Bonjour,
Je cherche des auteurs, des livres qui ont fait scandale. On peut citer bien sur Céline, NABE, Alain SORAL ….
Pouvez-vous me conseiller d'autres auteurs (contemporain surtout) ?
Je vous remercie par avance,
L'horrible Christine Angot par exemple.
Bonjour Tristesse de Françoise Sagan.
Le scandale dépend aussi d'un contexte particulier… et peut-être, aussi, du lecteur.
Dans ses thématiques, Les fleurs du mal ne choque plus autant qu'à son époque.
Aussi, à mon sens, Alain Soral n'est pas choquant, ni Nabe. Ils sont juste dionysiaques à leur manière, comme sortis tout droit des récits de Dostoïevski. Ce qui est choquant, me semble-t-il, est les réactions qu'ils suscitent.
Le premier se veut sociologue des rues, ouvertement provocateur ; le second se veut jazzman lettré jusqu'au fantasme et l'égotisme. Tous les deux sont des sortes de "punk" et si, au départ, on ne comprend pas cela, il est évident qu'on puisse être choqué.
Dans une moindre mesure, si on ne comprend pas pourquoi Baudelaire a écrit les Fleurs du mal, on ne peut pas comprendre le projet de chaque poème et, inévitablement, on peut se scandaliser de l'univers selon le goût de chacun.
Si on ne comprend pas que Soral s'inscrit dans un registre pamphlétaire sur des sujets précis (la mode, le culturo-mondain, le sionisme, la franc-maçonnerie, le féminisme, le libéralisme, le communautarisme) il est évident qu'il faut être nourri au logiciel "science po" très "politiquement correct" pour ne pas saisir le sens de ses protestations.
Il faut être le fantôme du procureur Ernest Pinard pour ne pas dissocier la colère de l'analyse comme on ne dissociait pas l'immoralisme du roman.
Sur la notion de scandale, Pasolini - qui en connaissait un rayon à ce niveau - déclarait qu'il n'y avait que les pharisiens qui se "scandalisaient" ; c'est peut-être cela qui choque l'honnête homme d'aujourd'hui : la disproportion entre des écrivains qui écrivent des pamphlets ou des analyses - qu'on peut discuter - et la réaction qu'ils provoquent, réellement (= se faire tabasser par des milices ou se faire virer de Science Po du jour au lendemain).
Philosophiquement parlant, je me demande d'ailleurs si le scandale ne serait pas une parcelle de vérité, bien que je méfie de la colère conventionnelle - mais là nous rentrons dans un ordre strictement politique.
Philippe Muray les nommait "rebellocrate" - ceux qui se posent en rebelles tout en étant en réalité proches du pouvoir même idéologiquement (cf Guillon et consorts).
Je crois que cette discussion mènerait au sens que l'on se fait de la censure et Pasolini a peut-être bien percé cela dans Salò où il fait dire à un de ses personnages :"Dans une société où tout est interdit, on peut tout faire ; dans une société où quelque chose est permis, on ne peut faire que ce quelque chose."
En conséquence, je citerais quelques oeuvres scandaleuses qui le demeurent encore :
Madame Bovary, Flaubert. Dire que derrière chaque couineuse (sentimentalisme), il y a une folle du cul (érotisme ou porno), c'est quand même foutrement scandaleux. Il fallait vraiment avoir le tempérament pamphlétaire - qu'on retrouve dans sa correspondance - pour se permettre une telle lucidité.
La colère s'associe toujours à l'humour - vache ! -et je n'hésite pas à considérer ce livre comme le plus cyniquement drolatique de la littérature.
De l'assassinat considéré comme un des beaux arts, Thomas de Quincey. Faire du meurtre une expression artistique.
Pour répondre quand même à ta demande précise :
Aujourd'hui, je citerai quelques ouvrages politiques : à chercher du côté de Pierre Hillard (décidément !), Soral évidemment, Nabe pour l'esthétique, mais, aussi, on pourrait tout autant trouver les travaux de Finkielkraut scandaleux, d'Attali aussi, ou encore de Baverez. Mais surtout, ne parlons pas de politique !
Après, encore une fois, il y aurait beaucoup à discuter sur le sens de ce qu'ils disent…
Un roman sentimental, Alain Robbe-Grillet.
Tous ses romans sont scandaleux à ce monsieur. 😜
Michel Tremblay, Les Belles-Soeurs. Son crime fut d'écrire une pièce en joual.
Le Diable au Corps, de Radiguet.
Les Chants de Maldoror, de Lautréamont.
