* Qu’est-ce qui fait son immortalité ? (bonne question !!!)

* Voilà pourquoi il est réutilisé : aide à la réflexion.

2e ARGUMENT :
* le changement dans la forme assure la permanence du mythe : du théâtre à la poésie Molière, Dom Juan ; Baudelaire, « Don Juan aux enfers »
Ou Dante, La Divine Comédie ou tableau de DELACROIX.
* l’adaptation selon le public : M.Tournier , Vendredi ou la Vie sauvage à Vendredi ou les Limbes du Pacifique
* même écrivain : Virgile, Géorgiques à l’Énéide.

2e AXE : Se servir du mythe pour faire naître le rire
La réécriture peut en effet non pas détruire mais détourner un mythe et c’est le plus souvent à des fins ludiques : parodie, pastiche
Exemple : Rabelais, Pantagruel.
Ou le réduire, parce que on lui enlève sa sacralité, il n’y a plus rien de divin, on en fait quelque chose de trivial, banal.
Exemple : Paul Scarron, Virgile travesti

CONCLUSION

Parce que on donne une nouvelle interprétation, vision, l’accommode à l’époque, au lieu. On se sert du vieux pour faire du nouveau.

Bon, comme vous le voyez j’ai un serieux problème à créer un plan convenable, beaucoup d’idées mais pas d’ordre, c’est le reproche qu’on m’adresse. Si vous pouviez m’indiquer la voie !!!

Merci d’avance.
Giulia
Bonjour Giulia,

Effectivement ta prose a la consistance de la lave bouillonnante.
Tu ne dois pas rencontrer de difficultés à créer des idées.
Pour la construction de la dissertation, je te renvoie à la fiche méthodologique concernée.

Pourquoi es-tu déçue par ton plan ?
Tu rêvais d'un plan dialectique ou concessif.
Ta première mouture n'en est pas un.

Revenons au sujet :
La réécriture du mythe assure-t-elle sa permanence ou le détruit-elle en le déformant ?
Sans vous en tenir au mythe d'Orphée, vous répondrez à ces questions en vous appuyant sur les textes du corpus, sur les oeuvres étudiées en classe et sur vos lectures personnelles.
Que réponds-tu ? Apparemment que la réécriture contribue plutôt à la permanence du mythe.
Si tu entends suivre un plan dialectique, le mouvement général de ta pensée devrait être
1. Oui, la réécriture favorise la pérennité du mythe
2. Pourtant elle lui fait aussi courir des risques mortels
3. A quelles conditions donc la réécriture doit-elle souscrire pour éviter sa dégénérescence et sa destruction ? (ce qui serait le dépassement)
Merci avant tout de répondre aussi vite !
Le problème est que je ne vois pas en quoi la réécriture, qui pour moi est synonyme de changement, assure la permanence. Est-ce bien parce qu’elle garde le même but (reprise de la thématique) ? ou parce qu’elle replace dans un contexte actuel selon l’auteur (transposition) ou parce qu’elle l'adapte à son public (représentation théâtrale ou réécriture pour enfant) ?
Et si mes suppositions sont bonnes, je peux en effet en faire un axe ?

Désolée, je dois filer. Merci pour tout.

Giulia
Bonjour Giulia,

La réécriture fait appel à ces notions contradictoires de permanence et de changement.
Si la permanence est synonyme de figement, la réécriture devient alors plagiat, démarque…
Il faut effectivement la rechercher du côté du sens, de l'interprétation car un mythe n'est jamais univoque.
La permanence est dans l'utilisation d'un même matériau, dans cette inscription dans une continuité. De ce fait le mythe continue à être vivant, porteur de sens. Il continue à parler à l'imaginaire des auteurs et de leurs lecteurs (spectateurs).
Le changement est tout autant dans la forme (parce qu'une langue et une culture évoluent) que dans les ajouts, la réinterprétation et l'actualisation.
Okay, je pense avoir saisi le concept !

1° => Donc si d'une part nous pouvons affirmer que le mythe reste constant à travers la réécriture c'est non seulement dû à la reprise du même thème ou de la même forme (Homère - Virgile) mais au sens qu'on lui donne et à la valeur : didactique, par exemple.
James Joyce, Ulysse qui se sert de la catabase homérique pour proposer une nouvelle façon de penser, un nouveau culte à la société de son temps.
Ou Virgile qui a voulu donner un autre aspect de sa catabase à travers Orphée et Énée.

2° => D'autre part certains auteurs en reprenant des mythes le transforme, au point d'en perdre l'essence primordiale, et en le transformant l'oppose à ce qu'il était : un mythe tragique devient alors un récit burlesque (de Homère à Rabelais, sur le thème de la descente aux Enfers).

Mais encore si on juge la transposition comme une réécriture sérieuse elle donne néanmoins au mythe (antique) une tout autre dimension souvent bien éloignée du premier sens, car le contexte et la culture ont changé.

