Bonjour, je suis en Première au lycée, et ne faisant pas véritablement de grammaire, j'ai un peu de mal avec la syntaxe.
J'aurais aimé savoir ce que signifiait une "apostrophe" (je ne sais pas si c'est ainsi que l'on dit en grec) à la fin d'un mot. En effet, je bloque sur le mot ὠρθουθ', je ne parviens pas à trouver la racine.
Merci d'avance.
C'est une élision, comme en français.
De ὠρθοῦτο, 3ème personne du singulier, ou ὠρθοῦτε, 2ème personne du pluriel, de l'imparfait moyen passif de ὀρθόω.
Bonjour,
La difficulté que tu soulèves me paraît dépasser le cadre strict de l' "apostrophe". Transcris la phrase complète, je pourrai mieux t'expliquer! Tout ce que je peux dire pour le moment, est que la forme verbale que tu cites se rattache à όρθῶ, que sa forme complète est ὡρθοῦτο, et qu'elle est ici élidée devant un mot commençant par une voyelle affectée de l'esprit rude! Pour le reste…
Peut-être
Καὶ τοὺς μὲν ἄλλους πάντας ἀσφαλεῖς δρόμους
ὠρθοῦθ᾽ ὁ τλήμων ὀρθὸς ἐξ ὀρθῶν δίφρων·
Sophocle, Electre, 741-742
Merci beaucoup Anne, cela me permet de trouver le verbe 🙂
Oui, ce sont bien de ces vers qu'est tiré le mot.
Ca serait bien que les profs expliquent avant de donner des versions dans ce genre x)
Tu as certainement déjà vu cela en 3ème ou en 2nde. L'élision tout au début, en même temps que la ponctuation et les autres altérations (crase…) et le ω de l'augment, à la fois avec les généralités sur les contractions et à nouveau lors de l'étude de l'imparfait. N'accuse pas tes profs quand c'est toi qui oublies ce que tu n'utilises pas régulièrement.
Oui, j'ai bien vu les contractions, mais justement, j'ai repris tout mes cours de Seconde, et nous n'avons pas vu l'élision, cependant, je demanderais à mon prochain cours de grec de faire un point là-dessus. Après, je ne remet pas à cause leur méthode d'enseignement, car comme ils disent, c'est compliqué de passer sur toutes les petites choses qui paraissent évidentes lorsque c'est naturel pour les personnes confirmés. Mais je ne disais pas cela méchamment
Pour un point complet sur l'élision :
Short final vowels in many words normally suffer elision before an initial vowel ; that is, they disappear. The following are regularly elidable :
- ᾰ in words of two or more syllables, and in ῥα, Doric γα, and σά when preceded by τά.
- ε always.
- ῐ in verb endings, and in ἀμφί, ἀντί, ἐπί, ἔτι.
- ο in verb endings, neuter singulars (except ὅ, τό), and ἀπό, ὑπό, δύο.
- ῠ only in Aeolic ἀπύ.
Elision of the following is limited to certain authors or styles :
ὅτι apparently in epic. [sinon très rare]
περί in Pindar (a dialect feature).
-ι in the dative singular in Homer, the Theognidea, Lycophron (894, 918), and inscriptions.
-σι in the dative plural in Hesiod and Homer (and perhaps Asius, eleg. 14, 4).
Genitive -αο, -οιο in Doric lyric (Stesichorus, Lasus, Simonides, Pindar, Bacchylides) and occasional inscriptions.
The diphthongs -αι and -οι, which generally count as short for accentual purposes and appear to have been in fact of shorter duration than other diphthongs, are also sometimes elided :
-αι in middle and passive endings in epic, Lesbian lyric, Pindar, comedy, and occasionally in later tragedy ; also in active infinitives in Lesbian lyric and comedy. καί is elided before a long vowel or diphthong in epic, Ionic, and Attic.
- οι in the dative of enclitic pronouns in epic and the Lesbians ; the latter also elide ἔμοι before αὔτῳ/αὔτᾳ, and vocatives lyke Ψάπφοι. Apparent elision of μοι in Ionic elegy and iambus and of οἴμοι in Attic before ου and ω is best treated as synecphonesis.
Poets normally avoid placing unelidable vowels before a word beginning with a vowel. Homer, however, allows this with ὅ, τό, τί, ὅτι, πρό, -υ, dat. sing. -ι, and comic poets with τί, τι, ὅτι, περί, πρό, voc. -ι, and ἄχρι and μέχρι before ἄν. τί is also so admitted in Thgn. 648 B. 19.15, and tragedy.
Elision represents an ordinary feature of ancient Greek speech ; cf. W. S. Allen, Vox Graeca (2nd edn., 1974), 94 f. ; Accent and Rhythm (1973), 226 f. It was not always indicated in writing, especially in prose texts. From the fourth century BC some elegant writers both in prose and verse avoided so placing words of substance (nouns, verbs, etc.) that their endings would be elided. Cf. pp. 156, 159, 164, 179.
If a word ends with more than one syllabic vowel (e.g. ἀγλάα), only the last can be elided, and what precedes is immune from change.
(M. L. West,
Greek Metre, Oxford, 1982. Je n'ai pas reproduit les notes. Retenez surtout ce que j'ai mis en gras.)
Il est bien sûr possible que votre professeur n'ait pas beaucoup insisté sur la chose (pas plus qu'on n'y consacre beaucoup de temps en français : l'élision est un phénomène assez naturel et facilement compréhensible : si vous prononcez le vers grec à voix haute, vous n'aurez pas de problème de compréhension !), voire n'en ait pas parlé du tout. Comme vous avez eu la curiosité de venir poser la question jusqu'ici, il est bon de vous habituer dès votre âge à feuilleter une grammaire. C'est souvant en tombant soi-même sur des problèmes et en cherchant à les résoudre qu'on apprend le mieux. Je le constate à la fois comme étudiant et comme jeune enseignant. 🙂
Χρόνια πολλὰ καὶ καλά · 😉
Merci Arthur pour cette précision, je vais m'empresser de le noter dans mon cours 🙂