Jérémy a écrit :Le scandale dépend aussi d'un contexte particulier… et peut-être, aussi, du lecteur.
Tout à fait. En 1830,
Hernani a été un vrai scandale! Pareil pour
A l'ombre des jeunes filles en fleurs de Proust qui, malgré le Goncourt, a beaucoup été attaqué : on ne comprenait pas comment, en 1919, un auteur pouvait parler d'autres choses que de la guerre :/
Jérémy a écrit :Tous ses romans sont scandaleux à ce monsieur. 😜
Oui, mais bon, quand tu lis
La Jalousie tu es, a priori, moins choqué. J'imagine bien
Les Gommes vendu non démassicoté 😂
salut,alors moi j'ai un problème avec voltaire , je sais pas si il a été censuré ou pas :s
Tu as pensé à utiliser Google ? J'ai simplement tapé "Wikipedia Voltaire censure", et dans l'article
Censure de Wikipedia, on peut lire entre autres :
Les auteurs pouvaient être internés à la Bastille, comme Voltaire en 1717.
Mais si c'est pour de l'aide scolaire, tu n'es pas dans la bonne rubrique…
Jérémy a écrit :Le scandale dépend aussi d'un contexte particulier… et peut-être, aussi, du lecteur.
Dans ses thématiques, Les fleurs du mal ne choque plus autant qu'à son époque.
Aussi, à mon sens, Alain Soral n'est pas choquant, ni Nabe. Ils sont juste dionysiaques à leur manière, comme sortis tout droit des récits de Dostoïevski. Ce qui est choquant, me semble-t-il, est les réactions qu'ils suscitent.
Le premier se veut sociologue des rues, ouvertement provocateur ; le second se veut jazzman lettré jusqu'au fantasme et l'égotisme. Tous les deux sont des sortes de "punk" et si, au départ, on ne comprend pas cela, il est évident qu'on puisse être choqué.
Dans une moindre mesure, si on ne comprend pas pourquoi Baudelaire a écrit les Fleurs du mal, on ne peut pas comprendre le projet de chaque poème et, inévitablement, on peut se scandaliser de l'univers selon le goût de chacun.
Si on ne comprend pas que Soral s'inscrit dans un registre pamphlétaire sur des sujets précis (la mode, le culturo-mondain, le sionisme, la franc-maçonnerie, le féminisme, le libéralisme, le communautarisme) il est évident qu'il faut être nourri au logiciel "science po" très "politiquement correct" pour ne pas saisir le sens de ses protestations.
Il faut être le fantôme du procureur Ernest Pinard pour ne pas dissocier la colère de l'analyse comme on ne dissociait pas l'immoralisme du roman.
Soral est à vomir, quoi que vous puissiez dire pour atténuer ses positions.
Il n'y a qu'à regarder une vidéo comme ça …
https://www.dailymotion.com/video/xfn3av_l-obscene-interview-alain-soral_webcam#from=embed&start=5@PereUbu
Très juste pour Soral, et je rajouterai que Nabe est dans la posture : il écrit comme si. Il ne pense pas ce qu'il écrit, loin de là ! On l'ostracise comme si c'était le cas, ce qui à mon sens est grave.
En revanche, Soral pense (les nombreuses vidéos sur le net en témoignent) chaque mot qu'il dit. En conséquence, on n'est pas face au même bonhomme du tout… Et ses propos sont assez douteux…
Où voulez-vous en venir ? :/
Ses propos ne te paraissent pas choquants, Jérémy ?
(Et comme d'habitude les commentaires de dailymotion ne manquent pas non plus de sel…)
Oui, j'ai lu des commentaires très choquants.
Je ne suis pas d'accord avec ce qu'il dit sur Woody Allen - même si, avec le recul, je peine à me rappeler un moment fort… C'est fou, j'ai vu toute sa filmo pratiquement et je me rends compte que je n'arrive pas à me souvenir d'un moment fort. Il y a certains de ses films que j'ai beaucoup aimés sur le moment (mon préféré était Intérieurs, sorte de pastiche de Bergman, avec des scènes très fortes) mais… c'est fou : je n'arrive pas à me souvenir d'une seule scène, contrairement à du Kubrick par exemple. Au moment où je tape mon impression, je suis frappé de saisir qu'une oeuvre marque justement parce qu'elle m'a violenté quelque part, comme une dénudation.
En fait, je crois que les films ou les livres qui développent une sorte de "coeur mis à nu", lyrisme outrancier (et je mets même Farinelli dans le panier, plus un film de mise en scène qu'autre chose finalement…) ne provoquent pas la dénudation qui remue l'esprit sur la durée.