Exemple : Baudelaire qui transpose le mythe de Don Juan, et présente un personnage qui n’appartient plus au courant baroque, mais plutôt au romantisme.

La conslusion : À quelles conditions donc la réécriture doit-elle souscrire pour éviter sa dégénérescence et sa destruction ? (elargissement)

Qu'en penses-tu ? Et mon intro t'a-t-elle plu ?
Encore merci.
Giulia
Bonjour,
Comme d'habitude on est toujours d'accord avec Jean-Luc mais j'aimerais dire aussi pourquoi un mythe change en te proposant un exemple.
Le donjuanisme qui est un gros morceau pour les réécritures est un bel exemple. El burlador de Sevilla écrit par Tirso de Molina qui était un ecclésiastique (encore une fois sauf défaillance de ma mémoire) a fait de cette oeuvre une mise en garde contre le blasphème. Donner sa main à l'époque était un accord tacite devant la loi et devant Dieu, pour avoir défié un mort et "trompé" (une des traductions possibles de burlador) il devra en subir le châtiment par la loi du talion. Le XVIIe siècle arrive après la Réforme et la Contre-Réforme engagée à cause des "indulgences" (racheter ses fautes avec de l'argent et être sûr du paradis…) Sous une monarchie CATHOLIQUE, Molière ne pouvait donc que prôner la rédemption et la rémission de péchés dans son Dom Juan. Aujourd'hui le donjuanisme est souvent dépouillé de sens religieux originel, car comme Jean-Luc l'a fait remarquer les valeurs en même temps que la langue changent et dans notre société qui aujourd'hui n'est plus régie par la religion. Ainsi le donjuanisme a gardé pour la plupart des cas le thème du séducteur, chasseur constant qui a pour cible le sexe opposé sans vouloir "trier"… Pierre Brunel fait une étude des mythes en étudiant les constantes et les variantes et si vous ne pouvez l'avoir pour votre devoir ce n'est pas un énorme problème car votre devoir est loin d'être catastrophique mais si ce sujet vous intéresse allez le consulter, il est complet et facile à utiliser.
Ainsi la réécriture ne peut détruire un mythe, car le savoir populaire le fait vivre dans des expressions et l'étude des mythes originels se fait souvent à l'école.
Tu as trop tendance à associer changement et destruction, au contraire… regarde on ne parle pas de la même façon qu'au XVIe siècle… est-ce que pour autant on parle moins bien ? Même si il ya des changements dans les réutilisations des mythes il y a toujours des fils conducteurs qui les rendent reconnaissables, sinon cela ne serait pas une réécriture et comme l'a dit Jean-Luc si on recopiait cela serait du plagiat. Il ne faut pas oublier le côté artistique de la réécriture ou la création ne doit pas être délaissée.
Merci beaucoup pour votre aide, je vais passer à la rédaction, en me servant de tout ce que vous m'avez dit.

Introduction :
La réécriture fait partie de notre culture littéraire. (hypertextualité dans toutes les œuvres)
Le mythe en est un fondateur.
Et est arrivé jusqu'à nous à travers les textes antiques étudiés à l'école tout comme les textes modernes, les réécritures.

Problématique : Nous allons alors nous demander en quoi/si (lequel des 2 ?) ces auteurs ont été fidèles au mythe de départ ou si/et en quoi consiste leur travail d'innovation // pourquoi ont-ils repris ce thème/mythe. Et tout compte fait l'ont-ils détruit ou détourné de son but initial ?
Si on peut dire que le mythe survit grâce à la plume des "réécrivains", on trouve tout de même des ouvrages qui, à certaines époques, ont perdu la "mythologie" au bénéfice du rire.

Qu'en pensez-vous ?
Merci pour tout, je vous tiendrai au courant de tous les progrès.
Merci pour tous les conseils, je file à ma plume !

Giulia
Bonjour Giulia,

Attention à l'orthographe.

Préfère fondement à fondateur.

Evite le nous. "Nous allons alors nous demander en quoi ces auteurs ont…" pourrait devenir "En quoi ces auteurs…
L'annonce du plan est convenable mais la formulation de la deuxième partie est détestable.
Encore une question :
Je ne vois pas bien le sens de la phrase : la réécriture fait courir au mythe des risques mortels. En quoi ?
Désolée et merci.
Bonsoir Emilie et Giulia,

La réécriture peut faire courir des risques mortels au mythe.
Par exemple, la désacralisation ou la dérision.
Je prends deux exemples qui me viennent à l'esprit.
Le Don Quichotte de Cervantès met sans doute fin ou du moins contribue fortement à la fin du mythe du chevalier errant né avec le Chevalier de la charette de Chrétien de Troyes.
La Belle Hélène d'Offenbach en ramenant la guerre de Troie à une histoire de mari trompé n'a pas contribué à la pérennité du mythe homérique…
Bonjour,
Je suis en 1re L, et j'ai une dissertation à rendre. Le problème est que j'ai du mal à la finir.
Voici la problématique : "la réécriture du mythe assure-t-elle sa permanence, ou le détruit-elle en le déformant ?"