Belle du Seigneur, pas lu et pas du tout intéressé. Les frères Coen, je n'aime pas du tout.
En revanche, je vois ce qu'il veut dire mais, à mon avis, il le comprend mal ou il ne le dit pas de manière "politiquement correct" : si le judaïsme est la reconnaissance de la victime de manière quasi scientifique, le sionisme serait son exhibition.
Mais je pense qu'il se plante au sujet du lyrisme outrancier qu'il réduit au sionisme et son délire sur la "pudeur l'helleno-chrétienne" est franchement un paradoxe total qu'il faudra bien qu'il décompose un jour, même si des gens aussi "respectables" que de Gaulle allaient dans son sens : “Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau."
D'un autre côté, j'avoue aussi être choqué de lire "Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, franchouillard ou cocardier, nous est étranger, voire odieux."
( Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou, Bernard-Henri Lévy ) ou pour celui qui est à la mode en ce moment : "Je considère que tout Juif de la diaspora, et donc c’est vrai en France, doit partout où il le peut apporter son aide à Israël. C’est pour ça d’ailleurs qu’il est important que les Juifs prennent des responsabilités politiques. (…) En somme, dans mes fonctions et dans ma vie de tous les jours, au travers de l’ensemble de mes actions, j’essaie de faire en sorte que ma modeste pierre soit apportée à la construction de la terre d’Israël."
Dominique Strauss-Kahn.
Mais Soral n'est pas à ses premières contradictions ; un antisémite supposé comme lui qui se réclame ouvertement de Marx et Georg Lukács, c'est, je dois l'avouer, un paradoxe qui m'échappe complètement.
En revanche, ce qui est sûr, c'est que Soral, même dans ses délires, pointe du doigt des tabous certains.
un antisémite supposé comme lui qui se réclame ouvertement de Marx et Georg Lukács, c'est, je dois l'avouer, un paradoxe qui m'échappe complètement.
C'est un pas un peu antisémite Marx ? Je ne connais pas, mais j'ai déjà entendu parler de ça…
Sur cette question précise, de ce que j'ai lu et compris tout du moins, les historiens semblent très partagés et s'appuient en particulier sur "La question juive", ouvrage dans lequel le jeune Marx chercha à comprendre les mécanismes du capitalisme, en vue de construire une émancipation du juif tout en sortant de l'image d'Epinal du Juif assimilé à l'argent.
Bien au-delà de ça, le sémite ne se réduit pas au juif,je pense. De plus, je crois que tous ces auteurs que l'on taxe d'antisémites étaient anti-judaïques, quasi viscéralement, un anti-judaïsme philosophique discutant la question de la métaphysique des juifs tournée très vite en une détestation sur la personne même du juif.
Là-dessus, si le gauchisme est l'idiot utile de la mondialisation comme le disait Trotsky, "l'antisémite", lui, est une sorte de délirant utile à son interprétation : que le plus spirituel puisse se donner à travers la chair et que l'union des sexes puisse en être le signe majeur, le mystère d'Israël est là. Alors que les autres peuples sont enracinés à une terre et rendus par là périssables au gré des conquêtes, l'enracinement est ici d'abord sexuel. Là-dessus, l'antisémite a l'instinct de cette aberration. Son rationnalisme le pousse à la réduire. Nationaliste, il accuse le Juif d'être cosmopolite. Universaliste, il l'accuse d'être trop national. Spiritualiste, il le trouve trop charnel. Epicurien, il le trouve trop légal.
Quant à Soral, il a déjà eu l'occasion de s'exprimer sur cette question :
https://www.dailymotion.com/video/x49uos_antisemitisme-ou-antisionisme-par-a_news
Mais il y a aussi beaucoup de personnes - qu'on ne pourra pas taxer d'antisémitisme (ou alors je ne comprends plus rien) qui ont dit des choses qui pourront paraître bien plus scandaleuses encore :
-
https://www.dailymotion.com/video/x5zr0e_yeshayahou-leibowitz-israel-judeo-n_newsBonjour,
Il me semble que le sujet prend une tournure qui l'éloigne considérablement de la demande initiale, que je rappelle :
MEN69 a écrit :Bonjour,
Je cherche des auteurs, des livres qui ont fait scandale. On peut citer bien sur Céline, NABE, Alain SORAL ….
Pouvez-vous me conseiller d'autres auteurs (contemporain surtout) ?
Je vous remercie par avance,
Muriel