J'ai une proposition de plan en trois parties :
I) Présentation du sujet (conseillé par mon professeur)
1) définition de mythe
2) qu'est ce qu'une réécriture
3) ?

II) La réécriture du mythe assure sa permanence
1) La réécriture dans un style plus moderne donc plus accesssible
2) pour sauvagarder le mythe dans les mémoires
3) observer une évolution des moeurs, des sociétés

III) La réécriture du mythe le détruit en le déformant
1) la réécriture du mythe originel modifie la thèse de départ
2) la réécriture est une déformation qui pert en originalité
3) ?

J'ai beau chercher je ne trouve pas la définition littéraire de la réécriture.
Ma troisième partie est très courte. Je ne trouve pas d'exemple de réécriture qui perdent d'originalité, sur lequel je pourrais faire un développement construit.
Si vous pouviez m'aider.
Merci d'avance à ceux, celui ou celle qui me répondra.
ta 3ème partie ne peut pas convenir… tu ne peux pas dire que la réécriture permet de sauvegarder le mythe puis ensuite le détruit.

Tu peux évidemment parler de transformations, d'un sens nouveau. Voir toutes les réécritures de mythe au XXe siècle.

Songe aussi à la parodie et à son utilité.
Bonsoir Cloé,

Tu devrais aller voir cette page du forum :
https://www.etudes-litteraires.com/forum/d/422-on-nest-soimeme-quen-imitant.html

Pour ce qui concerne la destruction ou démythification
Tu pourrais penser à la parodie.
Il y a aussi la désacralisation ou la perte du mystère ou la perte des valeurs fondatrices sous les coups de boutoir du positivisme, du scientisme, de la rébellion moderniste…
Coupé de ses racines religieuses, le mythe de Don Juan dégénère. Au XXe siècle, alors que le nom est passé dans le langage courant comme synonyme de séducteur, la légende ne survit plus qu'à travers les conventions de la littérature populaire et du cinéma. Le mythe va jusqu'à s'abâtardir en des séductrices féminines dans le film Don Juan 73 de Vadim.
La provocation :
Un exemple parmi d'autres :
Hésiode théogonie de Paul Mazon
De cette écume une fille se forma, qui toucha d'abord à Cythère la divine, d' où elle fut ensuite à Chypre qu'entourent les flots ; et c'est là que prit terre la belle et vénérée déesse qui faisait autour d'elle, ses pieds légers, croître le gazon et que les dieux aussi bien que les hommes appellent Aphrodite, pour s'être formé d'une écume, ou encore Cythérée pour avoir abordé à Cythère. Amour et le beau désir, sans tarder, lui firent cortège. Dés qu'elle fut née et se fut mise en route vers les dieux. Et, du premier jour, son privilège à elle, le lot qui est le sien, aussi bien parmi les hommes que parmi les immortels, ce sont les babils de fillettes, les sourires, les piperies : c'est le plaisir suave, la tendresse et la douceur.
Poèmes d'Arthur Rimbaud - (Le cahier de Douai)

Vénus anadyomène

Comme d'un cercueil vert en fer-blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D'une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés ;

Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent ; le dos court qui rentre et qui ressort ;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l'essor ;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates ;

L'échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement ; on remarque surtout
Des singularités qu'il faut voir à la loupe…

Les reins portent deux mots gravés : Clara Venus ;
- Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d'un ulcère à l'anus.

27 Juillet 1870
Ces deux textes se réfèrent au mythe de Vénus, déesse de la beauté et de l'amour ici représentée sortant de l'eau et tenant une mèche de cheveux dans la main droite : Vénus serait née de l'écume des flots, après qu'y soient tombés les organes sexuels d'Ouranos tranchés par Cronos.
Anadyomène, du grec áíáäõüìåíïò signifiant « qui sort de l'eau, qui émerge ».
Vénus est nue, c'est une représentation de la Beauté et de la Grâce féminine.
La visée et la tonalité des deux textes sont fort différentes.
Le premier rapporte la naissance de Vénus, déesse de l'amour, née de l'écume de la mer. Il est ancré dans la mythologie. C'est une image traditionnelle. Ce texte semble avoir aussi une visée didactique : étymologie, rassemblement des connaissances… C'est le texte d'un poète théologien, respectueux de la divinité et de ses mystères.
Le texte de Rimbaud pourrait être pris comme une parodie de potache qui prend par plaisir le mythe à contrepied. En fait il actualise le mythe en le plaçant dans la modernité de son temps, en le dépréciant par des détails scabreux, une laideur repoussante, un décor misérable. Rimbaud s'insurge contre un ordre bourgeois et sa culture parnassienne faite de clichés. Il inscrit sa révolte contre les nantis et la conception affadie de la poésie dans une conception baudelairienne du beau bizarre, surgissant paradoxalement de la laideur comme dans la Charogne Avec Rimbaud nous découvrons une conception moderne de la poésie qui tend à démythifier.